FSC - Chapitre 27 – Les examens mensuels

 

 Le groupe descendit tranquillement les escaliers.

À mi-chemin, Wan Da serra soudain la balustrade de la main. « Putain, là, là, il y a vraiment… »

« Il y a quoi ? »

« Qu’as-tu vu ? »

« Il y a un fantôme. »

Xie Yu leva son poignet et regarda l’heure.

L’aiguille des minutes pointait sur le 12 ; il était exactement une heure du matin.

Au bout du couloir du deuxième étage, la lampe à détecteur ne s’alluma pas. Une silhouette vaguement humaine avançait lentement vers eux, mais on ne distinguait pas ses membres.

« Ses » pas étaient très légers, comme si la scène se déroulait au ralenti.

Seule la lumière de la lune et celle des lampadaires, filtrant par la fenêtre, éclairaient faiblement cette scène mystérieuse.

Xie Yu serra la main autour du sceau fantôme. Il eut soudain envie de réconforter ce grand idiot à côté de lui. Il s’apprêtait à dire : « Putain, tu ne crois tout de même pas qu’une personne qui se déplace avec un couvre-lit sur la tête soit quelque chose de surnaturel, n’est-ce pas ? »

Mais il vit He Zhao sortir un autre morceau de papier de sa poche ; les sceaux et le symbole du yin et du yang étaient presque identiques à celui que tenait Xie Yu. He Zhao paraissait remarquablement calme. « Ne t’inquiète pas. J’en ai un de plus. »

« …… »

« Et maintenant ?! » demanda Wan Da.

He Zhao rétorqua : « Tu as élaboré tant de plans de bataille. Tu n’avais pas prévu ce scénario ? »

Wan Da baissa la voix. « En réalité, je ne pensais pas que nous le rencontrerions vraiment… »

Xie Yu s’appuya contre le mur et dit : « … Que pouvons-nous faire d’autre ? Allons-nous lui dire bonjour ? »

Wan Da resta silencieux.

« En fait, je pense que, dans la quête d’un homme, nous devons être plus courageux. » Wan Da commença à parler, puis son attitude fit un virage à cent quatre-vingts degrés. « Ou bien faisons demi-tour et… »

Et retournons dormir.

Avant qu’il n’ait pu terminer sa phrase, Ding Lianghua, resté silencieux tout ce temps, jaillit soudain à côté d’eux !

Son temps au sprint du cent mètres devait être excellent. Lors de la prochaine rencontre sportive, ils devraient absolument le faire participer. Il fonça comme un tourbillon. En passant, il eut même la présence d’esprit d’attraper l’extincteur posé dans le coin et l’abattit sur la silhouette avec un grand bruit sourd.

Wan Da : « …… »

He Zhao : « …… »

Xie Yu : « …… »

***

« Que se passe-t-il ? »

« La vie dans les dortoirs de votre école est donc aussi excitante ? »

« Une vie nocturne riche, assurément. »

Le lundi matin, lorsque Shen Jie mit le pied dans la salle de classe, il n’eut même pas le temps de poser son cartable qu’il entendait déjà d’étranges rumeurs. Il remit son devoir sans même prendre la peine de le relire une dernière fois, puis courut directement vers la classe 3.

Il se pencha à la fenêtre et passa la tête à l’intérieur. « J’ai entendu dire que le Chien fou avait failli exploser de rage. Qu’avez-vous fait ? »

Les élèves étaient justement en train de déplacer leurs bureaux et l’atmosphère était bruyante. Xu Qingqing avait déjà déplacé son propre bureau et aidait les autres aux côtés de Liu Cunhao. « Luo Wenqiang, mets-toi derrière Wan Da, et ta rangée devrait ensuite s’aligner de ce côté… Nous sommes trente-deux à passer l’examen dans notre classe. S’il n’y a pas assez de tables et de chaises, allez en emprunter à la classe d’à côté. »

Ils devaient séparer leurs pupitres et les disposer selon la configuration réglementaire des examens : des places individuelles.

