Political scheming - Chapitre 37 - Suis-je un morceau de bois au cœur noir ?

 

« Argh ! »

Le visage de Lu Fang reçut de plein fouet un violent coup d'arc. La douleur le fit hurler sur le sol : « Lu Ping, quelle rancune as-tu donc envers moi ? Que l'enfant porté par la famille Fu ait eu ou non un accident, quel rapport cela a-t-il avec toi ?! »

Lu Ping eut un léger ricanement froid, leva de nouveau l'arc et l'abattit.

« Aouh ! » Lu Fang n'eut pas le temps d'esquiver ni de se protéger. Il se roula au sol en se couvrant le visage de ses mains.

Lu Ping s'accroupit devant lui et le regarda. « Te souviens-tu encore de l'épreuve civile et militaire de l'automne dernier ? Tu avais volontairement provoqué ma chute de cheval, me blessant ainsi un bras. »

Lu Fang sembla s'en souvenir. Il le regarda avec stupéfaction : « Toi… tu as donc gardé rancune jusqu'à aujourd'hui ? »

Ces paroles heurtèrent un point sensible.

Lu Ping eut l'impression que l'odeur du sang emplissait tout l'air. Réprimant son dégoût, il répondit : « Peu importe la manière dont tu m'as traité auparavant, je pouvais choisir de ne pas m'en soucier et de ne pas poursuivre l'affaire. Après tout, mieux vaut éviter un problème supplémentaire lorsqu'il peut être épargné. Mais cela ne signifie pas que je suis facile à manipuler. Tu as voulu nuire à l'héritier impérial, tu as mis en danger la vie de ma belle-sœur impériale au point qu'elle a failli mourir en accouchant prématurément, tu as fait passer à mon frère impérial une nuit entière d'inquiétude… »

À ces mots, son regard devint glacial. Il jeta directement son arc et ses flèches au sol, serra le poing et frappa Lu Fang à l'œil. « Ose seulement toucher ces deux-là, pour voir ! »

Lu Fang avait déjà le visage couvert d'ecchymoses et le nez tuméfié. Il protégea alors son visage de ses deux mains et pleura en demandant grâce : « Non ! Tout à l'heure, je voulais seulement te faire peur volontairement ! Je n'ai pas libéré ces chiens exprès ! Ce sont uniquement ces quelques serviteurs qui ont laissé les chiens s'échapper par accident ! Cela n'a rien à voir avec moi ! »

Lu Ping se releva et lui donna deux coups de pied.

« Cela n'a rien à voir avec moi ! Arrête de me frapper ! Arrête ! »

Même malgré les supplications répétées de Lu Fang, Lu Ping trouvait toujours que ce n'était pas suffisant.

Alors qu'il se demandait s'il devait encore lui donner quelques coups supplémentaires, Lu Fang se releva soudainement avec violence et se jeta sur Lu Ping. Il lui saisit les jambes et le fit tomber au sol.

Une forte odeur de sang lui monta au nez. Lu Ping appuya ses paumes contre le sol et laissa Lu Fang poser sur son cou ses mains couvertes de sang et de boue. Il entendit Lu Fang éclater de rire : « Lu Ping ! Très bien, toi alors ! Je pensais à l'origine que tu n'étais qu'un morceau de bois, mais je n'aurais jamais imaginé que ton cœur était noir à l'intérieur! Tu as fait semblant pendant toutes ces années et tu m'as complètement trompé. Je croyais vraiment que tu étais un idiot à la tête vide, une boue incapable de tenir debout ! Alors maintenant, tu ne fais plus semblant, c'est ça ? »

Un morceau de bois au cœur noir ? Tu dis que c'est ainsi, alors soit.

« Va te faire foutre ! » cria Lu Fang en attrapant les cheveux de Lu Ping et en lui cognant la tête contre le sol.

Lu Ping ramassa à temps la flèche tombée au sol et l'enfonça dans le mollet de Lu Fang. Profitant du moment où celui-ci gémissait de douleur, il se libéra. Puis, sans la moindre hésitation, il prit son arc recourbé et le passa autour de l’avant-bras de Lu Fang, le maintenant fermement dans son dos afin qu'il ne puisse plus bouger.

