La tête de Lu Ping résonna violemment.
Wuhai était tombée.
Yan Cen… était mort au combat ?
N’était-il pas celui qui, à peine deux ans auparavant, avait repoussé les Turcs de plusieurs centaines de li et avait été anobli à titre posthume au rang de marquis ? N’était-il pas le plus valeureux et le plus aguerri des grands généraux de Dasheng ? N’était-il pas le modèle que Yan Ren admirait profondément tout en aspirant à le surpasser ?
Comment pouvait-il être mort ?
Lu Ping frissonna et demanda instinctivement : « Et Yan Ren ? »
Lu Jing baissa la tête et répondit après une hésitation : « Le rapport urgent ne le mentionne pas. Il ne devrait probablement rien lui être arrivé. »
Lu Ping n’osa pas pour autant se rassurer complètement. Yan Cen était mort, qu’allait-il advenir de Yan Ren ? Comment allait-il surmonter cette épreuve ? Et qu’allait devenir Tang Ruochu ?
À cette pensée, Lu Ping demanda aussitôt : « La famille Yan est-elle au courant ? »
Lu Jing hocha la tête : « Oui. »
L’esprit de Lu Ping était plongé dans la plus grande confusion. Il retourna, hébété, devant son bureau, y déposa son livre et, le souffle court, murmura : « Je… je voudrais aller voir Madame Yan. »
Il prit aussitôt conscience qu’il venait de dire une absurdité. Le maître de la famille Yan venait de mourir à la guerre; en pareilles circonstances, la présence de n’importe quel étranger à la résidence Yan aurait été déplacée.
À sa grande surprise, Lu Jing lui dit : « Vas-y. »
Lu Ping resta interdit.
Lu Jing le regarda avec douceur et ajouta : « Puisque tu souhaites y aller, vas-y. Le rapport urgent dit que le dernier souhait du général Yan était que son corps retourne dans sa patrie. Sa dépouille sera ramenée à Qian’an à une date qui sera fixée ultérieurement. Mon rapport de réponse vient tout juste d’être transmis, il est probable que Madame Yan ne soit pas encore au courant. Si tu y vas, transmets-lui mes paroles et réconforte-la de ma part.»
Lu Ping hocha précipitamment la tête. Le cœur dévoré d’inquiétude, il voulait seulement arriver au plus vite à la résidence Yan. Sans un mot de plus, il appela Da Sheng et lui demanda de l’accompagner.
« Attends un instant » l’interpella soudain Lu Jing.
Lu Ping s’arrêta et vit Lu Jing lever la main pour détacher la cape qu’il portait lui-même, puis la poser sur les épaules de Lu Ping et l’attacher soigneusement.
Lu Jing déclara avec impuissance : « En sortant du palais à cette heure, tu ne seras pas de retour avant ce soir au plus tôt. Une fois la nuit tombée, tu n’auras même pas de cape, comment pourrais-tu supporter le froid ? L’année prochaine, tu atteindras l’âge de la majorité et pourtant tu es toujours comme un enfant, sans faire suffisamment attention à ta santé. »
À ces mots, Fu Yu, qui se tenait à côté, ne put s’empêcher de sourire.
Lu Ping regarda stupidement la main de Lu Jing posée sous son menton et demanda : «Mais si tu me donnes ta cape, qu’est-ce que tu vas mettre, toi ? Ce soir, tu ne dois pas encore… »
Fu Yu intervint : « Vraiment, quel enfant ! Ton frère ne possède tout de même pas qu’une seule cape ! Et puis, il y a la mienne. Il n’a qu’à mettre la mienne. »
Lu Ping comprit alors qu’il venait de dire une sottise et s’empressa de répondre : « Merci, gege. »
« Je suis ton frère, pourquoi me remercier ? » Lu Jing lui tapota l’épaule et l’exhorta à partir rapidement.
Lu Ping resserra autour de lui la cape qui conservait encore la chaleur de Lu Jing, hocha la tête et quitta le palais Anren.
La calèche se précipita vers la résidence du marquis de Zhenbei. Tout au long du trajet, Lu Ping ne cessa de se perdre dans ses pensées.
