HSAV - Extra 1.9 - Le mari du président tyrannique est sous surveillance.

 

Après avoir étudié un plan pour un projet avec le gouvernement dans son bureau, le président Xiao s’inquiétait pour sa femme, alors il l’appela pour s’enquérir de lui.

Le responsable du centre équestre n’avait jamais reçu d’appel du PDG lui-même et fut tellement effrayé qu’il ne parvint pas à parler clairement. Avec réticence, il expliqua tout :
« Ye-ye-ye, il travaille déjà. D’accord, d’accord, je comprends. »

Après avoir raccroché le téléphone, le responsable se hâta d’allumer le climatiseur dans le bureau et se prépara à inviter Yan HeQing à boire du thé. Mais lorsqu’il demanda autour d’elle, tout le monde lui répondit que Yan HeQing entraînait plusieurs nouveaux chevaux arrivés la veille. Lorsqu’il entendit cela, le cœur du responsable se serra. Parmi les chevaux nouvellement achetés, se trouvait un Akhal-Teke doré (1), dont il avait entendu dire qu’il était semi-apprivoisé et de nature violente. Yan HeQing ne possédait aucun document ni aucune preuve de capacité. Si quelque chose devait arriver, tout serait perdu. Le responsable ne pourrait jamais assumer la responsabilité si Yan HeQing avait un accident !

« Bon sang ! Qui lui a dit d’entraîner les chevaux ?! » jura le responsable, avant de se précipiter vers le terrain d’entraînement.

Lorsqu’il arriva sur place, il vit Yan HeQing, qui ne portait aucun équipement de protection, tirant les rênes du cheval Akhal-Teke. L’homme responsable fut si choqué qu’il crut mourir.

Yan HeQing ne semblait pas pressé. Debout sur le côté gauche du cheval, il détendit les rênes, tapota le ventre et le dos de l’animal pour l’apaiser, lissant sa belle crinière. Le cheval se montrait aussi docile qu’un chaton devant Yan HeQing, baissant la tête et se frottant contre lui. Lorsqu’il vit qu’il en était proche, Yan HeQing décida de se retourner et de monter à cheval. À peine cria-t-il à haute voix que le cheval se mit à galoper.

Le responsable regarda Yan HeQing, stupéfait. Quant aux jeunes femmes qui travaillaient autour du terrain, lorsqu’elles virent la posture belle et fringante de Yan HeQing, elles ne purent s’empêcher de le contempler avec admiration.

À ce moment-là, Xiao YuAn reçut soudain un appel au bureau. Lorsque les mots « Chen Ge » apparurent sur l’écran, Xiao YuAn ne put s’empêcher de lever les coins de sa bouche.

Xiao YuAn avait noté le numéro de Chen Ge dans son téléphone depuis longtemps, et avait donc posé quelques questions à son sujet. De manière inattendue, Chen Ge était un riche Gongzi (NT : jeune maître) de deuxième génération.

Chen Ge avait étudié la psychologie à l’université. Après son diplôme, il ne voulut pas travailler dans un hôpital. Sa famille était suffisamment aisée pour le laisser faire ce qu’il voulait, mais elle ne s’attendait pas à ce qu’il accomplît une chose aussi étonnante.

Il avait ouvert… un cabinet de conseil matrimonial !

Il travaillait trois jours et prenait quatre jours de repos. C’était un cabinet où les consultations étaient gratuites pour ses amis !

Les parents de Chen Ge étaient au courant et éprouvaient des sentiments mitigés, se demandant comment leur fils avait pu évoluer de cette manière. En même temps, ils estimaient que Chen Ge n’était pas comme ces Gongzi riches et décadents de deuxième génération, connus pour sortir avec plusieurs mannequins et dépenser des fortunes. Pour cette raison, la famille Chen le soutint pleinement.

De manière inattendue, Chen Ge gagna réellement en notoriété et ouvrit même une succursale dans cette ville. On pouvait le décrire ainsi : Un saule qui avait poussé involontairement (NT : faire quelque chose sans intention et obtenir un résultat positif par accident).

Xiao YuAn décrocha l’appel et entendit immédiatement la voix joyeuse de Chen Ge :
« Salut !! M. Xiao, as-tu été occupé ces derniers temps ? Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus. As-tu du temps ce soir pour qu’on se voie ? Je t’emmènerai rencontrer des amis. »

Xiao YuAn rit : « Quel genre d’amis ? »

« Des amis qui veulent se baigner sous ton auréole et te serrer la cuisse à travers moi. »
(NT : idiome internet : 抱大腿 « serrer la cuisse » = s’accrocher à quelqu’un de puissant pour obtenir des avantages)

« … Si simple ? »

« À quelle époque vis-tu ? Ce n’est pas comme s’ils étaient subtils. Tu veux les rencontrer ? Je ne te forcerai pas. Si tu ne veux pas venir, c’est bien aussi. Je ne peux juste pas résister. »

"D'accord, rencontrons-nous, ce sera juste pour traîner un peu."

