HSAV - Extra 4 - Quelques extras pour rire et pleurer.



1.

Après que Yan HeQing eut conquis le Royaume du Nord et qu’il eut brisé l’épingle à cheveux que Xiao YuAn lui avait rendue comme dernier cadeau d’adieu, Yan HeQing sentit soudain que vivre n’avait plus aucun sens.

La grande revanche de son pays était enfin accomplie, mais en échange, il devait payer le prix de sa propre erreur. Comme l’eau qui coule vers l’est sans jamais revenir (NT : idiome exprimant l’irréversibilité du temps et des événements), tout ce qui était perdu ne pouvait plus être récupéré.

Cependant, lorsqu’un homme souhaitait mourir, il devait mourir sur le champ de bataille, enterré dans la peau d’un cheval (NT : idiome signifiant mourir au combat avec honneur).

À partir de ce jour, chaque fois que Yan HeQing partit en guerre, il se ruait vers la ligne de front.

Mais le plus étrange était qu’il se révélait incapable de mourir.

Lorsqu’il se précipitait dans un siège, il le traversait toujours en un clin d’œil.
Lorsqu’il se jetait dans un piège, le plan de l’ennemi échouait soudainement.
Même lorsqu’il était emprisonné alors qu’il se trouvait dans un état critique, il surgissait toujours un moyen inexplicable de se tirer d’affaire.

La veille encore… l’ennemi n’était même pas apparu sur le champ de bataille.

Tels étaient les plus grands doutes de Yan HeQing après chacun de ses retours triomphaux. À chaque fois.

 

2.

Dans l’histoire originale, la veille de la mort de Yang LiuAn, celui-ci promit à Xiao Fengyue de l’emmener hors du palais impérial. Ensuite, tous deux pourraient trouver un lieu paradisiaque où vivre ensemble pour le reste de leurs jours.

Cependant, après que Xiao Fengyue apprit que Yang LiuAn avait été tué en protégeant l’Empereur, il passa un long moment à jouer du guqin sous le saule de la cour. Chaque fois qu’il accrochait et pinçait les cordes, celles-ci s’enfonçaient dans sa peau et sa chair. Le sang avait déjà séché, tachant les cordes et gouttant sur la surface du guqin.

Soudain, le guqin poussa un cri strident, puis tout devint silencieux, tandis que les cordes se rompaient les unes après les autres.

Au moment où la dernière corde se brisa, la chair du bout des doigts de Xiao Fengyue fut arrachée, exposant ses os maculés de sang.

La douleur provenant de ses dix doigts était presque insupportable. Pourtant, à cet instant, le cœur de Xiao Fengyue était déjà mort.

Le lendemain, Xiao Fengyue se pendit avec détermination et intrépidité. Il mourut ainsi.

L’histoire originale ne comptait pas de président tyrannique connaissant la réanimation cardio-pulmonaire, si bien que Xiao Fengyue ne put être sauvé.

 

3.

[Supplément de l’ère moderne. Après que leurs noms eurent été murmurés d’innombrables fois et que l’amour eut été consommé à maintes reprises, Yan-ge et Xiao YuAn retournèrent aux temps anciens. Cependant, le Yan HeQing et le président Xiao modernes se réveillèrent.]

Un jour, le président Xiao moderne s’éveilla de son sommeil.

Il constata que le lit king size, symbole de son identité, avait disparu.

Il découvrit également qu’un homme était allongé à côté de lui.

Un homme nu, dont les bras étaient enroulés autour de son corps.

Le lit était en désordre, et son propre corps portait encore les traces laissées par la nuit précédente. D’un seul regard, le président Xiao comprit ce qui s’était produit.

Sa première réaction fut : « Merde, me serais-je attiré des ennuis en étant ivre ?! »

À ce moment-là, Yan HeQing moderne s’éveilla lui aussi. Inutile de préciser qu’il demeura tout autant abasourdi.

