Political scheming - Chapitre 39 – Mon frère est mort

 

Avertissement : Ce chapitre contient des représentations graphiques de violence.

 

Du sang.

Il n’y avait que du sang.

Les joues et la poitrine de Lu Jing étaient maculées de traces de sang à demi coagulé. Un trou béant s’ouvrait dans sa poitrine, qui depuis longtemps ne se soulevait plus, mais son expression demeurait paisible comme à son habitude, les sourcils légèrement froncés. Il serrait encore fermement dans sa main son épée personnelle, comme si, jusqu’à son dernier instant, il avait encore été en train de combattre.

La main tremblante, Lu Ping caressa son visage et sa blessure, puis finit par saisir la main qui tenait l’épée.

Elle était froide et dure.

Lu Jing ne pouvait pas être mort.

Il était Son Altesse le Prince héritier, omnipotent, le successeur du trône vénéré par des milliers de personnes. Encore dans la journée, il se tenait bien vivant devant lui, lui avait même souri en lui mettant sa cape sur les épaules et lui avait recommandé de faire attention sur le chemin.

Il ne pouvait pas être mort.

« Frère impérial ? »

« Gege. »

Lu Ping se mit à secouer le corps de Lu Jing, essayant de le réveiller. Ce ne fut qu’après un long moment qu’il comprit que, quels que soient ses efforts, Lu Jing ne se réveillerait plus.

« Gege, réveille-toi vite… »

Il se pencha pour enlacer la poitrine de Lu Jing, le front appuyé contre son effroyable blessure. Des larmes brûlantes tombèrent dans le sang coagulé, tandis qu’une douleur lancinante se répétait dans sa poitrine, s’amplifiant et se répandant sans cesse jusqu’à envahir tout son corps.

Il serra Lu Jing contre lui et l’appela encore et encore. Le monde tournait devant ses yeux, tantôt plongé dans l’obscurité, tantôt éblouissant de lumière, tandis qu’un grondement assourdissant résonnait à ses oreilles.

Peu à peu, un tumulte provenant non loin se fit entendre, devenant progressivement plus distinct.

« Hé, pourquoi mettez-vous autant de temps à déplacer un cadavre ? »

« Hé, c’est à toi que je parle ! Pousse-toi. Si tu ne sais pas le transporter, laisse-moi faire.»

À peine ces paroles furent-elles prononcées que le corps de Lu Jing fut brusquement tiré en arrière par quelqu’un.

« Va-t’en ! » hurla Lu Ping en levant sa manche.

Le soldat de la garde impériale qui venait de le réprimander s’arrêta malgré lui et resta stupéfait en voyant le visage de Lu Ping. Après un long moment, ils finirent par le reconnaître. Hésitant, ils joignirent le poing pour le saluer, puis échangèrent des regards déconcertés.

« Neu… Neuvième Altesse ? »

« Faut-il le tuer ? »

« Je ne sais pas… Son Altesse le prince de Wu ne nous en a pas donné l’ordre… »

Le « Son Altesse le prince de Wu » dont ils parlaient était Lu Zhi.

Lu Ping comprit.

Il essuya ses larmes, se releva et s’approcha des deux soldats avant de demander : « Où est Lu Zhi ? »

Les soldats, terrifiés, n’osèrent pas répondre.

À l’extérieur du grand palais, des slogans de la garde impériale, semblant faire trembler les étoiles et la lune, retentirent de nouveau au loin. Ils ressemblaient à la fois à un hymne exaltant et galvanisant les lettrés intègres et les familles modestes et au chant funèbre des grandes familles aristocratiques, à l’intérieur comme à l’extérieur du palais.

« Tuez les grandes familles, éliminez les traîtres qui entourent le souverain, prenez le contrôle des Six Ministères et pacifiez la cour et le pays ! »

« Tuez les grandes familles, éliminez les traîtres qui entourent le souverain, prenez le contrôle des Six Ministères et pacifiez la cour et le pays ! »

Lu Ping demanda une nouvelle fois : « Où est Lu Zhi ?! »

Une froideur glaçante semblait régner tout autour d’eux. Finalement, les soldats s’agenouillèrent et répondirent : « Nous ne savons pas exactement. Le prince de Yan est allé au palais Qingning pour encercler et anéantir l’impératrice. Son Altesse le prince de Wu devrait être allé là-bas pour le rejoindre. »

Lu Ping n’attendit pas un instant de plus. Après avoir jeté un dernier regard à Lu Jing étendu sur le sol, il se retourna et courut hors du pavillon Shenlong.