Lorsqu’il arriva à la résidence Yan, des lanternes blanches (NT : couleur du deuil en Chine) étaient déjà suspendues sous les avant-toits de la grande porte.
Tang Ruochu ne pleurait pas, mais les profondes traces de larmes qui couvraient son visage prouvaient qu’elle venait tout juste de traverser un immense chagrin. Ses yeux, d’ordinaire si doux, étaient désormais d’un calme absolu.
Lu Ping ne savait pas comment la réconforter et se contenta de dire : « Madame, veuillez accepter mes condoléances. »
Tang Ruochu esquissa un sourire et répondit : « Votre Altesse le Neuvième Prince, vous n’avez pas à vous inquiéter pour moi. La famille Yan est une famille de généraux depuis trois générations. Depuis le jour où j’ai épousé le général, je savais que ce jour finirait tôt ou tard par arriver. De son vivant, le général m’a également réconfortée à plusieurs reprises : si un jour il venait à partir, je devrais continuer à vivre comme lorsqu’il était encore là. »
Elle était plus forte que Lu Ping ne l’avait imaginé.
Lu Ping lui rapporta donc les dispositions contenues dans le rapport de Lu Jing concernant les funérailles de Yan Cen et destinées à la frontière septentrionale. Des larmes se reformèrent dans les yeux de Tang Ruochu. Elle s’inclina légèrement en direction de la capitale impériale, au nord-ouest et dit : « Je remercie Son Altesse le Prince héritier pour sa sollicitude et son soutien. »
Lu Ping, le cœur bouleversé par des sentiments mêlés, ajouta : « Lorsque le jeune marquis Yan escortera la dépouille du général jusqu’à la capitale, vous pourrez alors le revoir, Madame. »
À ces mots, Tang Ruochu secoua pourtant la tête : « Zikeng ne devrait pas revenir à ce moment-là. Et il ne reviendra pas. »
Le cœur de Lu Ping tressaillit. Il lui sembla comprendre ce que ces paroles signifiaient, tout en ayant l’impression de ne pas en saisir complètement le sens. Tang Ruochu ne donna toutefois aucune autre explication.
À la tombée de la nuit, Tang Ruochu invita Lu Ping à rester dîner à la résidence, mais celui-ci déclina.
Enveloppé dans la cape chaude qu’il portait, il monta dans la calèche qui le ramenait au palais. Appuyant son front contre la vitre, il resta ainsi, plongé dans un enchevêtrement de pensées.
Il se dit que si, un jour, l’un de ses proches venait à disparaître, il serait certainement incapable de rester aussi calme que Tang Ruochu, il perdrait probablement complètement la raison.
Puis il songea que Yan Ren avait autrefois dit que son souhait était de devenir un grand général invincible, tandis que le sien était de devenir un prince oisif qui pourrait passer ses journées à manger, boire et s’amuser. Autrefois, il pensait que Yan Ren serait certainement le premier à réaliser son souhait. Mais à présent, il se pourrait bien que ce soit lui qui devienne le premier un prince oisif.
« Il fait vraiment froid. Heureusement qu’il ne neige pas » déclara Da Sheng, qui conduisait la voiture à l’extérieur.
Lu Ping revint à lui.
Da Sheng ajouta : « À propos, qu’est-ce qui se passe avec cet hiver ? Nous sommes presque au moment des grandes neiges et pourtant pas un seul flocon n'est tombé. Les autres années, il ne me semble pas que la neige ait été aussi tardive. »
Lu Ping souleva le rideau de la voiture et regarda le ciel. La nuit était sombre et lourde, tandis que le vent qui lui effleurait le nez restait mordant.
C’est vrai, pourquoi n’avait-il toujours pas neigé cette année ? Alors qu’il y pensait, la voiture s’arrêta brusquement.
Il entendit dehors un cri rude et sévère : « Qui est là ? »
Da Sheng répondit : « C’est Son Altesse le Neuvième Prince, qui réside dans la cour de l'Est. »
Ils étaient donc arrivés à une porte du palais. Les soldats chargés de la surveillance procédaient à une inspection de routine. Seulement, le ton de cette voix était excessivement hostile, ils allèrent même jusqu’à exiger que l’on ouvre le rideau pour vérifier les personnes à l’intérieur.