Lu Fang rugit : « Ne sois pas arrogant ! Toute ton arrogance actuelle, c'est Lu Jing qui te l'a donnée ! Sans Lu Jing, tu n'es rien ! »

« Tu as raison. Sans mon frère impérial, je ne suis effectivement rien. J'ai toujours reconnu moi-même que je n'étais pas utile. »

Lu Ping haleta légèrement, puis sourit. « Mais tu crois être très puissant ? Sans Lu Zhi, tu es encore plus pitoyable. Tu n'arrives même pas à me vaincre. »

Le bras de Lu Fang était maintenu derrière son dos par l'arc qui l'enserrait. La corde fine et tranchante frottait contre ses vêtements; dès que Lu Ping exerçait un peu de force, Lu Fang poussait des cris de douleur.

Il était presque devenu fou et se mit à l'insulter violemment : « Ne crois pas que j'ignore ce que tu manigances ! Tu penses que si Lu Jing monte sur le trône, tu pourras en profiter ? Hahahaha ! Continue donc de rêver éveillé ! Je te le dis : il n'est même pas certain que Lu Jing puisse devenir empereur ! Mon frère, Lu Zhi ! C'est lui qui est le candidat le plus approprié pour être lhéritier du trône ! »

« Crac » Le bruit écœurant d’os se brisant résonna dans l’air.

« Mon bras ! »

Lu Ping regarda Lu Fang, dont l'état misérable ne lui permettait désormais plus de se débattre, puis commença à relâcher la force qu'il exerçait.

Cela suffisait à peu près. Il ne fallait pas aller trop loin.

Un bras ou une jambe cassée constituait déjà une leçon.

Lu Fang, haletant, parvint seulement à dire : « Attends un peu ! Une fois que je serai sauvé, je ne te laisserai certainement pas t'en tirer ! Je le dirai à ma mère concubine, je le dirai à mon père impérial ! »

« Je te l'ai déjà dit, tu n'as aucune preuve. » Lu Ping le libéra complètement et sourit. « Tu es le principal responsable de l'accouchement prématuré de la princesse héritière. Si tu n'as pas peur que l'empereur te reproche cette affaire en retour, alors vas-y, porte plainte. Nous verrons bien si l'empereur te punira toi ou moi. »

« Toi… » Lu Fang s'étrangla, le visage déformé par la frustration. Des larmes lui montèrent aux yeux, tandis qu'il gisait immobile sur le sol, tremblant d'humiliation et de rage.

Voyant cela, Lu Ping se sentit parfaitement soulagé. Il se releva, ôta les feuilles mortes accrochées à ses vêtements et leva les yeux vers le sommet de la pente. Da Sheng s'y tenait toujours seul, il n'y avait personne d'autre.

Lu Ping cria alors : « Le sixième prince est tombé de la pente et s'est cassé un bras. Son visage et son nez ont été blessés par des pierres et son mollet a été mordu par un molosse. J'ai abattu le molosse. Venez vite ! Que quelqu'un vienne aider le sixième prince à se relever ! »

À partir de ce moment-là, Lu Ping ne revit plus Lu Fang pendant longtemps.

Son bras droit étant cassé, Lu Fang demanda naturellement un congé et ne se rendit plus au pavillon Baihu pour étudier. Lu Ping entendit dire qu'il lui faudrait plus de six mois de soins avant de pouvoir enfin retirer son plâtre.

Comme Lu Ping l'avait prévu, Lu Fang ne se rendit pas auprès de l'empereur pour dénoncer Lu Ping. Il déclara seulement qu'il s'était blessé en évitant un molosse. Durant les mois suivants, il fit exprès, consciemment ou non, d’éviter toute interaction avec Lu Ping.

