FSC - Chapitre 40 - Grand frère "aguicheur".

 

« En cette belle journée ensoleillée, nous accueillons la 67e rencontre sportive d’automne de Liyang Erzhong. Chers étudiants, l’expression « développement holistique » comprend les valeurs morales, l’intelligence, la condition physique, l'esthétique et le travail acharné. »

La rencontre sportive n’avait pas encore commencé, mais il n’y avait définitivement pas assez de places dans le stade et tout le monde déplaça des chaises des salles de classe vers le terrain de sport. Les escaliers étaient bondés de monde.

La voix du doyen « DJ » Jiang résonna alors dans toute l’école. « Renforcez votre corps, aimez le sport et vivez l'esprit du sport. Je sais qu’au quotidien, tout le monde était occupé par ses devoirs, mais aujourd’hui vous pourrez planer librement au-dessus du terrain de sport et laisser votre transpiration s’envoler… »

« Pourquoi y a-t-il autant de monde ? Vous nous laissez passer ou pas ? »

Ces « aigles mâles » qui auraient dû planer librement au-dessus du terrain de sport se retrouvèrent tous coincés à l’entrée de la cage d’escalier. Non seulement l’entrée, mais tout le couloir résonnait de bruits de clic-clac d’objets traînés. C’était aussi encombré que la circulation aux heures de pointe, si dense que même l’eau n’aurait peut-être pas pu s’écouler à travers les fissures.

La classe 2.3 occupait la partie du couloir à l’extérieur de sa salle de classe, et ceux qui ne pouvaient sortir attendirent encore à l’intérieur.

Wan Da laissa sa chaise dans l’embrasure de la porte et nul ne sut où il partit. Après plusieurs minutes, il revint, se frayant un chemin à travers la foule. « Bon sang, la file va du cinquième étage au premier étage. Le bâtiment dans lequel nous étions l’année dernière est encore pire. Des collisions d’un bout à l’autre entre les bâtiments est et ouest. »

« Pourquoi t’occupes-tu de choses sans rapport ? Si tu avais autant de temps libre, tu aurais dû descendre ta chaise. » He Zhao traîna sa propre chaise jusqu’à la porte arrière de la salle de classe et, en voyant la scène impressionnante à l’extérieur, abandonna simplement et s’assit dans l’embrasure. Il dit, une sucette dans la bouche : « Attends. Ce sera probablement bloqué encore dix minutes, au moins. »

Puis il se tourna vers Xie Yu. « Vieux Xie, tu viens ? »

Xie Yu ne bougea pas. Il s’allongea sur son bureau et dit, les yeux fermés : « Je n’y vais pas. Être écrasé dans une foule n’est pas amusant. »

« Aide-moi à mettre mon brassard avec mon numéro. Je ne peux pas atteindre mon dos. » He Zhao tenait l’étiquette numérique que le représentant du gymnase lui avait remise plus tôt : un morceau de tissu légèrement jauni par de nombreuses utilisations, avec un numéro à quatre chiffres dessus. « Vite. Je suis l’espoir de tout le village. »

Xie Yu ne réagit pas.

He Zhao répéta son discours, puis Xie Yu se redressa et dit : « Wan Da, va aider “l’espoir de tout le village” avec son brassard. »

Wan Da, entraîné dans la conversation sans raison : « …… »

Wan Da jeta un coup d’œil à gauche puis à droite. Il croisa le regard de He Zhao et comprit, sans un mot, ce que celui-ci voulait dire : « Lis l’atmosphère. Je veux que mon camarade de bureau m’aide, alors n’essaie même pas. »

Alors Wan Da se retourna et fit semblant de ne rien avoir entendu. « Ah, pourquoi ne bougent-ils pas ? Combien de temps va durer cet embouteillage ? »

Xie Yu : « …… »

He Zhao nota mentalement la contribution de Wan Da, puis tira la chaise en arrière et posa les épingles de sûreté et le brassard sur le bureau. « Désolé de te déranger, petit camarade. »

Xie Yu prit l’épingle à nourrice et envisagea sérieusement de le piquer à mort.

He Zhao s’assit à l’envers sur sa chaise, dos à Xie Yu. Wan Da, dans l’embrasure de la porte, lui lança un regard compliqué. He Zhao sourit et fit même un geste « ouais » dans les airs avec arrogance.

Wan Da secoua la tête ; il n’en pouvait plus de regarder.

