A certain someone - Chapitre 41 - L'honneur

 

"Jing-jie, êtes-vous toujours en train de régler des comptes avec nous?"

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par “comment je viens de t’appeler” ? » Sheng Wang fit semblant de ne pas comprendre. Ce n’était pas qu’il refusait délibérément de répondre ; c’était simplement que ce « mon ge », qu’il disait si naturellement aux autres, il ne parvenait absolument pas à le prononcer devant Jiang Tian.

Probablement à cause de cet inexplicable esprit de compétition propre aux garçons, pensa Sheng Wang.

Jiang Tian continua à le regarder, les sourcils à demi relevés.

Sheng Wang voulut lui tenir tête, mais pas même une demi-seconde ne s’écoula avant qu’il ne cédât. Il retira sa main droite des doigts de Jiang Tian. « Je t’ai appelé didi. » (NT : petit frère, par opposition à ge, grand frère)

Le candide Qiu Wenbin éclata de rire en entendant leur conversation. Sheng Wang, qui se trouvait d’abord du côté des perdants, devint finalement le général qui avait repris le dessus. Il releva le menton, satisfait de lui-même, et déclara : « Bon, c’est terminé, étudions. »

Il serra les jointures de sa main droite comme s’il s’en amusait, puis baissa la tête et se concentra sur ses études.

Du coin de l’œil, Sheng Wang vit finalement Jiang Tian détourner le regard et remettre son écouteur un instant plus tard. Le stylo tournait silencieusement entre ses doigts. De temps à autre, il s’arrêtait pour griffonner quelque chose dans son cahier.

Qiu Wenbin, assis en face de lui, recommença à s’occuper de sa collection de corrections, les sourcils froncés. Il sortit une paire de ciseaux de sa trousse, mais ne parvint pas à se résoudre à commencer à découper.

Le professeur principal de la classe 11 était démodé ; il n’était pas question pour lui de fermer les yeux sur ce genre de choses. Pas de téléphone dans la salle de classe, et il le pensait réellement. Qiu Wenbin était un bon élève qui respectait les règles et, sous la pression de son professeur principal, il avait pris la bonne habitude de ne pas jouer sur son téléphone. À cet égard, il était meilleur que 90 % des élèves, mais il était peut-être allé un peu trop loin.

Après avoir longuement hésité dans son coin, il se souvint finalement que le téléphone était aussi un outil. Il jeta avec embarras un regard aux deux meilleurs élèves, avant de constater que ni l’un ni l’autre n’avait levé les yeux à aucun moment, trop absorbés par ce qu’ils faisaient. Il sortit donc rapidement son téléphone et chercha une méthode efficace pour constituer une collection de corrections. Il téléchargea pour l’instant une application permettant de scanner avec l’appareil photo et commença à photographier les questions auxquelles il s’était trompé.

Cette méthode était effectivement beaucoup moins contraignante que la copie. Il y avait une imprimante en libre-service dans le bâtiment des dortoirs ; il lui suffisait d’imprimer les questions, puis de les refaire régulièrement.

Il ne lui fallut aujourd’hui que cinq minutes pour sauvegarder les questions qu’il avait autrefois l’habitude de recopier pendant toute une nuit.

Dieu savait depuis combien de temps il n’avait pas éprouvé la satisfaction d’avoir terminé une tâche en avance ; c’était la première fois depuis son entrée à Fuzhong qu’il ressentait une telle exaltation en étudiant.

Qiu Wenbin voulut exprimer sa gratitude à Sheng Wang pour lui avoir donné ce conseil, mais il se sentit également un peu gêné à cette idée.

Il jeta rapidement plusieurs coups d’œil à l’autre garçon. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la bouche, il vit ce dernier détendre soudain ses doigts, prendre le stylo qui était resté inutilisé pendant une demi-journée et commencer à écrire dans son carnet.

Qiu Wenbin resta perplexe pendant plusieurs instants, avant de se rappeler soudain : Oh, c’est vrai ! Le meilleur élève ne s’exerçait-il pas à écrire ? Qu'est-ce qu'il avait regardé avec autant d'attention pendant si longtemps ? Un modèle de calligraphie ? ?

