HSAV - Histoire secondaire (4) - Pourquoi ne pas me manger à la place?

 

Lorsqu’il vit que Xiao YuAn était tombé soudainement au sol, Yan HeQing voulut sortir du lit pour l’aider à se relever, mais Xiao YuAn cria aussitôt : « Ne bouge pas ! Sois sage et reste au lit. »

Yan HeQing se figea aussitôt, demeurant allongé.

Xiao YuAn se redressa alors en prenant appui sur ses bras et ses jambes. Tout en frottant ses genoux endoloris, il pensa : ‘Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu Yan-ge évoquer un scénario aussi catastrophique ! Ah, quelle nostalgie… ‘

Il tapota ensuite la poussière sur ses vêtements, ramassa la literie et l’oreiller de soie du lit, puis courut jusqu’au côté de Yan HeQing. Après s’être jeté sur le lit, il tendit la main pour pousser légèrement Yan HeQing sur le côté afin qu’il lui fasse de la place. Ce ne fut qu’alors qu’il s’allongea complètement.

Yan HeQing : « … »

Pendant que Xiao YuAn dépliait la literie et l’enroulait étroitement autour d’eux deux, il attrapa le bras de Yan HeQing pour le passer autour de sa propre taille. Puis il s’appuya confortablement contre la poitrine de son mari.

Tous ces gestes furent exécutés avec une telle aisance que, lorsque Yan HeQing retrouva enfin ses esprits, Xiao YuAn se trouvait déjà serré dans ses bras. Il inclinait même légèrement la tête, les yeux à moitié plissés par le sourire qui éclairait son visage.

Xiao YuAn dit alors avec un sourire rassurant : « De quoi parlais-tu ? Qui serait lassé de qui ? N’était-ce pas simplement parce que tu as été malade ces derniers jours ? Comme j’ai tendance à beaucoup bouger en dormant, j’avais peur de te serrer trop fort. Je voulais que tu dormes plus confortablement. »

Alors que la chaleur se diffusait dans son bras, Yan HeQing soupira doucement. Il resserra Xiao YuAn contre lui et posa son menton sur le sommet de sa tête, murmurant : « Qu’as-tu fait pendant ces derniers jours ? »

À l’instant où Yan HeQing posa la question, les paupières de Xiao YuAn papillonnèrent. Il hésita longuement avant de lâcher : « … La caserne… »

« Hmm ? »

« C’est Chen Ge, il… »

« Hmm ??!!! »

« Oublie. » Xiao YuAn renonça à mentir et raconta à Yan HeQing les cinq jours qu’il lui avait fallu pour tenter de faire des gâteaux au sucre.

« C’est pour cela que je ne t’ai pas beaucoup prêté attention ces derniers jours », conclut-il.

Yan HeQing resserra ses bras autour de Xiao YuAn, et son regard s’adoucit, exprimant clairement : « Je ne sais vraiment pas quoi faire de toi, Xiao YuAn. » Après un moment de réflexion, il demanda : « Tu n’as même pas réussi à en cuire un seul ? »

Xiao YuAn agita la main en l’air et répondit : « Je ne suis pas à ce point stupide. J’en ai fait quelques-uns, mais ils avaient vraiment très mauvais goût. »

Yan HeQing insista : « Où sont-ils ? »

Xiao YuAn prit un air détaché et lâcha : « Dans la cuisine impériale. Mais qui sait, ils ont peut-être déjà été jetés. »

Soudain, Yan HeQing rassembla ses vêtements et se leva.