Lorsqu'ils se retrouvaient lors d'un banquet impérial auquel il était impossible de ne pas assister, dès que Lu Fang arrivait à côté de Lu Ping, il lâchait un froid « hmph ». Lu Ping, comme toujours, ne lui accordait aucune attention.

Les chiens sauvages, lorsqu'ils sont trop habitués à agir sans contrainte, doivent être sévèrement corrigés afin de devenir dociles pendant un certain temps, pensa Lu Ping.

Mais un chien sauvage reste un chien sauvage. Sa nature indomptée ne disparaît pas; qui savait si, un jour, il ne profiterait pas d'une occasion pour recommencer à faire étalage de sa puissance devant les autres. Lu Ping pensa donc également qu'il ne devait pas relâcher sa vigilance envers Lu Fang.

La petite princesse née de Fu Yu fut nommée Yiwen.

Comme elle était née prématurément, elle souffrait depuis sa naissance de quelques faiblesses physiques. Lu Jing mobilisa tous les médecins impériaux de l'hôpital impérial pour la soigner avec la plus grande attention et prudence. Ce ne fut qu'après beaucoup d'efforts qu'elle commença enfin à retrouver progressivement la santé.

Parfois, après avoir terminé ses cours au pavillon Baihu le matin, Lu Ping se rendait au palais de l'Est pour déjeuner avec Lu Jing et Fu Yu.

À table, Lu Jing lui demandait avec beaucoup d'intérêt des nouvelles du pavillon Baihu : par exemple, si Lu Fang avait encore demandé un congé aujourd'hui, quel jeune fils d'une famille noble venait d'intégrer les études ou encore comment se portait Song Siyuan ce jour-là.

Après le repas, Lu Ping allait toujours avec Lu Jing regarder la petite princesse Yiwen, que sa nourrice portait dans ses bras.

Avec le temps, ces journées répétées finirent même par donner à Lu Ping l'impression que la vie au fond du palais impérial n'était pas entièrement dépourvue de chaleur ou d'espoir.

Au début de la nouvelle année, afin d'apporter des bénédictions à Yiwen, l'empereur accorda une amnistie générale dans tout l'empire, graciant les prisonniers et les rétablissant dans la vie civile.

Au début du printemps, lors de la fête des fleurs (NT : fête traditionnelle célébrant la floraison printanière), le quatrième prince Lu Zhao accomplit la cérémonie de passage à l'âge adulte, reçut le titre de prince de Yan et épousa la fille d'un fonctionnaire civil issu du courant des lettrés.

À la transition entre le printemps et l'été, les résultats des examens impériaux du printemps furent publiés. Un grand nombre de nouveaux diplômés reçurent des postes attribués par le ministère des Fonctionnaires et le groupe politique des lettrés ne cessa de prendre de l'ampleur.

Lorsque les feux du septième mois commencèrent à décliner (NT : expression signifiant que l'étoile Huoxing commence à descendre dans le ciel, annonçant l'arrivée progressive de l'automne), Lu Ping apprit que l'empereur envisageait de trouver un époux issu de la famille Fu pour Lu Qiang. Lu Qiang pleura, protesta et alla jusqu'à menacer de se suicider, réussissant seulement à faire suspendre temporairement le mariage.

Les saisons passèrent. Un nouvel automne arriva. Fu Yu organisa au palais Anren un petit banquet pour le premier anniversaire de Yiwen, invitant toutes les épouses des familles nobles et les dames du parti des lettrés.

Cette année-là, le solstice d'hiver était déjà passé depuis longtemps et pourtant la neige tardait toujours à tomber.

Chaque matin, après s'être levé tôt, Lu Ping regardait toujours la cour par la fenêtre, puis, enveloppé dans son épais vêtement rembourré de coton, traversait sa chambre jusqu'à la salle principale.

Zhile se plaignait chaque jour auprès de Qiu Shui : « Pourquoi ne neige-t-il toujours pas ? Si la neige tombait, nous pourrions de nouveau récupérer l'eau de neige conservée sur les feuilles de bambou. »

Alors que toute la ville de Qi'an attendait l'arrivée de la « neige propice annonçant une année abondante », l'empereur tomba soudainement malade et son état s’avéra très grave.

