HSAV - Histoire secondaire (3) - Tu m'ignores.
Xiao YuAn n’avait jamais vu Yan HeQing perdre son calme auparavant. Il en fut si effrayé qu’il faillit tomber du fauteuil inclinable. Xiao YuAn se leva précipitamment, s’agenouilla devant le lit et saisit la main de Yan HeQing : « Yan-ge ! Réveille-toi, je suis là, je suis là ! »
Au moment où l’aube se levait et où le ciel devenait de plus en plus lumineux, Yan HeQing ouvrit lentement les yeux en entendant la voix de Xiao YuAn.
On disait que lorsque les gens tombaient malades, même leurs sentiments devenaient plus fragiles.
Les yeux de Yan HeQing étaient injectés de sang, sans que l’on sache si cela venait de la fièvre ou de la peur laissée par le cauchemar qu’il venait de faire.
Xiao YuAn respira doucement et dit : « Tu es enfin réveillé. Est-ce que tu vas bien ? »
Yan HeQing ne répondit pourtant pas. Il se contenta de regarder Xiao YuAn, qui se tenait juste devant lui, comme s’il ne savait pas qui il était, le fixant d’un regard vide.
Xiao YuAn posa légèrement son front contre celui de Yan HeQing et constata qu’il ne brûlait plus de fièvre. Rassuré, il sourit, puis se redressa et recula.
À cet instant, Yan HeQing tendit instinctivement la main et enroula ses bras autour de la taille de Xiao YuAn, le serrant étroitement contre lui.
Xiao YuAn ne dit rien et le laissa simplement le maintenir dans ses bras. La chaleur d’un contact réel dissipait l’amertume du froid et la douleur qu’il avait ressentis ce jour-là.
Lorsque Xiao YuAn sentit que les bras autour de lui se desserraient légèrement, il posa une main à côté de Yan HeQing pour soutenir à moitié son corps, puis se pencha pour le regarder : « Yan-ge, as-tu fait un cauchemar ? Un cauchemar dans lequel je ne voulais plus de toi ? »
Yan HeQing hocha très doucement la tête, tandis que le rouge dans ses yeux semblait s’approfondir légèrement.
Xiao YuAn se hâta de le rassurer : « Je suis là, ne t’inquiète pas. »
Yan HeQing hocha de nouveau la tête, caressa le dos de Xiao YuAn de la main, puis le pressa une fois encore contre lui.
Après une nuit passée à se retourner sans cesse, Xiao YuAn était bien trop somnolent pour se soucier de savoir si leur position actuelle rendrait Yan HeQing mal à l’aise. Allongé sur la poitrine de Yan HeQing, écoutant le rythme régulier de son cœur, Xiao YuAn ferma les yeux.
Le lendemain, la maladie de Yan HeQing était en grande partie guérie. Bien qu’il toussât encore, il n’avait plus de fièvre. De bon matin, Xiao YuAn se rendit à la cour impériale en son nom afin de rencontrer les ministres.
La cuisine impériale envoya une bouillie légère, mais en raison de la maladie, l’appétit de Yan HeQing demeurait très faible. Après en avoir bu deux gorgées, il ordonna à tout le monde de se retirer. Le médecin impérial à ses côtés voulut dire quelque chose, mais s’arrêta à mi-chemin. Finalement, il osa conseiller : « Votre Majesté, vous devriez manger un peu plus. Si vous ne remplissez pas votre estomac, votre rétablissement sera difficile… »
Yan HeQing fronça légèrement les sourcils et déclara : « Je connais mes propres limites. »
Le médecin impérial n’osa pas insister davantage et répondit docilement.
Cependant, il ne fallut pas longtemps pour que cette affaire parvienne aux oreilles de Xiao YuAn.
Dès que Xiao YuAn quitta la cour impériale, Tian Xiang accourut pour se plaindre que l’Empereur ne prenait pas soin de son corps et refusait de manger. Puis elle dit : « Prince Jun, pourquoi ne prépareriez-vous pas des collations pour Sa Majesté ? Si c’est vous qui les faites, Sa Majesté en mangera certainement ! »
Le cœur de Xiao YuAn fut ému, mais il fronça soudainement les sourcils.
