KOD - Chapitre 102 - Véritables identités

 

Qui est-ce ?

 

Zhu Ruyuan n’était pas humaine, c’est-à-dire qu’ils n’avaient à présent absolument aucun moyen de la trouver. Cependant, ils pouvaient trouver Zhou Hanshan, qui était encore en vie.

Ai Wenrui connaissait l’adresse du dortoir de Zhou Hanshan, ainsi les trois se dirigèrent directement vers le dortoir.

Sur le chemin, Lin Qiushi rencontra de nouveau la jeune fille appelée Zuo Sisi. Elle et son partenaire étaient assis au bord d’un parterre de fleurs de l’école, tenant un objet dans leurs mains, semblant discuter de quelque chose.

Gu Longming aperçut de loin l’objet dans leurs mains, il dit avec surprise : « C’est une marionnette en bois, où l’ont-ils trouvé — »

Lin Qiushi se souvint des deux personnes extérieures à la porte mortes la nuit précédente, réfléchit un instant, puis s’approcha de Zuo Sisi et la salua : « Zuo Sisi, que faites-vous ? »

En voyant leur arrivée, Zuo Sisi cacha aussitôt la figurine en bois et dit en souriant : « Rien, nous bavardons simplement. »

Lin Qiushi avait une assez bonne impression de cette jeune fille, il ne tourna pas autour du pot, et dit : « Tu as aussi trouvé une figurine en bois ? »

« Hum… » répondit vaguement Zuo Sisi, « et alors ? »

« Puisque tu l’as trouvée, conserve-la soigneusement. » dit Lin Qiushi. « J’ai aussi trouvé une figurine en bois sur la personne morte ce matin. La tête de la figurine avait disparu, je soupçonne que la figurine est liée à leur manière de mourir. »

Le compagnon de Zuo Sisi changea brusquement d’expression en entendant cela : « Quoi ? »

Voyant son air paniqué, Gu Longming dit : « Hé, tu ne l’aurais pas déjà jetée, n’est-ce pas ? »

« Je… je… » il pointa du doigt l’étang derrière lui, le visage pâle, « j’ai trouvé cette chose de mauvais augure, alors je l’ai jetée dedans sans réfléchir ! »

Zuo Sisi paniqua aussi. « Alors que faire ? Tu ne vas pas avoir un problème ? »

« Je vais aller la récupérer ! » dit précipitamment son compagnon.

« Attends — » Lin Qiushi n’eut pas le temps de l’arrêter qu’il vit le compagnon de Zuo Sisi plonger directement dans l’étang derrière lui.

C’était un étang décoratif de l’école, très peu profond. Un homme d’environ un mètre soixante-dix debout dedans n’avait de l’eau qu’à hauteur des genoux. Selon des conditions normales, il était absolument impossible de s’y noyer.

Mais le monde à l’intérieur de la porte ne pouvait manifestement pas être mesuré avec le mot « normal ».

Après être entré dans l’eau, l’homme se pencha pour tâter afin de retrouver la figurine en bois, lorsque l’eau autour de lui se mit à bouillir, la surface de l’eau commença à se retourner violemment. En voyant cela, Lin Qiushi cria : « Sors vite — »

À peine l’homme fit-il un pas vers eux que d’innombrables mains rigides et pâles surgirent de l’eau verte, agrippèrent son corps et commencèrent à le tirer vers le fond de l’étang.

Lin Qiushi réagit le plus vite, se précipita en quelques enjambées jusqu’au bord de l’étang, attrapa la main agitée de l’homme : « Vite, aidez-le — »

Zuo Sisi, Gu Longming et Ai Wenrui se précipitèrent aussi, agrippant le corps de Lin Qiushi pour tirer les deux vers l’arrière.

À quatre, unis dans leurs efforts, ils réussirent finalement à sauver l’homme qui était presque entraîné au fond de l’étang. Lorsqu’il fut remonté, il faillit en pleurer : « C’était vraiment terrifiant — mon pantalon a même été arraché — » Son jean avait été tiré de force dans l’étang, et il ne portait plus qu’un caleçon bariolé.