Un point d’interrogation sembla progressivement apparaître au-dessus de la tête de Qiu Wenbin. Il soupçonnait le meilleur élève de rêvasser, mais il n’en avait aucune preuve et n’osait pas non plus lui poser la question.

Shi Yu sortit de la salle de bain. Ses cheveux n’étaient que légèrement plus longs que ceux d’une coupe à la mode ; après quelques vigoureux coups de serviette, ils seraient déjà secs à 70 ou 80 %. Tout en essuyant l’eau de ses oreilles, il dit aux autres : « J’ai terminé. Qui est le prochain ? »

Sheng Wang répondit par un « Mn ». Après avoir fini d’écrire deux caractères, il leva les yeux et lui demanda : « À quelle heure les lumières s’éteignent-elles à Fuzhong ? »

« Vingt-trois heures vingt, je crois », répondit Shi Yu.

« Oh, alors je ne suis pas pressé. » Sheng Wang avait terminé la charge de travail prévue pour aujourd’hui. Il rangea son cahier, mais sortit néanmoins un autre livre.

Shi Yu s’assit sur son lit ; il répondit à quelques messages et joua à quelques parties. Lorsqu’il sentit que ses cheveux étaient suffisamment secs, il se leva. L’ambiance de ce soir l’avait stimulé et, après si longtemps, il voulait pour une fois éprouver ce que cela faisait de travailler sérieusement.

Mais il avait déjà terminé rapidement les exercices distribués dans la journée avant l’auto-apprentissage du soir. Ses devoirs de langue avaient été recopiés, son anglais également à moitié recopié ; allait-il vraiment les ressortir et les refaire une nouvelle fois ?

Il faisait le strict minimum depuis si longtemps qu’il lui était vraiment difficile d’imaginer pouvoir changer cela à présent.

Shi Yu fit quelques pas dans la pièce, s’arrêta devant Jiang Tian et lui tapota l’épaule. « Tian-ge. »

Le front de Jiang Tian se plissa légèrement et, après un instant, il retira un écouteur. Il n’aimait pas que l’on interrompe le fil de ses pensées ; son expression, déjà peu chaleureuse à l’origine, devint encore plus froide.

Shi Yu était quelque peu embarrassé, mais il demanda tout de même : « Qu’est-ce que tu lis ? »

Jiang Tian souleva la couverture du livre, indiquant qu’il pouvait regarder lui-même.

« Oh, celui-ci. » Shi Yu se redressa. « Notre professeur de physique nous l’a également recommandé, en disant que votre classe l’utilisait pour la préparation aux concours. Est-il bien ? S’il est bon, j’irai aussi en acheter un. »

Jiang Tian répondit : « Ça va. »

Shi Yu : « …… »

Il pouvait presque sentir le froid glacial qui émanait de la table voisine.

Sheng Wang pensa : Je suis vraiment trop généreux. Puis il ajouta : « Ce livre est effectivement assez moyen. Vieux He a sélectionné un peu plus de dix questions, et nous passerons à un nouveau livre lorsque nous aurons terminé celles-ci. »

« Ce livre devient déjà inutile après seulement dix questions ? » Shi Yu était stupéfait. « Qu’utilisez-vous d’autre, alors ? »

« Beaucoup de choses, en réalité. Mais nous ne sélectionnons qu’un petit nombre de questions dans chaque livre. » Sheng Wang demanda : « Tu veux les faire ? Les livres sont tous dans l’armoire là-bas ; tu peux noter leurs titres si tu le souhaites. »

Shi Yu agita les mains. « Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement travailleur, je demandais simplement. »

Sheng Wang se contenta de sourire.

Il avait d’abord voulu lui dire que les cours de préparation aux concours de la classe A étaient ouverts à tout le monde ; récemment, de plus en plus d’élèves de la classe B s’étaient mis à suivre ces cours. S’il voulait réellement participer aux Olympiades, il pouvait lui aussi venir.

Cependant, à en juger par la réaction de Shi Yu, il estima qu’il n’était pas nécessaire de le mentionner.

Shi Yu se tenait à l’origine à côté de Jiang Tian. Au fil de la conversation, il s’était complètement déplacé derrière Sheng Wang.

« Qu’est-ce que tu fais ? De l’anglais ? » Shi Yu était beaucoup plus détendu lorsqu’il discutait avec lui ; il trouvait probablement que Sheng Wang avait bon caractère et que ses résultats n’étaient pas suffisamment intimidants pour qu’il ait à se montrer réservé.

