Buddha - Chapitre 103 - Le vieux lit.
« Monsieur Fan, tu n’arrives pas à déboutonner tes vêtements d’une seule main? Alors laisse-moi t’aider ! »
Ses longs doigts se tendirent vers le col, mais ils furent saisis ! Fan Xiao s’approcha et huma le souffle venant du nez de You Shulang : « Tu as bu ? »
You Shulang fut légèrement surpris.
« Tu ne changeras pas d’avis pas une fois sobre, n’est-ce pas ? »
Avec un léger soupir, You Shulang caressa la peau du cou de Fan Xiao du bout des doigts : « J’ai bu, alors tu veux ? »
Fan Xiao fronça lentement les sourcils, son expression complexe était indescriptible, son visage changea plusieurs fois, ses yeux vacillèrent, comme s’il traversait une longue et sérieuse réflexion. Quand il le regarda de nouveau, il y avait une nuance de tristesse indubitable dans sa voix : « Non. »
« Non ?. » You Shulang sentit que lea pièce était oppressante, et un malaise s'installa dans sa poitrine ; il avait désespérément besoin de réconfort.
« Je ne veux pas d’une aventure d’un soir. » Fan Xiao ferma les yeux, et lorsqu’il les rouvrit, ses iris étaient comme couverts d'une toile d'araignée rouge sombre : « You Shulang, je ne peux pas garantir que je contrôle mes sentiments. Sais-tu combien il m’a été difficile de lâcher prise aujourd’hui ? Je me suis averti de ne pas perdre la tête ou de me venger, parce que tu ne m’aimes pas et tu aurais peur de moi. Maintenant, je suis presque capable d’accepter la réalité, doucement, à accepter le fait que je ne peux que te regarder de loin, te protéger, et voilà ce qui m'arrive ? »
Il prit la couverture. « You Shulang, tu es ivre aujourd’hui, tu as pensé au passé, et à moi ; demain, quand tu seras sobre, tu regretteras ce que tu fais maintenant ! Que se passera-t-il alors ? Me haïras-tu encore plus et tenteras-tu de m’éviter ? Ou viendras-tu vers moi en étant ivre pour coucher avec moi ? Ce n’est pas ce que je veux ! »
Les échos de sa colère flottèrent dans le vaste entrepôt longtemps avant de s’apaiser. You Shulang resta silencieux un instant, puis croisa le regard de Fan Xiao et demanda calmement : « Tu n'en veux vraiment pas ? »
Fan Xiao attrapa lentement le paquet de « rouges » sur le lit, en sortit une cigarette qu’il coinça entre ses dents, et baissa les cils : « Non. »
Dans son champ de vision diminué, il vit les pieds de You Shulang taper deux fois sur le sol, puis se lever, ses pas étaient sûrs, s'éloignant un peu de lui.
Il partait. La cigarette s’écrasa entre ses dents, et Fan Xiao sourit amèrement.
L'instant d'après, un manteau gris foncé fut jeté sur le lit, l’appel d’air le faisant frémir et apportant avec lui le parfum des roses sauvages.
Quand il regarda You Shulang de nouveau, ce dernier ne portait plus qu’une chemise noire et un pantalon assorti ; dos à Fan Xiao, il déboutonna ses manches.
L’homme avait une silhouette élancée, des épaules larges et une taille étroite, des lignes s'affinant en une belle courbe qui suggérait une force vive. Ses jambes,moulées dans un pantalon ajusté, étaient longues et droites sous la lumière. Son regard était fixé vers le haut, et Fan Xiao ne put détourner les yeux ; les courbes pleines et sensuelles de cette zone étaient quelque chose qu’il n’osait même plus rêver de toucher.
Retroussant ses manches, You Shulang se retourna et marcha jusqu’à Fan Xiao en seulement deux pas. Il posa une main sur l’épaule raide de l’homme et s’abaissa lentement. Sa voix était basse, avec une pointe d’extase rauque et détachée : « Je ne plais plus au président Fan, n’est-ce pas ? »
Prenant la cigarette de la bouche de Fan Xiao, You Shulang regarda le mégot mordillé, puis le porta dédaigneusement à sa bouche, en tira une bouffée et expira. Ses longs doigts déboutonnèrent le premier bouton sous son cou, puis le deuxième, le troisièm
« Tu n’en veux pas une bouchée ? Tu aimais ça avant. » You Shulang parla d’un ton nonchalant, imprégné d’une lassitude décadente où se mêlaient l’odeur du tabac et celle de l’alcool.
Le cou blanc et fin, et les clavicules nettes et magnifiques transperçaient les yeux de Fan Xiao centimètre par centimètre. La mâchoire de Fan Xiao se crispa, ses poings se serrèrent, les jointures craquèrent. À cause de la tension des muscles, son expression était raide et déformée, les dents serrées, et sa voix rauque ne pouvait sortir qu’entre les dents : « You Shulang, tu es vraiment fou. »
« Tu es trop bavard. » Les cinq doigts chauds se glissèrent dans ses cheveux, et soudain, You Shulang plaqua le visage de Fan Xiao contre son cou.