Xiao YuAn soupira, puis dit : « Yan-ge, où comptes-tu aller ? Il est déjà tard. »

Yan HeQing répondit : « Goûter les gâteaux au sucre que tu as préparés. »

Les yeux de Xiao YuAn s’écarquillèrent : « Toi, toi, toi ! Je n’ai pas réussi à les améliorer, et en plus ils ont peut-être été jetés ! Ce serait un effort inutile d’y aller. »

Yan HeQing s’entêta : « Cela n’a pas d’importance. Je veux simplement aller voir. »

En voyant l’expression déterminée sur le visage de Yan HeQing, qui semblait crier « je n’abandonnerai pas », Xiao YuAn comprit qu’il ne pourrait pas le convaincre. Il ne put finalement que dire : « D’accord, d’accord. Mais le vent nocturne est froid et tu viens tout juste de te remettre d’une grave maladie. Ne sors pas, reste ici. Je vais aller à la cuisine impériale pour voir s’il en reste. »

Après avoir reconduit Yan HeQing au lit, et sans tenir compte de ce que celui-ci voulait encore dire, Xiao YuAn trotta hors de la chambre en direction de la cuisine impériale.

Le chef cuisinier de la cuisine impériale, qui avait récemment eu l’impression d’avoir commis un crime contre le Ciel, portait de profondes cernes sous les yeux. Il souffrait d’insomnie. Lorsqu’il parvint enfin à s’endormir, il fut soudainement tiré de son sommeil par un préposé.

À peine réveillé, encore confus, il entendit une voix lui annoncer : « Réveillez-vous, l’Impératrice est de retour. »

À ces mots, le chef cuisinier ouvrit brusquement les yeux et manqua d’en perdre le souffle.

Les autres préposés se hâtèrent de le pincer jusqu’à ce qu’il fût complètement éveillé.

Bien qu’il fût une fois de plus profondément choqué, il n’osa pas se montrer négligent à l’arrivée de l’Impératrice. Peu de temps après, la cuisine impériale fut de nouveau brillamment éclairée, tandis que Xiao YuAn, lui, se sentait quelque peu embarrassé.

Cette nuit-là était décidément éprouvante.

Après avoir salué Xiao YuAn, le chef cuisinier lui demanda avec prudence ce dont il avait besoin et pour quelle raison il se présentait si soudainement au cœur de la nuit.

Xiao YuAn balbutia un moment avant de parvenir enfin à demander : « Les gâteaux au sucre que j’ai faits auparavant… ont-ils été jetés ? »

Le chef cuisinier pensa aussitôt : « Comment aurais-je osé les jeter ?! » Voyant Xiao YuAn agiter nerveusement la main, il s’empressa de le rassurer : « Bien sûr que non ! Ils n’ont pas été jetés. Ils sont toujours là. »

Xiao YuAn ressentit aussitôt des émotions contradictoires, sans pour autant trouver la moindre excuse pour se dérober. ‘Dois-je vraiment me ridiculiser devant Yan-ge… ? ‘

Expert dans son domaine, le chef cuisinier comprit immédiatement ce que Xiao YuAn recherchait et ordonna rapidement à quelqu’un d’apporter les gâteaux au sucre qu’il avait préparés ces derniers jours.

Dès que Xiao YuAn reçut la boîte, il sélectionna quelques gâteaux qui paraissaient à peine acceptables parmi l’amas de collations désastreuses. Il en rompit un morceau et le fourra dans sa bouche. À peine l’eut-il mâché que son visage se contracta aussitôt : « Beurk, bah, pouah… C’est affreux ! Ce n’est même pas sucré. Ai-je oublié d’ajouter du sucre ? Mon Dieu… »

‘Comment pourrais-je avoir l’audace de servir une chose pareille à Yan-ge ?! ‘

Xiao YuAn posa son pouce et son index sur son menton, réfléchit longuement, puis finit par demander au chef cuisinier : « Les gâteaux au sucre que Tian Xiang a préparés pendant qu’elle m’apprenait à cuisiner… sont-ils toujours là ? »

« Oui, ils sont toujours là ! » répondit aussitôt le chef cuisinier, tout en ordonnant à quelqu’un d’apporter les collations préparées par Tian Xiang.

Après en avoir goûté un, Xiao YuAn hocha la tête avec satisfaction. « Mmm… Voilà le goût d’un vrai gâteau au sucre ! »

« Je peux utiliser ça… comme le chien viverrin qui échange sa place avec un prince (NT : stratagème consistant à substituer quelque chose de faux ou d’inférieur par quelque chose d’authentique, souvent par tromperie). »

Craignant d’être démasqué, Xiao YuAn choisit délibérément quelques gâteaux qui n’étaient pas trop beaux et les plaça dans la boîte. De retour dans la chambre à coucher, il déposa les pâtisseries devant Yan HeQing, espérant obtenir ses éloges.