Sheng Wang répondit : « Oui. »

Lui aussi commençait à s’impatienter. Tout en parcourant les questions, il répondit distraitement : « Jing-jie a dit que les résultats de l’Olympiade allaient bientôt être publiés, alors je me prépare d’abord. »

« L’Olympiade ? » Shi Yu resta perplexe un instant avant de comprendre. « Oh, oh, tu parles de l’Olympiade d’anglais d’avant ? »

« Mn. »

« Euh, He Shi de ma classe y a aussi participé », l’informa Shi Yu en agitant son téléphone. « Je discutais justement avec elle, je me demandais pourquoi elle était si nerveuse. »

L’expression de Sheng Wang ressemblait à celle d’un amnésique. Il se souvint qu’en dehors de Qi Jiahao et de Li Yu, deux filles d’autres classes avaient également participé. Cependant, quant à savoir laquelle était laquelle, il n’en avait jamais eu une idée précise.

« Le concours est déjà terminé, alors pourquoi étudies-tu encore ? » demanda Shi Yu, encore plus perplexe.

Sheng Wang répondit sans réfléchir : « Peut-être qu’il y aura une demi-finale. »

Une demi-finale ?

Alors qu’il était encore plongé dans la perplexité, le téléphone de Shi Yu vibra de nouveau. He Shi avait répondu au précédent message de taquinerie qu’il lui avait envoyé ; elle ne semblait pas être de très bonne humeur.

Shi Yu en profita pour demander : Ton Olympiade d’anglais comporte encore une demi-finale ?

Cette fois, He Shi répondit beaucoup plus rapidement : Oui, pourquoi demandes-tu cela ?

Shi Yu regarda de nouveau les questions que Sheng Wang était en train de faire et tapa : As-tu besoin de préparatifs ou de quelque chose ? Je viens de voir un livre de préparation aux concours assez correct, tu le veux ?

He Shi : ……

He Shi envoya un mème : [Tu te moques de moi ?]

Shi Yu : Qui se moque de toi ?

Shi Yu : Vraiment, tu le veux ?

He Shi : Et si tu allais vérifier les conditions d’accès aux demi-finales ?

Shi Yu : Trop paresseux pour le faire, quelles sont-elles ?

He Shi : Les 40 premiers de la province.

He Shi : Tu sais ce que cela signifie, être dans les 40 premiers de la province ?

He Shi : Cela ne veut rien dire que tu puisses comprendre.

Shi Yu : ……

Shi Yu ne s’attendait pas à être ridiculisé alors qu’il posait simplement une question ; même s’il s’agissait de la fille qu’il aimait, il se sentit quelque peu embarrassé.

Ses pouces claquèrent sur l’écran tandis qu’il tapait : Je demande simplement. Sinon, oublie ça.

He Shi : Tes questions n’apportent rien d’autre que du chagrin…

Voyant qu’elle avait envoyé un émoji en pleurs, Shi Yu s’adoucit de nouveau. Il répondit : Je ne voulais pas dire ça. J’ai vu Sheng Wang se préparer, alors je voulais aussi t’aider à trouver un livre de préparation.

He Shi : Sheng Wang se prépare pour les demi-finales ???

He Shi : ……

He Shi : Il vient d’une autre province, il n’a probablement pas très bien compris le système ici.

Elle envoya un bon nombre d’émojis exprimant qu’elle ne savait pas s’il fallait en rire ou en pleurer.

Shi Yu réfléchit : les 40 premiers de la province, est-ce vraiment si difficile ?

He Shi : Évidemment.

He Shi : Tu n’as pas découvert que notre école avait tacitement reconnu qu’il n’y aurait personne aux demi-finales ? As-tu vu quelqu’un d’autre se préparer à cela ?

Shi Yu : Non.

He Shi : Notre école n’a vu personne entrer dans les 40 premiers depuis des années. L’anglais est le domaine de prédilection de Yizhong.

He Shi : Si seulement j’étais allée à Yizhong à la place… Je ne suis vraiment pas douée pour les matières scientifiques de Fuzhong (STEM : sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).