Tian Xiang demanda : « Qu’y a-t-il, Votre Altesse ? »
Xiao YuAn, qui se connaissait mieux que quiconque, répondit avec amertume : « Ma cuisine est exécrable. C’est le genre qui peut empoisonner quelqu’un à mort. »
Tian Xiang répliqua : « Ce n’est pas parce que vous ne savez pas cuisiner que vous ne pouvez pas préparer de bonnes collations. »
Xiao YuAn déclara : « Je ne sais pas non plus faire des collations. »
Tian Xiang proposa aussitôt : « Alors je peux vous apprendre ! »
Xiao YuAn fit un signe de la main et se dirigea vers la cuisine impériale avec Tian Xiang : «Allons-y ! Qui a dit qu’un PDG du XXIᵉ siècle aussi idéal, moral, cultivé et discipliné que moi ne peut pas aussi être doué en cuisine ? »
Ensuite, Xiao YuAn prouva par sa force, son talent et son travail acharné…
Qu’il n’était réellement pas doué en cuisine.
Après s’être couvert le visage de farine blanche et de blancs d’œufs, Xiao YuAn mit le feu au panier à vapeur de la cuisine impériale.
Un groupe de serviteurs de la cuisine impériale paniqua et se précipita pour verser de l’eau sur le panier à vapeur. Xiao YuAn fut protégé par-derrière, et tandis qu’il tentait de traverser la foule, il cria avec détermination : « Les gâteaux au sucre que j’ai faits sont toujours là ! Ne jetez pas d’eau dessus ! »
Tian Xiang regarda, abasourdie, le panier à vapeur en flammes, tout en pensant : Gâteaux au sucre ?! Quels gâteaux au sucre ?! Je viens seulement de t’apprendre à façonner de la pâte en forme de lapin, mais tu as mis des wotou dans le panier (NT : pains de semoule de maïs cuits à la vapeur)! C’est… c’est impressionnant !
Lorsque le feu fut finalement éteint, les gâteaux dans le panier n’étaient naturellement plus comestibles. Xiao YuAn soupira et dit : « Hélas, je ne peux plus surprendre Yan-ge maintenant. »
Tian Xiang regarda les wotou sombres, mous et humides dans le panier à vapeur, tout en se disant : Plus qu’une agréable surprise, ce serait une surprise terrifiante.
Bien qu’elle fût encore profondément choquée, Tian Xiang ne put supporter de voir Xiao YuAn aussi frustré. Elle tenta donc de le réconforter : « Ne vous découragez pas, Prince Jun. Nous pourrons revenir demain ! La pratique mène à la perfection, et vous saurez certainement faire des gâteaux au sucre ! »
Xiao YuAn hocha la tête et serra le poing avec confiance : « Oui ! Tu as raison ! »
Le chef cuisinier responsable de la cuisine impériale pâlit aussitôt.
Mademoiselle Tian Xiang ! Si tu veux me tuer, dis-le clairement ! Pas besoin de tourner autour du pot comme ça !
Après avoir nettoyé les blancs d’œufs et la farine sur son visage, puis revêtu des vêtements propres, Xiao YuAn se dirigea vers la chambre impériale. Comme il avait passé la majeure partie de la journée dans la cuisine impériale, lorsqu’il retourna enfin dans la chambre à coucher, la lune brillait déjà dans le ciel nocturne constellé d’étoiles.
Xiao YuAn erra longtemps devant les portes de la chambre.
Yan HeQing ne s’étant pas encore remis d’une maladie aussi grave et étant toujours alité, étourdi, Xiao YuAn était censé l’accompagner aujourd’hui. Pourtant, il avait fini par passer presque toute la journée dans la cuisine impériale afin de préparer des gâteaux au sucre et des collations.
Xiao YuAn voulait surprendre Yan HeQing ; il ne souhaitait donc pas lui dire que Tian Xiang lui avait appris à préparer des collations. Mais si Yan HeQing lui posait la question, quel mensonge pourrait-il bien inventer ?
« Pourquoi est-ce que je ne… » marmonna Xiao YuAn pour lui-même, « …lui dirais pas que Chen Ge voulait discuter de ce qui s’est passé récemment dans l’armée et que cela nous a pris beaucoup de temps ? »
À cet instant précis, Chen Ge, qui se trouvait dans la caserne, éternua soudainement. Lorsqu’un jeune soldat à côté de lui l’entendit, il tourna la tête et s’exclama : « Général Chen ! Vous avez offensé Tai Sui (NT : divinité céleste associée au cycle annuel ; “offenser Tai Sui” signifie attirer le malheur ou une calamité), le désastre arrive ! »
Chen Ge se frotta le nez en giflant le jeune soldat : « Quelles absurdités superstitieuses racontes-tu là ? »
Bien que Xiao YuAn ait longuement réfléchi à cette idée, il renonça finalement à entraîner Chen Ge dans cette affaire. Yan HeQing connaissait mieux la caserne que lui, et s’il manquait de prudence, son mensonge serait immédiatement découvert. Autant ne rien dire. Xiao YuAn ne put que prier pour que Yan HeQing ne lui demande pas où il avait passé la journée.
