FSC - Chapitre 78 – Chemises blanches à bouton
Wan Da racontait toujours à la classe les grandes contributions qu’il avait apporté, ému presque jusqu’aux larmes. Pour compiler cet programme, il avait failli mourir dans la classe 7, qui l’assaillit au moment même où il entra.
Lorsque He Zhao mentionna le vernis à ongles noir, Wan Da recula de deux pas. Il attrapa Liu Cunhao et dit : « Merde, mes frères, reculons. Vite. »
Liu Cunhao faillit également perdre pied. Il sauta en l’air, renversant sa chaise en même temps. « … Retraite, retraite ! Courez, tout le monde ! »
He Zhao remarqua que Xie Yu se figeait à côté de lui. La main de Xie Yu, qui avait joué avec la sienne jusqu’alors, chatouillant sa paume et attrapant ses doigts, s’immobilisa soudainement. Xie Yu se leva, le regarda et dit : « Veux-tu mourir ? »
Tout le monde connaissait l’histoire de Xie Yu et du vernis à ongles noir. C’était une figure de légende, quelqu’un de sombre et énigmatique.
Bien que Liu Cunhao et les autres n’en connussent pas les détails, Xie Yu s’était présenté le premier jour de la deuxième année en déclarant qu’il ne portait pas de vernis à ongles noir. Cela ne semblait certainement pas être un sujet heureux pour lui.
« Ces deux-là, vraiment… » Liu Cunhao et les autres s’étaient retirés du champ de bataille en toute sécurité et couraient maintenant autour de la salle de classe jusqu’au podium. Après avoir repris leur souffle, il dit : « Tout ce qu’ils font, c’est s’amuser. »
Puis Wan Da déclara : « Se chamailler est un bon mot pour cela. »
Exactement. Ils se chamaillaient.
Xie Yu était particulièrement irritable avant d’être complètement réveillé, mais de leur angle, tout ce qu’ils pouvaient voir était He Zhao plaquant Xie Yu contre le mur, les mains emprisonnant son poignet.
He Zhao le regarda. « Très bien, j’ai fini. Je plaisantais. »
Xie Yu ne prêta aucune attention à ses paroles et engagea immédiatement le combat.
Luo Wenqiang secoua la tête. « Que c’est embarrassant. »
Xu Qingqing renchérit : « Je ne peux même pas regarder. »
Wan Da ajouta : « C’est… très gay. »
He Zhao connaissait très bien le caractère de Xie Yu. Xie Yu semblait dur, mais s’il exprimait sa colère, il se calmait en moins de trois minutes. Alors He Zhao respecta exactement cela et se recula, mais Xu Jing provoqua de nouveau Xie Yu en disant : « En fait, je pense que c’est une bonne idée… »
Contrairement à la classe 7, qui avait choisi une chanson stable et terre-à-terre, la routine de danse de la classe 3 comportait une chanson plutôt sombre. En tenant compte de plusieurs éléments, Xu Jing conclut qu’un ton sombre conviendrait à leur chorégraphie.
Plus Xu Jing y pensait, plus elle était convaincue que cela fonctionnerait.
Luo Wenqiang vit qu’ils avaient cessé de se battre et quitta le podium. « Jing-jing, es-tu sérieuse ? Jing-jing ? »
Xie Yu redressa la chaise d’une main et lança un regard noir à Xu Jing. Ce regard fit frissonner la colonne vertébrale de Xu Jing.
Xu Jing n’abandonna pourtant pas. Le deuxième jour, elle apporta un flacon de vernis à ongles, mais n’osa pas le passer au dernier rang. Elle s’assit à côté de Xu Qingqing et demanda nerveusement : « Qu’en pensez-vous ? Que dois-je dire pour que Yu-ge me laisse vivre ? »
Xu Qingqing répondit en ramassant ses devoirs : « Je ne pense pas qu’il existe une façon de le dire et de survivre ensuite. »
Xu Jing soupira de déception.
He Zhao revint en classe. En passant devant la troisième rangée, il sortit deux serviettes de la pile posée sur le bureau de Xu Jing et s’essuya les mains. Il demanda : « Représentante artistique, qu’est-ce que c’est ? »
« Du vernis à ongles, » dit Xu Jing. « Noir. »
He Zhao le prit, ouvrit le flacon, y jeta un coup d’œil, s’arrêta, puis dit : « Puis-je l’emprunter un moment ? »
Xie Yu fit une sieste pendant l’auto-apprentissage du matin. Il s’affala sur la table et ferma les yeux, mais ne parvint pas à s’endormir. Le professeur d’anglais dirigeait la classe pour lire le vocabulaire à voix haute. Ils étaient tous très bruyants et ne lisaient pas à l’unisson. Ils avaient bien commencé, mais en arrivant à la page suivante, ils se désynchronisèrent, certains lisant plus vite que d’autres.