Ensuite, peu importe ce qu’elle continua à dire, Shi Yu répondit avec de moins en moins d’attention.

En lisant les messages, il hésita à rappeler cela à Sheng Wang. Après tout, ce ne serait pas bon de se préparer pour rien.

Sheng Wang ne savait évidemment pas de quoi il retournait. Il ne pouvait qu’entendre le téléphone de Shi Yu vibrer sans arrêt, tandis que ce dernier se grattait la tête comme un singe noir.

Sheng Wang ne put s’empêcher de demander.« Tu veux dire quelque chose ? »

« Ah… » Shi Yu eut un rire rauque. Il pointa son téléphone du doigt. « Non, je discutais simplement avec He Shi. Je voulais lui acheter un livre de préparation à l’Olympiade, mais elle a dit qu’elle ne participerait certainement pas aux demi-finales et qu’elle n’en aurait donc aucune utilité. Est-ce que les demi-finales sont vraiment si difficiles à atteindre ? »

Shi Yu était comme un héron aux longues pattes qui avançait prudemment dans l’eau. Il avait beaucoup plus de tact que Jiang Tian et savait même trouver une manière naturelle d’amener le sujet.

Sheng Wang, au contraire, était plutôt calme. « Un peu. Jing-jie a dit que les 40 premiers de la province suffisaient. »

Shi Yu : « …… Tu le savais ? »

Sheng Wang : « ? »

« Rien », dit Shi Yu en désignant le livre. « Continue. »

Après avoir parlé, ses pouces se mirent à voler sur l’écran tandis qu’il tapait sur WeChat : Sheng Wang connait les conditions pour les demi-finales.

He Shi : Hein ?

Shi Yu : Il pense probablement qu’il peut créer l’histoire de Fuzhong.

Shi Yu : Confiant.

Shi Yu : Un dur à cuire.

Shi Yu : J’ai hâte de voir ça.

He Shi : ……

Shi Yu ne détestait pas réellement Sheng Wang et ne cherchait pas non plus volontairement à le prendre pour cible. C’était simplement qu’il n’était pas habitué à une personnalité aussi franche que la sienne.

Lui-même n’était généralement pas particulièrement travailleur ; chaque fois qu’il y avait un examen ou un concours, il disait pudiquement : « Je suis fichu, je ne me suis pas vraiment préparé, je suis simplement là pour faire de la figuration. »

Ce genre de personne avait vu trop de gens comme lui. Alors, lorsqu’il voyait quelqu’un déclarer sérieusement « je pense que ça ira », il trouvait que l’autre était un peu trop sûr de lui. C’était probablement cette sorte d’esprit rebelle propre à l’adolescence qui lui faisait chercher des ennuis ou quelque chose de semblable : il voulait voir ce prétentieux se planter.

Au début, ils avaient tous considéré Jiang Tian de la même manière. Cependant, Jiang Tian était trop stable et ne s’était jamais trompé une seule fois ; il les avait même complètement réduits au silence. Ses frères habituels de jeux, de beuveries et de sport l’appelaient secrètement « mode triche ».

Jamais Shi Yu n’aurait imaginé que les cieux lui enverraient un Sheng Wang.

Selon les règles de la probabilité, il va certainement se planter cette fois, pensa Shi Yu.

Il était impossible que les « modes triche » en achètent un et en obtiennent un deuxième gratuitement !

Trois jours après cette conversation, les résultats de l’Olympiade d’anglais furent publiés.

Yang Jing portait une jupe noire bordée d’or lorsqu’elle entra dans la salle de classe. Dès qu’elle ouvrit la porte, une rafale de vent s’engouffra derrière elle. Elle frappa les feuilles qu’elle s’apprêtait à déposer sur le bureau, puis s’appuya d’une seule paume contre son bord. Elle regarda toute la classe de haut.

Son visage était impassible, ce qui fit immédiatement paniquer les élèves devant elle.