Xie Yu fixa le numéro sur la chemise de He Zhao avec une épingle à chaque coin. Lorsqu’il eut terminé, il donna un coup de pied sans pitié dans la chaise de He Zhao pour lui dire de dégager et déclara avec mépris : « Terminé. »

He Zhao passa une main dans son dos et constata que Xie Yu avait fait un travail soigné ; il s’apprêta à le féliciter, mais Xie Yu donna encore un coup de pied dans sa chaise.

La classe 3 eut de la malchance et se vit attribuer un coin du stade juste en face des tribunes, en plein soleil brûlant.

Chaque classe entra sur le terrain en formation carrée. Luo Wenqiang, qui s’était changé dans les toilettes de la cour intérieure, marcha en tête en tenant le drapeau de la classe. He Zhao et Xie Yu marchèrent côte à côte juste derrière lui, menant le reste de la classe.

Selon les mots de Xu Qingqing : « He Zhao et Xie Yu sont les visages de notre classe. Ils soutiendront tout pour nous. »

Xu Qingqing avait voulu dire « ils sont beaux », mais les autres classes ne partageaient pas cet avis.

Lorsqu’ils virent la classe 3 défiler en formation, la seule émotion qui leur vint fut la terreur. Même avec une marche militaire entraînante en fond sonore, la présence des « grands frères » des bâtiments est et ouest devant plus d’une trentaine de personnes donnait vraiment l’impression qu’ils allaient retrousser leurs manches et déclencher une bagarre à tout moment.

Terriblement sauvage.

Ainsi, même si Luo Wenqiang portait une tenue aussi audacieuse, personne n’osa se moquer de lui.

He Zhao tourna légèrement la tête et dit : « Qu’est-ce qui se passe avec ce groupe ? Personne ne rit ? Ce n’est pas drôle ? Tout le monde était tellement excité quand le grand frère travesti d’à côté est sorti. N’avons-nous pas été à la hauteur ? Avons-nous perdu ? »

Xie Yu répondit : « Peut-être qu’il est trop laid. »

Luo Wenqiang, frappé en plein cœur, pensa : … Avez-vous pris en compte mes sentiments ?

La rencontre sportive durait deux jours et l’épreuve de longue distance aurait lieu l’après-midi du deuxième jour. Ce jour-là, ils ne participaient qu’à l’épreuve de pompes, qui se déroulerait dans le gymnase.

Bien que ce fût déjà l’automne, le soleil de midi brillait encore fortement et il faisait un peu chaud.

He Zhao enleva sa veste et la posa sur sa tête pour se protéger du soleil. Il jeta un coup d’œil à son téléphone et vit que Wan Da lui avait envoyé un lien vers un forum dix minutes plus tôt.

La ligne d’objet était : « Diffusion en direct des deux grands frères les plus chauds de l’école – faisant – des – pompes ! Des pompes ! J’ai déjà explosé comme un feu d’artifice! »

Il y avait déjà plus d’un millier de réponses et le sujet restait en tête du forum scolaire, une mer d’exclamations.

He Zhao ouvrit quelques fils de discussion et referma instinctivement le navigateur, comme s’il venait de toucher une patate chaude. Il ne savait pas si c’était à cause de la chaleur du soleil ou parce qu’il recommençait soudain à brûler de l’intérieur sans raison.

Au bout d’un moment, He Zhao rouvrit le fil… et, comme possédé, appuya sur « enregistrer l’image ».

Il y avait trois images en tout. L’éclairage intérieur était mauvais et la personne qui avait pris les photos n’avait pas osé le faire ouvertement, si bien qu’elles étaient floues — floues et ambiguës.

Malgré cela, les deux protagonistes restaient clairement reconnaissables.

Wan Da, grande gueule, ne l’avait sûrement pas envoyé seulement à He Zhao ; il avait probablement partagé avec toute la classe.

He Zhao donna timidement un coup de coude à Xie Yu et demanda : « … Tu as vu ? »

« Vu quoi ? » Les yeux de Xie Yu restèrent à moitié fermés, comme s’il était sur le point de s’endormir.

Les gens se promenaient sur le terrain ; certains faisaient même du vélo tout autour. D’autres s’échauffaient pour le sprint de 100 mètres, notamment Ding Lianghua de leur classe.

Xu Qingqing et un groupe d’autres filles rédigèrent une annonce à soumettre pour diffusion, proposant le script ligne par ligne.