Plus tard, lorsque la cloche sonnerait, ils devraient se rendre dans leurs salles d’examen respectives pour passer l’épreuve : c’était la première période officielle d’examens du premier semestre de la deuxième année.

Les examens mensuels.

Wan Da plaça soigneusement les bureaux et les chaises. Il n’avait pas vraiment envie de répondre à Shen Jie. « Eh bien… pour expliquer cela, c’est difficile en quelques mots. »

Shen Jie dit : « Xiao Wan, es-tu vraiment toujours le Je-sais-tout que j’ai rencontré la première fois, celui qui griffonnait des notes pour me donner les réponses pendant les examens ? »

« …… »

Wan Da secoua la tête. « Les gens grandissent, n’est-ce pas ? »

Les notes de Shen Jie n’étaient pas bonnes. Durant sa première année, il y eut un examen de fin de semestre où il voulut vraiment obtenir une bonne note afin de rentrer chez lui et passer le Nouvel An tranquillement sans que sa famille ne le harcèle. Avant l’arrivée du surveillant, il tapota l’épaule de la personne assise devant lui et lui dit : « Mon ami, veux-tu passer une bonne année ? »

Le garçon devant lui était Wan Da.

Tous deux s’entendirent immédiatement.

Au début, ils ne s’échangeaient que des réponses. Après deux ou trois échanges, Shen Jie fit tomber sa gomme par terre avec son coude, puis ramassa le petit mot au sol en se baissant pour récupérer la gomme. En plus de la réponse, il y avait une ligne supplémentaire : « Tu es de la classe 5 ? Connais-tu He Zhao ? J’ai entendu dire qu’il s’était battu avec un professeur il y a quelques jours ? »

À la fin, les échanges de petits papiers se transformèrent en une gigantesque séance de commérages.

Ils ne copièrent pas tant de réponses que cela, mais le contenu de leurs discussions couvrit à peu près tous les élèves de l’année.

Shen Jie tourna alors les yeux vers He Zhao. Son regard balaya la pièce une fois avant de se fixer sur sa cible.

Les bureaux de He Zhao et de Xie Yu étaient séparés d’une manière assez maladroite ; ils avaient été ajoutés à la rangée qui manquait encore de pupitres.

He Zhao occupait le dernier siège de la rangée la plus intérieure.

L’éclairage dans ce coin n’était pas très bon. Le dos de He Zhao reposait contre le mur, une main dans la poche ; toute son attitude était détendue tandis qu’il jouait avec son téléphone.

Shen Jie leva une main et cria : « Zhao-ge — »

He Zhao entendit son nom et leva les yeux. Il prit le sac en plastique posé sur le bureau et le jeta à la poubelle tout en s’approchant. « L’examen est sur le point de commencer. Qu’est-ce que tu fais là ? »

Shen Jie dit : « Ton dortoir… »

« Je vais te le résumer en quatre mots. La quête d’un homme », déclara He Zhao.

Shen Jie prit une expression de confusion totale.

Xie Yu était assis juste là, allongé sur le bureau, dormant profondément. He Zhao tapota l’arrière de sa tête et dit : « N’est-ce pas, vieux Xie ? »

Xie Yu : « …… »

Il ne leva même pas la tête. Il tâtonna d’un côté, attrapa quelque chose et le lança.

C’était une calculatrice. He Zhao craignit qu’elle ne se brise en touchant le sol, fit deux pas en arrière et la rattrapa. « Petit camarade, ton caractère est assez chaud aujourd’hui. »

Shen Jie voulait toujours en savoir plus.

