DPUBFTB - Chapitre 114 - Cycle du karma, la rétribution est inévitable (28)

 

Clown, grand éclat de rire, dixième monde.

 

Ce que l’on appelle une “escape room”, c’est un type de jeu d’aventure grandeur nature très courant, où il faut trouver, dans une ou plusieurs pièces, des indices permettant de résoudre des énigmes et de quitter les lieux.

Si l’on trouve tous les indices dans le temps imparti et que l’on résout chaque énigme, on peut ainsi réussir le jeu.

En général, les escape rooms se divisent en deux catégories : les escape rooms mécaniques et les escape rooms de réflexion ; les premières nécessitent surtout des manipulations, les secondes surtout des capacités intellectuelles.

Dans les quinze jours précédant le début de la mission, dès qu’ils étaient libres, Chi Xiaochi, Yuan Benshan et les frère et sœur de la famille Gan sortaient ensemble pour parcourir toutes les escape rooms de la ville.

Dans les escape rooms de réflexion, Chi Xiaochi avait un taux de réussite de 85 %.

Dans les escape rooms mécaniques, son taux de réussite était de 2 %.

Face à une telle disparité, même Chi Xiaochi ne comprenait pas.

Il se plaignit à Xi Lou : « Je sais aussi dessiner, je n’ai aucun problème à bricoler ou à réparer une radio, pourquoi est-ce que, dès qu’il s’agit d’un jeu, je n’y arrive plus ? »

Pour Chi Xiaochi, c’était tout simplement une énigme irrésolue.

À Super Mario, il n’avait jamais atteint la fin du premier niveau ; aux jeux compétitifs sur mobile, il ne jouait qu’en mode contre l’ordinateur, et il parvenait encore à faire jeu égal ; il avait même, un jour, été tué par l’ordinateur par inadvertance, ce qui l’avait mis assez en colère pour désinstaller le jeu et se rabattre furieusement sur le Démineur. Après avoir réussi trois fois d’affilée le niveau difficile, il avait enfin pu retrouver sa confiance.

Ces derniers jours, Xi Lou était littéralement triomphant : « Hi hi hi. »

Chi Xiaochi, consterné : « Ô système, tu te laisses aller. »

Xi Lou, de très bonne humeur : « Ne fais pas attention à moi. »

La faiblesse de Chi Xiaochi n’était pas facile à surmonter, et, de plus, la manipulation mécanique était précisément le domaine où Gan Yu excellait le plus. Ainsi, Xi Lou pouvait se permettre de se moquer de Chi Xiaochi sans craindre pour la mission à venir.

Tout en lui parlant, Chi Xiaochi reposa encore une fois la lentille qu’il tenait, respirant profondément pour stabiliser ses émotions.

Cette lentille servait à réfracter un rayon infrarouge : le rayon devait être réfléchi par la surface de la lentille pour atteindre un capteur incrusté dans le mur, le capteur A, être ensuite projeté sur le capteur B, puis enfin retomber sur le capteur C. Les trois capteurs A, B et C devaient être connectés, et ce n’est qu’alors que la serrure de la dernière porte s’ouvrirait.

L’angle de la lentille devait donc être extrêmement précis.

Ils étaient arrivés dans cette pièce quinze minutes plus tôt.

Et Chi Xiaochi s’acharnait sur cette lentille depuis douze minutes, au point d’en avoir presque les yeux qui louchaient.

Xi Lou, lui, était chargé de lancer des piques à côté.

Il dit : « Une année s’écoula. »

Chi Xiaochi, tenant la lentille : « … »

Xi Lou : « Dix années s’écoulèrent. »

Chi Xiaochi, indigné : « Système médiocre, tu as détruit ma jeunesse. »

Comme Yuan Benshan faisait des heures supplémentaires aujourd’hui, il n’était pas là. Gan Yu, ne supportant plus de le voir lutter ainsi, prit l’initiative de récupérer la lentille : « Laisse-moi faire. »

Il observa et mesura l’angle pendant une minute, puis leva la lentille et ajusta l’angle durant une autre minute.