Yan HeQing examina attentivement les gâteaux au sucre, en prit un et en mordit une bouchée. Après une brève pause, il sembla remarquer quelque chose. Il cessa de manger, leva la tête et demanda : « Tu as vraiment fait ça ? »

« Oui, oui, oui », répondit Xiao YuAn en balbutiant, le regard fuyant.

Yan HeQing reposa les pâtisseries dans la boîte et demanda calmement : « Où sont ceux que tu as faits ? »

Xiao YuAn poussa la boîte vers lui et dit : « C’est ça. »

Yan HeQing ne répondit pas. Il se contenta de regarder silencieusement Xiao YuAn.

Après avoir été observé longuement, Xiao YuAn finit par céder et déclara : « Les gâteaux au sucre que j’ai préparés ont un goût vraiment épouvantable. Yan-ge, pourquoi veux-tu te faire souffrir ainsi ? »

Yan HeQing ne dit pas grand-chose et ordonna simplement à quelqu’un de se rendre à la cuisine impériale pour rapporter les gâteaux au sucre réellement préparés par Xiao YuAn.

Après bien des recherches et des retournements, ces gâteaux au sucre à l’apparence étrange et au goût douteux furent finalement placés devant Yan HeQing.

Ensuite, Yan HeQing en choisit un, le porta à sa bouche et le mâcha avec le plus grand sérieux.

Xiao YuAn rompit le silence et bavarda à côté de Yan HeQing : « Ça a vraiment mauvais goût, n’est-ce pas ? Ce n’est pas particulièrement difficile à mâcher ? Et ce n’est même pas sucré ! »

Lorsque Yan HeQing eut finalement avalé la pâtisserie, il leva les yeux vers Xiao YuAn et déclara calmement : « Je n’aime pas les sucreries. »

Xiao YuAn se figea. Il ne sut s’il devait rire ou pleurer : « C’est un gâteau au sucre ! Comment peux-tu le manger s’il n’est pas sucré?!»

Yan HeQing prit un autre gâteau et répéta avec sérieux qu’il n’aimait pas les sucreries. Puis, sans hésiter, il fourra à nouveau le gâteau au sucre dans sa bouche.

En voyant Yan HeQing regarder l’assiette de pâtisseries avec un regard si doux, Xiao YuAn se sentit profondément démuni.

Yan HeQing murmura à voix basse : « Tu les as faits de tes propres mains. »

Ces mots furent prononcés très doucement, mais aux oreilles de Xiao YuAn, ils résonnèrent comme La neige blanche au printemps ensoleillé (NT : métaphore désignant une œuvre noble et raffinée, comprise et appréciée par très peu de personnes).

‘Tu peux voir à quel point il t’aime. ‘

‘À ses yeux, ta sincérité est précieuse. À ses yeux, tes maladresses sont amusantes. À ses yeux, ta gaucherie est belle et touchante.’

‘Il n’existe pas de personne parfaite en ce monde, mais à ses yeux, tu es l’être le plus parfait. Tu es comme un jeune érudit vivant dans les montagnes, entouré de neige cristalline, un jeune homme aussi pur et beau que le jade.’

‘Même si tu restes immobile, il abandonnera la beauté des montagnes et des rivières, du soleil et de la lune, pour te poursuivre sans la moindre crainte.’

‘Totalement intrépide.’

Soudain, Xiao YuAn saisit le poignet de Yan HeQing et déclara : « Yan-ge, si tu manges trop tard dans la nuit, tu ne pourras pas dormir. »

« Hmm ? » Yan HeQing se figea.

Xiao YuAn poursuivit aussitôt : « Ne me fais pas ce “hmm”. Au lieu de manger des gâteaux au sucre… tu peux me manger !!! »

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

 

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