He Zhao pensa intérieurement « Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? » — bien sûr, le fil sur leur couple — mais il ne put pas le dire à voix haute et tourna autour du pot. « Tu sais, celui-là. »

Xie Yu le regarda. « Lequel ? »

« …… »

À la fin, He Zhao lui fit signe du doigt, et Xie Yu s’avança à contrecœur.

He Zhao souleva sa veste pour lui faire signe d’entrer, et tous deux se glissèrent dessous, tête contre tête. Le téléphone reposait sur la cuisse de He Zhao, et Xie Yu dut se pencher pour regarder.

Xie Yu observa très attentivement.

He Zhao fixa la nuque de Xie Yu — ses cheveux semblaient si doux au toucher, et sa clavicule dépassait légèrement — et ressentit un léger regret.

Pourquoi lui avait-il montré cela ? Ou plutôt… Peut-être voulait-il voir sa réaction ?

He Zhao ne savait pas non plus exactement ce qu’il cherchait à découvrir.

Xie Yu fit défiler plusieurs pages. Les commentaires étaient tous à peu près les mêmes, encourageant jusqu’au bout. Puis, soudain, son doigt s’arrêta sur le commentaire n°52 : « Bon sang, je veux lui baisser la tête ! Embrasse-le ! Embrasse-le, tout simplement ! »

« …… »

Xie Yu cligna lentement des yeux, puis He Zhao l’entendit dire calmement : « Ah, je vois. »

He Zhao n’avait pas encore trouvé quoi répondre qu’une acclamation perça l’air. « Ah ! Allez, donne tout ce que tu as ! »

Non loin, Ding Lianghua s’accroupit à moitié, les mains sur la piste, prêt à partir. Au coup de feu, il s’élança en avant, encore plus vite que la nuit où il avait tabassé le représentant des études.

« Magnifique ! Première place ! » Le visage de Luo Wenqiang devint rouge d’excitation. Il ouvrit les bras et déclara : « Dingding, je vais te faire un câlin plein d’amour ! »

Ding Lianghua, déjà très timide d’ordinaire, se transforma en véritable ermite social. En quittant la piste, il sourit avec embarras. « Non, non, pas besoin. »

Il essuya sa sueur et, en passant, He Zhao le félicita. Xie Yu trouva que ne rien dire serait trop froid, alors il déclara aussi : « Ding Hualiang, pas mal. »

« …… »

« Ding Lianghua », corrigea He Zhao à voix basse en lui tapotant légèrement la tête. « Il s’appelle Lianghua. Quand t’en souviendras-tu ? »

Vieux Tang était assis sur le côté, un thermos de thé de goji à la main. Il avait apporté des copies à corriger et ressemblait à un vieil homme prenant le soleil pour renforcer ses os. Il déclara : « C’est bien d’être jeune », tout en se remémorant avec émotion sa propre jeunesse.

Le représentant des études tenait un livre et mémorisait du vocabulaire anglais tout en regardant les compétitions.

Très vite, ce fut le tour de l’épreuve de pompes.

Par coïncidence, l’arbitre était leur professeur de sport. En le voyant, les élèves de la classe 3 ressentirent un profond malaise.

Le professeur tenait une feuille d’enregistrement et déclara : « Vous feriez mieux de vous appliquer. Après mon entraînement spécial, vous devriez au moins entrer dans le top huit… Bon, préparez-vous. Une minute. »

Xie Yu avait retiré sa veste et ne portait plus qu’une chemise blanche à manches courtes.

He Zhao le regarda et dit pensivement : « C’est plus facile de bouger avec moins de vêtements ? Vieux Xie, tu es plutôt intrigant. »

Xie Yu pensa : j’avais juste chaud.

Mais avant qu'il puisse dire un mot, He Chao avait déjà pris les choses en main, enlevant rapidement son sweat à capuche et remontant sa veste pour dévoiler la moitié de son torse et de son abdomen.

Plusieurs personnes autour poussèrent un petit cri étouffé.

« Il semblerait que je sois devenu un peu plus agile », dit He Chao en essayant quelques pompes, mais Xie Yu ne réagit pas. Il se retourna et demanda : « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Xie Yu répondit : « Je pense que tu ferais mieux de ne plus t’appeler Zhao-ge. »

He Zhao ne comprit pas. « Ah ? Alors comment devrais-je m’appeler ? »

Xie Yu posa les paumes au sol et dit d'un ton indifférent : «Sao -ge. » (NT : Grand frère aguicheur. Zhao (, zhāo) se prononce ‘jao’, et sao ( , sāo) ) ‘sao’)

He Zhao y réfléchit longuement et conclut que c’était probablement une insulte.

