Buddha - Chapitre 53 - Cadeau d'anniversaire.
Shi Lihua avait privatisé tout le bar pour célébrer l’anniversaire de Fan Xiao. Il avait même fait venir des artistes de spectacle depuis la Thaïlande — de tous les genres — chacun vêtu des tenues les plus légères et exécutant les danses les plus torrides., ourlets de jupes et poitrines ondulaient avec une ferveur égale au rythme de la musique assourdissante.
Un bras passé autour de la taille d’une fille, Shi Lihua s’affala à côté de Fan Xiao et lui demanda : « Tu n’aimes pas ? »
« J’aime bien. » Fan Xiao sourit avec nonchalance. « Le jeune maître Shi a vraiment été trop généreux. »
« Si tu aimes, alors pourquoi as-tu passé toute la soirée les yeux rivés sur ton Directeur You ? » Shi Lihua claqua la langue. « Si je ne te connaissais pas, je penserais vraiment que tu es tombé amoureux de lui. »
Il se pencha près de l’oreille de Fan Xiao. « N’oublie pas : après tout, c’est le cadeau d’anniversaire que je t’ai offert. Alors, qu’en dis-tu ? Ce cadeau n’est-il pas plutôt réussi ? »
Fan Xiao prit une gorgée de vin, étira légèrement ses lèvres fines et répondit d’un ton indifférent : « Pas mal. »
Shi Lihua avait l’air fort satisfait de lui-même. Il tapota l’épaule de Fan Xiao à deux reprises. « Je sais que ton orientation a changé, alors la prochaine partie du programme a été spécialement arrangée pour toi. Choisis celui qui te plaît — ne mâche pas toujours la même herbe fanée. Essaie une autre saveur pour varier un peu. »
Il fit signe à son assistant et lui murmura quelques mots. Peu après, les femmes aux courbes généreuses sur scène furent remplacées par un groupe d’hommes aux physiques athlétiques.
La seule chose qui n’avait pas changé était la quantité de tissu qu’ils portaient, toujours aussi dérisoire.
Lorsque You Shulang revint après avoir répondu à un appel téléphonique, ce qui s’offrit à sa vue fut une salle remplie de beaux hommes. Certains étaient minces et élégants, d’autres grands et saisissants — chacun doté d'une beauté saisissante.
En descendant de scène, leurs corps ondulaient au rythme de la musique, leur souplesse n’ayant rien à envier à celle des femmes. Leurs muscles frémissaient à chaque mouvement, portant l’ambiance à un nouveau sommet.
You Shulang se fraya un chemin à travers la foule et s’assit sur le canapé, les coudes posés sur les genoux. Penchant légèrement la tête, il regarda l’homme à côté de lui avec un sourire. « Le président Fan sait vraiment profiter de la vie. »
Fan Xiao versa un verre de vin à You Shulang et le lui tendit. « Ils s’amusent juste un peu. »
« L’un d’eux te plaît ? » You Shulang prit une petite gorgée, balayant nonchalamment la foule de beaux hommes du regard, avant de se tourner vers Fan Xiao avec un sourire. «Dans l’ensemble, leur qualité est plutôt bonne. »
« Tous plutôt bons ? » Le parfum du vin se chargea soudain d’une pointe de vinaigre.
You Shulang hocha la tête. Il croisa les jambes, laissant transparaître une touche de décadence dans son attitude habituellement froide et distante. « Le président Fan fête son anniversaire aujourd'hui. Tu choisis en premier. Une fois que tu auras choisi, je les essaierai à mon tour. »
Une amertume acide se répandit dans la poitrine de Fan Xiao, la bile lui remontant à la gorge. Il se pencha vers You Shulang, la voix teintée de danger. « Et comment comptes-tu les “essayer”, exactement, Directeur You ? »
You Shulang lui lança un regard de biais. « Le président Fan ne sait même pas comment on s’y prend ? Dans ce cas, il faudra que je te l’apprenne à nouveau ce soir. »
Il se recula légèrement, claqua des doigts et fit un signe désinvolte à un homme à proximité. « Toi, viens ici. »
L’homme était couvert de muscles bien dessinés, fruit manifeste d'années d'entraînement en salle de musculation. Avec un professionnalisme impeccable, il s’avança et se plaça à côté de You Shulang, attendant les instructions suivantes.
Lorsque le regard froid se posa sur son genou, l’homme comprit immédiatement. Avec une aisance rapide et habituée, il s’agenouilla aux pieds de You Shulang.