He Zhao coupa ses pensées. « Je te raconterai plus tard. Retourne dans ta classe. L’examen est sur le point de commencer. »

Auparavant, les plans de places d’examen étaient générés par ordinateur, et les étudiants ne pouvaient pas savoir qui passerait l’examen dans la même classe qu’eux. Ce semestre, la configuration avait été modifiée, et le plan de salle fut organisé en fonction des résultats de l’examen de fin de semestre. Les trente premiers étaient dans une salle de classe, les trente suivants dans la deuxième, et ainsi de suite.

Peut-être essayaient-ils de diviser les élèves de cette façon afin d’éveiller leur esprit combatif. Il faut se projeter et persévérer vers des salles d'examen plus élevées.

Les mots génériques du Doyen Jiang : « Vous devez avoir de l’ambition ! Il n’y a pas de honte à être ambitieux pendant vos études. Par exemple, si je passais l’examen dans la salle 5 aujourd’hui, la prochaine fois, je veux être assis dans la salle 1 pour passer l’examen ! J’espère que vous aurez tous ce genre d’esprit combatif ! »

Shen Jie partit à contrecœur.

Wan Da s’approcha prudemment. « Le représentant de l’étude ne vient pas pour passer le test ? »

He Zhao déclara : « Il est déjà comme ça… peut-il encore passer le test ? »

« J’ai entendu dire que sa mère était venue le ramener à la maison pour dormir. Privation de sommeil. Chaque jour, il ne dormait que deux ou trois heures. Pas étonnant qu’il ait eu une panne. »

En entendant les deux mots « représentant de l’étude », la somnolence de Xie Yu disparut également. Le bruit des chaises traînées résonnait dans la salle de classe, et c’était très bruyant. Il s’assit et regarda vers le siège de Xue Xisheng.

Cette nuit-là, Ding Lianghua s’était précipité avec une bravoure incomparable. L’extincteur pulvérisa de la poudre sèche, couvrant tout le couloir. Lorsqu’ils retirèrent la couverture du « fantôme », ils virent Xue Xisheng allongé tranquillement sur le sol.

« Qui aurait pensé que c’était du somnambulisme », déclara Wan Da. « C’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui est somnambule aussi profondément. Si le dortoir de l’école n’avait pas fermé ses portes d’entrée, se serait-il promené à l’extérieur les yeux fermés ? »

L’agitation qu’ils avaient causée au milieu de la nuit dérangea Chien fou et Vieux Tang, qui vivaient dans le dortoir de la faculté à côté. Tous deux se précipitèrent vers eux, et l’un d’eux ne releva même pas la fermeture éclair de son pantalon. Vieux Tang portait même ses pantoufles aux mauvais pieds. « Que se passe-t-il ? C’est quoi tout ce bruit au milieu de la nuit ? Que diable faites-vous ? »

La cloche de préparation aux examens sonna, et chacun apporta son matériel dans sa classe respective.

Xie Yu n’avait rien apporté d’autre qu’un stylo noir.

S’il avait pu, il n’aurait même pas pris le stylo. Il ne savait vraiment pas comment il surpasserait He Zhao. Même les yeux fermés et faisant les questions à l’aveugle, il obtiendrait un score plus élevé que lui.

« Nous devons remplir des QCM, tu as besoin d’un crayon 2B. » He Zhao marchait derrière Xie Yu et lui fourra un crayon dans la main, partageant même ses propres expériences. « Même si cela ne fait pas de différence si tu coches ou non, tu peux au moins obtenir quelques points au hasard. »

« Quelques points ? »

« Sept ou huit points. »

« …… »

Auparavant, lorsque Xie Yu passait ses examens, il contrôlait strictement ses réponses pour obtenir une note moyenne. Bien qu’il maintînt des notes basses, il ne les rendait jamais trop faibles pour éviter de donner l’impression d’être un idiot.

Il marquait toujours dans la fourchette qui faisait penser : « L’esprit de cet enfant est assez vif, mais il refuse d’étudier correctement. »

Même Madame Gu pensait qu’il y avait encore de l’espoir pour son enfant.