Finalement, Xiao YuAn se calma et entra dans la chambre à coucher comme si de rien n’était. Les bougies de la pièce intérieure brillaient intensément et vacillaient doucement. À l’intérieur, Yan HeQing était assis sur le lit, en train de lire un mémorial.
Il était si concentré sur sa lecture qu’il ne remarqua même pas l’entrée de Xiao YuAn.
Xiao YuAn toussa légèrement, et Yan HeQing leva aussitôt la tête.
Xiao YuAn dit d’un ton faussement sévère : « Yan-ge, tu es malade, tu es censé te reposer. Ne lis pas les mémoriaux. »
Yan HeQing répondit doucement par un « hmm ».
Xiao YuAn hésita, puis ajouta : « Tu… veux boire de l’eau chaude ? Veux-tu que je t’apporte une tasse ? »
Yan HeQing hocha la tête : « Oui, je veux bien. »
Pendant que Xiao YuAn allait verser une tasse d’eau chaude, Yan HeQing recouvrit les mémoriaux qu’il tenait entre ses mains, constatant qu’il les avait « lus » à l’envers. Tandis qu’il les reposait calmement sur le côté, il leva les yeux et vit Xiao YuAn revenir avec l’eau.
Après que Yan HeQing eut pris la tasse et bu deux gorgées, il voulut dire quelque chose, mais s’arrêta à mi-chemin.
Xiao YuAn fit un pas en avant et dit : « Yan-ge, il est déjà très tard et tu es encore malade. Pourquoi n’irions-nous pas nous coucher tout de suite ? »
Yan HeQing répondit de nouveau par un « hmm », hocha la tête et ne dit rien de plus.
À cette réaction, Xiao YuAn se détendit.
Il n’a pas demandé !
D’accord, attends que je réussisse enfin demain à faire les meilleures pâtisseries ! Alors je t’expliquerai tout correctement.
Cependant, le lendemain, non seulement Xiao YuAn sema le chaos dans la cuisine impériale, mais il fut également incapable de réussir les gâteaux.
Le troisième jour, il échoua encore.
Le quatrième jour, il n’y parvint toujours pas.
Le cinquième jour, le chef cuisinier de la cuisine impériale saisit une corde de paille, résolu à se pendre à la poutre du plafond devant le dieu de la cuisine, mais il fut sauvé par un groupe de préposés, qui lui conseillèrent avec bienveillance de voir le bon côté des choses… Après tout, l’Impératrice ne resterait que quelques jours.
Au cours de ces cinq jours, malgré une perte d’appétit, la maladie de Yan HeQing guérit en grande partie, au point qu’il put se rendre à la cour le lendemain. En tant que président autoritaire digne de ce nom, Xiao YuAn ne souhaitait naturellement pas montrer son côté honteux à la personne qu’il aimait. Il décida donc de dissimuler cet échec douloureux et se jura de rester éloigné de la cuisine impériale à partir de ce jour, afin de soigner son cœur fragile.
Ces jours-là, afin d’éviter que Yan HeQing ne transmette sa maladie à Xiao YuAn, ils dormaient dans des lits séparés. Pour cette raison, lorsqu’il fut l’heure de se coucher, Xiao YuAn se dirigea par habitude vers l’autre lit de la pièce.
Yan HeQing, qui avait été « négligé » pendant cinq jours, observa attentivement Xiao YuAn, lequel bâillait en s’éloignant de lui. Yan HeQing déclara : « Aujourd’hui, le médecin impérial a affirmé que ma maladie était guérie… »
De manière inattendue, Xiao YuAn ne réagit pas du tout.
Comme il se sentait extrêmement frustré de ne pas parvenir à faire un seul gâteau au sucre comestible, il ne prêta aucune attention au ton de Yan HeQing. Tout en agitant la main, il répondit : « Oh, c’est génial ! »
Yan HeQing : « … »
Au moment même où Xiao YuAn posa une main sur le bord du lit, prêt à s’allonger, il entendit soudain Yan HeQing dire d’une voix faible : « Es-tu… lassé de moi ? »
Les coudes et les genoux de Xiao YuAn tremblèrent, et il s’effondra directement sur le sol.
Traducteur: Darkia1030
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