Buddha - Chapitre 104 - C'est un rêve.
Tian Xiaotian tenait sa tasse de café et fit deux « tsk tsk » à travers le verre. « Alors, quel style avait notre Président Fan quand il est arrivé à la base ? Ça devait être un Doberman, non ? Regardez-le maintenant, c’est tellement pitoyable, comme un chien errant qui vient juste d’être adopté. »
Elle bouscula l’homme à côté d’elle avec son épaule. « Cela fait trois jours, frère You, il reste chez toi depuis trois jours. J’ai calculé,il sort de la salle de réunion toutes les heures en moyenne pour vérifier que tu vas bien, comme s'il avait peur que tu te perdes ou que tu t'enfuies.»
« Vraiment ? » Un léger sourire se fit entendre dans la voix de You Shulang. Il fixait la silhouette derrière les stores d’un regard doux et plein, mais ses mots étaient adressés à Tian Xiaotian. « Donc, tu n’es pas concentrée sur ton travail ? »
La pauvre Tian Xiaotian reçut deux coups d’un seul coup. « Donc j’ai avalé une bouchée de nourriture pour chien et je me fais critiquer par le chef ? »
(NT : « nourriture pour chien » (狗粮, gǒu liáng) désigne ironiquement les démonstrations d’amour des couples que doivent « subir » les célibataires.)
Le sourire au coin des lèvres de You Shulang s’approfondit légèrement. « Ne fais pas de comparaisons déplacées. »
« Alors tu le protèges déjà ? » Tian Xiaotian se sentit accablée. « Frère You, tu es l'incarnation même de la virilité à mes yeux. On ne tolère pas les amourettes.»
Le soleil à l’extérieur réussit enfin à percer les lourds nuages et illumina de ses rayons l’homme debout, grand et droit.
Tian Xiaotian plissa soudain les yeux, se pencha vers You Shulang et fixa son visage. « Frère You, comment se fait-il que tu aies si bonne peau ces derniers temps? » Ses yeux remontèrent légèrement, fixant l’ombre sous ses cils. « Tu as bonne mine, mais tu as des cernes sous les yeux. Serait-ce… que tu fais la fête tous les soirs ? »
You Shulang, d'ordinaire si éloquent et rarement sans voix, resta un instant muet. Après trois à cinq secondes, il soupira, dit « il est temps de manger », se retourna et traversa le couloir pour entrer dans la salle de réunion.
La porte était entrouverte, et You Shulang frappa deux fois en la poussant.
Il regarda Fan Xiao et dit : « Allons manger. »
Comme l’avait dit Tian Xiaotian, Fan Xiao était à la base R&D depuis trois jours. Il se comportait étrangement, parlait peu, et ses yeux étaient perçants, surtout quand il regardait You Shulang : ses yeux étaient comme des lianes denses et enlacées, l'enserrant étroitement.
Le matin, il avait conduit sa camionnette pour emmener Tiantian à l’école, puis avait amené You Shulang au travail. Après leurs adieux, il ne partit pas. Au début, il resta simplement dans son camion, regardant le laboratoire de You Shulang toute la journée. Plus tard, You Shulang le découvrit, il s'était alors caché dans un coin encore plus profond. Finalement, You Shulang, craignant qu'il n'ait froid dans le véhicule, n'avait eu d'autre choix que de l'inviter à entrer dans la base de recherche et développement, le gardant sous son œil vigilant.
Fan Xiao se leva du canapé, regarda You Shulang un moment et murmura : « Tu pourrais me consacrer deux minutes ? »
Il était midi, les gens se changeaient et se rendaient à la cafétéria pour manger. Ils croisèrent You Shulang et le saluèrent chaleureusement.
You Shulang sourit et répondit, indiquant qu’il avait encore des affaires à régler. Tout en parlant, il entra dans la salle de réunion, son expression aussi ordinaire que lors de toute autre réunion de routine.