« Tsk. » Zuo Sisi lui lança un regard dégoûté, « tu portes vraiment ce genre de caleçon. »

Le compagnon : « … » Oui, s’il avait su qu’il se ferait enlever son pantalon en public, il aurait choisi un motif plus esthétique.

Lin Qiushi expira et dit : « Je te conseille de rester éloigné des endroits avec de l’eau pendant un certain temps. »

« D’accord, merci de votre rappel. Où allez-vous ? » Zuo Sisi sentit aussi que l’équipe de Lin Qiushi était quelque peu différente.

Lin Qiushi expliqua : « Nous allons au dortoir… où avez-vous trouvé cette figurine en bois ? »

« Dans la salle d’activités du club de sculpture. » répondit cette fois Zuo Sisi. « Nous avons appris que les étudiants morts semblaient tous avoir participé au club de sculpture, alors nous sommes allés y jeter un œil. »

Cette information semblait désormais connue de presque tout le monde, seulement leur chance n’était pas aussi bonne que celle de Lin Qiushi, ils n’avaient pas rencontré un NPC comme Ai Wenrui connaissant les détails.

« Allons-y, si nous n’y allons pas maintenant, les cours vont recommencer. » fit Ai Wenrui à voix basse.

Zuo Sisi regarda Ai Wenrui, une nouvelle compréhension passa dans son regard, elle dit : « Bonne chance. »

« Bonne chance. » Lin Qiushi hocha la tête, puis désigna le compagnon de Zuo Sisi, « allez d’abord trouver un pantalon à mettre. »

Le compagnon en sous-vêtements : « … d’accord, merci de votre sollicitude. »

Les trois se rendirent au dortoir. Selon Ai Wenrui, Zhou Hanshan vivait dans la chambre 307.

Mais ils frappèrent longtemps à la porte sans obtenir de réponse.

« Il n’est pas là, partons. » suggéra Ai Wenrui.

Gu Longming répliqua : « Partir ? Pourquoi partir ? On ne peut pas entrer ? » Il tourna son regard vers Lin Qiushi.

Lin Qiushi : « … » Il resta silencieux trois secondes, « surveillez si quelqu’un arrive. »

Ce n’est qu’alors qu’Ai Wenrui se souvint que Lin Qiushi pouvait ouvrir les serrures, son expression devint un peu complexe, il répondit doucement : « D’accord. »

Quelques minutes plus tard, ils entrèrent dans le dortoir de Zhou Hanshan.

Mais après être entrés, ils découvrirent que le dortoir était vide, personne n’y vivait. Que ce soit à l’intérieur ou sur le balcon, tout était désert. D’après l’état de l’évier et de la poussière, cela faisait longtemps que personne n’y avait vécu.

« Zhou Hanshan est rentré chez lui ? » demanda Lin Qiushi.

« Je ne sais pas. Depuis que les incidents ont commencé, je ne l’ai effectivement pas vu pendant un certain temps. » se remémora Ai Wenrui. « Mais je n’ai pas entendu dire qu’il avait quitté l’école. » Après avoir dit cela, il sourit avec autodérision, « peut-être qu’il a quitté l’école et que je ne le sais pas… après tout, en ce moment, qui a encore de l’énergie pour se soucier des autres ? »

Lin Qiushi réfléchit un moment, puis demanda soudain : « Peux-tu contacter cet autre ami ? »

« Lequel ? » demanda Ai Wenrui.

« Celui qui était dans la salle de classe avec vous trois. » dit Lin Qiushi. « Toi, Xiao He, et celui qui s’est enfui en ouvrant la porte. Tu peux le contacter, n’est-ce pas ? »

« Je ne suis pas sûr. » Ai Wenrui secoua la tête, « je ne suis pas sûr qu’il répondra à mon appel… »

Lin Qiushi dit : « Appelle-le d’abord. »

Ai Wenrui hocha la tête, prit son téléphone et composa un numéro. Après une dizaine de secondes de sonnerie, l’appel fut finalement décroché, et une voix d’homme se fit entendre : « Allô. »

En entendant cette voix, Ai Wenrui s’apprêtait à parler, mais à ce moment-là, la vitre à côté émit un grand fracas. Lin Qiushi leva les yeux et vit un objet rond être lancé directement à travers la fenêtre. Après avoir brisé le verre, l’objet roula droit jusqu’à leurs pieds.