Un ding retentit : la dernière porte s’ouvrit.

Gan Yu reposa la lentille et sourit à Chi Xiaochi : « Allons-y. »

La récompense de fin de parcours était trois porte-clés en plastique représentant des petits ours blancs qui couinaient lorsqu’on les pressait. De mauvaise humeur, Chi Xiaochi en saisit un dans sa main pour s’en servir d’exutoire, et son air contrarié fit naître un mélange de tendresse et de douceur chez Gan Yu et Gan Tang.

Gan Tang caressa doucement ses cheveux dans un geste apaisant : « Chunyang, ne sois plus contrarié. Ce soir, mon frère t’invite à manger quelque chose de bon. »

Chi Xiaochi dit : « Ton frère a déjà invité tellement de fois. Ce soir allons manger une fondue chinoise, que Lao Yuan régale à son tour. »

Gan Yu dit : « Allons chez moi, je vous ferai une fondue chinoise. »

Chi Xiaochi réfléchit, puis accepta réellement.

Cependant, il posa une condition : « Je veux que ce soit sœur Tang qui la prépare. »

Gan Yu ajusta la chaîne de ses lunettes pour dissimuler sa déception intérieure.

Quant à Gan Tang, elle répondit avec un sourire radieux : « D’accord. »

Il n’invita pas Yuan Benshan à partager la fondue de Gan Tang.

Et Yuan Benshan, absorbé par le travail, rentra encore plus tard que lui. Lorsqu’il arriva à la maison, il était déjà dix heures du soir.

Épuisé, il posa ses clés sur la table de chevet. Il entendit alors, venant de la chambre intérieure, un murmure indistinct ; pensant que Song Chunyang parlait au téléphone avec quelqu’un, il se dirigea sans y penser vers la pièce.

Lorsqu’il ouvrit la porte, le petit chat aux yeux vairons, allongé sur le lit, tourna également la tête vers lui ; ses deux yeux magnifiques et précieux comme des gemmes portaient une innocence d’une séduction extrême.

Yuan Benshan ouvrit les bras et l’attira contre lui, enfouissant légèrement son nez dans le creux de son épaule pour humer : « Tu sens la fondue chinoise… Tu en as mangé ? »

Le petit chat protesta : « Je me suis déjà lavé pourtant. »

Yuan Benshan sourit, posa son menton sur son épaule et se frotta légèrement contre lui, comblé.

L’atmosphère entre eux était charmante et pleine de tendresse ; la lumière ambrée éclairait leurs silhouettes et les faisait vraiment ressembler à un couple profondément uni par les sentiments.

Ils auraient effectivement dû être un couple ; ils avaient traversé la vie et la mort ensemble, qu’est-ce qui aurait encore pu les séparer ?

« … Je suis si fatigué. Rien que d’être dans tes bras, je me sens déjà bien mieux. » Yuan Benshan poursuivit. « Avec qui parlais-tu au téléphone tout à l’heure ? »

Le petit chat répondit : « Sœur Su. Elle m’a dit qu’elle doit assister à la réunion parents-professeurs de sa fille demain après-midi, et elle m’a demandé de la remplacer une heure de plus à son poste. »

Yuan Benshan lui embrassa les cheveux : « Pour cette fois, passe, mais ne promets plus à d’autres à la légère. Sinon, dès qu’ils auront des heures supplémentaires, ils viendront tous te solliciter. »

« Je comprends. »

Yuan Benshan appréciait d’autant plus un Song Chunyang aussi obéissant. Il se leva pour aller se laver, prévoyant de partager un moment d’intimité avec lui un peu plus tard.

Il n’avait pas profité de ‘ça’ avec Song Chunyang depuis très longtemps.

Cependant, il ignorait totalement qu’à peine s’était-il retourné pour entrer dans la salle de bain, que la personne sur le lit roulait déjà sur le côté, sautait à terre et courait droit vers la poubelle de la pièce extérieure, où il vomit jusqu’à rejeter de l’acidité gastrique.