Lu Ping fronça les sourcils, souleva le rideau et demanda ce qui se passait. En voyant Lu Ping, le soldat qui semblait être le chef du groupe resta interdit un instant avant de joindre les mains avec hésitation pour le saluer : « Votre Altesse le Neuvième Prince. »
Puis, sans rien dire d’autre, le soldat fit un geste de la main pour ordonner à ses hommes de laisser passer la voiture. La voiture franchit la porte du palais.
Lu Ping trouva soudain la situation étrange. Il demanda : « Da Sheng, la porte que nous venons de franchir était bien la porte Danfeng, n’est-ce pas ? »
« Oui. Que se passe-t-il, Votre Altesse ? »
Lu Ping, perplexe, répondit : « Ces soldats ne me disent rien. On dirait que je ne les ai jamais vus auparavant. »
Après un instant, Da Sheng s’étonna lui aussi : « C’est vrai… Je me demandais justement pourquoi tout était si anormal ce soir et pourquoi ils exigeaient même de fouiller la voiture.»
La voiture poursuivit sa route. Plus Lu Ping y réfléchissait, plus il trouvait la situation étrange. Il s’agrippa précipitamment au bord de la voiture et cria vers l’extérieur : «Changeons de route et allons au palais Anren ! »
Le pavillon Cangdi de Lu Ping était éloignée du palais Anren de Lu Jing situé dans le palais de l’Est. Après avoir franchi une petite porte intérieure, il n’était plus possible de continuer en voiture. Lu Ping entraîna Da Sheng et se mit à courir d’un pas vif le long des chemins du palais. En chemin, ils croisèrent plusieurs groupes de servantes du palais portant des plateaux de nourriture.
Lu Ping s’arrêta aussitôt : « Où allez-vous ? »
Les servantes baissèrent la tête et répondirent : « La noble consort Xiao reçoit plusieurs épouses de hauts fonctionnaires au palais Qinse. Elle nous a ordonné de leur apporter des fruits. »
Lu Ping fronça les sourcils : « Quelles épouses ? Pourquoi sont-elles encore au palais à une heure aussi tardive ? »
« Votre servante l’ignore. »
Lu Ping ne posa pas davantage de questions et reprit sa marche en accélérant.
Le palais Anren était brillamment éclairé. Les servantes et les eunuques ajoutaient de l’huile aux lampes et du charbon au feu, tout semblait parfaitement normal. Pourtant, Lu Ping ne vit aucune trace de Lu Jing. Seule Fu Yu se trouvait derrière le paravent, tenant la petite Yiwen dans ses bras pour l’endormir.
Il traversa le paravent et demanda à voix basse : « Où est gege ? »
À ces mots, une ombre d'inquiétude se dessina sur le visage délicat de Fu Yu. Elle confia Yiwen à une servante et répondit avec anxiété : « Ton frère est encore au palais Shenlong, il n’est pas revenu. Tout à l’heure, j’ai envoyé quelqu’un se renseigner, mais cette personne non plus ne revient toujours pas. Je crains sans cesse qu’il ne soit arrivé quelque chose. Penses-tu que je m’inquiète pour rien ? »
Lu Ping garda le silence. Un moment plus tard, il déclara avec appréhension : « Je dois aller au palais Taiji. »
L’inquiétude dans les yeux de Fu Yu se transforma en perplexité.
Lu Ping s’efforça de rester calme et réfléchit à voix haute : « S’il y a quelque chose qui se passe là-bas, cet endroit pourrait également ne pas être sûr. Tu devrais partir d’ici avec Yiwen. »
Partir ? Fu Yu commença manifestement à paniquer. « Liu’an, est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? Qu’est-ce que tu sais ? »
Lu Ping secoua la tête : « Je ne sais rien. Mais il vaut mieux prendre des précautions. »
Dans le palais, tout semblait aussi normal que si rien de grave ne s’était produit. Le glas funèbre n’avait pas retenti, l’empereur n’était pas encore mort. Pourtant, Lu Jing tardait à revenir, les soldats chargés de surveiller les portes étaient inconnus, et la noble consort Xiao empêchait les familles des hauts fonctionnaires de quitter le palais… Tous ces indices étaient si absurdes que Lu Ping avait le sentiment qu’il valait mieux quitter immédiatement le palais Anren.