L’entreprise de son père avait fait faillite peu de temps auparavant. Heureusement, le groupe Xiao se montra disposé à aider à l’acquisition et à la restructuration de la dette. Pour cette raison, Yan HeQing moderne ne s’enfuit pas à l’étranger avec sa famille. D’une part, il ne souhaitait pas rejeter la responsabilité sur autrui ; d’autre part, il désirait également exprimer sa gratitude envers le président Xiao.

Mais… à présent, quatre yeux se fixaient avec une certaine gêne.

Pendant un long moment, aucun des deux ne parvint à retrouver dans son esprit les souvenirs des dix derniers jours.

Après un moment, le président Xiao tendit la main et tapota l’épaule de Yan HeQing moderne, déclarant calmement : « Ne vous inquiétez pas. J’assumerai mes responsabilités. »

Yan HeQing demeura silencieux : « … »

Lorsque le président Xiao se leva du lit, il poussa un cri de douleur misérable.

Je ne comprends pas…
Pourquoi ma taille me fait-elle si mal ?
Qu’ai-je donc fait hier ?

Par la suite, à travers une succession d’événements, le luxueux et tyrannique président se transforma peu à peu en un homme profondément affectueux et attentionné.

Un jour, le président Xiao comprit soudain pourquoi…
Ce jour-là, sa taille lui avait fait si mal.

 

4.

Un long moment s’écoula avant que Xiao YuAn n’apprît que l’eunuque Zhao s’était jeté de la falaise où se trouvait le Temple du Ciel, mettant fin à ses jours.

De temps à autre, Xiao YuAn rêvait de Hong Xiu et de Li Wuding.
Mais il ne rêva jamais de l’eunuque Zhao. Pas même une seule fois.

Plus tard, lorsqu’il y repensa, il comprit qu’il devait forcément y avoir une raison.

Après tout…
Hong Xiu mourut pour Xiao YuAn.
Li Wuding mourut lui aussi pour Xiao YuAn.

Seul l’eunuque Zhao…
Mourut pour Zhou Yu, l’Empereur du Royaume du Nord.

 

5.

Si vous demandiez à Hong Xiu : « De quoi as-tu peur ? »
elle vous répondrait…

Qu’elle ne croyait pas en Dieu, qu’elle ne craignait ni les fantômes, ni la vie, ni la mort, et qu’elle n’avait absolument rien à redouter.

Hong Xiu sacrifia les plus belles années de sa jeunesse pour le bien de ses frères et sœurs cadets, entrant résolument dans les murs vermillon et glacés du palais à l’âge de dix-huit ans. Les épreuves la façonnèrent en une femme intrépide, qui ne craignait rien.

Cependant, lorsque la fin du printemps revint une fois de plus entre les murs du palais, et après de nombreuses années de vie pressée et éprouvante, Hong Xiu développa peu à peu quelque chose à craindre.

Elle eut peur de tomber malade.

Dans les murs froids et profonds du palais, elle endura de légères maladies tout en continuant à travailler. Même lorsqu’elle tombait gravement malade, elle ne s’accordait que deux jours de repos. La quasi-totalité de son salaire était envoyée à son frère et à sa sœur, si bien qu’elle n’avait même pas assez d’argent pour acheter des médicaments. Supporter la souffrance devint alors son seul moyen de guérir.

Aux yeux de tous, Hong Xiu passait pour une femme froide et impitoyable, au cœur aussi venimeux que celui d’un serpent.

Mais les êtres humains n’étaient pas faits de fer, et ils finissaient toujours par tomber malades, d’une manière ou d’une autre.

Durant cet hiver glacial, si froid qu’il pouvait tuer quiconque sortait, Hong Xiu attrapa accidentellement un rhume.

Le mal de tête dont elle souffrait lui donnait des vertiges, tandis que sa gorge la brûlait et que sa bouche était sèche.

Pourtant, les affaires triviales du palais survenaient les unes après les autres, et Hong Xiu ne pouvait pas se permettre de se reposer.

Elle avala des herbes médicinales, but quelques gorgées d’eau chaude et se força à accomplir ses tâches au palais. Le soir venu, elle se hâta vers la chambre impériale, attendant que l’Empereur se lavât et se préparât à se coucher.

