Buddha - Chapitre 35 - Le directeur You s'est-il comporté comme un pervers ?
Lorsqu’il se réveilla de nouveau, seule la faible lueur de l’aube emplissait son champ de vision. Bien que la lumière fût ténue, elle piquait malgré tout les yeux de You Shulang. À mesure que ses pupilles retrouvaient lentement leur netteté, il prit conscience de l’oppression dans sa respiration.
Sa poitrine — qu’est-ce qui pesait dessus ? Pourquoi cette pression l'empêchait-elle de respirer ?
Instinctivement, il tendit la main pour toucher. Dans sa confusion embrumée, le bout de ses doigts effleura quelque chose de ferme — un bras.
Ses yeux encore embués s’ouvrirent brusquement. En tournant la tête, il découvrit un visage tout près du sien.
Fan Xiao ?!
Pourquoi dormait-il à côté de lui ?!
Un bras nu, solide et puissant, reposait en travers de sa poitrine. La peau saine luisait faiblement sous la lumière du matin. L’esprit encore engourdi de You Shulang rattrapa enfin la réalité : lui et Fan Xiao dormaient réellement ensemble — nus !!!
You Shulang se frotta les tempes, tandis qu’une douleur aiguë et lancinante lui transperçait le crâne.
La personne à ses côtés respirait calmement, plongée dans un sommeil profond et paisible. You Shulang détourna son regard de ce corps musclé et souleva avec précaution un coin de la couette.
Heureusement — lui comme Fan Xiao avaient au moins conservé le dernier lambeau de décence.
Poussant un long soupir de soulagement, You Shulang s’apprêta à se glisser hors du lit pour s’échapper de cette situation chaotique et ambiguë — lorsqu’il fut retenu par le bras fermement posé sur sa poitrine.
Les muscles étaient fermes, les lignes harmonieuses. Des veines se dessinaient nettement de l’avant-bras jusqu’au dos de la main, ces tracés bleuâtres légèrement saillants débordant d’une vigueur éclatante.
Son regard se posa sur cette main, et, soudain, son cœur se crispa, envahi par un désir profond, possessif.
Les doigts de Fan Xiao étaient longs et fins, aux articulations nettement dessinées. Le dos de ses mains était large et osseux, mais en même temps sensuel, éveillant un désir irrésistible d’y entrelacer ses propres doigts.
Son esprit était encore embrumé par la gueule de bois, et sans même s’en rendre compte, You Shulang se retrouva à saisir cette main, étendant ses propres doigts pour les glisser lentement entre ceux de Fan Xiao, les entremêlant peu à peu.
La peau de ses doigts était sensible ; à ce frôlement, un léger engourdissement parcourut ses nerfs. You Shulang tressaillit et revint instantanément à la réalité. Il fronça les sourcils et se maudit intérieurement d’avoir perdu la tête, tentant de retirer sa main à la hâte.
Mais il échoua.
Au moment précis où il retirait ses doigts, cette grande main les saisit soudain. Le contact, auparavant léger, devint une prise ferme. D’un simple mouvement des longs doigts de Fan Xiao, leurs mains se retrouvèrent complètement entrelacées. You Shulang tourna la tête pour regarder Fan Xiao, mais constata que ses yeux étaient toujours fermés, tandis qu’un sourire espiègle et malicieux se dessinait sur ses lèvres.
« Directeur You, il est impossible de résister à la tentation de taquiner un homme si tôt le matin», dit Fan Xiao, à peine réveillé, d’une voix grave et rauque, chargée d’un fort accent nasal qui rendait son articulation un peu pâteuse. À la fin de sa phrase, une pointe d'amusement se mêla aux particules de poussière dansant dans la lumière matinale, glissant doucement jusqu’aux oreilles de You Shulang.
Le visage de You Shulang s’empourpra de gêne. Plus tôt, il avait dû être ensorcelé, et à présent il n’avait d’autre choix que d’endurer les provocations malicieuses de Fan Xiao.
Tapotant légèrement du bout des doigts le dos de la main de Fan Xiao, You Shulang parla avec un certain embarras : « Arrête de dire des bêtises. Lâche-moi, Fan Xiao. »
« Non, je ne dis pas de bêtise. » Fan Xiao n’ouvrait toujours pas les yeux. D’un brusque mouvement du bras, il tira You Shulang contre lui et cambra son bassin. « Ressens-le par toi-même. »
Peau nue contre peau nue. Quelque chose de dur se pressa contre l’intérieur de sa cuisse. L’expression de You Shulang changea instantanément. Ignorant l’étourdissement persistant de la gueule de bois, il se retourna soudain, plaqua Fan Xiao sous lui et referma sa main autour de la gorge de l’homme !
« Fan Xiao, on ne plaisante pas comme ça. Tu dépasses les bornes. »
Maintenu par ce point vital qu’était sa gorge, Fan Xiao ouvrit enfin les yeux. Après un bref éclair de surprise, il afficha un sourire éclatant.
« Directeur You, laisse-moi te demander : que se passera-t-il si je dépasse vraiment les bornes ? »
Il y avait dans son ton une pointe scélérate, une insolence à peine voilée qui fit jaillir une vague de fureur chez You Shulang.