Ai Wenrui regarda l’objet au sol et tomba dans un état de stupeur. Son téléphone était en haut-parleur, et la voix de son ami continuait de se faire entendre.

« Pourquoi ne parles tu pas ? » demanda la personne à l’autre bout du fil, « tu as un problème ? Tu as besoin que je vienne te voir ? »

Ai Wenrui baissa la tête, regardant l’objet au sol.

C’était une tête humaine, coupée au niveau du cou par un objet tranchant, du sang en train de s’en écouler. Si cela n’avait été qu’une tête ordinaire, cela aurait été une chose, mais…

Ai Wenrui tourna lentement la tête vers le téléphone encore actif. La tête de l’interlocuteur au téléphone reposait tranquillement devant lui, le fixant avec ses yeux sans vie.

« Parle donc, pourquoi tu ne parles pas — » la chose à l’autre bout du fil continuait de parler, mais la voix était devenue étrange et déformée, « parle donc, pourquoi tu ne parles plus ? » Des bruits de fond confus s’y mêlaient, rendant l’ensemble encore plus terrifiant.

« C’est clairement toi… » la voix continuait, mais Ai Wenrui, incapable de supporter davantage, hurla en jetant le téléphone par la fenêtre : « Aaaah !!! Il est mort, je vais mourir aussi !! À l’aide !! À l’aide !! »

« Calme-toi !! » Voyant Ai Wenrui proche de la folie, Gu Longming se précipita pour le saisir, craignant qu’il ne se jette par la fenêtre sous l’effet du choc.

« À l’aide, à l’aide, je ne veux pas mourir — » cria Ai Wenrui en pleurant.

Lin Qiushi dit : « Ramène-le au dortoir ! »

Gu Longming l’interrogea : « Et toi ? »

Lin Qiushi répondit : « J’ai quelque chose à vérifier — »

Gu Longming jeta un regard à Ai Wenrui, puis à Lin Qiushi, son expression était quelque peu hésitante, manifestement partagé entre Lin Qiushi et Ai Wenrui. Bien qu’Ai Wenrui paraisse très réel, au fond il n’était qu’un NPC à l’intérieur de la porte ; si, pour le protéger, il arrivait quelque chose à Lin Qiushi, alors cela n’en vaudrait pas la peine.

« Ce n’est rien, vas-y. » insista Lin Qiushi. « Je reviens très vite. »

Voyant la détermination sur le visage de Lin Qiushi, Gu Longming ne put que hocher la tête à la fin, souleva Ai Wenrui sur son dos et partit.

En regardant le dos des deux hommes s’éloigner, Lin Qiushi porta son regard sur la fenêtre brisée, ainsi que sur la tête au sol qui ne pouvait pas fermer les yeux (NT : symbole d’un profond ressentiment ou d’un regret).

Lin Qiushi regarda la tête et murmura, « Quand es-tu mort ? Aujourd’hui, hier, ou… » À ce point, il s’interrompit, se retourna et descendit les escaliers, cherchant ce qu’il voulait trouver.

Très vite, dans un coin des buissons, Lin Qiushi trouva un téléphone dont l’écran était fissuré. Il appuya sur le bouton d’allumage, priant sans cesse dans son cœur. Sa chance était bonne : le téléphone s’alluma. Bien que l’écran fût fissuré et que certains détails fussent difficiles à voir, cela n’affectait pas grand-chose dans l’ensemble.

Tenant le téléphone, Lin Qiushi commença à fouiller le répertoire. Il trouva la section des noms commençant par la lettre « Z », mais ne trouva pas le nom Zhou Hanshan.

Il semblait que lorsqu’Ai Wenrui disait ne pas être proche de Zhou Hanshan, il ne mentait pas.

Lin Qiushi serra le téléphone, puis pensa soudain à autre chose. Il ouvrit l’historique des appels et vit que le nom associé au dernier appel était : Xiao Zhuan.

Xiao Zhuan devait être le nom de l’ami d’Ai Wenrui.

Lin Qiushi revint à l’écran principal, entra dans la liste des messages, vit les messages envoyés par Xiao Zhuan à Ai Wenrui, cliqua directement dessus, et vit le message le plus récent.