La douleur et l’inconfort causés par le vent glacial la poussèrent à serrer fortement les poings afin de ne pas perdre connaissance.

Supporte encore un peu, se dit Hong Xiu, l’esprit embrumé.

Patiente un peu plus longtemps. Une fois que l’Empereur sera endormi, tu pourras rentrer et te reposer.

Soudain, une démangeaison lui chatouilla la gorge. Incapable de se contrôler, elle porta la main à sa bouche et toussa.

« Hong Xiu, es-tu malade ? »

L’Empereur se tenait devant elle et posa cette question brusquement. Bien que sa voix fût douce, pour Hong Xiu, elle résonna comme un tonnerre éclatant à ses oreilles.

Un frisson parcourut aussitôt tout son corps.

Comment ai-je pu oublier ?! J’ai attrapé un rhume, cela pourrait être contagieux !

Hong Xiu s’agenouilla immédiatement et se prosterna à plusieurs reprises. D’une voix tremblante, elle déclara : « Cette servante mérite la mort ! Cette servante ne souhaitait pas tomber malade et s’approcher de Sa Majesté ! Mais elle a été négligente. Je supplie Sa Majesté de me punir. »

Xiao YuAn fut effrayé par la soudaine prosternation de Hong Xiu et mit un moment à comprendre ses paroles. Lorsqu’il réalisa enfin, il la releva aussitôt : « De quelle punition parles-tu ? Ne t’agenouille pas ! Pourquoi t’agenouilles-tu alors que tu es malade ?! Allez, lève-toi vite. »

Au moment où Xiao YuAn saisit le bras de Hong Xiu, il découvrit qu’elle brûlait de fièvre. Sous le choc, il s’exclama : « Seigneur ! Tu es brûlante ! Allonge-toi vite, tout de suite ! Je vais appeler le médecin impérial. »

Hong Xiu fut déconcertée par les gestes et les paroles soudaines de Xiao YuAn. Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle réalisa qu’il l’avait déjà fait s’allonger sur son lit. Affolée, elle protesta: « Non, Votre Majesté, cela va à l’encontre des règles ! »

Une fois qu’il l’eut installée, Xiao YuAn la recouvrit de la couette et répondit : « À l’encontre des règles ? Quelles règles ? Je suis les règles ! Oh, attends, je suis plutôt doué pour ça ! »

Xiao YuAn sourit sans gêne, puis mouilla un mouchoir dans le bassin d’eau posé sur le support en bois avant de le déposer délicatement sur le front de Hong Xiu.

Hong Xiu resta sans voix, comme plongée dans un rêve.

Ensuite, Xiao YuAn appela les gardes impériaux qui montaient la garde devant sa chambre et leur ordonna d’aller chercher le médecin impérial. Lorsqu’il revint au chevet, il constata que Hong Xiu le fixait encore, raide et immobile. Comme si elle réfléchissait trop aux raisons pour lesquelles l’Empereur faisait tout cela pour elle, elle n’osa ni fermer les yeux ni s’endormir.

Xiao YuAn pensa simplement qu’elle se sentait mal à cause de la maladie. Il s’assit à côté du lit et murmura : « Pourquoi as-tu l’air si abattue ? Est-ce que ta tête te fait mal ? Hé, je ne sais pas si les méthodes du président tyrannique te seront utiles, alors pourquoi ne pas te faire quelques grimaces ? »

À peine eut-il terminé qu’il tendit la main, se pinça le visage et fit une grimace exagérée.

Hong Xiu laissa échapper un rire : « Pff. »

Accompagner un monarque, c’était comme accompagner un tigre. Les personnes au service du monarque ne devaient jamais exprimer leurs véritables émotions devant lui.

Sauf lorsqu’elles n’y parvenaient plus.

Cette fois-là, Hong Xiu ne put se retenir.

Lorsque Xiao YuAn la vit sourire, il lui rendit un sourire apaisant, puis murmura doucement: « Ne t’inquiète pas, dors maintenant. Tu te sentiras mieux après t’être reposée un moment. »

Habituellement, Hong Xiu respectait strictement les règles et l’étiquette, insistant toujours pour se retirer.