Abaissant légèrement son corps, tel un léopard se rapprochant de sa proie, l’homme accentua la pression sur celui qui se trouvait sous lui. Ses yeux se plissèrent, ses lèvres frôlant la courbe de l’oreille de Fan Xiao.
« Fan Xiao, dit-il, si tu dépasses encore une fois les bornes, je te baiserai. »
« Quoi ? » Cette fois, Fan Xiao fut réellement stupéfait. Ses yeux se levèrent brusquement, cherchant confirmation dans ses paroles. « Qu’est-ce que Directeur You vient de dire qu’il me ferait ? »
You Shulang roula hors du lit, se dégageant de la main encore emmêlée à la sienne. Son ton était froid et distant lorsqu’il déclara : « Je suis gay. Si tu me considères encore comme un ami, alors aie la décence de respecter certaines limites. »
Fan Xiao se redressa, à moitié assis. La couette glissa, dévoilant son torse solidement bâti. Plissant les yeux vers You Shulang, il demanda : « Et si je ne respecte pas ces limites, tu me baiseras ? »
Ce Fan Xiao décidément ingérable donnait à You Shulang un mal de tête lancinant, au point que ses tempes pulsaient. Il sortit une cigarette et la coinça entre ses dents, le visage sombre de colère..
La cigarette au coin des lèvres, You Shulang ouvrit le tiroir de la table de chevet, y trouva un briquet et alluma sa cigarette. Sa main fouilla de nouveau le tiroir, puis, de deux doigts, il en sortit une petite boîte carrée qu’il lança devant Fan Xiao.
Après avoir expiré une longue bouffée de fumée, You Shulang haussa un sourcil, l’expression glaciale : « Tu veux essayer ? »
Fan Xiao baissa les yeux. Ce qui avait atterri sur la couette était une boîte de préservatifs. Déjà ouverte. Manifestement utilisée auparavant.
Une vague de ressentiment glacial s'empara de Fan Xiao. Il éclata de rire, fou de rage. Il ramassa la boîte et la fit tourner entre ses doigts, traînant les mots avec une nonchalance décadente : « Ça fait combien de temps que Directeur You ne l’a pas fait ? Tu devais te retenir depuis un bon moment, hein ? Hier soir, tu étais tellement ivre que tu m’as attrapé et embrassé, je n’ai même pas pu esquiver. Ah oui, ton ex-petit ami s’appelait Zhenzhen, non ? Tu n’arrêtais pas de l’appeler en m’embrassant. Tu as même fait saigner des lèvres. »
« Tu veux vérifier ? » Il se pencha en avant, faisant légèrement la moue.
Les doigts de You Shulang tremblèrent violemment. La nicotine lui brûla la trachée et il se mit à tousser.
Les quintes se succédèrent, secouant tout son corps. Ses yeux se remplirent de larmes réflexes.
Voyant You Shulang tousser à en perdre le souffle, Fan Xiao ne put s’empêcher d'avoir pitié de lui. Il s’approcha, lui tapota le dos et lui tendit de l’eau, prenant soin de lui avec une attention extrême.
« Tu étais ivre — c’est compréhensible que tu ne reconnaissais plus les gens. Ce n’était qu’un baiser, rien de grave. Mais tu as eu tort de me jeter des préservatifs dessus exprès pour me faire peur. Et puis, et si tu n’avais pas réussi à me faire peur ? »
You Shulang releva la tête. À travers le voile de larmes provoqué par la toux, il regarda Fan Xiao. Dans ce flou indistinct, le visage de l’homme n’était rempli que de moquerie railleuse.
« Tousse… tousse… Dehors ! »
« Je me suis occupé de toi de tout cœur toute la nuit. Même si je n’ai pas droit à des félicitations, je mérite au moins un peu de reconnaissance. Au minimum, tu devrais me laisser rester pour le petit-déjeuner. Me dire de partir maintenant, c’est vraiment déraisonnable, Directeur You. »
You Shulang venait à peine de calmer sa toux. Son esprit était en plein chaos. Les paroles de Fan Xiao firent remonter des images fragmentées de la nuit précédente : des lèvres brûlantes, un baiser passionné, et Lu Zhen…
Dans son rêve, il semblait avoir réellement embrassé Zhenzhen. Et même …
Son corps se figea. L’expression de You Shulang changea brusquement. Il frotta ses doigts l’un contre l’autre ; sa paume lui parut soudain brûlante.
Après s’être enivré et avoir laissé libre cours à son désir, avait-il fait autre chose d’encore plus excessif, plus obscène, en dehors d’un baiser forcé ?
Si la personne qu’il embrassait dans son rêve — Zhenzhen — avait en réalité été Fan Xiao, alors…
Le cœur lourd, You Shulang se sentit mal à l'aise. Pourtant, il n’osa pas interroger Fan Xiao directement.
« Je vais prendre une douche. Toi… fais comme bon te semble. »
Ce n’est que lorsque cette silhouette à l’apparente sérénité forcée disparut que Fan Xiao se laissa enfin retomber contre le lit. Il tendit la main, retourna la photographie posée face contre la table de chevet et croisa paresseusement le regard de la personne sur l’image.
« Zhenzhen, dis-moi… à ton avis, combien de temps faudra-t-il avant que ton petit ami ne monte de lui-même dans mon lit ? »
Traduction: Darkia1030
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