LCBMG - Extra 2 - La promesse de vieillir ensemble

 

Avertissement : pour public averti (R18)

 

6. Réunion de classe

« Tang Miao, la réunion des anciens du lycée aura lieu vendredi prochain. Tu viens ou non ? Amène aussi ta famille. »

« Qu Yao ? Bonjour ! Amener ma famille ? Amener ma famille à la réunion de classe… »

« Qi Ming… tu recommences à devenir fou… »

Une affaire pourtant simple devint aussitôt compliquée.

« Qu Yao… je viendrai. Envoie-moi l’adresse et l’heure. Bonne lune de miel ! »

Qu Yao renifla en regardant son téléphone.
C’est toi qui es en lune de miel, pas moi.

Mais… venait-elle d’interrompre quelque chose d’important ?

Et puis, elle avait oublié de préciser que cette réunion avait été organisée par Xu Jiaqi.

Mais le patron Tang ne pouvait quand même pas être aussi mesquin, n’est-ce pas ?

« Tu n’aimes pas quand je deviens fou ? » Qi Ming mordilla sa nuque.

« Si… j’aime ça… »

« Tu vas continuer à parler avec d’autres personnes ? »

Le soleil italien était extrêmement chaud, tout comme les hommes et les femmes nés sous ce ciel.

« Je… j’ai juste des interactions normales… »

« Interdit. »

« D’accord… d’accord… » Tang Miao accepta « à contrecœur ». « Qi… Ming… plus profond… ah… j’aime… »

« Tu aimes quoi ? »

Les yeux de Tang Miao étaient embués de larmes, et sa voix semblait trempée d’humidité. « …Je t’aime. »

 

7.

Tang Miao se rendit réellement à la réunion accompagné de sa famille, entrelaçant ses doigts avec ceux de Qi Ming avec une assurance totale.

Ce n’était pas comme si les autres n’étaient pas curieux ; après tout, Tang Miao et Qi Ming avaient fait énormément parler d’eux autrefois. Mais tous connaissaient aussi l’influence acquise par Tang Miao ces dernières années. Ils ne s’attendaient simplement pas à ce qu’il fasse son coming out aussi ouvertement.

Certaines personnes furent fortement déstabilisées par son attitude si détachée.

Xu Jiaqi s’éclaircit la gorge avant de demander : « Tu ne vas pas nous le présenter ? »

Tang Miao eut l’air perplexe. « Présenter qui ? »

« Ton compagnon. »

Xu Jiaqi estimait que Tang Miao faisait encore semblant après toutes ces années. À l’époque, il avait toujours eu Qi Ming pour le soutenir, mais cette fois, elle ne le laisserait pas échapper à l’embarras devant tout le monde.

Ses ongles s’enfoncèrent dans la paume de son fiancé.

Tang Miao cligna des yeux, comme s’il avait envie de rire. « Dis donc, Qi Ming, tu as tant changé que ça ? »

Qi Ming ?!

La salle explosa instantanément en exclamations. À l’époque, toute l’école parlait de la famille Qi. Même si beaucoup ignoraient les détails, ils savaient tous que Qi Ming était parti à l’étranger avant même la fin du lycée, et que personne ne savait où il avait disparu.

Les doigts de Xu Jiaqi se desserrèrent brusquement ; elle sembla soudain comprendre quelque chose.

Qi Ming retira ses lunettes de soleil avec résignation avant d’adresser un signe de tête à tout le monde.

En réalité, à part Qu Yao, il ne connaissait pas très bien les autres. Il était donc compréhensible qu’ils ne l’aient pas reconnu. Qi Ming était devenu grand et robuste, sa peau avait bronzé. Le plus important, c’était qu’à l’époque, très peu de gens osaient réellement le regarder en face.

Le délégué de classe proposa alors de jouer à un jeu, et l’ambiance devint rapidement animée.

Tang Miao et Qi Ming étaient tous deux peu familiers avec ce groupe. Pourtant, tandis qu’ils discutaient, tous ne voulaient parler qu’à Qi Ming. Peu après, quelqu’un décida de lancer une partie de « Vérité ou action ».

Tang Miao et Qi Ming, privés du droit de vote : « … »

« Tang Miao. »

« Je choisis vérité. »

Il n’avait sincèrement aucun intérêt pour les défis ridicules.