Le message avait été envoyé la veille au soir. Lorsque Lin Qiushi vit son contenu, son expression se figea.

Car au tout début du message figurait un nom qu’ils connaissaient très bien : Zhou Hanshan, que devons-nous faire.

En voyant ce message, Lin Qiushi sentit que la situation n’était pas bonne, pensa immédiatement à Gu Longming qui avait ramené Ai Wenrui au dortoir, et se retourna aussitôt pour courir vers le dortoir.

Tout le long du chemin, Lin Qiushi mit en ordre les informations que leur avait données Ai Wenrui.

Tout ce qu’ils savaient à propos des sculptures, de Zhu Ruyuan et des vœux provenait presque entièrement d’Ai Wenrui. Cela signifiait que même si Ai Wenrui mentait, ils n’avaient aucun moyen de le distinguer. Ai Wenrui disait être une victime innocente, mais la manière dont le propriétaire du téléphone était désigné dans le message révélait son identité.

Il était Zhou Hanshan, celui qui sortait avec Zhu Ruyuan.

Il avait trompé les membres du club de sculpture, leur faisant étaler leur sang sur les sculptures en bois, puis formuler des vœux. Ai Wenrui ne mourrait naturellement pas, car il était très probablement la seule personne à connaître la vérité… bien sûr, tout cela n’était que la supposition de Lin Qiushi.

Essoufflé, Lin Qiushi arriva au bas du dortoir, monta difficilement jusqu’au deuxième étage, frappa lourdement à la porte : « Gu Longming, Gu Longming, es-tu là ! »

Peu après, la porte s’ouvrit, révélant le visage de Gu Longming : « Parle plus doucement, il s’est endormi. »

« Ai Wenrui s’est endormi ? » Lin Qiushi regarda à l’intérieur et vit effectivement une silhouette mince recroquevillée sur le lit dans un coin, qui, vue de dos, était bien Ai Wenrui.

« Oui. » dit doucement Gu Longming. « Pourquoi es-tu si pressé, as-tu découvert quelque chose ? »

Lin Qiushi dit : « Viens dehors, je dois te parler. »

Tous deux allèrent jusqu’au bout du couloir, trouvèrent un coin isolé, et Lin Qiushi entra directement dans le vif du sujet : « Ai Wenrui n’est pas Ai Wenrui, c’est Zhou Hanshan. »

« Quoi ? Quoi ? » Gu Longming n’avait manifestement pas compris immédiatement le sens de ces paroles, il répéta plusieurs fois, attrapa même le bras de Lin Qiushi et dit, stupéfait : « Zhou Hanshan, ce Zhou Hanshan-là ? »

« Oui, c’est lui. » répéta Lin Qiushi.

« Alors que se passe-t-il ? » s’étonna Gu Longming. « Il nous a trompés tout ce temps… veut-il nous tuer ? Ou a-t-il un autre but… » Il était désormais un peu perdu. Ai Wenrui… non, Zhou Hanshan, les avait pratiquement guidés tout du long pour comprendre l’ensemble de l’affaire.

Du club de sculpture à Zhu Ruyuan, puis au jeu surnaturel et aux vœux qu’ils avaient formulés, Gu Longming ne comprenait vraiment pas ce qu’il voulait faire.

« Que faisons-nous maintenant ? » Gu Longming passa la main sur son visage, « bon sang, il nous a trompés, et dire que je l’ai porté si longtemps. »

« Mettons les choses à plat. » dit Lin Qiushi. « Ne perdons pas de temps à deviner. »

« D’accord. » accepta Gu Longming. « De toute façon, c’est un humain, il ne peut pas faire des choses étranges. »

Il semblait quelque peu en colère d’avoir été trompé par Ai Wenrui. Il se retourna avec fougue, poussa la porte et entra, attrapa Ai Wenrui à moitié endormi et le tira du lit : « Zhou Hanshan — »

Réveillé, Zhou Hanshan avait l’air confus : « Que se passe-t-il ? » Deux secondes après avoir posé la question, il comprit que le nom prononcé par Gu Longming n’était pas Ai Wenrui mais Zhou Hanshan. Son visage changea brusquement, et il dit d’une voix tremblante : « Vous avez découvert… »

« Oui. » Lin Qiushi jeta le téléphone devant lui, « ton message mentionne ce nom. »

Zhou Hanshan resta figé.