Lorsque ce fut terminé, il attacha tranquillement le sac plastique, descendit jeter les déchets, puis, en se frottant l’estomac, pensa avec regret qu’il y avait des concombres de mer dans la fondue de ce soir.

Quand Yuan Benshan eut fini de se laver et ouvrit la porte vitrée, il aperçut Song Chunyang qui l’attendait dehors.

Celui-ci dit : « J’ai encore un peu d’odeur sur moi, je vais me laver une seconde fois. »

Yuan Benshan lui pinça doucement le nez : « Alors je t’attendrai. »

Cependant, il n’eut pas l’occasion d’attendre. Dès qu’il se rallongea sur le lit, une somnolence irrésistible le saisit et il s’endormit immédiatement.

Dans la salle de bain, Chi Xiaochi ferma l’interface d’utilisation de la carte d’hypnose, ouvrit à son maximum le débit du pommeau de douche, puis ferma les yeux pour ressentir en silence la chaleur de l’eau couler sur l’ensemble de son corps.

Sur l’écran devant ses yeux s’affichaient les valeurs : le degré de sympathie de Yuan Benshan envers Song Chunyang était de 89, et son degré de repentir était de 0.

Dans la page du panneau, il sélectionna l’entrepôt et en sortit le flacon de scellement des esprits.

Après l’avoir fait tourner un moment entre ses doigts, il demanda soudain : « … Crois-tu au karma ? »

Personne ne répondit à sa question ; seules résonnaient les cascades d’eau.

Il sourit légèrement, puis remit l’objet dans l’entrepôt.

En dehors de l’entraînement aux jeux d’évasion type escape game, Chi Xiaochi avait également enquêté sur l’éventuelle survenue d’un décès atroce aux abords de l’immeuble Jin Hong.

Le résultat n’était guère réjouissant.

Lorsque l’immeuble Jin Hong n’en était qu’aux fondations et n’était encore qu’un chantier, un meurtrier en fuite s’y était réfugié. Il y avait tué deux jeunes ouvriers, puis s’était caché dans le bâtiment, avant d’être abattu par la police lancée à sa poursuite.

Ce criminel était un véritable psychopathe, féru de séquestration et de sévices. Il avait même cultivé des champignons sur les corps de personnes qu’il avait torturées à mort – on ne savait d’où cette idée lui était venue.

De toute évidence, même mort, allongé dans son cercueil, il devait encore hurler avec ses cordes vocales en décomposition : Je n’ai pas fini de jouer.

Ce fantôme, très probablement, n’allait pas suivre les règles de base comme l’avaient fait la fillette-ballon et les enfants dans les huitième et neuvième mondes.

En dehors de cela, il y avait encore beaucoup de choses à propos desquelles s’inquiéter.

La difficulté des escape games était d’une grande élasticité, et pour un jeu à déroulement court, les variables étaient innombrables. Elles dépendaient de la chance du joueur, de son état, et autres facteurs.

Et ce qui inquiétait le plus Chi Xiaochi… c’était les gens.

Plus il y a de personnes, plus les voix se mêlent ; plus les voix se mêlent, plus l’esprit se trouble.

Les faits avaient prouvé que même arrivé au dixième monde, on ne pouvait toujours pas éviter la présence de ces créatures étranges qu’étaient les coéquipiers catastrophiques.

S’ils n’étaient que quatre, cela pourrait encore aller. Mais s’il y avait trop de monde, il se trouverait forcément quelqu’un pour donner des ordres à tort et à travers, perturber les idées, ou encore cacher un indice, obligeant chacun à chercher aveuglément partout, gaspillant le temps, et conduisant tout le monde à finir jambes tendues, yeux révulsés ; un beau tableau que personne ne ne verrait (NT :expression ironique décrivant un résultat ridicule après un effort inutile).

Cependant, lorsqu’il arriva une heure avant l’heure convenue au pied de l’immeuble Jin Hong , devant la porte de la salle 1207, le visage de Chi Xiaochi était aussi calme que de l’eau.

