FSC -Chapitre 79 -Tu as un petit-ami maintenant. Ne flirte pas autant.
Le jour de la célébration de l’anniversaire d’Erzhong, des banderoles furent accrochées dans toute l’école et des affiches recouvrirent chaque panneau d’affichage. Elles étaient rouges, d’une couleur festive, et portaient l’inscription : « Célébration du 67e anniversaire de la fondation du lycée n° 2 de Liyang. »
Des banderoles étaient suspendues au-dessus des portes de l’école et les élèves discutèrent de l’événement en traversant les grilles, sacs sur le dos.
Le conseil des élèves avait commencé à décorer la grande salle quelques jours plus tôt. Une fois le travail achevé, ils commencèrent à répéter le programme.
Tous les enseignants étaient habillés de manière formelle ce jour-là.
Vieux Tang n’était déjà plus tout jeune, et son sens de la mode paraissait encore plus ancien que lui. Il affectionnait particulièrement les chaussures en tissu à l’ancienne. Aujourd’hui, il portait un costume ; sa tenue restait acceptable, et il paraissait plus énergique et plus enjoué que d’habitude.
Mais il semblait toujours un peu mal à l’aise et tirait de temps à autre sur sa cravate en se tenant sur scène.
« Xu Jing dit dans le groupe que nous devrions aller nous entraîner après le déjeuner. » He Zhao piqua Xie Yu avec un stylo et demanda : « Tu te souviens encore des mouvements ? »
Xie Yu était allongé, la joue posée sur ses bras, regardant He Zhao. « Je m’en souviens. »
He Zhao leva la main et ébouriffa doucement les cheveux de Xie Yu. Ils étaient doux, et il n’avait pas envie de s’arrêter. « Pourquoi ai-je du mal à te croire ? »
Xie Yu ne montrait guère d’enthousiasme pour les répétitions ; la plupart du temps, il se contentait de suivre les mouvements, le visage impassible. Xu Jing s’inquiétait moins de Luo Wenqiang, qui dansait comme s’il accomplissait un rituel, que de Xie Yu, incapable de suivre correctement.
Xie Yu pensait simplement qu’une fois les mouvements appris, continuer à répéter devenait ennuyeux. « Que tu me croies ou non dépend de toi. »
Chien fou était particulièrement enthousiaste ce jour-là et lut l’histoire de l’école Erzhong lors de l’annonce du matin. Il résuma brièvement chaque événement marquant des plus de soixante années d’histoire de l’établissement, puis déclara : « L’histoire de notre école n’est pas faite principalement d’exploits héroïques, de ressources exceptionnelles ou de la puissance de notre corps enseignant… mais de vous, les élèves qui passez trois années à Erzhong, promotion après promotion. »
Chien fou continua de s’étendre longuement. Xie Yu commença à avoir mal à la tête en l’écoutant et ouvrit une bande dessinée en se couchant sur le côté.
Wan Da l’avait rapportée de chez lui. La série comptait dix volumes, un shōnen plein de fougue (NT :manga destiné aux adolescents, souvent axé sur l’action). Elle circulait avec ferveur dans la classe depuis quelques jours, tous les garçons enchaînant les volumes.
Avant-hier, Luo Wenqiang l’avait lue pendant le cours de mathématiques et vieux Wu la lui avait confisquée, lui infligeant en plus dix problèmes de maths en punition. La classe brûlait d’impatience de lire la suite et prévoyait de se faufiler dans le bureau des professeurs pendant une absence de vieux Wu pour récupérer la bande dessinée.
« Vieux Xie, es-tu un homme ou non ? » He Zhao voulut entraîner Xie Yu, mais comme celui-ci ne montrait guère d’intérêt, il tenta de le provoquer. « Tu as peur ? »
Xie Yu répondit : « Peur, mon cul. »
Ils firent les cent pas devant le bureau des professeurs avec Wan Da pendant un moment, mais virent vieux Wu ouvrir la bande dessinée. Il lut durant toute l’heure de cours, sans leur laisser la moindre chance d’agir. « … »
Xie Yu n’avait pas tourné deux pages qu’il entendit He Zhao dire à voix haute : « Professeur, aujourd’hui vous êtes… élégant. Fringant et beau. Vous avez l’air d’avoir dix ans de moins. Très beau.»
Tout en parlant, He Zhao se pencha en arrière sur sa chaise, en équilibre précaire sur deux pieds.
Liu Cunhao comprit ce qu’il faisait et enchaîna : « Vraiment, l’Aaron Kwok d’Erzhong. » (NT : chanteur et acteur hongkongais)
Puisque tous les compliments avaient déjà été faits, Luo Wenqiang se contenta de dire : « Un seul mot ! Stylé ! »
Toute la classe éclata de rire et applaudit en signe d’approbation.
Vieux Tang, embarrassé, se frotta le sommet du crâne. « Qu’est-ce que vous racontez tous ? » En terminant sa phrase, il laissa sa main reposer sur le côté du bureau et cessa de tirer sur sa cravate.
Xie Yu regarda He Zhao, toujours en train de se balancer sur sa chaise, totalement désinvolte.