D'après l'eunuque Tong Li qui accompagnait Lu Jing, l'empereur n'était même plus capable de gérer personnellement les affaires de la cour. Il devait rester alité. Chaque jour, l'impératrice et Lu Jing se rendaient au palais Shenlong pour s'occuper de sa vie quotidienne et de ses médicaments ainsi que de ses repas médicinaux. Ensuite, Lu Jing allait au palais Liangyi pour lire les mémoires officiels, gérer les affaires administratives et écouter les rapports.

Dans toute la cour et à l'extérieur du palais, les esprits étaient agités.

L'empereur avait vieilli, il était inévitable qu'un jour il tombe malade. Que Lu Jing monte sur le trône en tant que prince héritier semblait être une chose parfaitement naturelle. Pourtant, même Lu Ping, qui vivait retiré dans le palais Cangzhu, pouvait sentir, dans les vents venant de toutes les directions, une légère anomalie.

Le vent politique de la cour s'était divisé en deux courants.

Le premier était principalement composé des familles nobles. Ils estimaient que Lu Jing était généreux et bienveillant, qu'il prenait soin des sujets et qu'il pourrait certainement conduire la dynastie Dasheng vers une nouvelle période de prospérité.

Le second était principalement composé du parti des lettrés. Ils estimaient que la famille maternelle de Lu Jing, le clan Fu, possédait un pouvoir immense et que, si Lu Jing montait sur le trône, rien ne garantirait qu'un jour le clan Fu ne dépasse pas ses prérogatives et ne s'empare du pouvoir à la place de l'empereur.

Mais même si les débats étaient extrêmement vifs, le fait que Lu Jing soit le prince héritier ne pouvait être changé. Une fois que l'empereur mourrait, Lu Jing monterait naturellement sur le trône.

Les cris des singes sur les deux rives résonnent encore, la légère barque a déjà franchi dix mille montagnes.

(NT : Extrait de « Départ matinal de la cité de Baidi » de Li Bai. Image de la fuite rapide du temps, de la distance franchie et du changement irréversible.)

L'après-midi, Lu Ping écrivit deux vers de poésie sur du papier xuan puis sortit pour se rendre au palais de l'Est.

Naturellement, Lu Jing n'était pas au palais de l'Est. Seule Fu Yu y était, tenant dans ses bras la petite princesse Yiwen, âgée d'un an à peine, qui apprenait à marcher en titubant sur le petit lit bas.

Dès qu'elle vit Lu Ping arriver, Yiwen prononça d'une voix confuse : « Oncle. »

« Yiwen ne fait pas de sieste aujourd'hui à midi ? » demanda Lu Ping en souriant à Fu Yu.

Fu Yu répondit : « Aujourd'hui, elle a mangé un peu plus tard. Nous attendons qu'elle ait fini de digérer avant de la coucher. »

Pourquoi avait-elle donc mangé si tard ?

Voyant le doute sur le visage de Lu Ping, Fu Yu sourit et expliqua : « Yangzhi est allé au palais Shenlong servir des médicaments à Sa Majesté. J'ai entendu dire que Sa Majesté ne prend déjà plus ses décoctions médicinales. Il a fallu un temps fou pour le convaincre de finir ne serait-ce qu'un bol. Ensuite, il est reparti au palais Liangyi. »

En disant cela, elle baissa la voix et resta extrêmement prudente.

Lu Jing se rendait chaque jour aux palais Shenlong et Liangyi, il était difficile qu'il ne soit pas épuisé.

Lu Ping sembla soudain se souvenir de quelque chose et demanda : « Lu Zhi ne se rend-il pas également au palais Shenlong pour servir l'empereur ? »

Fu Yu fronça les sourcils et secoua la tête. « Le prince de Wu n'y va qu'occasionnellement. Il ne semble pas s'y rendre souvent. »

Lu Ping trouva cela étrange. Ces deux dernières années, Lu Zhi n'avait nullement semblé retenir ses ambitions ni rester sagement à sa place. Au contraire, il était devenu encore plus actif, discutant fréquemment à voix haute avec certains fonctionnaires lettrés du parti.