« Qui… aimais-tu au lycée ? Et à partir de quand ? »

Il s’agissait clairement de deux questions différentes, mais Tang Miao répondit avec franchise : « J’ai probablement compris vers ma première ou ma deuxième année de lycée, mais je l’aimais déjà depuis longtemps avant d’en prendre conscience. Quant à savoir qui… vous le connaissez tous. Qi Ming. »

Tout le monde : « … »

« Et toi, Qi Ming ? »

Qi Ming jouait distraitement avec les doigts de Tang Miao. « Je m’en suis rendu compte en dernière année de lycée, mais je l’aime depuis l’enfance. Quant à savoir qui… vous savez tous qui est mon petit ami, non ? »

Tout le monde : « … »

Lorsque la bouteille s’arrêta finalement entre Qi Ming et Tang Miao au dernier tour, tous deux durent répondre à une question.

Qu Yao réfléchit un instant avant de demander : « J’aimerais savoir ce que fait l’autre qui vous met le plus à bout. »

« Pleurer. » Les lèvres de Qi Ming se relevèrent légèrement.

« Et toi, Tang Miao ? »

Tang Miao sourit. « J’aime quand il est brutal avec moi. »

Tout le monde : « … »

Ils étaient venus pour exhiber leurs voitures, leurs maisons, leur argent, leur travail, leurs enfants et leurs conjoints. Pourquoi avaient-ils été forcés d’avaler autant de nourriture pour chiens (NT : expression internet désignant l’étalage excessif d’une relation amoureuse) ?

« Qi Ming. » Xu Jiaqi le rattrapa alors qu’il quittait la salle. « Je veux te poser une question. »

Qi Ming haussa un sourcil acéré. « Parle. »

« …Tu avais pourtant dit autrefois que ce que tu détestais le plus, c’était voir les autres pleurer. »

« MiaoMiao n’est pas “les autres”. »

Pour Qi Ming, cette question n’en était même pas une.

« Je ne suis pas “les autres”. » Tang Miao, qui venait de se laver les mains, répondit exactement en même temps que Qi Ming.

Quant au fait que Xu Jiaqi pleure de rage, cela ne les concernait absolument pas.

Qi Ming disait souvent que chacun devait être responsable de sa propre vie et qu’il ne fallait pas attacher son existence à celle des autres.

Mais Tang ShuiShui n’était pas « les autres ».

MiaoMiao, son petit pleurnichard, avait toujours été une partie indissociable de sa vie.



8. Malédiction

Qi Ming avait une cicatrice semblable à une toile d’araignée sur les côtes.

Même lorsque Tang Miao pleurait et faisait toute une scène, Qi Ming refusait de dire comment et quand cela était arrivé. Il minimisait simplement cela en parlant d’un accident.

Jusqu’à ce que Tang Miao bloque un des frères de Qi Hui Tang.

« Maître Tang. »
En réalité, les frères voulaient l’appeler « Jeune Madame », mais ils avaient peur des poings de Qi Ming.

« Frère Xiao Hui, tu es quelqu’un qui m’a vu grandir, n’est-ce pas ? »

Chen Hui agita rapidement la main. « Maître Tang, n’hésitez surtout pas à parler. »

« Je voulais simplement discuter un peu du passé. » Tang Miao cligna innocemment des yeux.

Chen Hui resta silencieux. Jeune Madame avait l’air très mécontent. Alors… que devait-il faire ?!

« Au fait, cette blessure en forme de toile d’araignée sur les côtes de Qi Ming, ça va ? »

« Ça va. À l’époque, le médecin a dit qu’il avait eu de la chance. C’était resté coincé entre deux côtes. »

Tang Miao serra les poings. C’était une blessure mortelle ?!
Qi Ming, cet idiot !

« C’était si grave, mais Qi Ming s’est vanté auprès de moi qu’il s’était réveillé immédiatement après l’opération. » Tang Miao essaya de garder une voix légère.

Chen Hui se gratta l’arrière de la tête. « Hé hé, le jeune maître ne se vantait pas. À ce moment-là, le médecin disait que c’était impossible, mais il s’est réveillé comme un fou. Il est même allé en douce dans la salle informatique du service sans prévenir le médecin. »
Chen Hui se sentait encore heureux lorsqu’il se rappelait cela.

« Pourquoi était-il si pressé ? » Tang Miao plissa les yeux, pensant qu’une certaine personne avait besoin d’être remise à sa place. Une blessure par balle ! Une opération ! Pensait-il que c’était un rhume ?! Il avait failli mourir et pensait encore à utiliser un ordinateur ?!

« N’était-ce pas parce qu’il voulait écrire un e-mail au Maître Tang ? Tant que cela concerne le Maître Tang, le jeune maître est très attentif. »
Même s’il savait que Tang Miao était lui aussi follement amoureux de son jeune maître, il devait quand même le vendre un peu. Chen Hui pensait qu’il avait été fantastique aujourd’hui.

Un e-mail…

Durant toutes ces années, le seul e-mail que Qi Ming lui envoyait arrivait chaque année pour son anniversaire.

