Political scheming - Chapitre 35 - Une beauté dans ma cour ?

 

Plusieurs mois s'étaient déjà écoulés depuis que Yan Ren avait quitté la ville de Qi'an.

En l'absence de Yan Ren, Qi'an semblait avoir perdu une part de son animation. Lorsque l'on évoquait encore son nom devant Lu Ping, c'était désormais le plus souvent sur le ton du souvenir. Cet homme, qui avait autrefois incarné une élégance désinvolte et une allure raffinée, demeurait peut-être inoubliable pour certaines personnes; mais, dans l'ensemble, il avait peu à peu sombré dans l'oubli.

Au pavillon Baihu, plusieurs élèves partirent les uns après les autres. Certains, après être devenus majeurs et avoir célébré la cérémonie de la coiffe (NT : cérémonie traditionnelle marquant l'accession d'un homme à l'âge adulte), achevèrent leurs études avant d'aller occuper un poste correspondant à leurs aspirations. D'autres, sans même avoir encore célébré leur majorité, avaient déjà obtenu une charge officielle et cessé de suivre les cours.

Fu Yi faisait partie de ces derniers. Il avait rejoint le camp militaire de Shuofang, où il passait ses journées à s'exercer aux manœuvres et au déploiement des troupes. Il ne voyait désormais que très rarement Lu Ping. Celui-ci avait toutefois entendu He Xinbai lui dire que, dernièrement, Fu Yi fréquentait beaucoup Xu Yan, de l'Académie impériale.

Lu Zhi avait épousé la fille du vice-ministre des Travaux publics, membre éminent de la faction Qingliu. On disait que cette union était née d'un heureux concours de circonstances et d'une profonde affection réciproque. L'empereur avait donc approuvé ce mariage et avait conféré à Lu Zhi le titre de prince de Wu.

Dès lors, Lu Zhi ne revint plus étudier au pavillon Baihu. Ses liens avec le parti des lettrés se resserrèrent encore davantage; on pouvait presque dire qu'ils étaient désormais liés de manière indéfectible.

Lu Qiang demeurait aussi arrogante et capricieuse qu'auparavant. Toutefois, depuis que Yan Ren n'était plus là, elle avait bien souvent perdu le goût de se parer avec autant de soin et paraissait constamment languissante.

Ces derniers temps, Lu Fang ne se contentait plus des combats de grillons. Il s'était pris de passion pour les combats de taureaux. Il avait fait clôturer un terrain près du champ de courses du Jardin de l'Est, où il élevait des molosses dans d'anciennes écuries abandonnées. À chaque moment de loisir, il emmenait Lu Zhao avec lui, appelant amis et connaissances à les rejoindre, afin d'assister aux affrontements entre les taureaux et les chiens. On disait que le spectacle était particulièrement sanglant.

En dehors de cela, Lu Fang n'avait pas changé : il continuait à tenir des propos fanfarons et outranciers. Au pavillon Baihu, il échangeait fréquemment des insultes avec He Xinbai, chacun installé de son côté de la table, s'invectivant d'une extrémité à l'autre. Et depuis que Lu Jing n'était plus là pour les séparer, leurs disputes dégénéraient presque jusqu'à l'échange de coups, sans personne pour servir de médiateur.

S'il n'y avait pas eu He Xinbai, Lu Ping, qui appréciait d'ordinaire le calme, aurait lui aussi trouvé que le pavillon Baihu avait perdu toute sa vitalité.

« Je me demande comment se porte Zikeng en ce moment... » Lorsqu'il avait un moment de libre, He Xinbai s'appuyait parfois sur son menton, regardait la place vide à côté de Lu Ping et poussait un long soupir.

Lu Ping suivit lui aussi son regard. Le pupitre était d'une propreté irréprochable. Chaque jour, quelqu'un venait le balayer et l'essuyer, comme si quelqu'un continuait à s'y asseoir quotidiennement.

