TTBE - Chapitre 57 - Voir ses souhaits se réaliser

 

Avertissement : contenu pour adulte (scène de sexe explicite). Début et fin du passage concerné indiqués

 

Xue Wuyi n’avait effectivement pas besoin de prendre la peine d’envoyer des hommes intercepter et assassiner les envoyés de Zaiguo à Yejing, car quelqu’un se souciait davantage que lui de la sécurité du wangfei du prince de la Guerre du Nord.

Les indices concernant le trésor secret de Xiqiang résidait dans le personnage représenté dans le tableau, or ce personnage était exactement le portrait d’An Changqing. Que l'empereur An Qing soit intéressé ou non, dès que cette affaire serait connue à Yejing, il y aurait forcément quelqu’un pour se servir d’An Changqing comme d’un moyen afin de parvenir à ses fins.

Si seulement la moitié de ce qui était écrit dans la lettre était vrai, dès que Xiao Zhige recevrait son message, il ne resterait certainement pas les bras croisés à attendre que les émissaires de l’impératrice douairière atteignent Yejing vivants.

Cela lui permettrait à la fois de se débarrasser d’un grave problème qui le préoccupait et de s’attirer les faveurs du prince de la Guerre du Nord. Pourquoi s’en priver ?

Et Xue Wuyi ne s’était pas trompé dans ses calculs : Xiao Zhige ne tolérerait jamais que la sécurité d’An Changqing soit en jeu.

Le message avait été apporté personnellement par une servante de Xue Wuyi. Il y avait également un portrait.

La servante avait affirmé que la personne représentée ressemblait exactement à An Changqing, mais Xiao Zhige n’eut besoin que d’un seul regard pour savoir qu’il ne pouvait absolument pas s’agir d’An Changqing. Les yeux de l’homme représenté étaient plus étroits et plus allongés, ses lèvres plus fines, ce qui lui donnait un air quelque peu froid. Même le petit grain de beauté rouge sous son œil gauche ne parvenait pas à atténuer la froideur de son regard.

Il n’avait absolument rien à voir avec An Changqing. À en juger uniquement par ses traits, c’était manifestement quelqu’un d’extrêmement froid et distant.

Il était différent de son Nuonuo, qui était doux et chaleureux.

Xiao Zhige contempla le portrait sans parler pendant un long moment. Ji Xue déclara avec calme et sans servilité : « Le Premier ministre m’a chargée de transmettre quelques mots au prince : tant que le Premier ministre sera encore en vie, Xiqiang ne sera jamais l’ennemi de Daye. »

Xiao Zhige, les mains derrière le dos, baissa les yeux et réfléchit quelques instants avant de lui répondre : « Retournez dire à votre Premier ministre que j’accepte l’accord que nous avions discuté précédemment. »

Puis il désigna le portrait : « Ce portrait est une copie, n’est-ce pas ? Je le garde. »

Le portrait était effectivement une copie réalisée par Xue Wuyi ; il avait depuis longtemps mis l’original à l’abri. Ji Xue s’inclina légèrement devant lui, laissa le portrait et repartit aussi silencieusement qu’elle était venue.

Xiao Zhige resta cependant encore longtemps à contempler le portrait en silence. Il ne pensait pas que Xue Wuyi aurait recours à une supercherie aussi grossière pour le tromper. Dans ce cas, il était fort probable que le portrait et le trésor secret de Xiqiang soient authentiques.

Un visage aussi semblable, jusqu’à la position identique du grain de beauté sous l’œil : prétendre qu’il ne s’agissait que d’une coïncidence aurait été se mentir à soi-même.

Après avoir longuement réfléchi, Xiao Zhige estima que le problème était probablement lié à la famille maternelle d’An Changqing. La famille An était originaire de Yejing et appartenait aux nouveaux nobles récemment arrivés au pouvoir ; il était impossible qu’elle ait le moindre lien avec Xue Chang ou Xiqiang. Cela devait donc probablement être lié à sa famille maternelle.

La mère d’An Changqing… avait autrefois été une chanteuse de maison close, dont les parents étaient inconnus.

