Nirvana rebirth - Chapitre 19 - Épilogue - La Réunion (fin)
Un an plus tard.
Dragonmaw accueillit le nouveau Festival du Printemps. Paixi se tenait sur l’estrade à côté du chef Molan. Molan enroula son parchemin et termina ses prières, et les gens applaudirent.
Paixi regarda la ville illuminée par le brillant soleil doré.
« Parfois, je pense que tout est vraiment incroyable », déclara Paixi à voix basse en suivant Molan dans le temple. Une douce musique retentit au loin et Molan ralentit. « Cette année, la terre et le climat sont déjà propices aux semis et à la croissance des cultures. Je pense aussi que c’est vraiment incroyable. »
« Je parle de ce monde. » Paixi sourit doucement. « Comme ce serait bien si A-Ka et Heishi pouvaient le voir aussi. »
« Ils reviendront. » Carna prit la main de Paixi et s’inclina devant Molan. Molan sourit et dit : « Allez et promenez-vous. Il fait beau aujourd’hui. »
Les barrières de protection autour de Dragonmaw avaient déjà été supprimées. Le ciel était dégagé et des nuages blancs le traversaient. La mer de splendides tulipes avait fleuri et ondulait dans la brise.
« Est-ce que Heishi a répondu ? » demanda Paixi à Carna.
« Non », répondit Carna. « La dernière fois que j’ai obtenu des informations sur lui de Huixiong, il était à Phénix. Il n’y est resté que trois jours avant de repartir vers la rive ouest. »
Paixi dit : « Cherche-t-il toujours un moyen d’entrer dans le Noyau d’Astrolabe ? »
« Eh bien », dit Carna, « il est différent de nous. Laisse-le faire ce qu’il veut faire. Chéri, où veux-tu aller ? »
« Pouvons-nous aller visiter le mémorial ? » demanda Paixi.
« Bien sûr. » Carna conduisit Paixi vers une voiture et ils se dirigèrent vers le mémorial juste à l’extérieur de Dragonmaw. Il y avait là une tour de plusieurs dizaines de mètres de haut, et elle se dressait, pointant directement vers le ciel. Les numéros de série des androïdes morts pendant la bataille y étaient gravés.
Paixi plaça une fleur devant le mémorial et Carna se tint silencieusement derrière lui.
« Je ne sais pas pourquoi », déclara Paixi, « mais récemment, je n’arrête pas de rêver du passé. »
Carna dit : « Et ? »
Il s’agenouilla à côté de Paixi et passa un bras autour de sa taille. Paixi ferma les yeux et appuya sa tête sur l’épaule de Carna.
« Le travail acharné de chacun a finalement porté ses fruits. » Paixi ouvrit les yeux et regarda dans les yeux d’un bleu profond de Carna avant de chuchoter : « Tout le monde est tellement incroyable. Moi aussi, je veux bien vivre. »
Carna fit : « Laisse-moi t’accompagner au festival, d’accord ? »
Paixi sourit. Avant qu’il ne pût dire quoi que ce soit, Carna le souleva et laissa Paixi s’asseoir sur ses épaules avant de marcher vivement vers la foule en délire lors de la célébration de la Fête du Printemps.
***
La ville de Phénix avait déjà démoli les usines bruyantes et le nouveau bâtiment municipal était érigé. Il ressemblait aux ailes d’un phénix planant : l’aile est pointait vers le quartier où vivaient les humains, et l’aile ouest pointait vers la zone de vie des androïdes.
« Président. » Un marchand frappa à la porte et entra. « Nous avons trouvé où se trouve Heishi. »
Les pieds de Shahuang étaient appuyés sur le bureau et son chapeau couvrait son visage. Huixiong signait des papiers et dit sans même lever la tête : « Est-il prêt à revenir ? »
« Il est toujours seul », répondit le marchand. « C’est le message qu’il nous a envoyé. Il est près de la côte de l’est du continent. »
« Ce gamin. » Shahuang laissa paraître le soupçon d’un sourire sous son chapeau et dit paresseusement : « Combien de temps veut-il continuer à marcher ? N’aime-t-il pas manger la gelée de café à l’extérieur du bâtiment politique central ? Comment se fait-il qu’il ne revienne pas pour en manger à satiété ? »
Huixiong déclara : « À la façon dont je le vois, il n’abandonnera jamais. Peu importe. Prépare-toi à célébrer la Fête du Printemps. Le général Angus a-t-il d’autres demandes ? »
Shahuang déclara : « Il devrait se préparer à démissionner. Je pense qu’il va prononcer son discours de démission aujourd’hui. »
L’après-midi de la Fête du Printemps, Angus se tint au centre de la place et dit : « Ainsi, j’espère que nous, les androïdes, serons capables d’assimiler ce nouveau monde. L’histoire a déjà tourné une nouvelle page. Puisse ce monde vous accueillir tous. »
Des applaudissements retentirent sur la place et Angus déclara : « À partir d’aujourd’hui, l’armée rebelle des Blacklands sera dissoute. Je crois que tous nos frères se comprendront et s’uniront les uns aux autres. Veuillez garder à l’esprit notre peuple qui offrit son sang et sa vie à la cause… »
***
De plus en plus d’humains et d’androïdes choisirent de quitter Phénix et se dispersèrent à travers le continent, soit en créant de nouveaux villages, soit en devenant agriculteurs, ou encore nomades.