He Xinbai reprit : « Je sais que, dès que tu en as le temps, tu vas rendre visite à tante Yan. J'y suis allé moi aussi hier ! Mais elle est retombée malade et Zikeng lui manque énormément... »

On était alors à la charnière de l'automne et de l'hiver. Les séquelles de l'ancienne affection pulmonaire accompagnée de toux dont souffrait Tang Ruochu s'étaient de nouveau manifestées. Dès qu'elle prenait froid durant la nuit, elle recommençait à tousser. Les symptômes allaient et venaient sans jamais disparaître complètement. Chaque fois que Lu Ping lui rendait visite, il l'entendait respirer avec peine, essayant de réprimer sa toux sans jamais y parvenir tout à fait.

L'empereur se montrait très préoccupé par l'état de santé de Tang Ruochu. Il avait ordonné aux médecins du Bureau impérial de médecine de se rendre chaque jour à la résidence des marquis afin de lui prendre le pouls et de s'enquérir de son état, exigeant qu'ils la guérissent coûte que coûte.

C'était là une pratique fréquente de l'empereur : elle permettait aux habitants de Qi'an, aussi bien dans la capitale qu'au-dehors, de louer la bienveillance de Sa Majesté envers les familles des généraux et des commandants. Cependant, seuls les esprits les plus avisés étaient capables de discerner quel en était le véritable objectif.

Lu Ping réfléchit un instant et dit à He Xinbo : « La maladie de ta tante est en partie due aux soucis et à l’inquiétude. À l’avenir, lorsque nous irons chez les Yan, il vaudrait mieux que nous parlions davantage de sujets joyeux. »
He Xinbo hocha la tête. Il songea soudain à quelque chose et demanda : « La princesse héritière va-t-elle bien en ce moment ? Si oui, je demanderai à ma mère d’emmener ta tante au palais pour se promener et rendre visite à la princesse, afin qu’elle ne reste pas toujours enfermée à la maison. »
Depuis qu’elle était enceinte, Fu Yu prenait mille précautions, de son alimentation à son quotidien. Lu Jing et l’Impératrice en prenaient un soin particulièrement méticuleux, si bien que son teint s’était nettement amélioré. Cependant, comme l’accouchement était prévu dans environ un mois, l’Impératrice lui interdisait de trop s'éloigner, ne lui permettant que d’aller et venir entre le palais Anren et son propre palais Qingning. Mais chaque fois que les dames de la haute noblesse venaient en audience, l’Impératrice acceptait volontiers que Fu Yu bavarde et se promène avec elles.
Lu Ping dit : « Il a plu récemment. Dans quelques jours, quand le temps sera dégagé, nous emmènerons ta tante dehors. »
L’enfant royal porté par Fu Yu était destiné à être le premier petit-fils impérial de la ville de Qi'an. Non seulement l’Impératrice veillait sur elle de près, mais c’était aussi une affaire majeure dont les cent officiers et tous les lettrés de la cour s’enquéraient constamment. Certains espéraient que ce soit un petit prince héritier, qu’il naisse et grandisse en paix; d’autres, au contraire, souhaitaient que ce soit une petite princesse sans importance, voire qu’il y ait une fausse couche ou que l’enfant meure en bas âge.
Quelques jours plus tard, alors que l’automne battait son plein et que la fête de Chongyang approchait, la mère de He Xinbo, Madame Liu, épouse du marquis de Yi'an, invita Tang Ruochu à se rendre au palais pour présenter ses respects à l’Impératrice. Elles croisèrent par hasard Fu Yu qui se trouvait au palais Qingning et le groupe sortit admirer le paysage automnal.
Arrivé au jardin de l’Est, He Xinbo laissa les aînés et vint chercher Lu Ping à la cour Cangzhu.
« La princesse héritière et les autres arrivent donc par ici ? » s’étonna Lu Ping.
He Xinbo contempla tranquillement les bambous de la cour et expliqua : « Ma mère dit que les femmes enceintes doivent marcher davantage afin que l’accouchement soit moins difficile. La princesse héritière était de très bonne humeur. Elle a demandé où le paysage automnal était le plus beau en ce moment. L’eunuque qui l’accompagnait a répondu que c’était la forêt d’érables au Nord du jardin de l’Est, c’est pourquoi je les ai accompagnées jusqu’ici. »
Lu Ping fronça légèrement les sourcils : « Il vaudrait mieux ne plus aller vers le nord. »
He Xinbo demanda : « Pourquoi ? »
Lu Ping expliqua : « La forêt d’érables est belle, certes, mais le haras se trouve à proximité, et l’odeur n’est pas des meilleures. De plus, il arrive parfois que quelques chevaux brisent leurs rênes et s’aventurent dans les bois; je crains qu’ils ne fassent peur à ces trois femmes. »
He Xinbo trouva ces raisons très pertinentes et dit à son valet : « Va rapporter les paroles du Neuvième Prince à ma mère et dis-leur de rebrousser chemin. »
Le valet s’en alla sur-le-champ.
Lu Ping se sentit soudain un peu gêné : « Je disais cela à la légère, je ne pensais pas que tu prendrais la chose au sérieux au point d’envoyer quelqu’un. »
He Xinbo, surpris, agita son éventail et éclata de rire : « Altesse, pourquoi te déprécies-tu ainsi ? Ce que tu dis est tout à fait juste ! Aie plus confiance en toi ! La santé de la princesse héritière est primordiale, il vaut mieux être prudent en toutes choses. »
Lu Ping eut envie de rectifier l’expression impropre qu’il avait employée, mais après réflexion, il y renonça.