Il ne prit plus la peine de se faire passer pour un eunuque, tête baissée et dos courbé, à feindre l’obéissance. Il se dirigea droit vers le palais Yeting, à l’ouest. Sur son chemin, il croisa de nombreux serviteurs du palais courant en tous sens, pris de panique, ainsi que des soldats de la garde impériale occupés à nettoyer les lieux. Tous le regardèrent passer devant eux avec stupeur et perplexité.

Les oreilles de Lu Ping bourdonnaient. Il ne savait pas comment il affronterait les armures de fer et les froides hallebardes de Lu Zhi.

Il voulait seulement voir Lu Zhi et se battre avec lui jusqu’à ce que l’un des deux meure. Même s’il était condamné à mourir.

Lorsqu’il tourna dans la porte Jiayou, le bruit régulier d’armures lourdes s’entrechoquant et de pas martelant le sol retentit soudain devant lui. Lu Ping leva les yeux et aperçut une troupe de soldats de la garde impériale qui avançait droit vers lui.

Ils se retrouvèrent face à face.

« Lu Ping ? » demanda l’homme qui se tenait à l’avant.

C’était Lu Fang.

Lu Fang désigna Lu Ping du doigt et éclata de rire : « Pourquoi es-tu habillé comme cela ? Tu joues à cache-cache avec Son Altesse ? Tu tombes à point nommé, cela m’évite de parcourir des milliers de li jusqu’à ce misérable pavillon de l’enceinte est pour aller te chercher ! »

Les gardes impériaux derrière lui éclatèrent eux aussi de rire.

Puis Lu Fang fit signe à tous les gardes impériaux derrière lui de franchir la porte du palais Yeting pour se rendre au palais Taiji, ne gardant auprès de lui qu’un seul soldat.

La masse sombre des gardes impériaux en armure lourde passa devant Lu Ping et s’éloigna peu à peu. Le cœur de Lu Ping se détendit progressivement.

Lu Fang, triomphant, déclara : « Lu Ping, autrefois, tu as manigancé pour que le dogue me morde, tu m’as frappé, donné des coups de pied et fait perdre un bras. Tu étais vraiment arrogant, n’est-ce pas ? Et maintenant, tu es quand même tombé entre mes mains ! Choisis donc une mort digne, Neuvième frère. »

Ils se trouvaient alors sur la grande route devant la porte Yeting : l’endroit était vaste, la vue parfaitement dégagée, à gauche s’étendait un jardin fleuri paisible tandis qu’à droite un bassin de poissons rouges clapotait doucement. Après avoir évalué clairement la situation autour de lui, Lu Ping déglutit et déclara d’une voix forte : « J’admets ma défaite. Mais même dans la mort, je veux mourir en sachant la vérité. Avant de mourir, j’aimerais savoir comment vous avez réussi à mobiliser la garde impériale ce soir. »

Les gardes impériaux affectés cette nuit-là au palais Taiji appartenaient à l’Armée Shence de gauche. Leur commandant était Fu Xuan, le frère aîné de Fu Yi, l’officier supérieur de l’Armée Shence de gauche s’appelait Huo et son commandant en chef s’appelait Tang. Tous deux étaient issus de familles aristocratiques. Comment auraient-ils pu se laisser commander et manipuler au gré de Lu Zhi ?