Ayant déjà une idée en tête, Xiao Zhige rangea soigneusement le portrait, puis écrivit une lettre qu’il fit envoyer au plus vite. Une fois toutes les dispositions prises, il fit venir Chang Zaichang afin de discuter de la mine de jade.

Lorsque Chang Zaichang apprit que Xiqiang acceptait de céder la mine de jade, son expression resta stupéfaite pendant un long moment. Puis il plissa les yeux : « J’ai l’impression qu’il y a quelque chose là-dedans que j’ignore. »

Xiao Zhige lui jeta un regard indifférent : « Il y a beaucoup de choses que tu ignores. Contente-toi de faire exploiter la mine. Comme convenu, je prends sept parts et toi trois. »

Chang Zaichang réfléchit. Après toutes ces années à se connaître, il savait parfaitement que Xiao Zhige ne lui ferait pas de mal. Puisque celui-ci ne souhaitait rien dire, il ne chercha donc pas à aller au fond des choses et demanda plutôt : « Une fois le jade extrait, comment allons-nous le vendre ? Cette affaire n’a pas été signalée à Yejing, il ne faudrait tout de même pas faire trop de bruit. »

Xiao Zhige avait déjà prévu la chose : « Une fois le jade extrait, fais directement transporter les pierres brutes par une caravane vers le Sud. Cette région est prospère ; je pense que nombre de riches marchands seront prêts à y consacrer de l’argent. »

Bien que Daye fût aujourd’hui en pleine tourmente, le pays avait autrefois connu la prospérité. La région du Sud en particulier avait connu plusieurs années florissantes, car le l’empereur fondateur avait autrefois autorisé le commerce extérieur et les échanges avec Yuze s’étaient beaucoup développés. Les riches marchands nageaient dans l’opulence. Même si les empereurs suivants avaient interdit le commerce extérieur, ils disposaient toujours de fortunes considérables. Ils ne manquaient pas d’argent ; ils manquaient seulement d’occasions de le dépenser. Une fois le jade transporté là-bas, il suffirait de vendre les pierres brutes aux enchères : il ne serait pas difficile de trouver des acheteurs.

Chang Zaichang resta quelque peu abasourdi : « Mettre les pierres brutes aux enchères ? Mais est-ce que quelqu’un les achètera ? »

Xiao Zhige lui jeta un regard en coin : « Envoies quelqu’un qui sait s’y prendre pour commencer par créer un engouement. Les riches marchands du Sud sont nombreux à aimer les jeux d’argent. »

Ces riches marchands qui possédaient déjà une certaine fortune n’allaient évidemment pas dans les maisons de jeu pour s’adonner à des divertissements peu convenables. Ils avaient des loisirs plus variés : les courses de chevaux, par exemple, ou encore les combats d’oiseaux. Dans tous ces jeux, ils pouvaient miser des fortunes.

Une seule pierre de jade pouvait certes avoir beaucoup de valeur, mais avec deux mines de jade, s’il voulait générer des revenus de manière continue, les quelques préfectures du Sud ne suffiraient peut-être pas à absorber toute la production. Les enchères de pierres brutes, au contraire, étaient davantage susceptibles d’éveiller la curiosité de ces riches marchands.

Dans une pierre brute, le jade découvert après l’ouverture pouvait être de qualité variable. Miser peu dans l’espoir de gagner gros éveillerait leur instinct de joueur ; il ne serait alors pas difficile de vendre les pierres.

Chang Zaichang réfléchit un instant, puis envoya peu après des hommes s’occuper de cette affaire. Quant à Xiao Zhige, il prit le portrait et alla chercher An Changqing.

An Changqing avait déjà pris son petit-déjeuner et se trouvait à présent dans le cabinet, plongé dans sa lecture. Yu Xiao accomplissait consciencieusement son devoir et montait la garde devant la porte du cabinet, tel une petite ombre, prêt à le servir. En voyant Xiao Zhige arriver, il se leva précipitamment et le salua.

Xiao Zhige inclina légèrement la tête et entra à grands pas.

An Changqing avait déjà entendu du bruit à l’extérieur et venait justement de poser son livre pour aller à sa rencontre. Lorsqu’il le vit, Xiao Zhige s’arrêta un instant et, instinctivement, le compara à la personne représentée sur le portrait. Plus il les observait, plus il trouvait leurs différences considérables.