(NT : He Xinbo utilise妄自薄非 – forme erronée pour 妄自菲薄. Il confond le caractère 菲 (fěi, humble, médiocre) avec 非 (fēi, erreur, contraire). Les 2 fei se prononcent différemment. Cela rend sa phrase grammaticalement incorrecte.)

Dès qu’ils furent près du bâtiment principal, Qiu Shui servit du thé chaud. He Xinbo s’exclama : « Cette cour est vraiment agréable ! Elle me rappelle ce... ce monsieur qui planta cinq saules ? »
Qu’avait-il donc appris dans ses livres ? Lu Ping ne put s’empêcher de répondre : « Tu veux parler de Tao Qian ? » (NT, aussi connu sous le nom de Tao Yuanming, célèbre poète qui planta cinq saules devant sa demeure et se surnomma Monsieur des Cinq Saules)
« Ah, oui ! » He Xinbo se frappa le front avec son éventail, puis continua : « J’avais déjà entendu Zikeng dire que l’endroit où tu vis est confortable. En le voyant aujourd’hui, je constate que c’est bien vrai ! »
Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu le nom de Yan Ren. Lu Ping marqua un temps d’arrêt, puis resta interdit, n’osant y croire : « Yan Ren a dit que cet endroit était agréable ? »
« Oui ! » poursuivit He Xinbo. « Il n’a pas séjourné ici à plusieurs reprises ? Il a aussi dit qu’il y avait une beauté ici. Où est-elle ? Puis-je la voir ? » Il regarda autour de lui, puis se tourna vers Qiu Shui : « Ce ne serait pas toi, par hasard ? »
Qiu Shui, effrayée, n’osa pas répondre.
Lu Ping : « …… »
Les seules servantes de sa cour étaient Qiu Shui et Zhi Le; l’une était douce et réservée, l’autre délicate, mais aucune n’était une beauté renversante. C’étaient probablement des propos en l’air de Yan Ren. Ne sachant que répondre, Lu Ping changea de sujet : « Au fait, comment va ta tante Yan ? »
He Xinbo répondit : « Beaucoup mieux, je ne l’ai pas entendue tousser. »
Tant mieux. Lu Ping se sentit un peu rassuré.
« BANG ! » Soudain, un bruit retentissant provenant de la porte extérieure surprit Lu Ping et He Xinbo. Qiu Shui souleva précipitamment le rideau pour regarder dehors et aperçut un homme qui courait, affolé. C’était le valet de He Xinbo.
Lu Ping sentit que les choses tournaient mal; il s’agissait probablement d’un incident impliquant Fu Yu, et pas des moindres. À cette pensée, il se leva, le cœur serré : « Que se passe-t-il ? »
Le valet, terrifié, avait le visage blême et tremblait de tous ses membres. He Xinbo cria, hors de lui : « Parle vite ! Qu’est-ce qu’il y a ? »
Le valet s’agenouilla et dit en pleurant : « Votre serviteur venait d’arriver à la forêt d’érables quand j’ai vu plusieurs dogues sortir des bois en courant. Ils ont mordu les serviteurs du palais ! La princesse héritière est également tombée, elle a perdu du sang, et maintenant on la ramène en hâte vers le sud. Elle va... elle va probablement accoucher ! »
Avec u
n bruit de fracas, le couvercle de la tasse de thé de Lu Ping se brisa en miettes. Il fit deux grands pas rapides et fixa intensément le valet.
He Xinbo cria derrière lui : « A-t-on envoyé chercher les médecins impériaux ? Dépêchez-vous d’en appeler, ainsi que les sages-femmes ! Ne la ramenez pas au palais de l’Est. Quel est le lieu le plus proche pour l’installer convenablement ? »
Le valet répondit : « On est déjà allé les chercher. Madame cherche un pavillon pour y placer la princesse... »
« Chercher un pavillon ! Trouvez un endroit où elle puisse accoucher, un lieu habitable avec un lit ! » He Xinbo, exaspéré, sortit précipitamment du bâtiment principal.
Le valet, tremblant encore plus fort, hésita : « Près de là... » Il ne savait pas quel logement meublé se trouvait dans les environs, ni même où se trouvaient Fu Yu et les autres à cet instant. Il suivit He Xinbo, aussi agité qu’une fourmi sur une poêle brûlante.
Lu Ping fit de son mieux pour garder son sang-froid. Il sortit en courant, devança He Xinbo et ouvrit en grand la porte de la cour Cangzhu, puis cria : « Le lieu le plus proche n’est autre que la cour Cangzhu. Da Sheng, Qiu Shui, venez, allons chercher la princesse héritière ! »
Ce n’est qu’après avoir prononcé ces mots que Lu Ping s’aperçut que sa voix tremblait. Mais il n’avait plus le temps de s’en soucier. Il prit la tête de quelques personnes, contourna la cour Cangzhu et se dirigea vers le nord.
En chemin, ils croisèrent justement Madame He et Tang Ruochu qui soutenaient Fu Yu, sans savoir où aller . Le visage de Fu Yu était d’une pâleur mortelle, les yeux clos – impossible de savoir si elle était consciente –, la sueur inondait les mèches de son front. À cette vue, le cœur de Lu Ping se serra douloureusement, comme s’il était pris dans un étau.