La seule fois où il avait été en retard, c’était durant sa quatrième année d’université. Il avait reçu l’e-mail à la toute dernière minute, et tout en bas figurait la phrase :

« MiaoMiao, tu me manques énormément. »

« C’était il y a trois ans ? »

Chen Hui réagit soudainement. S’il se souvenait bien, le jeune maître semblait leur avoir ordonné de garder le silence à ce sujet.

Chen Hui : « … » Était-il trop tard pour arranger cela ?!!

« Frère Xiao Hui, tu te souviens du nombre de cassettes vidéo que tu m’as données quand j’étais petit ? »

Chen Hui : « … »
Hé hé, il n’avait aucune idée qu’à l’époque le jeune maître protégeait autant Tang Miao. Ils n’avaient pas le droit de fumer, jurer, se battre, tuer, parler grossièrement ni regarder des films pornographiques.

« Frère Xiao Hui, c’était en juin ? Si oui, hoche simplement la tête. »

Chen Hui, qui avait été sévèrement menacé, hocha la tête avec raideur.

« Merci, Frère Xiao Hui. Je reviendrai jouer avec toi la prochaine fois. »

Chen Hui : « … »

« Qi Ming. » Tang Miao faisait la sieste dans ses bras.

« Hm ? »

« J’ai conservé tous les e-mails que tu m’as envoyés, ainsi que mon téléphone du lycée. »

« Allez, dis simplement ce que tu veux », répondit Qi Ming avec un sourire.

Lui et Tang Miao ne parlaient jamais du passé. Ils avaient choisi de ne pas évoquer les événements et le manque des années précédentes. Si Tang Miao en parlait aujourd’hui, c’était forcément pour une raison.

Les lèvres de Tang Miao tremblaient lorsqu’il dit : « Je me souviens qu’une année, j’ai attendu ton e-mail toute la journée et toute la nuit. »
Si l’on comptait la veille, cela faisait deux jours et une nuit qu’il n’avait pas dormi.

Qi Ming reconnut immédiatement l’année en question et embrassa solennellement la bouche de Tang Miao, qui était clairement sur le point de pleurer. « Ne pleure pas ! Je suis désolé, MiaoMiao, d’être arrivé en retard. »

En réalité, huit années avaient véritablement changé beaucoup de choses. Par exemple, Qi Ming n’était plus disposé à utiliser ses poings contre Tang Miao.

C’était amusant de se chamailler férocement, mais en privé, il était prêt à dire des paroles douces. De la même manière, Tang Miao montrait un visage différent devant les autres. Ce n’était qu’en présence de Qi Ming qu’il se comportait comme un enfant incapable de grandir.

« Ce n’est pas ta faute. Je te pardonne. Maintenant, prends-moi dans tes bras. » Tang Miao passa son bras autour de la taille de Qi Ming. Une fine couverture les séparait, et ses doigts caressèrent la cicatrice en forme de toile d’araignée.

Qi Ming pensa que Tang Miao s’était endormi, mais sa poitrine était humide, et lorsqu’il essaya de bouger Tang Miao, celui-ci ne bougea pas d’un pouce.

« MiaoMiao, qu’est-ce qu’il y a ? Tu te sens lésé ? Donne un baiser à ton ge. »

« J’… j’ai bu trop d’eau. »

Qi Ming était furieux qu’il mente aussi ouvertement et cria : « Tang ! Shui ! Shui ! »

Qi Ming découvrit que les larmes de Tang Miao avaient trempé la couverture. Il le cajola :
« MiaoMiao, dis-moi. Pourquoi pleures-tu comme ça ? Je te jure que je ne serai plus jamais en retard. Petit ancêtre, relève la tête et laisse-moi te regarder. »

« Tu n’as pas le droit d’être en retard », marmonna Tang Miao. « Ne sois plus en retard. »

Les glandes lacrymales de Tang Miao explosèrent de nouveau. « Est-ce que ça faisait mal à ce moment-là ? »

Qi Ming comprit soudain : Tang Miao savait.

« Très mal. » Qi Ming écarta la couverture humide. « Si tu fais un bisou à ton ge, ça ne fera plus mal. »

« Qi Ming, Qi Ming, Qi Ming… » Tang Miao voulait se mettre en colère et lui demander pourquoi il ne prenait pas mieux soin de lui, mais, au final, il ne put rien dire. Il savait seulement répéter son nom.

Qi Ming continua : « En réalité, je dois te remercier. MiaoMiao est ma petite étoile porte-bonheur. À ce moment-là, l’assassin visait ma tête. Pour une raison inconnue, la cordelette rouge que tu m’avais donnée s’est rompue à cet instant. La balle est passée à toute vitesse pendant que je m’accroupissais pour la ramasser. J’ai esquivé plusieurs balles destinées à ma tête, mais la dernière s’est logée dans mes côtes. »

Tang Miao mordit sa lèvre inférieure, réalisant qu’il avait failli perdre Qi Ming.