Il n’avait pas l’intention de cacher cette affaire à An Changqing. Il verrouilla donc simplement la porte du cabinet et lui expliqua toute l’affaire.

Il déplia le portrait sur le bureau. An Changqing le regarda avec étonnement, au point qu’on aurait dit qu’il voulait le fixer jusqu’à y percer un trou.

Après un long moment, il secoua la tête et affirma : « Je ne l’ai jamais vu. Ma mère ne m’en a jamais parlé non plus. »

Il ne s’agissait pas seulement de cette vie : même dans sa vie précédente, il n’avait jamais su qu’il pouvait avoir le moindre lien avec le trésor secret de Xiqiang. Il avait bien entendu sa mère évoquer quelques événements de son passé, mais elle n’avait jamais mentionné Xiqiang ni rien de semblable. Il savait seulement qu’elle avait été abandonnée au bord de la route peu après sa naissance. Dans ses langes ne se trouvait qu’un pendentif de jade représentant deux poissons entrelacés. Quelqu’un l’avait trouvée et l’avait recueillie, puis l’avait élevée. Plus tard, lorsqu’une année de famine était survenue, comme elle était belle, ses parents adoptifs l’avaient vendue à une maison de courtisanes afin d’obtenir de quoi sauver leur vie.

Tout cela était réellement déroutant. Xiao Zhige en savait davantage que lui, mais ne parvenait toujours pas à comprendre. Il ne put que mettre le feu au portrait à l’aide d’une pierre à feu et dire : « Ce portrait est lié à trop de choses. Garde ce qui s’est passé aujourd’hui profondément enfoui dans ton cœur et n’en parle à personne. »

An Changqing fronça les sourcils, toujours inquiet de ce malheur immérité. Dans sa vie précédente, il n’avait jamais quitté Yejing et ignorait tout de Xiqiang. Il n’aurait encore moins pu savoir que Xiqiang conservait un portrait pareil. À présent qu’il avait obtenu une seconde vie, il avait changé quantité de choses, mais cela avait également fait surgir davantage d’événements qui ne s’étaient jamais produits dans sa vie précédente.

Il ignorait lui aussi si tous ces changements étaient, au bout du compte, une bonne ou une mauvaise chose.

Voyant son air soucieux, Xiao Zhige pensa qu’il s’inquiétait à cause de cette affaire et le rassura : « J’ai déjà envoyé des hommes intercepter et tuer les envoyés de Xiqiang. Je ne laisserai pas le Père empereur et les autres apprendre l’existence de cette affaire. »

An Changqing secoua la tête, posa son front contre son épaule et poussa un profond soupir, contrarié : « C’est simplement que j’ai l’impression que, ces derniers temps, les problèmes se succèdent sans jamais nous laisser un moment de répit. »

Cette sensation de perdre le contrôle était inévitablement source d’irritation et lui faisait également regretter d’avoir vécu sa vie précédente dans une telle ignorance, au point de ne rien savoir.

Xiao Zhige lui caressa doucement le dos. Voyant son air accablé, il changea de sujet pour lui annoncer quelque chose de plus réjouissant : « La mine de jadeite est prête à être exploitée. Veux-tu que je t’y emmène pour y jeter un coup d’œil ? Tu pourras en profiter pour choisir quelques beaux morceaux. »

An Changqing était encore quelque peu abattu, mais sachant qu’une occasion pareille ne se présenterait pas souvent, il acquiesça tout de même et partit avec lui.

*

Une fois les négociations sur les mines terminées, Xiqiang retira ses troupes. Les campements situés à la frontière avaient déjà été démontés. De nombreux soldats de Liangzhou avaient toutefois été chargés de boucler la montagne : à l’avenir, il ne serait pas possible d’entrer facilement dans cette région.

Tous deux allèrent se promener dans la mine. De nombreux artisans y triaient déjà les pierres fragmentées. Ces fragments étaient tombés de la montagne lors des glissements de terrain et beaucoup dissimulaient des pierres brutes contenant de la jadeite ; il fallait simplement quelqu’un qui sache les examiner attentivement afin de les distinguer des pierres ordinaires.