L’hiver approchait et les élèves frileux avaient déjà commencé à porter des vêtements plus chauds. He Zhao, lui, restait légèrement vêtu, comme une véritable fournaise humaine. Il avait même retroussé ses manches, dévoilant ses poignets.
À un moment donné, Liu Cunhao avait dit que s’il ne devait pas être représentant de classe, He Zhao serait le choix le plus approprié. Et il l’était effectivement.
Il donnait l’impression de ne pas suivre les règles, mais en réalité, il dissimulait simplement ses véritables capacités.
L’événement anniversaire était prévu après les cours, durant la plage habituellement consacrée à l’auto-apprentissage du soir. Les élèves participant à la représentation devaient être présents dès l’après-midi. Après le déjeuner, Liu Cunhao sortit sa tenue de spectacle de sous son bureau. « On va sécher les cours pendant une demi-journée ! C’est génial ! »
« Arrête un peu. » Xu Jing et Xu Qingqing prirent leurs costumes et se tinrent par la main. « Changez-vous vite et retrouvons-nous dans la cage d’escalier. »
Ils ne pouvaient pas se changer en classe — il n’était pas convenable de montrer ses épaules en public — alors ils se dirigèrent tous vers les toilettes.
Il y avait six cabines dans les toilettes des garçons. Liu Cunhao et les autres en occupèrent une chacun, se précipitant comme s’ils se disputaient de la nourriture chaude. Finalement, seule la cabine la plus au fond resta libre.
Luo Wenqiang entra dans l’avant-dernière cabine et dit en verrouillant la porte : « Désolé, Zhao-ge, Yu-ge, vous allez devoir vous serrer. »
Xie Yu se tint dans l’embrasure de la porte, tenant sa tenue, et envisagea de pousser Luo Wenqiang dans la cuvette.
« Allons-y. » He Zhao, au contraire, semblait ravi ; il passa un bras autour des épaules de Xie Yu avec un sourire. « On se serre ? »
La cabine était bien trop étroite. Même sans bouger, ils se retrouvaient collés l’un à l’autre. Et il fallait encore se changer.
He Zhao se montra plus rapide et se débarrassa de ses vêtements en quelques gestes. Xie Yu venait à peine de déboutonner sa veste lorsque son bras effleura la taille de He Zhao. Elle était ferme.
Son corps était mince, masculin, bien dessiné — la jeunesse propre à un adolescent.
« Bouge. » Xie Yu marqua une pause avant d’ajouter : « Écarte-toi. »
Pendant qu’ils se changeaient, les autres bavardaient.
La conversation tourna autour de la bande dessinée passionnante, et Liu Cunhao lança d’une voix forte : « J’en suis au tome cinq. Qui a le six ? »
« Le six a disparu. »
« Il est chez vieux Wu. »
« Vous ne l’avez toujours pas récupéré ? »
« … Comment veux-tu qu’on le récupère ?! Dis-moi comment ! Vieux Wu le lit à chaque cours ! Et il ne l’a même pas fini ! »
En dehors des cabines, des élèves entraient et sortaient des toilettes.
Xie Yu enfila sa tenue puis remonta son pantalon. Lorsqu’il releva la tête, He Zhao s’appuyait contre la porte de la cabine et le regardait.
« Quoi ? »
He Zhao s’était déjà changé. La chemise blanche lui donnait un air insouciant et espiègle. Il n’avait pas fermé les trois premiers boutons du haut, laissant le col largement ouvert.
« Je te regarde, » déclara He Zhao. « Comment mon petit ami peut-il être aussi beau ? »
Xie Yu remonta lentement la fermeture éclair de son pantalon, fit deux pas en avant, leva la main et referma pour lui les boutons de sa chemise. Ses doigts s’attardèrent un instant, percevant à travers le tissu la chaleur du corps de He Zhao. Il dit : « Tu… tu as déjà un petit ami. Ne flirte pas autant. »
He Zhao ne bougea pas. Il le laissa refermer deux boutons, puis ne put s’empêcher de s’approcher.
« Zhao-ge, vous avez fini tous les deux ? »
Luo Wenqiang, bruyant comme à son habitude, frappa à la porte comme s’il voulait la défoncer. A ce contct violent, même les cabines voisines tremblèrent.
He Zhao : « …… »
Luo Wenqiang frappa encore un moment avant que la porte ne s’ouvre. Il avait prévu de faire un tour sur lui-même pour exhiber sa nouvelle tenue et demander s’il avait l’air beau, mais en voyant l’expression sombre de He Zhao, il ravala ses mots.
Pressés par le temps, ils se rassemblèrent rapidement dans la cage d’escalier après s’être changés. Xu Qingqing et les autres filles prirent un peu plus de temps, si bien qu’ils durent les attendre.
Lorsque les filles sortirent enfin, les garçons patientaient déjà depuis cinq minutes.
Luo Wenqiang, Wan Da et les autres se tenaient près de la porte, alignés, prenant des poses étudiées. Luo Wenqiang avait une main dans la poche, tandis que Liu Cunhao croisait les bras sur la poitrine, affichant une expression froide et distante.