« Parle, qui es-tu vraiment, pourquoi nous as-tu trompés. » dit Gu Longming. « Que veux-tu ? »

Zhou Hanshan sourit amèrement : « Je… je ne voulais pas vous tromper, mais si je vous avais dit que j’étais Zhou Hanshan, vous ne m’auriez certainement pas cru. »

Lin Qiushi et Gu Longming ne dirent rien.

« Tout le monde sait que Zhou Hanshan sort avec Zhu Ruyuan. » ajouta Zhou Hanshan. « J’avais juste peur que vous pensiez que j’avais de mauvaises intentions… en réalité… »

« En réalité tu n’en as pas ? » Lin Qiushi le regarda dans les yeux, « tu penses que nous pouvons te croire ? »

Zhou Hanshan resta silencieux un moment : « Alors que dois-je faire pour que vous me croyiez ? »

Lin Qiushi : « Savais-tu que Zhu Ruyuan est morte ? »

Zhou Hanshan secoua la tête : « Je ne savais pas, jusqu’au jour où nous avons joué à ce jeu… » Il se couvrit le visage de ses mains, ses épaules commencèrent à trembler, « j’ai découvert… qu’elle n’avait pas d’ombre. »

À ce moment-là, l’attention de tout le monde était portée sur la sculpture. Zhou Hanshan tenait dans ses bras Zhu Ruyuan au sourire éclatant, et ils chuchotaient. Mais il sentit soudain que quelque chose n’allait pas.

Il baissa la tête, une trace de doute apparut sur son visage, il leva même la main pour se frotter les yeux.

Cependant, peu importe combien il se frottait les yeux, l’ombre au sol n’était que la sienne… et la jeune fille dans ses bras semblait ne pas exister du tout.

Après avoir découvert cela, un frisson grimpa peu à peu le long de son dos. La personne à ses côtés sembla remarquer son trouble et demanda doucement : « Chéri, qu’y a-t-il ? »

« Rien. » dit Zhou Hanshan. « Je suis juste un peu fatigué. » Il vit ses amis devant lui rire et plaisanter, se piquer le doigt et étaler le sang rouge vif sur les petites figurines en bois. Son bras entourait encore la personne à côté de lui, mais après avoir découvert qu’elle n’avait pas d’ombre, il sentit que l’endroit où leurs peaux se touchaient devenait rigide et froid, comme s’il serrait dans ses bras… une sculpture.

En se remémorant cela, tout le corps de Zhou Hanshan frissonna. Il dit d’une voix tremblante : « À ce moment-là, je voulais les arrêter, mais je ne pouvais pas parler. »

« Tu as aussi versé ton sang ? » demanda Gu Longming.

« Oui, j’ai été le premier. » confirma Zhou Hanshan, la voix pleine de regret, « mais je n’ai pas fait mon vœu sincèrement, et je ne me suis pas inscrit à ce concours par la suite. »

Ne s’étant pas inscrit, il ne pouvait naturellement pas gagner de prix, et Zhou Hanshan échappa ainsi à la catastrophe.

Gu Longming l’interrogea : « Pourquoi ne t’es-tu pas inscrit ? Votre club de sculpture n’accorde-t-il pas beaucoup d’importance à ce prix ? »

« Ha ha. » Zhou Hanshan laissa échapper un rire sec, « c’est que… mes résultats n’étaient pas bons… »

« Vraiment ? » Gu Longming ne le croyait toujours pas.

« C’est vrai ! » Zhou Hanshan était quelque peu désespéré, « Croyez-moi… il y a encore des photos de mes sculptures dans le téléphone, si vous ne me croyez pas, vous pouvez vérifier. »

Gu Longming prit le téléphone avec un regard plein de soupçon : « Ne crois pas que je ne sais pas regarder. » Il ouvrit la galerie, et trouva effectivement les œuvres de sculpture de Zhou Hanshan.