Bien que celui-ci ait sauté les cours et que ses notes aient été parmi les plus basses à l’examen, c’était uniquement parce qu’il ne prêtait pas attention en classe. S’il étudiait sérieusement, il n’aurait certainement pas les notes qu’il avait maintenant.

Xie Yu prit le crayon. Afin de calibrer son score, il demanda à He Zhao : « Qu’as-tu eu comme points à la fin du semestre dernier ? »

Ils avaient dépassé les salles de classe 1 à 8 et devaient encore monter un escalier pour se rendre à leur lieu d’examen, pour la toute dernière division. Selon la disposition des sièges d’examen de Doyen Jiang, ce lieu d’examen rassemblait les étudiants ayant de mauvaises notes.

He Zhao dit : « Le dernier semestre ? Je ne m’en souviens pas vraiment. Je pense que c’était plutôt bien. J’ai plutôt bien performé. »

Xie Yu dit : « Mm ? »

He Zhao déclara : « En anglais, j’ai marqué environ… 40 points ? » (NT : 40 sur 150, soit 5,2 sur 20 selon le système de notation francophone)

Xie Yu : « …… »

Le lieu de rassemblement des fainéants ne comptait qu’une vingtaine de personnes, chacune étant un cas désespéré pour ses professeurs. Ils étaient vraiment remarquables à leur manière : par leur seule force, ils parvenaient à faire baisser la moyenne de toute leur classe. Le score d’une seule personne pouvait plus ou moins déterminer le classement de sa classe dans toute l’année.

He Zhao entra, et plusieurs personnes lui firent signe.
« Salut, Zhao-ge. »

He Zhao jeta un coup d’œil autour de la pièce et reconnut beaucoup de visages. Il se tint dans l’embrasure de la porte, une main enfoncée dans sa poche, ressemblant au grand frère des fainéants.
« Ah, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus. »

Tang Sen surveillait la classe des fainéants. Il se tenait face à l’ordinateur, ajustant la montre à son poignet ; tous les autres professeurs s’inquiétaient pour lui.

« Vieux Tang, la moyenne de ta classe cette fois-ci ne sera probablement pas bonne. »

M. Tang venait tout juste d’être transféré, et s’il ne produisait pas de résultats…

« Ah ? » répondit Tang Sen, toujours concentré sur le réglage de sa montre. « Pas de problème, je ne m’inquiète pas pour ça. Les résultats aux examens ne mesurent pas tout. »

Compte tenu de cette manière de répartir les sièges, cela eut effectivement un impact considérable sur ces fainéants : il n’y avait personne de vraiment bon sur qui copier les réponses.

Quant à la façon dont ils choisissaient qui copier : c’était six de l’un, une demi-douzaine de l’autre (NT : litt. ‘Un demi jin et 8 liang’ (1/2 jin = 8 liang). Idiome signifiant que toutes les options se valent).

Mais il y avait toujours une différence entre « six de l’un » et « une demi-douzaine de l’autre ».

Le premier élève de la première rangée — autrement dit celui qui, dans la salle d’examen des fainéants, avait obtenu le meilleur score au semestre dernier — attira tous les regards.

« J’ai entendu dire que tu avais obtenu 60 à l’examen de mathématiques. Waouh, 60 points sur 150. » (NT : 8/20)

« Quoi, 60 ? Tu es si bon que ça ? »

C’était probablement la première fois de sa vie que ce mauvais élève vivait une telle situation. Il répondit avec un peu d’embarras : « Euh… non, pas vraiment. »

Xie Yu posa son front dans sa paume, la tête baissée, essayant de ne pas écouter ce groupe de gens parler.

C’était vraiment trop…

Les pensées de Xie Yu firent mille détours compliqués et, pendant un moment, il ne trouva même pas les mots pour se plaindre. Puis il entendit He Zhao, assis derrière lui, rejoindre lui aussi ce concours de vantardises inutiles.

« 60 points, c’est plutôt fort, mon frère. »

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

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