Lu Fang ricana : « Bien sûr, les familles Huo et Tang ne sont pas assez dociles pour obéir ainsi. Mais à quoi bon obtenir leur obéissance ? Nous avons seulement besoin que les soldats placés sous le commandement de la garde impériale nous obéissent. Ce sont de véritables talents militaires sélectionnés par les examens militaires, des hommes qui ont longtemps vécu dans l’humiliation sous la domination des grandes familles. Jusqu’au jour où ils ont rencontré mon troisième frère, ce véritable bon juge des talents; ce n’est qu’alors qu’ils ont eu une chance de se distinguer ! »

Lu Ping déclara, incrédule : « Tu commets une rébellion ! L’accession au trône serait illégitime. Vous ne craignez pas que, demain matin, les fonctionnaires civils et militaires de la cour vous condamnent publiquement ? »

Lu Fang éclata de rire comme s’il venait d’entendre une plaisanterie, au point d’en avoir le dos courbé : « Tu crois que la cour actuelle est encore celle d’autrefois ? À présent, la moitié des fonctionnaires de la cour sont des nôtres ! Quant à l’autre moitié, ceux qui refusent d’obéir, il suffit de les tuer. »

La poitrine de Lu Ping se serra au point qu’il eut du mal à respirer.

Lu Fang, le menton haut et plein d’arrogance, cria avec abandon : « Mon troisième frère est clairement venu pour éliminer les traîtres qui entourent le souverain ! Le défunt empereur était alité, incapable de gérer les affaires de l’État. Le prince héritier Lu Jing en a profité pour monopoliser le pouvoir, se comporter en tyran, allant même jusqu’à contrôler l’alimentation et la vie quotidienne du défunt empereur, tandis que les remèdes et les repas médicinaux diminuaient de jour en jour. Chaque fois que le prince de Wu, Lu Zhi, et le prince de Yan, Lu Zhao, voulaient se rendre auprès du lit du malade pour le servir personnellement, Lu Jing les arrêtait à l’extérieur du pavillon Shenlong et leur interdisait de voir le défunt empereur en personne ! »

« Mensonges éhontés ! » l’interrompit Lu Ping, furieux.

Les faits n’étaient manifestement pas ceux-là.

Il comprenait enfin vaguement pourquoi Lu Zhi et Lu Zhao s’étaient si rarement rendus auprès du lit de l’empereur pour le servir : ils préparaient en réalité le terrain pour pouvoir invoquer ce prétexte aujourd’hui.

Lu Fang ne prêta aucune attention à son interruption et poursuivit : « Le défunt empereur finit par découvrir que Lu Jing avait le visage d’un homme mais le cœur d’une bête. À l’agonie, il se mordit le doigt et écrivit de son propre sang un décret impérial désignant le prince de Wu comme son successeur. Lorsque le décret fut révélé, le prince de Wu s’allia au prince de Yan et, muni de l’édit, mobilisa la garde impériale de la Commanderie du Nord pour entrer dans le pavillon Shenlong et sauver l’empereur. Malheureusement… le défunt empereur avait déjà été assassiné par Lu Jing. Accablé de chagrin, le prince de Wu tua Lu Jing de sa propre main. »

Sur ces derniers mots, il secoua la tête avec un air faussement désolé.

Lu Ping serra les dents : « Tu déformes les faits et inventes des mensonges ! »

Lu Fang écarta les mains : « Que tu me croies ou non, dès demain à l’aube, c’est cette version des faits qui circulera dans tout le Daheng. » Comme cela ne lui suffisait pas, il ajouta avec une expression triomphante : « Ah, et il y a encore une chose : le Neuvième Prince, Lu Ping, complice de Lu Jing, a été exécuté par le Troisième Prince Lu Fang à l’intérieur de la porte Jiayou ! Ha ha ha ha… »

À la vue du visage devenu livide de Lu Ping, il sembla prendre un plaisir immense à rire avec encore plus d’insolence.

Les yeux rougis, Lu Ping s’avança lentement vers lui, pas après pas.

Lu Fang poursuivit : « Laisse-moi encore te raconter quelque chose d’amusant. Mon troisième frère avait généreusement accepté de l’emmener Lu Zhao, cet incapable sans cervelle, avec lui pour accomplir de grandes choses. Mais ce dernier a voulu jouer à la mante religieuse qui guette la cigale tandis que le loriot attend derrière (NT: idiome signifiant profiter du conflit entre deux adversaires pour intervenir au moment opportun et tirer profit de leur affrontement). Il a tenté de prendre mon troisième frère par surprise alors qu’il ne se méfiait pas de lui. C’est à mourir de rire ! Il voulait même devenir empereur lui-même ; il aurait dû savoir ce qu’il valait vraiment ! Maintenant, mon troisième frère lui a déjà tranché la tête et l’a jetée devant les portes du palais de sa propre mère impériale ! Ha ha ha ha… »

Ainsi, Lu Zhao était lui aussi mort.