Humide, chaud, délicat, l’odeur de rose sauvage… Après un moment, Fan Xiao écarquilla ses doigts crispés, serra You Shulang contre lui et ouvrit la bouche !
« Aïe ! » You Shulang porta la cigarette dans sa bouche, inspira profondément et jura doucement : « Fan Xiao, tu es un loup. »
La taille de You Shulang était étroitement serrée, et une tache chaude et humide apparut sur sa clavicule. Il baissa les yeux, dissimulant les rougeurs au coin de ses paupières, caressa les cheveux doux et murmura : « Je vais devenir fou avec toi. »
***
Un vieux lit en bois, quatre pieds lâches, comme un petit bateau sur les vagues, oscillait dans le vent et la pluie.
Les mains de You Shulang étaient croisées et pressées sur sa tête. Fan Xiao sur lui était féroce, comme une bête prête à dévorer.
« Tamain ! » You Shulang s’inquiétait pour la main blessée de Fan Xiao, mais l’instant d’après on lui saisit le cou et il sentit la rugosité de la gaze.
« As-tu encore l’esprit pour penser à autre chose ? » Fan Xiao embrassa le coin de ses lèvres et murmura de façon menaçante : « On dirait que je n'ai pas encore assez essayé. »
Toute l'énergie qu'il avait accumulée dans sa vie semblait avoir été consommée en une seule journée. You Shulang se sentait comme un origami, retourné encore et encore par Fan Xiao selon ses envies, parfois plié en deux, parfois en trois, parfois recourbé et roulé en cylindre, à sa guise.
Dans la nuit silencieuse, le son du lit en bois tremblant était dense et lourd, et dura longtemps.
« Ce lit… est-il vraiment assez solide ? » Ce fut la dernière question de You Shulang avant de perdre complètement la tête…
***
You Shulang fut réveillé par un bruit. Il leva ses paupières endolories et évita la lumière du soleil éblouissante un moment avant de se réveiller complètement.
Il était seul ; la voix de Fan Xiao venait de l’extérieur par la porte de l’entrepôt.
« Parlez doucement. Ne bougez pas les marchandises aujourd’hui. Revenez demain. »
Une autre voix jeune se plaignit : « Frère Fan, on n’avait pas convenu d’un horaire ? Il n’y a pas d’urgence. Déplacez-les maintenant. Il fait froid dehors et les voitures sont prêtes. Ce n’est pas facile pour moi de faire tout ce chemin.. »
« Il y a quelqu’un dans la pièce, qui dort. Déplacer les marchandises ferait trop de bruit, et le vent froid rentrerait. Pas question. »
« Quelqu’un qui dort ? » La voix jeune haussa soudain le ton, « Qui peut être protégé ainsi par notre Frère Fan ? »
« Mon partenaire. » À plus de dix mètres, You Shulang entendit aussi la fierté dans la voix de Fan Xiao : « Mon partenaire. »
Avec un sourire, You Shulang rejeta les couvertures et s'habilla. Il se sentait bien tant qu'il restait immobile. Mais dès qu’il bougea, les douleurs dans son corps se firent sentir à chaque articulation, lui rappelant la folie de la nuit précédente.
Soudain, You Shulang sembla se souvenir de quelque chose. Ses doigts qui boutonnaient ses vêtements s’arrêtèrent, et une trace de gêne apparut sur son visage.
Il s’accroupit et constata qu'il ne restait plus que trois des quatre pieds du lit en bois. Le quatrième coin était soutenu par quelques briques rouges, tenant péniblement sa position.
Le lit en bois était vieux, et Fan Xiao avait été particulièrement vigoureux la nuit dernière. Le lit avait craqué pendant la moitié de la nuit, et enfin, après que Fan Xiao ait chargé pour la troisième fois, il ne put plus tenir et s’effondra avec fracas.
À ce moment-là, Fan Xiao se battait encore avec acharnement. Il ne marqua qu'une brève pause avant d'entraîner à nouveau les chevilles pâles de You Shulang contre lui et se précipiter à nouveau, concluant une expérience inoubliable et intense sous un angle périlleux.
Le visage de You Shulang s'empourpra légèrement. Il chassa tous les souvenirs de la nuit dernière, se leva pour chercher son pantalon, mais découvrit que Fan Xiao s’était approché à un moment donné.
Il se tenait à trois mètres de You Shulang : « Tu vas partir ? »
La voix était grave, différente de celle d’avant.
You Shulang resta silencieux un instant, puis acquiesça : « Allons-y. »
Il aperçut instantanément la tristesse et le désespoir dans les yeux de Fan Xiao.
You Shulang s'approcha de lui, leurs épaules se frôlant presque, puis il dit lentement : « J’ai faim, allons prendre le petit-déjeuner. »
Sous sa manche, You Shulang accrocha la main de Fan Xiao et lui proposa en souriant : « Allons-y ensemble, partenaire. »
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Note de l’auteur :
Des douceurs sucrées arrivent — allons-y, allons-y, allons-y !
Traduction: Darkia1030
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