He Xinbo laissa immédiatement tomber son éventail pliant, prit Fu Yu dans ses bras sans un mot et se précipita vers la porte arrière de la cour Cangzhu.

La petite cour Cangzhu fut plongée dans une grande confusion.

Fu Yu fut installée sur le lit dans la chambre de Lu Ping. Le médecin impérial et les sages-femmes arrivèrent, et l'Impératrice accourut également en toute hâte dès qu'elle en eut vent. Le médecin impérial déclara qu'il fallait provoquer l'accouchement par avance, faute de quoi la mère et l'enfant seraient en danger. Ainsi commença, dans la chambre, un accouchement palpitant et angoissant.

Lu Ping sortit de la pièce, le cœur tremblant et s'adossa contre un pilier du corridor. Il venait de voir l'Impératrice, à la fois furieuse et profondément inquiète, Tang Ruochu au visage couvert de larmes, Madame He au sourcil froncé et He Xinbo qui avait perdu son air nonchalant et insouciant.

Et Fu Yu, en couches, qui luttait avec difficulté sur le lit.

Lu Ping joignit les paumes en son for intérieur et ferma les yeux.

Au loin, des pas précipités se firent entendre. Il rouvrit les yeux : c'était Lu Jing.

Dès qu'il avait reçu la nouvelle au palais de l'Est, Lu Jing avait couru sans s'arrêter jusqu'à la cour Cangzhu. Des perles de sueur perlaient sur son front et ses deux yeux étaient rouges, comme s'il avait eu du mal à retenir ses sanglots en chemin.

Lu Ping sentit son nez s'irriter et sa gorge se serrer douloureusement : « Frère, tout ira bien. »

À ces mots, les yeux de Lu Jing devinrent encore plus rouges. Il hocha simplement la tête, puis franchit d'un pas décidé la porte de la chambre.

Lu Ping resta à attendre devant la porte, observant les serviteurs du palais qui allaient et venaient.