Mais cette nuit-là, elle était trop fatiguée.

Si fatiguée qu’elle n’eut même plus la force d’ouvrir les yeux.

La fièvre la rendit somnolente, et dès qu’elle ferma les yeux, elle tomba dans un rêve.

Dans ce rêve, un vent chaud soufflait, tandis qu’un soleil brûlant illuminait une terre sans limites. Des paroles que personne ne lui avait jamais dites résonnaient de toutes parts.

« Ne t’inquiète pas. »

Lorsque le médecin impérial arriva, il examina son pouls et lui prescrivit des remèdes. Il affirma solennellement qu’après un bol de médicament, Hong Xiu irait beaucoup mieux. Xiao YuAn appela alors une autre servante du palais et lui demanda de prendre soin de Hong Xiu.

Après avoir tout arrangé, Xiao YuAn quitta sa chambre. Lorsque les gardes impériaux le virent sortir, ils furent perplexes : « Votre Majesté, où allez-vous ? »

Xiao YuAn agita la main et répondit : « Je vais trouver un lit. Il n’est pas nécessaire de me suivre. »

Dans la seconde pièce du côté ouest de la chambre impériale, le garde impérial Yan HeQing se préparait à se coucher. Soudain, il entendit frapper à la porte, ce qui lui fit légèrement froncer les sourcils.

Il est si tard. Qui cela peut-il bien être ?

Alors qu’il réfléchissait avec méfiance, la personne de l’autre côté de la porte s’éclaircit la gorge et chanta : « Petit lapin, ouvre la porte~ »

Yan HeQing resta silencieux : « … »

Juste au moment où Xiao YuAn s’apprêtait à recommencer, la porte s’ouvrit brusquement. Profitant de la clarté fraîche du clair de lune, Xiao YuAn observa l’homme devant lui. Un sourire aux lèvres, il déclara : « Laisse-moi dormir ici encore une fois. »

Yan HeQing se pencha légèrement pour le laisser entrer et demanda : « Que s’est-il passé cette fois-ci ? »

Xiao YuAn expliqua brièvement la maladie de Hong Xiu.

Yan HeQing demeura silencieux un long moment avant de dire : « Tu es bien trop doux avec les autres. »

Xiao YuAn répondit calmement : « Hong Xiu est une bonne personne. Elle est attentive et mérite d’être traitée avec gentillesse. »

Après ces mots, un silence total s’installa.

Alors que Xiao YuAn bâillait et se préparait à s’allonger, il entendit soudain Yan HeQing demander : « Tu l’aimes ? »

Xiao YuAn resta figé : « … »

Hé, hé, hé ! Je comprends que tu sois le protagoniste masculin d’un roman de harem !
Mais est-ce que je ne peux même pas avoir une relation normale avec une seule fille dans cette histoire ?
Penses-tu vraiment que chaque femme t’appartient ?
Hong Xiu ne fait pas partie de ton harem !
Et il n’est pas impossible qu’elle ne t’aime même pas !

Xiao YuAn posa la main sur sa taille et, bien qu’il fût rarement dur avec Yan HeQing, il déclara sérieusement : « Hé, hé, de quoi parles-tu ? Ne sais-tu pas que tout ne se résume pas à aimer ou ne pas aimer ? L’amour n’est pas la seule chose au monde. Il existe trop de sentiments dans nos cœurs. L’amour ne peut pas tout expliquer. »

Oui, tout ne se résumait pas à l’amour.

Par exemple, afin de protéger le monarque, elle l’écarta sans le moindre regret.

Les fleurs tombèrent les unes après les autres sur l’eau, la teintant de rouge. Bien que tant de fleurs fussent tombées, elles semblaient tristes de quitter leurs branches ; ainsi, elles se plaignirent en silence au vent d’Est qui les avait fait choir (NT : image poétique de la littérature classique chinoise, utilisée pour symboliser un amour non partagé ou un sacrifice silencieux).

Depuis ce jour, l’épingle à cheveux rouge demeura à jamais enfouie dans le cœur de Xiao YuAn.

 

Traducteur: Darkia1030