Il n’avait pas l’intention de laisser des émotions superficielles troubler son jugement. Même s’il devait faire face à la pire situation, il saurait réagir.

En revanche, Yuan Benshan ne parvenait pas à contenir son excitation ; dans l’ascenseur, il tenait fermement la main de Chi Xiaochi, la paume en sueur.

Il dit doucement : « Chunyang, nous allons bientôt sortir d’ici. »

Chi Xiaochi regarda les chiffres de l’ascenseur grimper.

La paroi argentée et brillante du miroir renvoyait ses yeux froids.

Mais sa voix, elle, demeurait comme toujours pleine de gaieté et d’espoir : « Oui. »

Une fois entrés dans la salle d’escape game nommée « Domaine Perdu », ils prétendirent attendre des amis. Voyant qu’ils ne ressemblaient pas à des personnes louches, le jeune employé les laissa tranquilles et retourna à son jeu.

Yuan Benshan, surexcité au point d’en ressentir de la fièvre, prétexta un passage aux toilettes. Là, devant le miroir, il retira sa chemise.

Son dos portait déjà neuf marques nettes ; seule celle près du coccyx n’était encore qu’un nuage sombre et informe.

Depuis plus de deux ans, il n’osait plus aller aux bains publics, ni nager, et même pour se changer il devait se cacher. Il vivait constamment dans la peur qu’une mission lui coûte la vie. Était-ce là une existence digne d’un être humain ?

À présent, tout allait changer : ils n’étaient plus qu’à un pas de la réussite !

Un seul pas !

Après aujourd’hui, il serait libre. Il ne serait plus jamais enchaîné à ce système maudit !

De son côté, Chi Xiaochi tuait le temps dehors en jouant seul au Jenga : du bout du doigt, il tapotait légèrement les blocs superposés pour en sortir un, puis en retirait un autre sur l’autre face, se servant de cette activité pour dissiper l’anxiété qui survient parfois durant l’attente.

(NT : Les joueurs retirent à tour de rôle un bloc d’une tour en bois et le replacent au sommet sans faire tomber la tour, celui qui la fait tomber perd la partie.)

À trente minutes du début de la mission, ceux qu’ils attendaient arrivèrent.

C’était également une alliance de quatre personnes, deux hommes et deux femmes.

Parce qu’il s’agissait pour eux aussi de leur dixième mission, chacun comprenait ce que signifiait la réussite. Même en tentant de le dissimuler, la joie authentique et la tension qui émanaient d’eux ne pouvaient pas être entièrement contenues.

Chi Xiaochi fronça légèrement les sourcils.

Cette attitude de recherche de résultats immédiats n’était vraiment pas adéquate avant un escape game.

Les quatre personnes repérèrent rapidement le groupe de Chi Xiaochi et vinrent s’asseoir à leur table, engageant la conversation.

Le meneur de leur groupe était un homme à la peau couleur de blé, dont les sourcils s’élançaient en hauteur, lui donnant un air acerbe. À peine assis, il déclara avec emphase : « Mettons les choses au clair : une fois à l’intérieur, vous devrez tous m’écouter. »

Yuan Benshan n’apprécia guère : « Je pense que nous devons coopérer. Il n’existe pas de notion de “suivre l’un plutôt que l’autre”. »

L’homme répondit : « Coopérer, c’est bien, mais il faut tout de même un chef. »

Yuan Benshan ne fit pas de commentaire et se tourna vers Chi Xiaochi pour solliciter son avis du regard.

Chi Xiaochi demeura parfaitement serein : « Alors nous vous écouterons. »

Gan Yu et Gan Tang votèrent également « peu importe », ce qui détendit un peu le visage de l’homme, qui commença alors à présenter son groupe.

Sa petite équipe s’était rencontrée lors de la toute première mission, et ils étaient restés coéquipiers pendant les neuf mondes suivants.