La main de Fan Xiao se crispa imperceptiblement autour de son verre, mais son expression ne changea pas. Il força un sourire à travers ses dents serrées. « Professeur You, continuez.»
You Shulang tapota légèrement la table. L’homme agenouillé à ses pieds se mit à préparer la boisson, demandant les préférences de You Shulang. Sa technique était habile, soignée — indéniablement professionnelle.
Après avoir goûté le cocktail, You Shulang trouva la saveur plutôt bonne. En guise de récompense, il tapota légèrement la joue de l’homme.
Encouragé par ce signe, l’homme se rapprocha encore des pieds de You Shulang, ses pectoraux frôlant déjà l’extérieur de la cuisse de celui-ci.
Fan Xiao vida son verre trop rapidement. Un feu sombre tourbillonnait dans ses yeux, bien qu’un sourire forcé demeure accroché à son visage. « C’est tout, Professeur You ? Et si tu nous montrais quelques-unes des meilleures techniques que tu gardes bien enfouies dans votre poitrine ? »
You Shulang ignora le ton sarcastique de Fan Xiao. Il leva son propre verre et le porta aux lèvres de l’homme. Celui-ci était un séducteur né ; le regard chargé de désir à peine dissimulé, il fixa intensément You Shulang en avalant une longue gorgée de l’alcool qu’on lui offrait.
Un filet de liqueur dorée s’échappa du coin de sa bouche et glissa le long de son torse. La sensualité brute de la scène éveilla les instincts les plus primitifs chez les spectateurs.
Avec un air détaché, You Shulang tendit la main et effleura les lèvres humides de l’homme de son pouce. Ce geste sembla agir comme un signal. Visiblement excité, l’homme se pencha de nouveau, la tête s’abaissant davantage, sa bouche cherchant une destination inexprimée.
Bam ! Le verre de Fan Xiao s’écrasa sur la table dans un bruit sec et violent. Le fracas soudain effraya l’homme penché en avant, qui s’immobilisa aussitôt.
Fan Xiao sortit une boîte d’allumettes et se mit à la faire jouer entre ses doigts. Sa voix, douce et nonchalante, glissa hors de ses lèvres avec une légère trace de sourire :
« Si le profeseur You est si disposé à enseigner, que dirais-tu de changer d’endroit pour recevoir une vraie leçon ? »
« Très bien. » répondit You Shulang d’un ton plutôt indifférent. Il aida l’homme agenouillé à se relever, puis sortit son portefeuille, en tira une poignée de billets et les posa sur la table. D’une voix douce, il murmura : « Merci pour votre travail. »
À peine ces mots prononcés, You Shulang saisit brusquement le poignet de Fan Xiao et, en le tirant sur ses pieds, lança : « Si tu veux apprendre, alors tiens-toi bien. »
La salle privée voisine était plongée dans l’obscurité.
Fan Xiao plaqua You Shulang contre le panneau de la porte et, tel une bête sauvage, découvrit l’éclat froid de ses dents : « Comment le professeur You compte-t-il m’enseigner, hm ? »
Dans les ténèbres, la voix de You Shulang avait perdu sa froideur initiale ; elle se teinta d’une indulgence affectueuse : « Le président Fan est en train de goûter au vinaigre ? »
« Je mange de tout — le vinaigre est la seule chose que je ne touche pas. »
You Shulang laissa échapper un léger rire et tapota la nuque de Fan Xiao : « Bien sûr, notre président Fan ne touche jamais au vinaigre. »
Il le serra étroitement dans ses bras et dit : « Joyeux anniversaire. »
Toujours bouillonnant de mécontentement, Fan Xiao se pressa brutalement contre lui à travers son pantalon : « Alors apprends-moi à être heureux ? »
Avec un déclic sec, You Shulang alluma une applique murale. La lueur tamisée et enfumée caractéristique du bar se répandit sur eux, les enveloppant d’une chaleur adoucie par les ombres.
L’homme plaqué contre la porte tendit la main derrière lui et verrouilla. Il attira Fan Xiao plus près, lui mordillant l’oreille : « As-tu bien retenu tout ce que je viens de t’enseigner ? »
Profitant d’un bref moment d’égarement, You Shulang le guida jusqu’au canapé, le poussa doucement, et Fan Xiao s’y laissa tomber.
You Shulang le contempla de haut, le regard abaissé avec autorité. Ses longs doigts commencèrent lentement à défaire les boutons au creux de sa gorge, dévoilant un cou pâle et la ligne discrète de ses clavicules.