Gao Tianyang se pencha en arrière, le dos parfaitement droit, et murmura à Sheng Wang : « Pourquoi le visage de Jing-jie ressemble-t-il à celui de quelqu’un qui vient de mourir ? L’Olympiade s’est mal passée ? »

Les lèvres de Sheng Wang bougèrent à peine, les mots lui échappant davantage sous la forme d’un murmure : « Je ne sais pas, le groupe d’enseignants garde la bouche fermée. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai rien entendu non plus. »

Gao Tianyang demanda : « Alors, Jing-jie vous a-t-elle donné, à toi et à Tian-ge, des consignes ? Vous deux avez le plus de chances d’obtenir un prix, n’est-ce pas ? »

Sheng Wang réfléchit un instant avant de répondre : « Elle l’a fait. »

Gao Tianyang demanda : « Qu’est-ce qu’elle a dit ? »

Sheng Wang répondit : « Nous avons tous les deux rendu nos copies à l’avance. La dernière fois, elle a dit que nous devions faire attention et qu’elle réglerait ses comptes avec nous lorsque les résultats seraient connus. »

Gao Tianyang : « … »

Yang Jing pinça les lèvres ; celles-ci, déjà parfaitement horizontales, s’enfoncèrent encore légèrement.

Alors que l’atmosphère de la classe A était sur le point de se figer, cette dame daigna enfin ouvrir sa bouche dorée (NT : idiome, personne dont les paroles sont particulièrement précieuses ou importantes).

« Les résultats de l’Olympiade sont connus. Permettez-moi de vous en parler un peu. »

Son ton était enjoué, mais les étudiants n’osèrent toujours pas respirer.

Yang Jing tendit un doigt fin et déclara : « J’ai deux certificats avec moi au total : un deuxième prix et un premier prix. »

La plupart des étudiants poussèrent un soupir de soulagement, pensant intérieurement : Un prix, c’est tout ce dont nous avons besoin ; sinon, Jing-jie nous emmènera tous avec elle.

Gao Tianyang alla jusqu’à s’affaisser complètement sur sa table. Il leva le pouce derrière lui et déclara : « C’est bon signe. Maintenant, tout ce qu’il nous reste à voir, c’est qui a obtenu le deuxième prix et qui a obtenu le premier. Pour être honnête, il n’y a pas grande différence, un prix suffit. »

Sheng Wang haussa un sourcil et glissa discrètement la main dans son sac.

La dernière fois, Sheng Mingyang était allé au bureau de l’administration. Sheng Wang ne savait pas exactement quelle réprimande Big Mouth Xu avait reçue ; quoi qu’il en fût, ce dernier lui avait rendu son téléphone le lendemain en lui recommandant de ne pas le laisser se faire confisquer une deuxième fois.

Par conséquent, Sheng Wang était devenu beaucoup plus prudent : il avait mis toutes les notifications en mode silencieux. L’écran s’allumait, mais le téléphone ne vibrait pas. Il avait même forcé Jiang Tian à faire de même.

Il ouvrit la conversation WeChat avec Jiang Tian et tapa rapidement : Tu veux parier ?

Jiang Tian : Sur quoi ?

Autocollant : Qui sera premier, qui sera deuxième ?

Jiang Tian : Défi relevé.

Autocollant : Je veux des brochettes !

Jiang Tian : D’accord.

Autocollant : Tu veux deviner quel prix tu obtiendras ?

Jiang Tian : Certainement pas le deuxième.

Autocollant : ……

Autocollant : Quelle coïncidence, moi non plus, je ne pense pas avoir le deuxième prix.

Alors qu’il se livrait unilatéralement à ce duel de mèmes avec Jiang Tian, Yang Jing reprit la parole.

« Tout d’abord, félicitons notre représentant. » Yang Jing déclara : « Qi Jiahao a répondu aux attentes et a obtenu un deuxième prix. »

Toute la classe resta momentanément silencieuse, avant que quelques applaudissements clairsemés ne retentissent çà et là. Une grande partie de la classe se tourna vers la rangée du fond, Gao Tianyang compris.

« Quoi ? » s’exclama Gao Tianyang avec emphase. « Aucun de vous deux n’a compris ? »

Sheng Wang pressa les doigts pour lui faire signe de se calmer un peu.

Au moment où Gao Tianyang se retourna, il envoya un nouveau message à Jiang Tian : D’accord, maintenant nous pouvons deviner si tu es mort ou si je suis mort.

Jiang Tian : Je ne pense pas être mort.

Sheng Wang choisit de nouveau de le provoquer avec un mème.