« Si je n’avais pas pensé à t’écrire un e-mail quand on m’a envoyé à l’hôpital, je ne me serais peut-être pas réveillé aussi vite. Quelqu’un s’est fait passer pour une infirmière et s’est introduit dans ma chambre après que j’ai fini de t’envoyer l’e-mail. »

« Donc, si je vais bien aujourd’hui, c’est entièrement grâce à la bénédiction de Tang ShuiShui. »

« Et… cette personne ? » Tang Miao devint soudain glacial. Son corps entier semblait avoir été plongé dans une grotte de glace, au point que ses dents claquaient. Et si… et si…

« Mort. » répondit légèrement Qi Ming.

Il porta Tang Miao jusqu’à la salle de bain. Les larmes de Tang ShuiShui l’avaient tellement mouillé que s’il se couchait ainsi, il attraperait un rhume.

Tang Miao se calma finalement dans la baignoire et s’accrocha au cou de Qi Ming. « Qi Ming… heureusement que tu vas bien… »

Oui, Qi Ming avait eu la chance de survivre. Tang ShuiShui était un tel petit pleurnicheur et l’aimait tellement qu’il se serait probablement noyé dans ses propres larmes s’il lui était arrivé quelque chose.

Il avait donc changé d’avis et ajouté une autre ligne à l’e-mail :

« MiaoMiao, tu me manques énormément. »

Tang Miao n’avait aucun intérêt à apprendre pourquoi Qi Ming avait été blessé par balle ou comment cet assassin était mort. Tout ce qu’il avait besoin de savoir, c’était que son Qi Ming allait bien.

« Arrête de frotter. »

« Faisons-le. »
Tang Miao étendit son doigt et se détendit lui-même avec l’aide de l’eau de la baignoire.

« Je vais le faire. Ne te fais pas mal en étant maladroit. »

« Je ne suis pas stupide. »

« Ah bon ? Ce n’est pas idiot d’utiliser de l’eau comme lubrifiant ? Je me demande souvent comment tu as réussi à finir premier. »

« J’ai emporté ton QI à l’examen. » Tang Miao était très fier de lui.

Qi Ming : « … »
Que devait-il choisir : le frapper ou l’embrasser ?
Réponse urgente attendue en ligne.

« Com… comment peux-tu encore jouir ? »

« Grâce à ces soupes fortifiantes que tu as préparées. » Qi Ming donna un coup de reins brutal, faisant directement pleurer Tang Miao.

Comparé aux pleurs de manque et de tristesse, il préférait voir Tang ShuiShui pleurer dans ce genre de circonstances.

« C’était pour t’aider à guérir de ta blessure par balle », murmura Tang Miao. « Ma mère et ma tante m’ont donné la recette. »

« Qu’est-ce que tu leur as raconté ? »

« J’ai dit que tu t’étais blessé à la taille. »

Qi Ming : « … »

« Ah… Qi Ming, doucement, um… ah… umh… plus doucement… doucement… »

« Représentant des études, révisons la différence entre la taille et les côtes. »

Tang Miao se sentit très lésé. Comment aurait-il pu savoir que les mères pouvaient piéger leurs fils de cette manière…

« MiaoMiao ? » Qi Ming caressa les joues sèches et douces de Tang Miao.

« …Hm ? »

« Allons au temple taoïste où tu as prié pour que je sois major de promotion. »

« Ce n’était pas pour que tu sois premier. »

« Hein ? »

« C’était une malédiction », dit doucement Tang Miao.

Qi Ming lui pinça les fesses charnues. « Alors tu vas parler ou non ? Sinon, on recommence un tour. »

« C’était une malédiction pour que tes cheveux deviennent lentement blancs… » Le sourire de Tang Miao transforma ses yeux en croissants de lune, « …avec moi. »

 

9. Un seul vœu

Plus tard, Tang Miao emmena Qi Ming au temple de Yuelao, où il rendit sincèrement hommage. Lorsqu’il revit le petit prêtre taoïste, il demanda une nouvelle fois deux cordelettes rouges. Ils retirèrent les anciennes, déjà décolorées, et les remplacèrent par de nouvelles.

Même s’il détestait ce genre de choses qu’il jugeait féminines, Qi Ming aida Tang Miao à attacher les nouvelles cordelettes rouges.

Dans cette vie, mon seul vœu est de rester avec cet homme jusqu’à la fin de mes jours et de vieillir à ses côtés.

 

Fin

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

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