Les deux jeunes femmes étaient collègues et amies inséparables. La plus grande s’appelait Qiao Yun, l’autre, aussi fine qu’un bâton de bambou, se nommait Jia Siyuan. On disait qu’elles étaient douées physiquement, mais leurs tempéraments divergeaient fortement : la première était bavarde, la seconde ne disait jamais un mot ; même lorsqu’on lui demanda son nom, elle jeta d’abord un coup d’œil à Qiao Yun avant de répondre.

Celui qui insistait pour être le chef se présenta comme étant Meng Qian, travailleur indépendant qui, la plupart du temps, restait chez lui à jouer à des jeux vidéo.

Depuis leur arrivée, il ne cessait de raconter ses brillants exploits passés, affirmant que sans lui, leur équipe de quatre n’aurait même pas franchi la deuxième mission.

Il tentait de prouver sa compétence, et tentait tout autant, par ses vantardises, de dissiper la peur de cette dixième mission qui approchait.

Comparativement, Chi Xiaochi éprouvait une préférence plus nette pour l’autre garçon, celui qui portait des lunettes à monture noire.

Il s’appelait Xu Jiayi. Il avait l’allure d’un étudiant, assez ordinaire au premier regard, mais d’un calme remarquable, manifestement le plus stable mentalement des quatre.

Pour cette mission, Chi Xiaochi se nommait toujours « Lou Xiaochi ».

Il ne se présenta presque pas, se contentant de rester assis en silence, les yeux fixés sur l’horloge murale.

Il restait trente secondes avant le début de la mission.

Vingt secondes.

Dix secondes.

Cinq secondes.

Une seconde.

……

Avant même que Xi Lou n’annonce officiellement que la mission avait commencé, une brume glacée et familière s’éleva brusquement dans la pièce, enveloppant instantanément tous les occupants.

Leurs nerfs étant extrêmement tendus, chacun sursauta lorsqu’un bruit de verre brisé retentit.

La seconde suivante, la brume se dissipa comme si un souffle l’avait dispersée.

Avant même qu’ils puissent réaliser ce qu’il se passait, un bruit sourd retentit, puis d’innombrables confettis multicolores s’envolèrent telle une nuée de papillons au-dessus de leurs têtes, pour se déposer soudain en pluie sur leurs épaules.

« Surprise !! »

Le jeune homme qui jouait à son jeu vidéo leva la tête — mais ce n’était plus lui.

Un clown grotesque se tenait devant eux, un sourire aux lèvres, montrant des dents d’une blancheur inquiétante. Ses cheveux, désordonnés, étaient teints d’un rouge agressif ; son œil gauche était orné d’un trèfle noir de carte à jouer ; ses lèvres, d’un rouge sombre évoquant du sang de porc, formaient un sourire tracé au rouge à lèvres, dont les commissures s’étiraient jusqu’aux oreilles, donnant une sensation de tiraillement douloureux rien qu’à le regarder.

Il quitta le comptoir d’accueil et fit une révérence exagérée aux huit personnes : « Mes très chers invités~ bonjour à vous~ »

Aucune réponse.

Le clown ne sembla pas vexé. Il retira son chapeau multicolore, en forme de perroquet, et s’en servit pour s’éventer.

« Bienvenue dans mon jeu~ Je n’ai ici que trois pièces. » Il leva trois doigts. « Et je n’ai que trois règles. »

« Première règle : ne détruisez pas les pièces que j’ai préparées avec tant de soin. Tous les indices sont placés là où vous pouvez les voir. Je déteste devoir refaire la décoration. »

« Deuxième règle : aucun indice supplémentaire~ Vous devrez tout découvrir par vous-mêmes. »

« Troisième règle : faites attention au temps. Tant que vous sortez de la troisième pièce en moins d’une heure, vous pourrez recevoir dans la quatrième la récompense que je vous ai préparée~ »

Il sortit de son chapeau, comme s’il faisait un tour de magie, une brassée entière de ballons gonflés à l’hydrogène, multicolores. Il présenta son trésor : « Les voici. Vous les aimez ? »