Les applaudissements clairsemés cessèrent et Yang Jing poursuivit : « Félicitons également notre monitrice de classe, Li Yu. La monitrice de classe m’a offert une agréable surprise cette fois-ci, mais je ne qualifierais pas cela de performance extraordinaire. Tu deviens simplement nerveuse trop facilement. Tant que tu planifies correctement ton temps et que tu te détends, tu mérites de bons résultats. Regarde, tu as dépassé le représentant cette fois-ci. Tu as obtenu un premier prix. »

Li Yu était mignonne et avait une belle personnalité, et tous ses camarades de classe l’appréciaient beaucoup. Normalement, il y aurait déjà eu des applaudissements sur les tables et des acclamations, mais il n’en fut rien aujourd’hui. Même Li Yu elle-même ne parvint pas à se sentir excitée.

Parce qu’à cet instant, tout le monde se tourna pour regarder Sheng Wang et Jiang Tian.

Les yeux de Gao Tianyang faillirent sortir de leurs orbites. « Impossible, vous deux… »

Sheng Wang se sentit quelque peu lésé, tout en étant plutôt surpris. À ses yeux, il estimait honnêtement avoir plutôt bien réussi, sans quoi il n’aurait pas rendu sa copie en avance. Quant à Jiang Tian… il était certes un peu prétentieux en matière d’examens, mais il n’était certainement pas du genre à faire n’importe quoi ; il aurait également dû obtenir de bons résultats.

C’est à ce moment que Yang Jing ouvrit de nouveau la bouche. « Je viens de le dire, je n’ai que deux certificats avec moi : un premier prix et un deuxième prix. J’ai terminé d’annoncer quel prix revenait à qui. Mais quatre personnes ont participé dans notre classe ; alors que se passe-t-il lorsque les deux autres n’ont pas obtenu de certificat ? »

Oui !

Plus de quarante paires d’yeux étaient toutes fixées sur elle, attendant la suite.

Yang Jing marqua une pause théâtrale avant de déclarer : « C’est parce qu’ils devront participer à la prochaine série d’examens. »

La classe entière resta complètement abasourdie. Puis la nouvelle leur tomba dessus comme une comète ; le bourdonnement des discussions monta comme de l’eau bouillante versée dans de l’huile brûlante, et tout explosa.

« Oui, les quarante premiers de la province participeront à un camp d’entraînement et, après celui-ci, ce seront les demi-finales. Si vous parvenez encore à obtenir une place, ce sera au niveau national. Sinon, ce sera simplement le premier prix provincial. » Yang Jing pointa Jiang Tian du doigt. « Toi, tu es onzième de la province. »

Elle pointa également Sheng Wang : « Toi, cinquième de la province. Vous deux n’avez que deux points d’écart ; les étudiants classés entre vous sont tous de Yizhong. Mais ça va… »

Yang Jing ne put finalement pas poursuivre. Elle sourit et releva le menton avant de déclarer : « Chacun de vous a déjà obtenu une admission anticipée. C’est la première fois que notre école compte simultanément deux élèves parmi les quarante premiers d’une même promotion. Vous avez littéralement marqué l’histoire. Par conséquent, vous aurez définitivement votre place sur le mur d’honneur ! »

Elle éleva la voix et demanda avec un sourire : « Est-ce que notre classe est une classe géniale? »

« Géniale !!! »

Les hurlements fantomatiques de la classe A résonnèrent dans tout le bâtiment ; la classe B eut même l’impression que son plafond était sur le point de s’effondrer.

Les autres classes sursautèrent toutes de frayeur et, comme leurs professeurs le leur apprirent, tout le bâtiment fut en émoi.

Gao Tianyang attrapa les épaules de Sheng Wang et le secoua d’avant en arrière, jubilant.

Sheng Wang surmonta son étourdissement par une volonté de fer et envoya à son camarade de derrière les deux derniers messages :

Autocollant : Nous sommes à égalité.

Autocollant : Donc, deux repas de brochettes !

Après avoir envoyé cela, il adressa un sourire à Yang Jing.

« Jing-jie, est-ce que vous allez quand même régler vos comptes avec nous ? »

Yang Jing les gronda tout en riant : « Au diable le règlement des comptes ! Ne prétendez pas que vous n’êtes pas heureux ! »

 

 

 

Traduction: Darkia1030

Correction: Religieuse Aucafé