Même lorsqu’ils appartenaient au même camp, dès lors que quelqu’un nourrissait des intentions déloyales, le jour venait où les frères finissaient par s’entretuer.

Le vent froid hurlait et le cœur de Lu Ping se glaça encore davantage.

Lu Fang dégaina sa longue épée : « Demain à l’aube, mon troisième frère, Son Altesse le prince de Wu, sera le nouveau souverain de Dasheng, porté par les espoirs de tous ! » Il pointa sa longue épée vers Lu Ping. « Quant à toi, naturellement, tu ne verras pas le soleil se lever demain ! »

Sur ces mots, il se jeta sur lui et porta une estocade.

Lu Ping se déporta pour esquiver le tranchant de son épée et recula pas à pas, jusqu’à atteindre l’herbe au bord de la route.

Voyant avec quelle agilité il esquivait son épée, Lu Fang cria furieusement : « Retenez-le!»

Les gardes derrière lui s’avancèrent aussitôt, leurs longues lances à la main et chargèrent.

Les lances froides aux reflets glacés oscillaient violemment devant les yeux de Lu Ping. Jamais il n’avait été confronté à une attaque de cette nature.

Mais quelqu’un lui avait appris le maniement du poignard.

Cette personne lui avait dit que, face à n’importe quelle arme froide réputée pour sa longueur mais manquant de souplesse, il suffisait d’esquiver habilement la pointe de la lance pour pouvoir, l’instant suivant, renverser la situation et engager un combat rapproché.

Et dans un combat rapproché, aucune arme ne pouvait rivaliser avec un poignard.

Le poignard glissa hors de sa manche. Lu Ping pivota pour esquiver sous la longue lance, saisit le bras du soldat et le rabattit vers l’arrière, profitant de l’élan pour lui entailler le poignet.

La longue lance tomba au sol dans un bruit métallique.

Le soldat était grand et possédait une force considérable. Lu Ping dut employer toute sa force, voire davantage, pour lui saisir le menton par-derrière et lui maintenir la tête, puis son poignard trancha profondément la gorge de son adversaire.

Un coup, une mort.

« Tu… »

Le soldat s’effondra devant lui. Lu Fang n’avait manifestement pas imaginé que Lu Ping possédait une telle habileté et resta si stupéfait qu’il en oublia de parler.

Il se ressaisit toutefois rapidement, poussa un rugissement et s’avança lui-même, l’épée à la main.

Voyant son visage et son épée se rapprocher peu à peu, Lu Ping sourit légèrement : « Tu as tué mon frère. »

Lu Fang fit comme s’il n’avait rien entendu et cria en abattant son épée sur Lu Ping.

« Lu Zhi a tué mon frère » murmura Lu Ping.

Le tranchant acéré s’abattit à toute vitesse. En un éclair, les pupilles de Lu Ping se contractèrent brusquement et il leva la main pour saisir la lame.

Deux filets de sang rouge vif jaillirent aussitôt de la lame. Lu Fang resta un instant stupéfait.

À cet instant précis, la paume de Lu Ping glissa soudain le long de la lame, saisit la main de Lu Fang et la tordit.

« Aah — ! »

Lu Fang entendit le rugissement de Lu Ping.

Aussitôt après, il fut violemment plaqué au sol par Lu Ping. Incrédule, il constata que, bien que son épée eût transpercé le bras de Lu Ping et que la paume de celui-ci eût été profondément entaillée, il semblait ne ressentir absolument aucune douleur. Au contraire, il le maintenait au sol en hurlant : « Tu as tué mon gege ! »

« Lu Zhi a tué mon gege ! »

Mais ce simple freluquet armé d’un poignard n’était absolument pas de taille face à Lu Fang.

« Lu Jing est mort ! » Lu Fang se redressa brusquement en brandissant son épée et engagea rapidement un corps à corps avec Lu Ping.

