HSAV - Extra 2.2 - Équitation YanXiao (2)

 

Voyant que la flèche pointue lancée par le Général était sur le point de percer l’estomac de la biche, Yan HeQing tira rapidement une autre flèche afin de dévier la précédente, permettant ainsi à l’animal de s’échapper. Yan HeQing regarda alors le général avec des yeux glacés.

Le général réalisa soudain quelque chose et se hâta d’incliner la tête devant Yan HeQing, reconnaissant sa propre faute.

Xiao YuAn, qui avait été témoin de toute la scène, demanda à Chen Ge : « Que s’est-il passé ?»
Chen Ge répondit : « La biche attend un petit. Regarde son ventre, il est très gros. Sa Majesté a depuis longtemps stipulé que nous ne devions pas chasser les petits, les femelles gestantes ou celles qui ont déjà des petits. Nous sommes très stricts lorsque nous chassons.»

Xiao YuAn hocha la tête, soudainement éclairé par la compréhension.

Yan HeQing ne critiqua pas excessivement le général. Après avoir détourné le regard, il excita sa monture et partit. Le groupe de généraux harangua également ses propres chevaux afin de chercher une autre proie.

Chen Ge brûlait d’impatience, mais alors qu’il s’apprêtait à rattraper les autres, il vit Xiao YuAn retenir les rênes et les suivre lentement par-derrière. Chen Ge ne put s’empêcher de se demander pourquoi cet homme, qui aimait d’ordinaire provoquer des ennuis, était devenu soudainement si silencieux. Était-il seulement possible que le soleil se lève à l’ouest ? Pour cette raison, il demanda : « Tu n’y vas pas ? »

Xiao YuAn caressa la crinière du cheval sous lui et rit doucement : « Non, je n’y vais pas. Je ne veux plus que Yan-ge s’inquiète pour moi. C’est une opportunité rare, alors je veux le laisser chasser sans distractions. »

Chen Ge réagit : « Sss… »
Xiao YuAn ajouta : « Encore un mal de dents ? Yan-ge et moi sommes ensemble depuis si longtemps. Tu ne peux pas te dépêcher et t’y habituer enfin ? »

La chasse d’une demi-journée prit rapidement fin. L’un après l’autre, les généraux revinrent triomphalement avec leurs proies. Le terrain de chasse se remplit d’une atmosphère festive.

Xiao YuAn pensa que Yan HeQing devrait lui aussi revenir sous peu ; il monta donc à cheval et se plaça devant la foule pour l’attendre.

Soudain, un homme à cheval accourut en criant : « Sa Majesté a chassé un énorme tigre blanc !!! »

La foule s’agita et éclata en applaudissements, mais avant même que les louanges ne puissent s’élever, un autre homme cria soudainement, paniqué : « Sa Majesté est blessée ! Venez vite aider ! »

Yan HeQing avait affronté seul le tigre. Lorsqu’il avait épuisé toute sa fougue juvénile et son intrépidité, comment aurait-il pu en sortir indemne ? Bien que le tigre fût tombé sous sa flèche et son épée, le bras droit et l’abdomen de Yan HeQing avaient été profondément lacérés par les griffes acérées de la bête.

Le groupe de généraux se montra impuissant, agité et plein d’appréhension. Ils discutèrent les uns après les autres, n’ayant jamais imaginé que leur empereur serait aussi imprudent, tout en s’accordant à dire que cela devait venir du fait qu’il n’avait pas chassé depuis longtemps.

À ce moment-là, au palais Taiyi, après que les médecins impériaux eurent pansé les blessures de Yan HeQing à l’aide d’onguents, ils purent enfin pousser un long soupir : «Heureusement, les organes internes n’ont pas été touchés. Autrement, nous aurions dû arracher Sa Majesté des mains du seigneur Yama. »

Yan HeQing était torse nu, ses longs cheveux noirs épars sur ses épaules. Ses blessures étaient désormais enveloppées de bandages blancs, déjà tachés de sang. Son visage et ses lèvres, devenus effroyablement pâles à cause de la perte de sang, le faisaient paraître fragile lorsqu’il déclara : « Ne laissez pas l’impératrice l’apprendre. Dites-lui que je vais bien et que je ne suis pas gravement blessé.»

À cet instant, Xiao YuAn sortit de derrière un médecin impérial et dit d’une voix froide : « Je sais déjà…»

Lorsque les médecins impériaux, les gardes du corps et les femmes de chambre virent que l’impératrice, d’ordinaire si douce et toujours souriante, était d’une pâleur extrême, ils choisirent tous de quitter la pièce.

Il ne resta alors plus que Xiao YuAn et Yan HeQing. Les deux se regardèrent sans savoir quoi dire pendant un long moment. Yan HeQing avait toujours été celui qui reprochait à Xiao YuAn de ne pas prendre soin de son corps ni de sa vie ; pourtant, cette fois, c’était lui qui avait agi avec impulsivité. Voir leurs rôles ainsi inversés les rendit tous deux muets.

Yan HeQing savait que, cette fois, la faute lui incombait entièrement ; il fut donc le premier à parler : « Je vais bien. »

Même si ces mots paraissaient extrêmement légers en apparence, ils s’apparentaient en réalité aux griffes d’un tigre s’enfonçant profondément dans la chair.

Xiao YuAn serra le poing, puis le desserra ; il le serra de nouveau avant de le relâcher encore une fois. Finalement, il serra les dents, tourna la tête et s’éloigna.

Voyant cela, Yan HeQing se hâta de le poursuivre. Cependant, dès qu’il quitta la pièce intérieure, il fut repoussé par les médecins impériaux qui attendaient à l’extérieur pour recevoir des ordres.

Cette nuit-là, pour la première fois, Xiao YuAn ne retourna pas dans la chambre qu’ils partageaient tous les deux. À la place, il se rendit dans les appartements destinés aux envoyés des autres pays et demanda à Tian Xiang de lui préparer une chambre.

Ce fut réellement la première fois que Yan HeQing, à qui les médecins impériaux avaient ordonné de rester alité afin de récupérer, se soucia si peu de leurs recommandations. Il se leva donc et alla chercher Xiao YuAn. De manière inattendue, avant même qu’il ne puisse quitter la chambre à coucher, Tian Xiang lui annonça que Xiao YuAn ne souhaitait pas que Yan HeQing vînt le voir alors qu’il était blessé. Puisque Yan HeQing ne pouvait pas rencontrer Xiao YuAn, il dut se résoudre à rester au lit et à soigner ses blessures.

Lorsque Tian Xiang revint après avoir transmis le message de Xiao YuAn, elle fut aussitôt entraînée dans la chambre par ce dernier. Xiao YuAn demanda alors avec empressement : «Comment vont les blessures de Yan-ge ? Qu’a dit le médecin impérial ? Est-ce que Yan-ge a l’air de souffrir ? »

Tian Xiang se sentit profondément démunie et s’interrogea sans détour : « Si vous êtes si inquiet pour Sa Majesté, pourquoi êtes-vous alors si en colère contre lui ? »

Xiao YuAn se laissa retomber sur le lit. Le visage enfoui dans la couette, il déclara d’une voix étouffée : « Je ne suis pas en colère contre Yan-ge ! Je suis en colère contre moi-même !!! »

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

 

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