Une minute. Dans la première moitié, He Zhao et Xie Yu suivirent le rythme.

Dans le public, les badauds chuchotaient, et Xie Yu entendit vaguement quelqu’un dire avec excitation : « C’est le groupe du forum de l’école ? Ah, moi aussi je fais partie de l’équipe “baissez-lui la tête”. »

***

« Monsieur Tang, au rapport ! Bonne nouvelle, bonne nouvelle ! Les camarades He Zhao et Xie Yu ont respectivement obtenu la première et la deuxième place à l’épreuve de pompes ! » Luo Wenqiang fit un salut militaire impeccable. « À part eux, les six autres ont complètement échoué. »

Tang Sen hocha la tête, sortit huit bouteilles d’eau d’un carton et déclara : « Récompensez tout le monde. Généreusement. »

Xie Yu prit la bouteille que lui tendait le représentant du gymnase, le remercia, puis jeta un regard aux élèves qui couraient sur le terrain et aux supporters qui encourageaient leurs camarades.

Soudain, il réalisa qu’il ne se souvenait pas du tout de la rencontre sportive de l’année précédente.

Il ne devait probablement même pas être venu sur le terrain, préférant se cacher dans la salle de musique avec des bouchons d’oreilles pour dormir.

He Zhao, une sucette dans la bouche, en tendit une à Xie Yu sans se soucier de savoir s’il la mangerait. Puis il cria à Liu Cunhao qui passait en courant : « Hao-zi, donne tout ce que tu as ! »

Liu Cunhao leur fit signe. « Vive la classe 3 ! Je suis le meilleur ! »

He Zhao se renversa contre son siège en souriant.

Xie Yu n’aimait pas les sucreries ; il trouvait cela écœurant. Pourtant, après avoir regardé l’emballage un moment, il l’ouvrit finalement.

Puis il fixa les lignes blanches de la piste et pensa : vraiment, très écœurant.

C’était à l’orange — un peu acide aussi.

Cet après-midi-là, vers la fin de la rencontre sportive, Shen Jie arriva de la classe 8. « On va manger dehors après les cours ? Grand frère Xie n’avait-il pas dit qu’il paierait ? Autant le faire aujourd’hui. »

Shen Jie et He Zhao avaient chacun payé un repas auparavant. Xie Yu n’aimait pas devoir quelque chose aux autres, alors il avait proposé de payer la fois d’après.

He Zhao regarda Xie Yu ; voyant qu’il n’avait aucune objection, il accepta. « Très bien. Qu’est-ce qu’on mange ? »

« En tout cas, pas encore à la Gold List », répondit Shen Jie en s’asseyant derrière eux. « On a déjà essayé tous les restaurants près de l’école. La maison Zhuangyuan est chère et mauvaise. Pourquoi ne pas essayer les petits restos dans les autres rues ? »

Ainsi, après les cours, ils marchèrent en vain dans trois rues avant de décider.

Shen Jie leva les yeux vers l’enseigne et resta perplexe. « … Hein ? Pourquoi les magasins d’ici ont-ils les mêmes noms que ceux près de notre école ? »

« Dian Ji est juste au coin de la rue », rappela Xie Yu.

Dian Ji — abréviation de Technologie de l’information — était l’école professionnelle la plus proche.

Le vendredi, des élèves de Dian Ji venaient attendre leurs amis à la porte d’Erzhong. Quand des disputes éclataient, ils invitaient parfois ces élèves à les aider, et un simple appel suffisait à faire venir une foule.

Mais Erzhong était stricte ; pour se battre, ils devaient s’éloigner de l’école.

Le petit restaurant était déjà à moitié plein. He Zhao poussa la porte. « Celui-là, alors. Si on continue à chercher, l’étude du soir sera terminée et je n’aurai même pas fini de copier mes devoirs. »

Xie Yu entra sans prêter attention aux autres, trouva une place et s’assit. Il essuya soigneusement les bols et les baguettes avec une serviette.

He Zhao leva la main. « Patron, le menu ? »

Les gens à l’intérieur n’avaient pas l’air très accueillants. L’œil droit de Shen Jie se mit à tressaillir sans qu’il puisse l’arrêter.

Il les suivit en cherchant instinctivement dans sa poche. Mm… son portefeuille était toujours là.

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

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