Lu Ping ne voulait déjà plus perdre la moindre seconde avec Lu Fang.

Avec une aisance déconcertante, il contre-attaqua en immobilisant l’épaule de Lu Fang. Malgré l’intense douleur que celui-ci lui infligeait en lui comprimant la taille, il fit pivoter le manche du poignard, passant d’une prise en revers à une prise en pronation, puis appuya la lame contre le bas-ventre de Lu Fang.

« Rends-moi mon gege ! » hurla-t-il d’une voix rauque, impossible de savoir s’il pleurait ou s’il était en colère.

Des larmes tombèrent sur le visage de Lu Fang, dont l’expression devint encore plus féroce : « Lu Jing est mort ! Ha ha ha ha… Tu as entendu ? Il est mort ! Il est mort ! »

Une immense douleur envahit l’esprit de Lu Ping. Il enfonça violemment le poignard dans le bas-ventre de Lu Fang.

Du sang jaillit de la bouche de celui-ci.

Les yeux de Lu Ping étaient injectés de sang, ses paupières presque déchirées par la fureur : « Où est Lu Zhi ? »

Mais Lu Fang n’eut plus l’occasion de lui répondre.

L’instant suivant, Lu Ping retira le poignard avant de le planter de nouveau dans sa poitrine. « Rends-moi mon gege ! »

En pleurant et en criant, il arracha une nouvelle fois le poignard de la poitrine de Lu Fang et l’enfonça dans son épaule.

Lu Fang avait déjà rendu son dernier souffle. Le sang qui se trouvait encore dans son corps continuait de jaillir de ses différentes blessures, tandis que ses yeux demeuraient grands ouverts, comme s’il était encore en vie, comme s’il se moquait toujours de Lu Ping. Le corps de Lu Ping trembla tandis qu’il lui répétait inlassablement ses questions.

Personne ne lui répondit.

Personne ne pouvait lui rendre son gege.

« Ah———— »

Soudain, il redoubla de violence, retira une fois encore le poignard et le replanta dans le corps de Lu Fang, encore et encore.

« Ah ! Ah ! Rends-moi la vie de mon gege ! »

Le poignard s’enfonça dans le front, faisant jaillir de la matière cérébrale, et il se mit à remuer frénétiquement la lame dans la tête de Lu Fang, comme devenu fou.

Puis les yeux.

La bouche.

La gorge.

Le cœur.

Tout le corps.

« Rends-moi mon gege ! »

« Rends-moi mon gege ! »

« Rends-moi mon gege !! »

Il était devenu fou.

Une lumière rouge sang emplissait ses pupilles, brouillant sa vision. Sous lui, Lu Fang n’était plus qu’une masse informe de chair et de sang, méconnaissable. Ses différents organes avaient été déchiquetés par les coups de poignard désordonnés et exposés au vent glacial; son visage, surtout, était comme réduit en bouillie, au point d’être totalement méconnaissable. Le sang encore chaud était avidement léché par la lame, tandis que son déchaînement ne faisait que s’intensifier dans cette interminable explosion de violence.

Lu Ping continua, dans une véritable hystérie, à transpercer le cadavre étendu au sol.

Sans fatigue, sans jamais s’arrêter.

« Rends-moi la vie de mon gege ! »

« Rends-moi la vie de mon gege… »

Personne ne savait combien de temps s’écoula.

Il finit par être complètement épuisé. Baissant la tête, il regarda ses mains entièrement couvertes de sang et se mit à sangloter.

« Ah !!! »

« Qui est là ? » À l’entente de ce cri, Lu Ping releva immédiatement la tête.

Un peu plus loin, quelqu’un avait apparemment été témoin de cette scène et, pris de panique, était tombé à la renverse.

Lu Ping se releva en tenant toujours son poignard.

Ses pupilles retrouvèrent peu à peu leur netteté, et ce n’est qu’alors qu’il distingua clairement cette personne.

Lu Qiang était assise par terre, effondrée sur le chemin de pierres un peu plus loin, et regardait Lu Ping avec effroi.

 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent_du

 

 

 

 

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