Quand A-Ka et Paixi étaient arrivés sur le continent occidental, le port maritime, Karoyek, était devenu le nouveau centre de tout commerce sur le continent occidental. Et après la destruction de Père, l’océan avait englouti la cité mécanique. Les humains se déplacèrent vers le noyau antique et établirent la première nation politique sur le continent oriental.
Heishi se tenait sur le rivage qui s’étendait à perte de vue. Il portait des lunettes de soleil noires et son trench-coat noir flottait dans la brise de l’océan. Il y avait un bras mécanique à l’intérieur d’une de ses manches.
Les bateaux allaient et venaient, et les pêcheurs riaient et conversaient bruyamment, lui demandant d’où il venait. Heishi leur fit un signe de tête poli et descendit la plage de sable, laissant derrière lui une traînée d’empreintes claires.
« Tu es de nouveau là ! » Un enfant courut pieds nus sur la plage et l’accosta : « Comment se fait-il que tu sois de retour ici ? Que cherches-tu ?! »
Heishi émit un son « mn » et continua de marcher tandis qu'une foule d'enfants se rassemblait autour de lui, posant des questions sur ceci et cela.
« Je peux le sentir », déclara Heishi. « Il devrait être par ici. »
« Que peux-tu ressentir ? » demanda un enfant.
« Le cocon », répondit Heishi avec concision.
« Qu'est-ce qu'un cocon ? » Les enfants gloussèrent bruyamment puis se dispersèrent.
« Frère, assisterez-vous à la célébration du Festival de la montagne enneigée avec nous ? » demanda l'un des enfants.
« Si je trouve la personne que je recherche, je le ferai. » Heishi enleva ses lunettes de soleil, jeta un coup d'œil à l'enfant et lui tapota la tête avec désinvolture.
« Ceci est pour vous. » L'enfant déposa un sac en papier dans la main de Heishi et prononça : « Ma mère a dit que tu venais souvent dans notre village, et tu nous as même rendu beaucoup de services. »
Heishi tendit sa main mécanique et prit doucement le sac en papier. Lorsqu'il referma ses doigts métalliques autour de lui, ils vrombissaient doucement. Il hocha la tête et dit : « Merci. Tu devrais rentrer chez toi bientôt pour que ta famille ne s’inquiète pas pour toi. »
Les enfants s’enfuirent mais regardèrent Heishi au loin et lui firent au revoir. Heishi leur sourit en retour et leur fit un signe de la main.
Les gens allumèrent de petits feux près de l'océan, et la douce nuit s'abattit sur eux. La pleine lune se leva à l’horizon et brilla sur l’océan, qui scintillait et dansait avec des taches de lumière argentée. Heishi s'appuya contre les rochers et posa l’arrière de sa tête sur ses mains tout en regardant silencieusement au loin.
A-Ka, depuis que nous nous sommes séparés, j’ai fais exactement ce que tu avais dit. Je suis parti à Phénix et ai goûté le pain à la noix de coco et la gelée de café dont tu m’avais parlé.
J’ai marché jusqu'à la frontière nord du continent occidental et j’ai aperçu les sommets des montagnes et les îles, les chutes d’eau et les volcans.
À chaque arrêt de mon parcours, la lumière du soleil me suivait. J’ai traversé les forêts chantantes dont tu m’avais déjà parlé.
Maintenant, je me tiens à côté d’un grand lac. C’est un lac transparent et enneigé. Chaque année, après la Fête du Printemps, la glace fond.
J’ai visité chaque lieu dont tu avais parlé, mais je ne peux toujours pas te sentir.
La lumière du soleil, le vent, l’eau de pluie, les flocons de neige, le sol et tout le reste… Ils ne sont pas toi. Ils n’ont pas ta présence.
Au moment où tu devins un avec le Noyau, ce fut seulement alors que je ressentis la dernière émotion que mon père ne m’avait pas transmise. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi intense, aussi déroutante et aussi angoissante.
Peut-être que mon père n’avait jamais imaginé que je traverserais ce chagrin éternel et ce regret inguérissable.
Le savais-tu ? Il y a longtemps, le jour où Carna est revenu, Paixi avait déjà compris la vérité sur le décès de Feiluo. C’était exactement comme tu l’avais dit ; il savait que Carna n’était pas Feiluo, tout comme je sais que le monde actuel n’est pas toi.
Mais Paixi n’en a rien dit. Il travaille dur pour être fort et vivre, et pour être aussi heureux qu’avant. C’est aussi une leçon que j’ai apprise des humains.
Et donc, je cherche toujours, mais je ne suis plus triste, car tant que je peux sentir que tu es en vie, alors il y a encore de l’espoir.
Heishi ferma les yeux et tripota un fragment de cristal. Le cristal scintilla comme s’il résonnait avec quelque chose. Il vibrait au rythme de la montée et de la descente des marées, au battement du cœur de Heishi, et aux émotions compliquées ; un mélange de tristesse et d’espoir qui perdurait depuis longtemps.
Lorsque la lumière du matin brilla sur l’océan, le cristal sembla trembler. Heishi se réveilla soudainement en sursaut et ouvrit les yeux.
Le soleil rouge se leva régulièrement, et aux premiers rayons du jour, l’océan poussa une capsule de sauvetage à la surface, la déposant doucement sur le rivage.
Heishi se dirigea vers la capsule de sauvetage et ouvrit la trappe.
Le visage endormi d’A-Ka portait des traces de fatigue alors qu’il ouvrit progressivement les yeux. Lorsqu’il aperçut le beau visage de Heishi dans la lumière de l’aube, il sourit.
Fin
Traducteur: Darkia1030
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