« Quel genre de boisson ce monsieur souhaite-t-il prendre ? »
La chemise blanche entrouverte, le pantalon noir impeccablement coupé, les chaussures de cuir luisant faiblement sous la lumière…
You Shulang s’agenouilla lentement aux pieds de Fan Xiao…
Un rugissement assourdissant ! Le martèlement du cœur, le sang affluant, la morale pulvérisée, la nature bestiale éclatant… Fan Xiao dut mobiliser une force immense pour se retenir — pour ne pas mettre You Shulang en pièces à mains nues dès l’instant où il s’agenouilla.
« Shulang, tu… » La voix de Fan Xiao était si rauque qu’elle semblait râper sa gorge. Il parvint à commencer une phrase, sans savoir comment la finir.
You Shulang releva les paupières. Sa voix, froide en apparence, n’en était que plus dangereusement séduisante : « Quelles sont les exigences de ce monsieur ? »
Fan Xiao le fixa longuement. Finalement, il s’enfonça dans le dossier du canapé et déclara froidement : « Sers la boisson — selon ton goût. »
Shi Lihua avait réservé tout le bar ; même les salons inutilisés étaient garnis d’alcool. Ces pièces avaient été spécialement prévues pour gérer certaines situations imprévues provoquées par ces jeunes héritiers riches quand le désir leur montait à la tête.
L’arôme du vin se répandit dans l’air tandis que You Shulang leva le verre et l’offrit à Fan Xiao. Celui-ci le prit, en but une gorgée, puis fronça légèrement les sourcils : «Professeur You n’est pas très professionnel. Ce verre n’est pas assez fort. »
Puisque l’élève avait déjà dépassé le maître, You Shulang ressentit une pointe d’impuissance. Il se pencha un peu plus près, son attitude trahissant une discrète demande de clémence.
Fan Xiao frotta doucement la clavicule de l’homme avec son genou, et bientôt une légère rougeur fleurit sous son contact.
Une étincelle s’alluma dans son regard. Sa voix s’abaissa en un ordre brûlant : « Viens au milieu. »
Ses jambes entrouvertes rendaient son intention parfaitement claire. You Shulang se plaça entre ses genoux et leva la tête pour demander : « Dois-je servir un nouveau verre au président Fan ? »
« Pas besoin. » Fan Xiao devenait visiblement impatient. « Quelle est la suite ? Ah oui… c’est au tour de professeur You de boire. »
Il était, sans l’ombre d’un doute, un excellent élève — prompt à tirer des conclusions à partir d’un seul exemple. Après avoir avalé une large gorgée d’alcool, Fan Xiao se pencha et captura les lèvres de You Shulang.
Lorsque l’alcool brûlant passa de l’un à l’autre, leurs bouches se remplirent de la même fragrance chaleureuse. Le baiser s’approfondit — Fan Xiao pillant comme s’il voulait le dévorer tout entier — jusqu’à ce que You Shulang n’y tienne plus et le morde violemment, forçant enfin la séparation.
Des doigts rudes frottèrent des lèvres tendres. Chaque instinct primitif et sanguinaire en lui sembla s’embraser. Incapable de contrôler sa force, Fan Xiao les frotta jusqu’à ce qu’elles prennent une teinte rouge vif, presque sanglante.
« À ton tour, professeur You. »
Sous le regard vigilant de la bête, You Shulang se pencha lentement, centimètre par centimètre, abaissant la tête…
Le bruit d’une fermeture éclair déchira le silence de la pièce vide. Fan Xiao s’enfonça dans le dossier du canapé, sa respiration devenant rapide et lourde. Ses doigts se glissèrent dans les cheveux soyeux, caressant d’abord doucement — jusqu’à ce que, emporté par la montée du désir et un frisson de plaisir, il appuie soudainement avec force !
Le temps sembla à la fois s’étirer et s’emballer. Fan Xiao oscillait entre le bord de la folie et celui de l’explosion.
Soudain, la porte du salon privé fut violemment frappée. La voix de Shi Lihua résonna de l’extérieur : « Fan Xiao, es-tu là-dedans ? »
« Ne bouge pas. » Le rythme de sa poussée s’accéléra encore, tandis qu’il haletait : « Qui t’a dit de t’arrêter, professeur You ? »
Plus son rythme devenait frénétique, plus les coups à la porte se faisaient pressants.
« Fan Xiao, ouvre vite ! Ta fiancée est arrivée ! »
Avec une dernière poussée profonde et un flot brûlant se répandant, le jeu atteignit sa fin.
Traduction: Darkia1030
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