"Alors, pouvons-nous aller à ta ferme équestre ? Cela fait si longtemps que je n'y suis pas allé, j'ai vraiment envie d'y retourner."

Xiao YuAn voulait quand même aller voir son époux. Naturellement, cela ne lui posa aucun problème, et il accepta de s’y rencontrer : "Oui, mais j'ai encore une réunion, alors emmène tes amis là-bas en premier."

"Effectivement, tu es aussi occupé que d'habitude. D'accord, à plus tard."

Xiao YuAn raccrocha le téléphone et appela son assistant. Finalement, le jeune assistant habituel ne vint pas, mais un nouveau visage apparut : un jeune homme aux sourcils bien dessinés, apparemment fraîchement diplômé, mais avec un CV indiquant trois ans d’expérience.

Xiao YuAn, facile à vivre, sourit et demanda au jeune homme son nom. Celui-ci répondit timidement : "Lu Renjia."

Xiao YuAn hocha la tête : "Xiao-Lu, euh… je dois aller avec Hong Xiu discuter du projet avec un membre du gouvernement. As-tu préparé les informations du client ?"

"C'est prêt !" répondit Lu Renjia en apportant rapidement les documents.

Xiao YuAn les prit, et le pouce de Lu Renjia effleura "accidentellement" le dos de sa main. Xiao YuAn ne réagit pas, ce qui surprit Lu Renjia, mais il s’inclina rapidement pour s’excuser.

Xiao YuAn agita la main et consulta les informations du client. La coopération avec le gouvernement nécessitait une grande prudence, et cette fois-ci ne faisait pas exception. Pourtant, dès qu’il lut le fichier, il fut stupéfait : la personne concernée était Qin Yu ! Xiao YuAn ne s’attendait pas à ce qu’il travaille pour le gouvernement.

Souriant avec un air de regret, Xiao YuAn leva les yeux et vit que le nouvel assistant n’était pas parti, se tenant à l’écart avec retenue. "Je n’ai rien d’autre pour toi. Tu peux appeler Hong Xiu et aller travailler par toi-même."

Lu Renjia hocha la tête et s’éloigna.

Xiao YuAn conduisit Hong Xiu sur le lieu de discussion du projet. Qin Yu portait des lunettes à monture dorée, paraissant très civilisé. Les deux parties étaient compétentes, le projet était rentable et inoffensif, et tout se régla rapidement.

Xiao YuAn demanda ensuite au chauffeur de ramener Hong Xiu à la maison avant de se rendre à la ferme équestre.

À ce moment-là, quelque chose se passait à la ferme équestre.

L’ami de Chen Ge, un jeune homme à la peau délicate, désigna Yan HeQing du doigt et dit : "Toi, oui toi. Apprends-moi à monter à cheval."

Ce n’était pas un grand groupe, mais les jeunes hommes s’amusaient beaucoup. Ils sifflèrent, tandis que Chen Ge fronçait les sourcils.

L’orientation sexuelle de ce jeune homme était connue, et c’était un bottom. Il était évident qu’il s’intéressait à Yan HeQing. L’arrivée de Yan HeQing attira l’attention des autres amis de Chen Ge, mais ils restèrent plus réservés.

Ce jeune homme n’était pas seulement un riche héritier, mais aussi le fils d’un fonctionnaire. Habitué à obtenir ce qu’il voulait depuis l’enfance, il était plein de confiance : "Quel est votre salaire ? Je peux vous payer trois fois plus."

À sa grande surprise, Yan HeQing ne le regarda même pas. Il se retourna simplement avec son cheval, prêt à partir.

Furieux, le jeune homme l’arrêta : "Vous n’avez pas honte ? Où est le responsable ?"

Avant qu’on ne puisse intervenir, Chen Ge prit la parole : "C’est le territoire de M. Xiao, ne fais pas de scène. Si quelque chose arrive, personne ne sortira avec la face sauve."