Après avoir passé deux jours à parcourir la mine, An Changqing, s’appuyant sur les techniques apprises auprès des artisans, sélectionna plusieurs pierres brutes. Il demanda ensuite qu’on les découpe à l’aide d’outils. À l’exception de l’une d’elles, dont le jade était altéré par des inclusions blanchâtres, les autres contenaient toutes une jadeite de qualité supérieure, à la texture et à la transparence excellentes. Ce ne fut qu’alors que l’humeur morose d’An Changqing, qui durait depuis deux jours, s’améliora enfin.

Après avoir choisi les morceaux de jadeite, ils avaient déjà passé quatre ou cinq jours à Liangzhou et se préparèrent donc à repartir pour Yanzhou.

Toutes les dispositions relatives à l’exploitation de la mine de jadeite furent confiées à Chang Zaichang. Quant à la caravane chargée de transporter les pierres brutes, il fallait encore trouver des hommes suffisamment discrets. Comme l’extraction de la jadeite était encore en cours, il n’y avait pas d’urgence ; ils décidèrent donc de retourner d’abord à Yanzhou et d’en discuter tranquillement par la suite.

Un autre matin, à l’aube, le groupe reprit à cheval le chemin par lequel il était venu.

An Changqing avait désormais appris à monter à cheval. Il choisit donc lui-même une jument docile. Le petit Yu Xiao repartit également avec eux pour Yanzhou. Comme il était encore trop jeune pour monter à cheval, Xiao Zhige le prit avec lui sur sa monture.

Bien que Xiao Zhige ne dise rien, son visage était sombre et son regard se posait régulièrement sur la silhouette qui chevauchait devant lui.

Assis devant lui, Yu Xiao n’osait même plus respirer tant il était effrayé. En regardant le wangfei du Nord qui chevauchait devant eux, son admiration grandit encore davantage. Il savait désormais que la personne qui l’avait sauvé était le wangfei du Nord. Il trouvait que non seulement celui-ci avait bon cœur, mais qu’en plus, il n’avait absolument pas peur d’un prince aussi redoutable. À ses yeux, il était vraiment remarquable.

*

Le mois de mai arriva et le temps se réchauffa de plus en plus. Les habitants avaient tous revêtu des vêtements plus légers. Comme la guerre avait pris fin, la ville de Yanzhou était bien plus animée qu’auparavant. À leur retour, de nombreux habitants les aperçurent et les saluèrent avec le sourire, donnant à la ville une apparence prospère et animée.

Ils arrivèrent en ville au crépuscule. Après avoir confié Yu Xiao à An Fu pour qu’il s’en occupe, An Changqing et Xiao Zhige prirent leur dîner, puis se lavèrent rapidement avant de se préparer à se reposer.

Après avoir voyagé pendant un jour et une nuit, An Changqing avait le dos et les jambes douloureux. Une fois lavé, il s’appuya contre les coussins et se donna des coups de poing sur les jambes pour les soulager. Son visage s’était crispé et lui donnait un air quelque peu juvénile.

Xiao Zhige sortit et, en le voyant ainsi, eut un petit rire. Il s’approcha naturellement de lui, souleva ses jambes et les posa sur ses propres cuisses, puis les massa en dosant soigneusement sa force, tout en disant : « Je t’avais prévenu que monter à cheval était fatigant. Tu aurais dû venir avec moi. »

De toute évidence, An Changqing avait chevauché lui-même tout en lui confiant l’enfant, et le Prince de la Guerre du Nord ne l’avait pas très bien pris.

An Changqing fit la moue et lui donna un petit coup de pied à l’épaule, marmonnant : « Au début, ce n’était pas si fatigant. » Qui aurait pu savoir qu’une fois descendu de cheval, tout son corps lui ferait aussi mal que s’il allait se disloquer ? An Changqing se disait qu’il devait simplement avoir trop peu pratiqué et qu’il lui suffirait de s’entraîner davantage à l’avenir.

Le regard de Xiao Zhige vacilla. Il saisit naturellement son pied et fit glisser son pouce calleux sur sa plante, provoquant une sensation de chatouillement.