Xie Yu ferma les yeux et sentit He Zhao toucher légèrement sa main. Puis une odeur désagréable l’atteignit. Xie Yu ouvrit les yeux et vit He Zhao appliquer soigneusement quelque chose sur ses ongles. « …… »
He Zhao voulait simplement voir à quoi ressemblerait son petit ami ainsi, mais après avoir peint à peine trois doigts, il fut très surpris.
Les ongles de Xie Yu étaient très bien entretenus. Ses doigts étaient longs, les articulations marquées.
Le vernis noir rendait sa main très pâle, presque maladive.
« Essuie ça. » Xie Yu retint son sang-froid. « Je te donne trois secondes. »
He Zhao reprit enfin ses esprits et utilisa la liasse de mouchoirs avec laquelle il s’était essuyé les mains pour enlever le vernis des ongles de Xie Yu. Il en étala accidentellement un peu sur son doigt.
Le jour de l’anniversaire de l’école approchait de plus en plus.
En plus des répétitions constantes, le groupe se concentra également sur la recherche des bons costumes pour leur performance. Ils proposèrent de nombreuses tenues, et Xu Jing demanda même à vieux Tang de les aider à choisir. Mais le goût de vieux Tang appartenait clairement à une autre génération. « Que pensez-vous des costumes Zhongshan ? Ils incarnent l’esprit de la Constitution… »
(NT : Veste droite à col montant, avec généralement quatre poches frontales et cinq boutons, popularisée au début du XXᵉ siècle par Sun Yat-sen (Sun Zhongshan), d’où son nom).
Tout le monde répondit à l’unisson : « Non, non, non, ça ne va pas. »
« Ça ne convient pas. Vraiment pas. »
Xie Yu n’avait qu’une seule exigence pour le costume : qu’il ait l’air normal. Rien d’autre n’importait. Même porter l’uniforme scolaire aurait été acceptable.
Xu Jing réfléchit encore à plusieurs aspects, puis décida qu’ils porteraient tous des chemises blanches. Ce style allait avec tout, impossible de se tromper.
Ils passèrent la commande tard, et les chemises n’arrivèrent à l’école que deux jours avant la célébration.
« Elles viennent d’arriver. Personne n’est encore parti, n’est-ce pas ? » Peu après que la cloche de fin de cours eut sonné, Luo Wenqiang entra en portant une boîte en carton. « Allez, allez. Cherchez votre numéro et prenez la vôtre. Essayez-les à la maison et rapportez-les demain si ça ne va pas. »
Xie Yu retourna dans son dortoir et jeta la chemise sur le lit. Il prit une douche, puis observa la chemise un moment avant d’en retirer l’emballage plastique.
La chemise avait un design simple et était légèrement ample.
Quand He Zhao frappa à la porte, Xie Yu venait d’enlever sa veste et n’avait pas encore enfilé la chemise.
Un peu plus tôt, pendant l’auto-apprentissage du soir, He Zhao avait dit qu’il avait trouvé un sujet intéressant la veille et qu’il le lui montrerait plus tard. Xie Yu savait qu’il viendrait et n’avait pas verrouillé la porte.
La porte était entrouverte.
He Zhao frappa du bout des doigts, puis poussa la porte et fut immédiatement accueilli par le dos nu de son petit ami.
Xie Yu venait de se doucher et ne s’était pas encore séché les cheveux. Ils étaient encore humides.
Le regard de He Zhao descendit vers le jean taille basse de Xie Yu et le bas de son dos, puis remonta vers les lignes douces de ses omoplates.
Il ne regarda qu’un instant — pas même le temps de cligner des yeux — avant que Xie Yu n’enfile la chemise blanche boutonnée.
« Où est le papier d'entraînement ? » Xie Yu resserra les boutons de sa chemise, la tête baissée, les doigts s’emmêlant dans les boutons blancs comme du jade. Son col était grand ouvert, ses clavicules visibles sous le tissu. « Jusqu’où es-tu allé ? »
Les chemises blanches donnaient généralement à une personne un air calme et recueilli, mais He Zhao sentit que l’air ambiant se réchauffait. Il n’eut pas l’humeur de penser aux travaux pratiques.
« Je ne le ferai pas, déclara He Zhao. Je veux faire autre chose. »
Il étaient difficile pour deux personnes de tenir dans un lit simple, et lorsqu’elles bougèrent, le lit grinça. La pièce était silencieuse autour d’eux, donc le son fut amplifié. Cela semblait suggestif.
