FSC - Chapitre 60 – Je peux t'embrasser ?
À chaque publication des résultats d'examen, il y avait toujours des heureux et des déçus. Pourtant, durant toutes ses années d’enseignement, Wu Zheng n'avait jamais rencontré un élève semblable à He Zhao. Même lorsqu’il obtint des résultats « décevants », il se rangea lui-même dans le camp des « heureux ».
Wu Zheng en fut profondément impressionné. Un véritable talent.
Wu Zheng était tellement impressionné qu'il ne put s'empêcher de lancer des morceaux de craie les uns après les autres vers le dernier rang, en déclarant : « He Zhao, ta résistance psychologique est exceptionnelle… je n’ai rien vu de plus solide dans les trois années de cette école. »
« Trop d’éloges, trop d’éloges. » Voyant les craies voler vers lui, He Zhao sourit et répondit : « Je ne suis que moyennement bon. »
« —Tu crois vraiment que je te félicite ?! »
L’un des morceaux de craie manqua sa cible. Il heurta le bord du bureau de Xie Yu avec un petit bruit sec avant de rouler sur le sol.
Xie Yu, de son côté, s’inquiéta que les mauvais résultats de son petit ami ne le condamnent réellement à devenir conducteur de pelleteuse à l’avenir. En entendant cela, il posa la tête sur ses mains et sourit : « …Idiot. »
« Ça suffit. » Voyant que l’ambiance de la classe s’était détendue, Wu Zheng leur fit signe de se calmer et commença la correction. « Un examen ne signifie pas grand-chose. Ces questions n’étaient pas difficiles, alors pourquoi la moyenne est-elle si basse ? Regardons où vous avez perdu des points… »
Feuille en main, Wu Zheng copia les questions au tableau et leva la main pour tracer un cube parfaitement proportionné.
Xie Yu baissa les yeux, glissa sa copie de mathématiques — quarante points — sous son bureau, puis, n’ayant rien de mieux à faire, s’affala sur la table pour somnoler.
À peine s’allongea-t-il que son voisin, doté d’une « résistance psychologique exceptionnelle », lui piqua deux fois le poignet avec un stylo.
Xie Yu tourna lentement la tête, appuya sa joue contre son bras et se mit face à He Zhao.
He Zhao s’était affalé de la même manière. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, à simplement se regarder.
Un silence s’installa entre eux. Aucun mot ne fut prononcé, mais lorsque leurs regards se croisèrent, quelque chose se mit à affleurer dans le cœur de Xie Yu.
Dos à la lumière, He Zhao donnait une impression de nonchalance, le coin des lèvres légèrement relevé.
Xie Yu l’observa un moment, puis bougea le premier. Il tendit la main et remonta correctement la fermeture éclair de sa veste. « Ge, qui crois-tu séduire ? »
« Je n’oserais pas. » He Zhao baissa les yeux vers la main encore posée sur sa veste — qui aurait cru son petit ami si possessif ? Il sourit : « Pour tes yeux seulement. »
La moyenne de la classe 3 demeura inchangée : première de toute l’année… en partant de la fin.
Les meilleures notes appartenaient à Xue Xisheng et Xu Qingqing, mais elles ne suffisaient pas à relever la moyenne.
La dissertation de littérature était un commentaire analytique. À l’heure du déjeuner, le délégué rapporta les copies depuis la salle des professeurs et fut aussitôt assailli par la classe. Aucun ne cherchait la sienne.
« …Où est la dissertation de Zhao-ge ? Notre source de bonheur. »
Xie Yu venait de se réveiller ; il leva les yeux en entendant cela. Sur l’estrade, He Zhao protégeait sa copie. La scène était chaotique : plusieurs feuilles tombèrent au sol et furent piétinées.
Puis Luo Wenqiang et Liu Cunhao saisirent chacun un bras de He Zhao et le repoussèrent, tout en criant : « Vite, trouvez-la ! »
He Zhao ne se débattit pas et fut directement expulsé de la classe. Debout dans l’embrasure de la porte, il ne sut s’il devait rire ou pleurer : « Vous abusez, non ? Vous pouvez laisser un peu de dignité à quelqu’un ? Qu’y a-t-il de si intéressant dans une dissertation à zéro point ? »
Pour un essai analytique, même partir dans une digression à des années-lumière du sujet n’aurait rien produit d’aussi absurde que : « Ma silhouette est très digne. » Pourtant, l’analyse et les arguments de He Zhao n’avaient aucun rapport avec le sujet, et la manière dont il les avait assemblés constituait un spectacle en soi.