« Hé, ne me chatouille pas. » An Changqing craignait les chatouilles. Il retira vivement son pied pour le cacher, puis lui lança un regard mécontent.

Le regard de Xiao Zhige s’assombrit davantage. Il se pencha vers lui et murmura tout bas à son oreille : « Nuo Nuo, et si nous consommions notre mariage ce soir ? »

Le corps d’An Changqing se raidit. Il ouvrit de grands yeux et le regarda, tandis qu’une rougeur s’étendait de ses oreilles jusqu’à son cou, comme s’il était complètement stupéfait.

Cette expression fit bouillonner encore davantage les émotions dans les yeux de Xiao Zhige. Ses doigts glissèrent le long de son dos, tandis qu’il demandait à nouveau à voix basse : « Est-ce que tu veux bien ? »

An Changqing finit enfin par reprendre ses esprits. Il était si embarrassé qu’il en était presque fumant. Pour lui, consommer son mariage était une première, aussi bien dans cette vie que dans la précédente. Mais puisqu’ils étaient mariés depuis si longtemps, il était tout à fait normal qu’ils passent à cette étape. De plus, lorsqu’ils étaient partis à Liangzhou, ils avaient convenu qu’ils consommeraient leur mariage à leur retour.

Ce qui n’était pas normal, c’était que cet homme ait besoin de lui poser la question avec autant de sérieux !

Après lui avoir lancé un regard furieux, An Changqing songea avec irritation que, pour ce genre de chose… n’était-il pas simplement d’usage de baisser les rideaux du lit et de commencer directement ? Pourquoi fallait-il poser tant de questions ?

Xiao Zhige ignorait ce qui lui passait par la tête et attendait toujours sérieusement sa réponse. Deux hommes ensemble, avec An Changqing qui devait supporter la position inférieure, constituait déjà pour lui un certain sacrifice. Il ne voulait donc pas le contraindre. S’il ne le souhaitait pas, il pouvait encore attendre.

Sous son regard fixe, An Changqing ne savait que répondre. Dire oui n’allait pas, dire non n’allait pas non plus. Lorsqu’il aperçut finalement l’attente dans ses yeux, An Changqing déglutit nerveusement et se répéta intérieurement que ce n’était rien de grave. Il serra les doigts puis, sans répondre, rassembla son courage et leva la tête pour l’embrasser légèrement.

Le silence en disait plus long que les mots.

Ce baiser léger et doux déposé au coin de ses lèvres ne laissait aucun doute sur sa signification. Dans les yeux de Xiao Zhige, les émotions déferlèrent comme des vagues, mais il n’osa pas en laisser paraître la moindre trace, de peur de l’effrayer.

Un sourire s’épanouit soudain sur ses lèvres. Xiao Zhige baissa les yeux, dénoua délicatement les cheveux d’An Changqing et fit glisser ses doigts dans sa chevelure noire. Puis il déposa à son tour un baiser doux sur son front : « N’aie pas peur… »

An Changqing était allongé sur le lit tandis que Xiao Zhige le maintenait sous lui. Il était troublé en contemplant le désir qui brillait dans ses yeux profonds. Xiao Zhige se mit à déposer de tendres baisers le long de son lobe d'oreille jusqu'à sa joue, le bout de son nez et finalement ses lèvres roses et douces. Chaque baiser plongeait un peu plus An Changqing dans la torpeur, tout en attisant les désirs de Xiao Zhige. Il glissa ses mains sous la robe d'An Changqing et commença à le dévêtir.

Bientôt, les vêtements d'An Changqing furent retirés, dévoilant son corps ravissant.

Ce n'était pas la première fois que Xiao Zhige voyait An Changqing nu, mais aujourd'hui était différent.

La peau impeccable de son Nuo Nuo semblait étinceler de séduction, et Xiao Zhige ne put s'empêcher de vouloir caresser et embrasser ce corps de la tête aux pieds. Autant il désirait chérir et protéger l'homme sous lui, autant il ne pouvait cacher les désirs déments qui agitaient son cœur.