La petite Yiwen, dans les bras de Fu Yu, se mit à pleurer sans arrêt. Lu Ping détacha sa cape, l’en enveloppa, puis appela Da Sheng.
« Da Sheng, enlève tes vêtements, nous allons les échanger » ordonna Lu Ping. « Tu emmèneras d’abord ma belle-sœur et Yiwen au pavillon Cangdi. Si je ne suis toujours pas revenu dans une demi-heure, conduis-les par les petits chemins jusqu’aux bois du mont Longshou, pour qu’elles s’y cachent. »
Da Sheng commença immédiatement à défaire les boutons de ses vêtements.
Fu Yu comprit elle aussi que quelque chose n’allait pas. Les larmes jaillirent de ses yeux et ses mains tremblèrent sans arrêt tandis qu’elle tenait Yiwen.
Lu Ping retint son envie de pleurer et essuya l’amertume qui lui montait au nez avant de rassurer Fu Yu : « Tout ira bien. Je vais simplement aller voir. Si tout est normal, je reviendrai immédiatement. »
Il réfléchit un instant, puis ajouta : « Ah, oui. Donne-moi une dague. »
La nuit était noire et les oies sauvages volaient haut. (NT : idiome évoquant une nuit profonde et sombre, souvent associée à une atmosphère inquiétante).
Lu Ping revêtit les vêtements de Da Sheng, sortit du palais Anren et se dirigea directement vers le palais Taiji.
La résidence Shenlong, située dans le palais Taiji, était la résidence de l’empereur. Il ne restait désormais plus beaucoup de jours à vivre à l’empereur, il ne se maintenait en vie que grâce aux décoctions préparées par l’Académie impériale de médecine. Tout le palais attendait donc que l’empereur rende son dernier souffle et les gardes avaient par conséquent renforcé leur vigilance.
Lu Ping longeait le mur lorsqu’il entendit soudain, non loin de là, de nombreux pas désordonnés. Il leva la tête et vit une troupe d’hommes en armure foncer droit vers lui, leurs torches projetant des flammes jusqu’au ciel. Ils lui crièrent : « Écartez-vous ! »
Lu Ping se rangea sur le côté et reconnut leur uniforme. C’étaient les gardes impériaux de la Porte du Nord.
Les gardes impériaux de la Porte du Nord, qui auraient normalement dû assurer la défense de l’enceinte du palais, couraient maintenant en tous sens à travers le palais Taiji. Le mauvais pressentiment de Lu Ping ne cessait de s’intensifier.
Dès que les soldats furent passés, Lu Ping se précipita vers la résidence Shenlong. Mais il entendit soudain les soldats qui s’éloignaient scander bruyamment un slogan.
Qu’étaient-ils en train de crier ?
Lu Ping ralentit malgré lui et tendit l’oreille. « Tuez les grandes familles, purgez l’entourage du souverain, prenez le contrôle des Six Ministères, pacifiez la cour et le pays ! »
Quoi ?
« Tuez les grandes familles, purgez l’entourage du souverain, prenez le contrôle des Six Ministères, pacifiez la cour et le pays ! »
Chaque mot, porté par le vent glacial, s’engouffra dans les oreilles de Lu Ping.
C’était mauvais. Il s’était réellement passé quelque chose.
Pourvu que gege n’ait rien. Pourvu que rien ne lui soit arrivé.
Lu Ping se mit à courir à toutes jambes.
Il atteignit enfin le palais Shenlong. Sans même avoir le temps de reprendre son souffle, il aperçut au loin un autre groupe de ces mêmes gardes impériaux qui montaient la garde devant les portes du palais.
Le cœur de Lu Ping battait à tout rompre et il eut presque envie de se précipiter immédiatement à l’intérieur.