Meng Qian rassembla son courage : « … Et si nous ne réussissons pas à franchir le niveau ? »

Le clown émit deux rires étranges : « Alors vous resterez dans cette pièce, et vous n’en sortirez jamais~ À ce moment-là, je pourrai admirer vos expressions depuis les caméras de surveillance, hi hi hi. »

Son « hi hi » fit frissonner l’assemblée. Meng Qian ne put le supporter : il prit appui des deux mains sur la table, se leva et déclara avec empressement : « Commençons. »

Le clown se leva et les guida jusqu’à l’extrémité du couloir, devant une porte entièrement rouge sang : « Veuillez faire la queue. Entrez un par un dans l’ordre ; lorsque le dernier sera entré et que la porte se fermera, le jeu commencera officiellement. … Ah, au fait — avant d’entrer, je souhaite vous offrir un petit œuf de Pâques gratuit~ »

Il agita son doigt : « Je peux voir la part la plus sombre au fond de vos cœurs. »

Après cette introduction sinistre et mi-ironique, tous devinèrent à peu près que ce spectre n’allait pas participer directement au jeu mais jouer simplement le rôle « d’observateur ». Ils se détendirent un peu et firent la queue comme demandé, prêts à entrer.

Meng Qian, volontaire pour être le chef, entra naturellement le premier.

Lorsqu’il passa près du clown placé à côté de la porte, celui-ci plissa son œil droit et observa Meng Qian de son œil gauche, celui orné d’un trèfle noir tatoué.

« Tu es… » Il étira volontairement sa voix, « l’Arrogance. Prends garde à ne pas mourir de ta propre arrogance, hi hi hi. »

Meng Qian fronça les sourcils et fit un pas dans l’obscurité.

La deuxième à entrer fut Qiao Yun. Le clown l’observa un instant de la même manière : « Hi hi, l’Envie. Qui envies-tu donc ? Cette dame juste derrière toi ? »

Qiao Yun sursauta et se hâta d’entrer, fulminant intérieurement.

Xu Jiayi et Jia Siyuan entrèrent ensemble. Le jugement que leur asséna le clown n’était pas malveillant : simplement « inintéressant » pour l’un et « craintif » pour l’autre.

Vint ensuite le tour du groupe de Chi Xiaochi. Yuan Benshan passa en tête ; arrivé devant le clown, il l’entendit prononcer d’un ton chargé de moquerie : « Ha, un homme froid. »

Yuan Benshan supportait difficilement cette voix maniérée. Il ne répondit pas et entra directement.

Gan Tang s’approcha.

Le clown la regarda et arqua les sourcils avec intérêt : « Toi, tu es… »

Gan Tang voulut attendre son verdict, mais il ne venait pas. Surprise, sans insister davantage, elle entra à son tour.

Lorsque Gan Yu approcha, le clown éclata de rire : « Alors voilà deux idiots ! Deux fous exactement identiques ! C’est rare, vraiment rare ! »

Gan Yu l’ignora et n’entra pas : il resta debout à l’entrée, attendant Chi Xiaochi.

Après avoir suffisamment ri, le clown tourna son visage vers Chi Xiaochi : « Et toi, tu es— »

Il s’interrompit, stupéfait.

Puis il s’appuya contre le mur et se mit à rire à gorge déployée, riant au point d’en avoir les larmes aux yeux, comme s’il venait d’entendre la plaisanterie la plus hilarante du monde.

Chi Xiaochi le regarda un moment, puis lui rendit un sourire.

Le clown riait à s’en courber le dos, agitant les mains comme pour l’encourager à entrer rapidement.

Lorsque la porte se ferma, les éclats de rire stridents du clown résonnaient encore dans les oreilles de Chi Xiaochi, sans se dissiper.

 

--

L'auteur a quelque chose à dire :

L'intrigue de l'escape room commence !

La fosse que le président Chi a creusée pendant si longtemps sera enfin utilisée !

 

Traduction: Darkia1030