(R18)

Des émotions contradictoires mais tout aussi profondes se tiraillaient, et le résultat final fut les nombreux pétales rouges qui fleurirent sur tout le corps d'An Changqing. Sa peau d'ivoire faisait ressortir ces marques de couleur vive, excitant davantage Xiao Zhige. La gorge sèche et sa virilité gonflée, le Seigneur de Guerre du Nord, tentant de contenir sa luxure, éprouva enfin ce que c'était que de livrer une bataille perdue d'avance.

Alors qu'An Changqing haletait lourdement sous lui, Xiao Zhige continua de l'embrasser avec passion tout en glissant sa main vers le bas, jusqu'à atteindre une tige à demi dressée. Le corps d'An Changqing se raidit au moment où Xiao Zhige toucha son sexe. Il tenta par réflexe de refermer les jambes, mais Xiao Zhige avait déjà glissé sa main entre elles et commença à caresser son membre.

« Nuonuo, n'aie pas peur », murmura Xiao Zhige à son oreille, tandis que sa main puissante, couverte de callosités, frottait érotiquement la hampe d'An Changqing. Bien que cette sensation lui fût étrangère, chaque attouchement de Xiao Zhige le remplissait d'une exaltation enivrante.

« Mmm… » gémit An Changqing tandis que son sexe se dressait complètement.

Ayant confirmé qu'An Changqing était également d'humeur, Xiao Zhige gagna la confiance nécessaire pour poursuivre. Il prit un pot de lubrifiant dans le tiroir de la table de nuit et l'ouvrit à la hâte.

« Nuonuo, je dois t'en appliquer. Peux-tu écarter les jambes ? »

An Changqing était totalement mortifié par cette requête, mais il écarta tout de même ses jambes. Xiao Zhige avala sa salive alors que la verge nacrée d'An Changqing apparut dans toute sa splendeur. Cette vue captivante rendit Xiao Zhige avide de plus.

« Nuonuo… plus grand. »

An Changqing écarta davantage ses jambes, révélant un petit orifice rose et timide.

Xiao Zhige préleva un peu de lubrifiant et procéda à l'application. Il massa doucement le contour en traçant des cercles autour avec ses doigts. Lorsque l'orifice fut humide et invitant, Xiao Zhige inséra lentement son majeur.

« Hmm ! » Le corps d'An Changqing sursauta légèrement, mais il ne ressentit pas d'inconfort. Le doigt de Xiao Zhige n'était pas aussi épais que les tiges de jade avec lesquelles il s'était entraîné.

Xiao Zhige perçut la familiarité d'An Changqing avec cette étape et ajouta un deuxième doigt. Ses doigts puissants et calleux frottèrent contre les parois de sa caverne douce, créant une friction qu'An Changqing n'avait jamais connue avec les tiges de jade.

« En… ahh… » An Changqing pouvait à peine contrôler ses gémissements. Inconsciemment, il avait enlacé la nuque de Xiao Zhige et l'avait attiré contre lui. Xiao Zhige saisit cette occasion pour capturer ses lèvres et An Changqing accueillit goulûment son baiser avec sa langue, incitant Xiao Zhige à sucer ses lèvres avec encore plus d'avidité.

Quand ils se séparèrent, An Changqing était presque asphyxié, mais avant qu'il n'ait pu reprendre son souffle, il sentit un objet chaud et ferme frotter sa longueur contre son chrysanthème.

« Nuonuo, puis-je entrer ? » demanda Xiao Zhige d'un ton presque suppliant.

Encore une fois, en tant que mari faisant l'amour à son épouse, pourquoi cet homme éprouvait-il le besoin de demander la permission en plein cœur de l'acte ?!

Sans les yeux attendrissants et pleins d'espoir de cet homme, An Changqing lui aurait sèchement répondu.

Mettant sa honte de côté, il leva ses jambes et les enroula autour de la taille de Xiao Zhige. Ce geste séducteur aligna son orifice arrière avec la virilité de Xiao Zhige, désormais dure comme du fer, l'invitant à entrer.

Les yeux de Xiao Zhige s'assombrirent alors qu'il laissait enfin ses désirs charnels prendre le dessus. Face à une telle séduction, il ne pouvait pas se prétendre un mari digne de ce nom s'il était incapable de combler son Nuonuo.

Xiao Zhige saisit sa verge brûlante et en dirigea l'extrémité vers l'orifice rosé. Il caressa l'entrée humectée d'un air taquin avant de s'avancer vers l'intérieur.