He Zhao défit un par un les boutons de la chemise que Xie Yu venait de mettre, de bas en haut. Ses mouvements étaient impatients. Utiliser une seule main pour défaire les boutons était ennuyeux, et si Xie Yu ne lui avait pas rappelé qu’il avait encore besoin de porter la chemise sur scène deux jours plus tard, He Zhao aurait pu arracher tous les boutons.
« Ne tire pas si fort. » Les cheveux de Xie Yu étaient à moitié secs, le col de sa chemise devint humide et même ses yeux semblaient s’embuer. « Si tu arraches les boutons, tu peux sortir. »
He Zhao utilisa moins de force. Le bout de ses doigts, rayonnant de chaleur, continua d’errer vers le haut. Avec son autre main, il défit la fermeture éclair du jean de Xie Yu. Le pantalon, bas suspendu à ses hanches, fut ouvert, puis He Zhao fourra sa main à l’intérieur.
Xie Yu avait été féroce juste avant, mais maintenant il fut sans voix. Ses doigts s’enroulèrent dans les cheveux de He Zhao, se courbant légèrement, et il fit un bruit d’assentiment. Un tout petit bruit s’échappant à peine de ses lèvres. Ce son fit naître des frissons dans le cœur de He Zhao. Ça chatouillait. Aucun d’eux ne put plus se contrôler.
La main de He Zhao se déplaça vers le dos de Xie Yu, puis continua à descendre, sur son coccyx et jusqu’au creux… Xie Yu sentit où il touchait et se figea, son esprit devenant vide.
« … Ge » l’appela Xie Yu contre ses lèvres,.
Mais ce son fit reprendre ses esprits à He Zhao. Son petit ami n’était pas encore majeur.
Pas encore majeur. Merde.
He Zhao tendit la main, se tenant au bord du lit, et se stabilisa.
Xie Yu prit une autre douche, mais ne se sentit toujours pas assez calme, alors il retira la chemise pour le spectacle et la rinça dans l’eau.
He Zhao n’était pas tellement mieux loti. Le temps qu’il ait fini de prendre sa douche, quelqu’un siffla en bas. Il s’épongea les cheveux et se dirigea vers son lit, sur le point de vérifier l’heure, lorsqu’il remarqua un texto que son petit ami avait envoyé dix minutes plus tôt :
Anniversaire, dans deux mois, 18 ans.
Le texte de Xie Yu était simple, et d’un coup d’œil, He Zhao ne put d’abord pas connecter les trois informations. Il le lut deux fois, et après en avoir saisi le sens, il sentit que la douche qu’il venait de prendre était inutile. Son corps brûla à nouveau. Il soupçonna même que Xie Yu le faisait exprès. L le provoquait exprès.
***
Le lendemain matin.
Xie Yu et He Zhao entrèrent dans la salle l’un après l’autre. En les voyant, Xu Jing oublia tout le vocabulaire anglais qu’elle avait mémorisé et leur demanda rapidement si leurs chemises pour la performance leur allaient. « Comment sont les chemises ? Vous n’avez pas répondu dans le chat de groupe quand j’ai demandé hier soir… »
Xu Jing l’avait demandé à plusieurs reprises dans le chat de groupe. Liu Cunhao dit que cela lui allait bien, Luo Wenqiang dit que la sienne était un peu petite, donc tout le monde discuta pour savoir si la porter quelques fois de plus la rendrait plus adéquate et lui demanda de manger un peu moins pendant quelques jours. Jusqu’à la fin, aucun des membres principaux du groupe ne se présenta. Même le fait de les mentionner plusieurs fois dans le chat n’aida pas.
« La chemise… » He Zhao toussa. « … ça va bien. »
Xie Yu n’avait pas fini ses devoirs de la veille, alors il ouvrit son cahier et commença à copier. C’était pour le mieux que la chemise allât. La célébration était bientôt, et il n’y avait pas de temps pour changer les chemises même si leur taille ne convenait pas.
Xu Jing poussa un soupir de soulagement et demanda : « Yu-ge, et toi ? »
Avant que Xie Yu ne pût répondre, He Zhao déclara : « La sienne va bien aussi. »
Xu Jing : « …… »
Quelque chose n’allait pas dans la façon dont He Zhao avait répondu. Xu Jing y réfléchit un moment et comprit. Elle dit prudemment : « Comment le sais-tu ? »
Le stylo de Xie Yu se figea à mi-chemin de la copie d’une réponse à choix multiples.
Traducteur: Darkia1030
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