Lin Qiushi jeta un coup d’œil à ces œuvres, puis tomba dans un profond silence avec Gu Longming. Finalement, Gu Longming lâcha : « Bordel, tu es vraiment étudiant en art ? C’est quoi cette chose ridicule que tu as sculptée ? »

Zhou Hanshan : « … C’est excessif. »

Bien que la plupart du temps Zhou Hanshan souffrît à cause de ses devoirs, il ne s’attendait pas à ce que cette fois, un malheur se transforme en bénédiction, et qu’il échappe ainsi à une catastrophe.

Lorsque les résultats furent annoncés, ceux qui avaient gagné étaient très heureux, et discutaient encore entre eux en disant qu’ils ne s’attendaient pas à ce que la légende du campus soit vraie… Bien sûr, ils ne s’attendaient pas non plus au prix tragique que ce prix exigeait.

« Alors pourquoi nous as-tu trompés ? Que voulais-tu faire exactement ? » demanda Gu Longming.

« En réalité… je voulais simplement arrêter tout cela. » dit Zhou Hanshan d’une voix tremblante, « Tout a commencé à cause de moi, alors je devrais naturellement y mettre fin… »

« Comment y mettre fin ? » demanda Lin Qiushi.

« J’ai consulté beaucoup de documents. En fait, cette légende du campus existe depuis longtemps. » dit Zhou Hanshan, « C’est juste que la dernière partie de cette légende, Zhu Ruyuan ne nous l’a pas dite. »

« La dernière partie ? » Gu Longming se redressa.

« Il faut un échange équivalent. La sculpture réalise ton souhait, mais tu dois aussi réaliser le souhait de la sculpture. » expliqua Zhou Hanshan, « Mais je ne comprends vraiment pas quel est le souhait de la sculpture. Et si son souhait était que nous mourions ? »

En entendant cela, Lin Qiushi pensa à l’indice : œil pour œil, dent pour dent.

Il échangea un regard avec Gu Longming, et tous deux atteignirent à cet instant une parfaite entente.

« Pourquoi ne nous as-tu pas dit cela plus tôt ? » Gu Longming était encore contrarié par le fait d’avoir été trompé.

Zhou Hanshan baissa la tête sans parler.

Mais Lin Qiushi comprit le sens caché dans son expression : « Le souhait de Zhu Ruyuan a-t-il quelque chose à voir avec toi ? »

Le corps de Zhou Hanshan trembla, et il dit d’une voix sanglotante : « Je ne veux pas mourir… »

Cette phrase équivalait presque à confirmer la supposition de Lin Qiushi.

Zhu Ruyuan et Zhou Hanshan étaient en couple, et comme Zhou Hanshan n’avait jamais osé leur dire, Lin Qiushi avait des raisons de penser que le souhait de Zhu Ruyuan était que Zhou Hanshan reste avec elle.

Or, il était impossible de ramener un mort à la vie, donc la méthode la plus simple étaitt que le vivant meure.

« Je vous en supplie, je ne veux vraiment pas mourir. » pleura Zhou Hanshan, « J’ai vraiment très peur— »

« Tu l’aimais ? » demanda Gu Longming en fronçant les sourcils.

« Peut-être… je ne sais plus. » répondit Zhou Hanshan, « Depuis que j’ai découvert qu’elle n’était pas vivante, mes souvenirs avec elle sont devenus flous… je suis presque incapable de m’en souvenir. »

Alors qu’il parlait, il s’interrompit soudain, ses yeux emplis d’une peur intense, regardant vers la fenêtre à côté.

Lin Qiushi suivit son regard, et vit une femme aux longs cheveux et au visage pâle, debout silencieusement près de la fenêtre, les fixant avec un regard plein de haine venimeuse.

Ils étaient au premier étage, et il n’y avait rien à l’extérieur de la fenêtre — il était évident que cette femme était Zhu Ruyuan, celle qui avait été autrefois avec Zhou Hanshan.

En la voyant, Zhou Hanshan poussa un cri perçant et s’évanouit de nouveau sur le lit. Et en un instant, la silhouette près de la fenêtre disparut. Le visage pâle semblait n’avoir été qu’une illusion.

Mais Lin Qiushi et Gu Longming savaient très bien que Zhu Ruyuan était réellement venue…

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

 

 

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