Aucun bruit anormal ne provenait de l’intérieur du palais. Au contraire, un garde qu’il n’avait jamais vu auparavant en sortit et appela les serviteurs qui se trouvaient dehors : «Vous, là ! Entrez et sortez tous les morts. »
Le cœur de Lu Ping s’arrêta un instant.
Ses dents claquaient frénétiquement les unes contre les autres et sa respiration devenait de plus en plus lourde. Retenant les larmes qui menaçaient de déborder, il franchit avec les autres servantes et eunuques les portes du palais Shenlong.
Le palais Shenlong semblait tout juste avoir été le théâtre d’un combat acharné, et était imprégné de la morne atmosphère de mort qui suit une tempête.
Les rideaux de perles avaient été mis sens dessus dessous, les tentures avaient été arrachées et piétinées à même le sol, maculées de taches de sang. Un chandelier gisait en travers du passage et de nombreux morceaux de bougies jonchaient le sol. Une forte odeur de sang lui assaillit les narines, au point de lui donner la nausée.
Une larme brûlante tomba sur le revers de sa manche. Lu Ping leva la main pour l’essuyer, recouvra une vision nette et releva la tête, cherchant à apercevoir Lu Jing.
Des cadavres de servantes et d’eunuques gisaient pêle-mêle sur le sol. Pour la plupart, ils avaient eu la gorge sauvagement tranchée ou le cœur transpercé, et le sang continuait de jaillir à gros bouillons.
Lu Ping réprima son envie de vomir, enjamba les corps et se dirigea vers le lit impérial. D’une main tremblante, il souleva le rideau du lit.
L’Empereur était couché sur le lit, encore tout habillé. Son visage était gris et livide, il était manifestement mort depuis plus de deux heures, mais personne ne s’était occupé de son corps et les cloches funèbres n’avaient toujours pas retenti.
Le cœur de Lu Ping sombra au plus profond du désespoir.
Où était Lu Jing ?
Le corps raide, il se retourna et chercha maladroitement dans tous les recoins du palais. La lumière des bougies était trop faible pour qu’il puisse distinguer clairement les visages, il ne pouvait que se fier aux vêtements pour identifier les personnes.
Un cadavre d’eunuque gisait en travers du sol devant lui. Son visage lui semblait vaguement familier. Lu Ping traîna les pieds jusqu’à lui et s’accroupit. Ce ne fut qu’alors qu’il découvrit qu’il s’agissait de Tong Li, l’eunuque personnel de Lu Jing.
La corde tendue dans son cœur finit par se rompre.
Les yeux de Tong Li étaient même encore ouverts, écarquillés, fixant avec rigidité les poutres suspendues au-dessus de lui, ce qui lui donnait une expression terrifiante. Des traces de sang couvraient les commissures de ses lèvres et son cou, sa tête était inclinée dans une position étrange. Il était manifestement déjà mort.
Lu Ping ne put plus se retenir. Il se releva, cherchant partout en sanglotant doucement. Ses larmes brouillèrent une nouvelle fois sa vision. Il les essuya, sa vue se brouilla de nouveau, puis il les essuya encore.
Encore et encore.
Enfin, un pan de vêtement d’un blanc lunaire entra dans son champ de vision.
Une personne gisait au sol, sans plus émettre le moindre son. Elle serrait fermement une longue épée dans sa main, la tête inclinée sur le côté, ses longs cheveux noirs couvrant son visage.
Les jambes de Lu Ping semblaient peser comme si on y avait coulé du plomb.
Il s’avança lentement, s’accroupit et écarta les mèches qui recouvraient le visage de cette personne.
C’était Lu Jing.
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Note de l’auteur
Comme les deux prochains chapitres nécessitent d’être lus à la suite afin de préserver la continuité de la lecture et des émotions, j’ai décidé de publier exceptionnellement deux chapitres dès jeudi soir.
Par ailleurs, Changpei a mis en place un nouveau système de modération : « Tūjué » (NT : Göktürks) est désormais considéré comme un terme interdit. Ce chapitre est donc passé en modération humaine, ce qui a occasionné un petit retard. C’est assez désespérant, car le terme « Tūjué » apparaîtra encore de nombreuses fois par la suite.
Traduction: Darkia1030
Check: Hent_du
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