Le jeune Gongzi déclara : « M. Xiao a bon caractère, nous le savons tous. Il ne dira rien pour un peu de discipline. »

Chen Ge souligna : « Je vous ai amenés ici pour le plaisir de tous et pour rencontrer M. Xiao, non pour créer des ennuis. »

Le jeune Gongzi insista : « Je ne crée pas de problèmes, et il n’est qu’un membre du personnel de la ferme équestre. Dis-moi ce qui ne va pas ? N’est-ce pas son travail ? Ne penses-tu pas que non seulement il n’enseigne pas comme il le devrait, mais qu’en plus il ne donne pas de visage aux clients (NT : ne leur sauve pas la face) ? Pourquoi ? »

Chen Ge estimait également que Yan HeQing était un peu trop indifférent, mais il ne put penser à aucune réfutation sur le moment. À cet instant, le responsable se précipita : «Bonjour messieurs, quelque chose ne va pas ? Qu’est-il arrivé ? »

Le jeune Gongzi désigna du doigt Yan HeQing et dit : « Cet homme est-il votre instructeur ?»

Yan HeQing ne leva même pas la tête, comme s’il n’était pas celui qui avait des ennuis. Il caressait la crinière du cheval à côté de lui, indifférent à ce qui l’entourait.

Le responsable sentit son cœur battre fortement, incapable de comprendre comment Yan HeQing pouvait causer des problèmes dès son premier jour de travail. Heureusement, il était responsable après tout, et il avait l’habitude de traiter avec les riches Gongzi comme celui-ci. En baissant la tête, il dit : « Monsieur, ce n’est pas un instructeur. Ce n’est qu’un membre du personnel de la ferme équestre. Il n’est pas qualifié pour vous apprendre à monter à cheval. Je suis désolé, je vais appeler nos instructeurs tout de suite, et vous pourrez choisir celui que vous préférez ! Qu’en pensez-vous ? »

Le jeune Gongzi sourit : « Il ne sait pas monter à cheval ? Très bien, je peux lui apprendre. »

Il y eut une autre salve d’applaudissements et de sifflements tout autour. Le responsable demeura abasourdi : « Mais… cela… »

Le jeune Gongzi poursuivit : « Je ne demande pas grand-chose, laissez-le simplement me tenir compagnie. Il n’a pas besoin de m’apprendre à monter à cheval, bavarder suffit, d’accord ? Comme parler à un ami. »

Le responsable dut aller parler à Yan HeQing : « Tenez-lui simplement compagnie, ainsi l’entreprise ne perdra pas la face. En plus, ce Gongzi est… »

Yan HeQing l’interrompit et répliqua froidement : « Non. »

Le responsable voulait se suicider.

Yan HeQing ne se tenait pas très loin, donc sa réponse fut parfaitement entendue par le jeune Gongzi. Celui-ci fut si furieux qu’il éclata de rire malgré lui : « D’accord, vous ne voulez pas m’accompagner. Mais vous devez me donner une raison. »

« Vous voulez une raison ? Dois-je vous la donner ? »

Soudain, une voix riante se fit entendre au loin, et le groupe de personnes se figea d’un seul mouvement. Lorsqu’ils tournèrent la tête, ils virent Xiao YuAn arriver de loin.

Le regard de Yan HeQing se fixa sur Xiao YuAn, refusant de se détourner.

Xiao YuAn marcha tranquillement jusqu’aux côtés de Yan HeQing, sourit au groupe de Gongzis et répéta : « Vous voulez une raison ? »

Juste après avoir dit cela, Xiao YuAn passa un bras autour du cou de Yan HeQing devant tout le monde et l’embrassa longuement.

Le groupe de personnes ouvrit grand la bouche. En les regardant s’embrasser, ils se sentirent essoufflés. Quant au jeune Gongzi, son visage devint vert.

À la fin du baiser, Xiao YuAn relâcha Yan HeQing et regarda la foule avec un sourire : « Cette raison est-elle suffisante ? »

Personne n’osa lui répondre. Tous demeurèrent silencieux et stupéfaits. Environ une minute plus tard, Chen Ge cria : « M. Xiao ! Vous n’êtes jamais sortis ensemble, et tu n’as pas d’amants ! »

Xiao YuAn lui jeta un coup d’œil et ricana : « Quel amant ? C’est mon mari ! »

Le responsable toussa, les yeux révulsés, manquant presque de s’étouffer.

Le visage du jeune Gongzi n’était plus vert, il était désormais aussi blanc que du papier. Chen Ge fut incapable d’émettre un son pendant un long moment, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de l’eau.

 

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Note du traducteur

  1. Akhal-Teke doré

Race de chevaux de selle originaire d'Asie centrale. Traditionnellement élevé par la tribu des Tékés, il doit son nom à la vallée de l'Ahal. Son berceau se situe dans le Sud du Turkménistan et le Nord de l'Iran actuels.

(source : Wikipedia)

 

Traducteur: Darkia1030