La copie fit le tour de la classe avant d’être rendue juste avant le cours suivant. Wan Da n’osa pas la remettre directement à He Zhao ; il la lança sur le bureau de Xie Yu, riant au point d’en avoir mal au ventre : « Impressionnant, vraiment impressionnant. J’ai assisté à la légende de quelqu’un qui parle les yeux grands ouverts sans rien voir. »
Xie Yu jeta un coup d’œil à l’essai et estima qu’il était déjà bien meilleur que celui sur la silhouette. « Tu t’es amélioré, ge. »
« Vraiment ? »
La main de Xie Yu se resserra sur son stylo tandis qu’il déclara sobrement : « Indépendamment du contenu… au moins, tu savais qu’il fallait écrire un commentaire analytique. »
Les deux premiers paragraphes tenaient la route, même si Xie Yu ne voyait aucun lien avec le sujet. Il envisagea de l’encourager, mais en poursuivant sa lecture, il tomba sur la phrase : « He Zhaovsky a dit un jour… »
Xie Yu se tut un instant, puis replia la copie et la lui rendit : « Je mentais. Prends-la et disparais. Tu mérites zéro. »
« … »
Presque chaque cours fut consacré à la correction des copies, et à la fin de la journée, tout le monde avait sombré dans une sorte de torpeur. La journée passa comme dans un rêve, et pendant un instant, personne ne réalisa que les cours étaient terminés lorsque la cloche sonna.
Ce ne fut que lorsque He Zhao se leva et cria : « Vieux Xie, allons manger ! » que les autres revinrent à eux, rangèrent leurs affaires et sortirent. « Allez, allons-y… rentrons subir notre sort. »
Liu Cunhao soupira : « Finalement, vivre à l’internat, c’est pas si mal… ça permet de gagner quatre jours de vie. »
Xie Yu se leva : « Tu ferais mieux de te dépêcher. Cherche quels crématoriums sont fiables. »
Liu Cunhao : « … »
He Zhao et Xie Yu quittèrent l’école pour aller dîner. À la porte, ils découvrirent que les restaurants avaient lancé une nouvelle stratégie marketing. Une banderole rouge éclatante flottait au vent au-dessus de l’enseigne de la « Maison de l’adieu » :
Félicitations aux élèves d’Erzhong pour leurs examens de mi-session !
Réduction de 20 % sur tout le magasin ! Bienvenue à tous !
« Ils ne comprennent rien aux examens », déclara He Zhao en secouant la tête. « Tu as vu à quel point Hao-zi rangeait lentement ses affaires ? Il voulait vraiment rester étudier. »
« Oui. Il avait l’air à deux doigts de mourir », répondit Xie Yu. « Il n’est pas encore parti ? »
He Zhao sortit son téléphone : « Probablement pas. Il doit encore être en train de choisir son crématorium. Attends… je vais lui envoyer une photo. »
Liu Cunhao trouva finalement le courage de quitter la classe, mais en voyant la photo, il s’effondra. Ces deux-là… l’un froid, l’autre cruel — tous deux déterminés à lui compliquer la vie.
Wan Da, quant à lui, faisait les choses sérieusement. Il lança un enregistrement vocal et cria : « Zhao-ge, ramène-moi du thé au lait ! »
À la sortie de l’école, les parents affluèrent, les klaxons retentirent, et le vacarme couvrit presque tout. He Zhao écouta deux fois le message sans le comprendre : « Quel thé ? »
Xie Yu n’entendit pas mieux, mais devina : « Du thé au lait, sans doute. »
Tout comme il n’avait jamais imaginé manger un jour au restaurant Jinbang, Xie Yu n’aurait jamais cru faire la queue devant la boutique de thé au lait Fudan.