Il ne détenait pas réellement de pouvoir militaire, ses relations concernaient seulement les fonctionnaires civils. En apparence, il semblait ne nourrir aucune ambition, mais en réalité il en était tout autrement.

À ce moment critique où l'empereur était gravement malade, il aurait dû faire son apparition de manière éclatante devant le lit de malade de l'empereur afin de gagner une bonne réputation.

Alors pourquoi, au contraire, semblait-il soudainement indifférent ?

Lu Ping avait le sentiment que quelque chose clochait.

Il se dit que peut-être, tout simplement, il réfléchissait trop.

Fu Yu emmena Yiwen faire sa sieste de l'après-midi. Lu Ping resta seul dans le cabinet d'étude du palais Anren à lire quelques livres de loisir. Lorsque le soleil commence peu à peu à décliner vers l'ouest, Fu Yu arriva dans le cabinet avec des gâteaux à l'osmanthus qu'elle avait préparés elle-même et demanda à Lu Ping de se laver les mains pour venir les manger.

Les gâteaux à l'osmanthus étaient les préférés de Lu Jing. Il était évident que Fu Yu les avait spécialement préparés pour Lu Jing. Lu Ping n'en profitait que par hasard, mais son cœur était tout de même rempli de joie et il alla se laver les mains avec enthousiasme.

Après avoir mangé deux morceaux de gâteau, un serviteur du palais vint annoncer : « Son Altesse le prince héritier est de retour. »

Lu Ping leva la tête et vit Lu Jing franchir rapidement le seuil du palais pour entrer dans la salle. Son visage était lourd et ses sourcils profondément froncés.

Fu Yu s'approcha de lui avec une tasse de thé et demanda avec inquiétude : « Que se passe-t-il ? Pourquoi ton visage est-il si sombre ? »

Lu Jing regarda Fu Yu, puis déplaça son regard vers Lu Ping. Ses sourcils se froncèrent encore davantage.

La cloche funéraire n'avait pas encore retenti. Il était donc probable que l'empereur n'avait pas eu d'accident.

Lu Jing prit seulement la tasse de thé, la vida d'un trait, puis déclara : « Une dépêche urgente est arrivée de la frontière nord. »

« Quoi ? » Lu Ping s'avança précipitamment.

Lu Jing poussa un profond soupir.

« La forteresse de Wuhai est tombée. Le général Yan Cen… a sacrifié sa vie pour son pays . »

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Lettre à Yuan Shan :

Depuis notre séparation devant les portes de la capitale, une année entière s’est déjà écoulée, avec ses froids et ses chauds.

Je ne sais quels paysages offrent les quatre saisons dans les terres du désert du Nord.

Au printemps, pensant à toi, je ne peux m'empêcher de vouloir demander aux fleurs des forêts si elles ont déjà hâtivement laissé tomber leurs pétales pourpres.

En été, pensant à toi, je tourne naturellement mon regard vers le Nord, où l'oiseau blanc du soleil éblouit et brûle doucement la peau. (NT : allusion au corbeau solaire, l'oiseau mythique associé au Soleil.)

En automne, pensant à toi, je ne peux m'empêcher de m'apitoyer sur les feuilles des paulownias dont le bruissement mélancolique s'attarde si volontiers le soir.

En hiver, pensant à toi, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter en imaginant la neige,  tourbillonnant à flocons drus, couvrir les arcs et les épées.

Lorsque tu reviendras, je secouerai la poussière accumulée sur tes vêtements et, débarrassés des tumultes du monde, nous parlerons ensemble des paysages du Nord.

Je dépose cette lettre dans le casier à livres, la confiant au vent du Sud afin qu'il la porte jusqu'au Nord-Ouest.

Puisse celui qui réside dans les montagnes lointaines être sain et sauf.

Respectueusement,

Liu'an.


 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent_du

 

 

 

 

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