« Ummm ! » An Changqing poussa un petit cri et resserra ses bras autour de Xiao Zhige.

« Nuonuo, détends-toi. N'aie pas peur… » dit Xiao Zhige tout en l'embrassant par intermittence. An Changqing vit la sueur sur son front et entendit l'essoufflement dans sa voix. Xiao Zhige était à sa limite.

« Prince… continue. Je n'ai pas peur… »

« Nuonuo… » appela Xiao Zhige en enfonçant profondément son sexe en An Changqing.

« Haa ! Prince ! » C'était la première fois qu'An Changqing ressentait une telle sensation. Le membre de Xiao Zhige était plus épais et plus long que les outils qui étaient entrés en lui. Il remplissait complètement son anus et parvenait à atteindre l'endroit secret au plus profond.

« Nuonuo, je vais commencer à bouger. » dit Xiao Zhige et, sans laisser le temps à An Changqing de réfléchir, il avait déjà commencé à aller et venir. Les mouvements furent d'abord lents et courts, puis devinrent agressifs et rapides.

Après quelques répétitions, Xiao Zhige parvint à trouver le point sensible d'An Changqing et il s'assura de le toucher à chaque enfoncement.

« Hmm ! Prince ! Prince ! » haleta An Changqing avec sensualité tandis que des larmes lui montaient aux yeux.

Tout en le pénétrant, Xiao Zhige embrassa les yeux larmoyants d'An Changqing et demanda d'un ton provocateur. « Nuonuo aime-t-il ça ? »

An Changqing voulut lui jeter un regard sévère, mais Xiao Zhige augmenta la cadence de son bassin, le faisant gémir bruyamment et cambrer son corps à l'unisson avec son mari, tandis que son point sensible était vigoureusement ravagé.

« Ha… haa… Prince… »

« Nuonuo, mon doux Nuonuo ! »

(Fin du passage R18)

 

Cette nuit-là, Xiao Zhige se montra d’une extrême douceur.

An Changqing avait auparavant suivi les méthodes d’entretien et d’entraînement indiquées par Hu Shifei, si bien qu’il n’eut pas trop à souffrir. Cependant, après avoir chevauché pendant un jour et une nuit pour parcourir la route, puis s’être livré à leurs ébats pendant une bonne partie de la nuit, il était réellement épuisé. Peu après la fin, il s’endormit profondément.

Xiao Zhige, quant à lui, n’avait pas le moindre sommeil. Il lui nettoya soigneusement le corps, puis le prit précieusement dans ses bras et le contempla sans même cligner des yeux.

À partir de maintenant, cet homme qu’il tenait dans ses bras lui appartenait entièrement.

Xiao Zhige passa toute la nuit sans dormir, mais il avait pourtant une énergie étonnamment débordante. Dès que le ciel commença à s’éclaircir, il alla dans la cour faire une série d’exercices martiaux. Après avoir dépensé toute son énergie superflue, il se rendit lui-même aux cuisines et ordonna que le repas du jour soit préparé avec un soin particulier, en privilégiant des plats légers et faciles à digérer.

Après avoir donné ses instructions, il revint juste à temps pour croiser An Fu, qui s’apprêtait à entrer dans la chambre pour réveiller son maître. Il l’arrêta et lui interdit de troubler le sommeil d’An Changqing : « Aujourd’hui, inutile de réveiller le wangfei. »

An Fu pensa simplement que le wangfei était fatigué par le voyage de retour. Il ne soupçonna rien d’autre, reprit donc ses affaires de toilette et partit, prévoyant de revenir un peu plus tard pour le réveiller.

Après le départ d’An Fu, Xiao Zhige n’entra pas non plus dans la chambre, de peur de déranger le sommeil d'An Changqing. Il s’assit simplement dans la cour, le regard fixé en direction du bâtiment principal, sans que l’on sache à quoi il pensait.

Lorsque Qi Wei, Xie Ling et les autres vinrent le chercher, ils découvrirent leur prince affichant un sourire aux lèvres tandis qu’il… fixait dans le vague une certaine direction.

 

Traducteur: Darkia1030