« Petit-ami, discutons-en. » Debout à côté de He Zhao, sous les regards fréquents d’un groupe de filles, il ajouta : « Tu restes. Je rentre. »
He Zhao tenait le ticket de commande dans une main et le poignet de Xie Yu dans l’autre. Il le tira en arrière : « Tu as un peu de conscience ou pas ? Tu pars vraiment ? »
Xie Yu s’apprêtait réellement à partir, lorsqu’au même instant, les filles derrière eux poussèrent celle du milieu vers l’avant. Plutôt jolie, elle s’avança timidement de quelques pas.
« Salut… »
Le sourcil de Xie Yu tressaillit. Il resta immobile.
La jeune fille regarda droit vers He Zhao en parlant, mais, dès que leurs regards se croisèrent, elle détourna timidement les yeux. Ses intentions étaient évidentes.
Xie Yu pensa : Dieu merci, He Zhao vit à l’école et ne traîne pas dehors toute la journée…
Puis il entendit He Zhao dire : « Désolé, vous ne pouvez pas passer devant tout le monde. »
« …… »
Un silence pesant s’installa pendant plusieurs minutes, si profond qu’on aurait pu entendre une mouche voler.
Ce fut enfin leur tour. La jeune fille se tenait toujours devant eux, le dos raide, bloquant l’entrée.
L’employé appela à travers cette atmosphère tendue : « Numéro 18, un thé au lait Fudan ! »
He Zhao tendit son ticket avec nonchalance. « Ici. »
Si Shen Jie avait été présent, il aurait sans doute ressorti son histoire du « même pas un regard ». Embarras garanti.
He Zhao rapporta le thé au lait à l’école. Après avoir monté deux volées d’escaliers, il remarqua que son petit-ami traînait derrière ; il s’arrêta donc sur le palier pour l’attendre. « Qu’est-ce qui te trotte dans la tête ? »
Xie Yu répondit avec désinvolture : « Je me demande comment tu as fait pour avoir un petit-ami. »
Sur le chemin du retour, He Zhao y avait aussi réfléchi. Il se gratta la tête et dit : « Parfois, je suis assez… Shen Jie me l’a déjà dit plusieurs fois. »
Ne pas regarder, ne pas comprendre, ne pas saisir les sous-entendus… Au collège, une fille lui avait dit qu’elle voulait être son amie. Par timidité, elle n’avait pas osé dire « petite amie » et s’était contentée d’allusions ambiguës. He Zhao n’avait rien compris et avait répondu : « D’accord, à partir de maintenant, on est frères. »
La fille avait fondu en larmes sur-le-champ, et ce n’est qu’alors qu’il avait compris de quel genre d’« amitié » elle parlait.
Deux lumières éclairaient faiblement la cage d’escalier. He Zhao marqua une pause, puis dit : « Mais toi, ce n’est pas pareil, parce que je t’aime tellement que… peu importe à quel point tu es insensible… »
Peu importe à quel point il pouvait être insensible, il ne pourrait jamais l’ignorer.
He Zhao ne termina pas sa phrase ; même lui trouva cela trop mièvre, surtout dans un lieu public. Il s’interrompit, se redressa et se dirigea vers la salle de classe. « Allons-y. Wan Da nous attend… »
Il n’acheva pas, mais même un idiot aurait compris ce qu’il voulait dire.
À peine s’était-il retourné que Xie Yu dit derrière lui : « Zhao-ge, puis-je t’embrasser ? »
He Zhao faillit trébucher.
Après les cours, le bâtiment était presque désert. Durant toute leur conversation dans la cage d’escalier, ils n’avaient croisé personne. He Zhao entraîna Xie Yu dans les escaliers, tourna à gauche et poussa la porte de la première salle de classe.
Xie Yu n’eut qu’un bref aperçu de la pièce vide et inconnue avant que le monde ne bascule. Lorsqu’il reprit ses esprits, He Zhao l’avait déjà plaqué contre le mur.
La porte restait grande ouverte, et ils se retrouvèrent coincés dans le petit espace entre le mur et le battant.
« C’est excitant », murmura Xie Yu près de son oreille. « Ici, alors ? »
« … » He Zhao baissa la tête et répondit : « Ce n’est pas l’endroit idéal, mais je ne pouvais plus attendre. »
Traducteur: Darkia1030
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