Bientôt, il entendit la voix ferme et résolue de Lu Jing, les dents serrées : « Quoi qu'il arrive, sauvez d'abord la vie de la princesse héritière ! »

Puis vint la voix de l'Impératrice : « Oui, oui ! S'il arrive quoi que ce soit à Yu'er, je vous réclamerai vos têtes ! »

Après des heures d'agitation et de confusion, le ciel s'assombrit peu à peu. Les lanternes du palais et les bougies illuminaient vivement toute la chambre, Lu Ping n'avait jamais vu l'endroit où il dormait aussi brillamment éclairé.

Les cris déchirants de Fu Yu, entrecoupés, se faisaient entendre par intermittence. Enfin, un faible vagissement perça la longue nuit.

Le médecin impérial s'agenouilla et annonça : « Je rends compte à Votre Altesse Impériale et à Votre Altesse Royale : c'est une petite princesse. La mère et l'enfant sont sains et saufs ! »

Les yeux de Lu Jing étaient emplis de larmes, il ne jeta que quelques regards au nouveau-né qui pleurait, mais garda fermement la main de Fu Yu dans la sienne. Enfin, il déposa sur son front couvert de sueur un baiser léger et chargé d'émotion.

L'Impératrice poussa un long soupir de soulagement. Après avoir veillé à ce que tout soit mis en ordre et que les soins soient assurés, le visage marqué par la fatigue, elle regagna la salle principale. Maintenant que Fu Yu avait accouché sans encombre d'une petite princesse, elle avait enfin le temps de s'occuper des incidents survenus ce jour-là.

« Qui a conduit la princesse héritière à la forêt d'érables ? »

La voix irritée et solennelle résonna dans la salle principale de la cour Cangzhu. Lu Ping, He Xinbo, Tang Ruochu et les autres se tenaient silencieusement sur le côté; derrière eux, tout un groupe de serviteurs du palais se tenaient tête baissée, retenant leur souffle, n'osant faire le moindre bruit.

Dès que l'Impératrice eut parlé, plusieurs regards se tournèrent involontairement vers l'un des eunuques. Celui-ci, affolé, s'agenouilla en implorant grâce.

L'Impératrice, qui était pourtant connue pour sa bonté et sa clémence, n'affichait plus le moindre sourire au coin des yeux. Elle saisit la tasse de thé dans sa main et la fracassa au sol, puis déclara : « Qu'on lui donne la bastonnade jusqu'à ce que mort s'ensuive ! »

Du coin de l'œil, Lu Ping vit l'eunuque, hurlant et pleurant, être traîné hors de la salle par d'autres serviteurs.

L'Impératrice inspira profondément et demanda encore : « À qui appartiennent ces dogues ?»

Lu Ping avait déjà la réponse en son for intérieur, il ne put s'empêcher de serrer les poings.

Tous les serviteurs présents dans la salle n'osaient mot dire.

Seul le grand eunuque qui se tenait aux côtés de l'Impératrice s'inclina et répondit : « Au Sixième Prince. »

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Lettre à Yuan Shan,

Depuis que je me suis éloigné de vos enseignements éclairés, plusieurs dizaines de jours se sont écoulés. Ce matin, en me levant, j'ai vu les servantes du palais balayer la cour; j'ai alors pris conscience que l'automne était déjà là. Cela m'a irrésistiblement rappelé le givre précoce de l'an dernier, notre rencontre semblable à des joncs flottant sur l'eau (NT : rencontre imprévue et éphémère) et tous ces événements, joyeux ou tristes, qui se sont succédé.

Une année et quelques mois se sont déjà écoulés depuis. Lorsque je taille la mèche de la lampe, le soir, je songe souvent aux rigueurs du Nord et je m'imagine que vous devez manquer de vêtements chauds et de nourriture, sans jamais prendre soin de vous. J'ai appris que l'armée de garnison du Nord avait livré un combat acharné contre les Turcs à Fengzhou pendant trois jours et l'avait emporté de justesse. Mon cœur s'est serré d'angoisse. Je vous en supplie, soyez prudent en toute chose et que votre santé soit votre priorité.

Je jette cette lettre dans mon écritoire, la confie au vent du sud afin qu'il la porte jusqu'au Nord-Ouest. Tourné vers les lointaines montagnes, je vous souhaite quiétude et sécurité.

Respectueusement,

Liu'an.

 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent_du

 

 

 

 

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