Le regard de Xu Jing balaya ce groupe d’idiots avant de se poser sur les deux visages remarquables de la classe 3.
Eux, contrairement aux autres, ne faisaient pas de mise en scène. Ils étaient assis côte à côte dans l’escalier.
Les jambes de Xie Yu étaient repliées sous lui, son jean taille basse troué laissant apparaître ses longues jambes fines. À hauteur du genou, une large bande de peau pâle se dévoilait, presque éblouissante.
Xu Jing en resta fascinée quelques secondes.
He Zhao tenait son téléphone d’une main, l’autre bras passé autour du cou de Xie Yu. Il semblait essayer de prendre un selfie. Xie Yu, peu coopératif, fixait l’objectif d’un air vide.
He Zhao n’était pas doué pour la photographie et avait choisi un angle désastreux. Sans leur beauté naturelle pour compenser, la photo aurait été catastrophique.
Mais He Zhao restait confiant. « Alors ? Regarde ma composition. »
« Ta composition, mon cul », répondit Xie Yu en se levant. « Réveille-toi et reviens dans le monde réel. »
La grande salle de l’école n’était pas souvent utilisée. En dehors de ce type de célébration, elle ne servait qu’aux assemblées de rentrée.
La scène était faite d’un plancher en bois, avec des rideaux rouge sombre suspendus de chaque côté.
Depuis la scène, la salle donnait l’impression d’une mer infinie de sièges.
En chemin, Liu Cunhao et les autres avaient fanfaronné en disant qu’ils allaient surpasser les autres classes, mais au moment de monter sur scène, leurs jambes fléchirent brusquement.
Luo Wenqiang dit : « Comment se fait-il que je n’aie jamais remarqué que cette salle était si grande ? »
Liu Cunhao demanda : « On peut vraiment faire tenir autant de monde ici ? »
Wan Da demanda : « Quelqu’un a envie d’aller aux toilettes ? »
« Bande de trouillards », lança He Zhao, debout au centre, donnant un léger coup de pied à Luo Wenqiang. « Qu’est-ce que vous disiez en venant ici ? »
Le représentant du « Groupe des gars les plus cool de l’Univers », Luo Wenqiang, répondit : « Oui, nous sommes des lâches. »
Xie Yu participait peu aux entraînements, mais il ne commettait jamais d’erreurs. Sur scène, il ne craignait pas de rater un pas. Même sans projecteurs, il semblait dégager une lumière éclatante.
Il était différent de He Zhao, qui cherchait à divertir. Xie Yu, lui, ne cherchait pas à se produirer, mais ne pouvait empêcher les regards de se poser sur lui.
Impossible de détourner les yeux.
Xu Jing termina le dernier mouvement au rythme de la dernière note, et le poids qui pesait sur son cœur s’allégea enfin. Elle pensa : Nous y sommes.
À dix-huit heures, le public commença à affluer, et la salle vide se remplit peu à peu de bruit.
Les administrateurs de l’école prirent place au premier rang, devant une table où étaient posées des pancartes indiquant leurs noms et fonctions.
Les deux maîtres de cérémonie prononcèrent un long discours d’ouverture avant d’annoncer les performances. « Accueillons maintenant la classe 1 avec la récitation du poème “Mon école”. Applaudissons-les… »
Les participants étaient assis aux premiers rangs pour pouvoir accéder facilement à la scène.
Une récitation de poème n’avait rien de captivant. Xie Yu écouta un moment, puis se tourna et demanda : « C’est quand, notre tour ? »
« Tu n’as pas regardé le programme ? Après la classe 2. Huitième passage. »
« Je n’ai pas fait attention. »
Les deux filles sur scène terminèrent leur dernière ligne et saluèrent. Les lumières s’éteignirent, puis se rallumèrent quelques secondes plus tard ; elles avaient déjà quitté la scène, remplacées par les présentateurs élégamment vêtus.
« Merci à la classe 1 pour cette magnifique performance. En ce jour spécial, nous sommes certains que vous partagez notre enthousiasme… »
La classe 2 présenta un sketch comique. Les rires du public réveillèrent Xie Yu.
« C’est à nous », transmit Xu Jing le long du rang. « Préparez-vous. Ne soyez pas nerveux. »
Luo Wenqiang, nerveux au point de ne plus cligner des yeux, observait la scène. Il se tourna pour parler à quelqu’un derrière lui, puis aperçut Xie Yu, à sa droite, en train de se frotter les yeux, encore à moitié endormi.
« On y est… Yu-ge, tu es vraiment calme. »
La rumeur disait que les deux grands de la classe 3 monteraient sur scène ensemble. De nombreux fils de discussion étaient apparus sur le forum de l’école, tous affirmant : « Ça vaut le coup ! Bon sang, rien que pour ça, ça vaut la peine d’être en vie… »
Ils avaient imaginé cette scène d’innombrables fois.
Mais personne ne s’attendait à ce que la voir de ses propres yeux soit encore plus saisissante.
Traducteur: Darkia1030
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