Il referma la porte avec le dos de la main et abaissa en même temps les stores. Dans cet espace indépendant et isolé, le sourire de You Shulang s'effaça, remplacé par une expression de détresse que seul Fan Xiao lui avait jamais vue. Il lui fit signe : « Allez, confirmons, mais tu as dit seulement deux minutes. »
Fan Xiao marcha lentement, mais devint rapide lorsque ses doigts effleurèrent You Shulang. Il l'attira contre lui et l'embrassa avec impatience.
Leurs lèvres et langues s’entremêlèrent ; Fan Xiao ne savait pas comment contrôler sa force, comme un novice. You Shulang ressentit la douleur et l’engourdissement de son baiser, mais il se laissa aller à cette rudesse.
Après de multiples va-et-vient, jusqu’à en manquer de souffle, Fan Xiao se retira. Il pressa son front contre celui de You Shulang et demanda, le souffle irrégulier : « Ce n'est vraiment pas un rêve ? Tu es vraiment de retour à mes côtés ? »
You Shulang caressa doucement la joue de Fan Xiao et lui répondit avec ferveur : « C’est réel, n’aie pas peur, Fan Xiao. »
Fan Xiao serra You Shulang contre lui : « J’ai vraiment peur que ce soit un autre de mes rêves, et que tout disparaisse à mon réveil. »
« Alors faisons durer ce rêve.. »
L’étreinte se fit plus serrée. You Shulang inclina la tête, embrassa la tempe de l’homme et sourit : « Fan Xiao, ne pleure plus, même si j’aime te voir pleurer, mais c’est seulement au lit. »
Fan Xiao frotta son cou chaud et murmura : « You Shulang, c’est toi qui m’as provoqué en premier. Même si c’est vraiment un rêve, que ce soit dans le rêve ou à mon réveil, je ne te laisserai jamais partir. »
Leurs doigts s'entrelacèrent et You Shulang répondit calmement : « Je sais. »
Fan Xiao se détendit enfin et alluma son téléphone. Il avait gardé You Shulang avec anxiété ces derniers jours ; il avait éteint son téléphone, bloqué les informations externes et suspendu tout travail.
Ce n'est qu'après les nombreuses supplications de You Shulang qu’il rétablit ses communications . L’écran de son téléphone s’illumina et un flot d’informations arriva.
Fan Xiao les parcourut distraitement, et ne s’attarda que sur un message. Il baissa les yeux, réfléchit un instant, puis rédigea une réponse. Trois mots d'une simplicité inhabituelle : « Lancez le filet». Il l’envoya d'un léger effleurement du doigt.
Après le Nouvel An, le temps se réchauffa un peu, mais Fan Xiao restait emmitouflé.
Il retira sa lourde veste de motard, révélant un manteau en cachemire épais et luxueux qui s’accordait parfaitement à la peinture argentée de sa Maybach.
Le soleil d’hiver brillait d'une intensité inhabituelle ;Quand Bai Yupeng fut extrait du casino souterrain par la police, il eut droit à cet éclat inhabituel.
Ses yeux étaient endoloris sous la brillance des rayons, ses bras étaient engourdis par les liens qui les maintenaient attachés dans le dos. Il avançait mécaniquement, mais ses jambes étaient en coton.
Peu à peu, des badauds s'attroupèrent, les commentaires allaient bon train.
« Pourquoi a-t-il été arrêté ? »
« J’ai entendu dire que c’était un trafiquant de drogue. »
« Ce salaud mériterait la peine de mort. »
Promenant son regard alentour, criant au hasard, Bai Yupeng s'arrêta soudain sur un point dans la foule. Il venait d'apercevoir Fan Xiao, adossé à sa voiture de luxe.
Il fut d’abord stupéfait. L’image de Fan Xiao dans son esprit avait depuis longtemps changé de celle d’un riche homme d’affaires noble à celle d’un d'un vulgaire va-nu-pieds. Cette apparition soudaine le déstabilisa un instant, et ce n'est qu'après une brève seconde de décalage qu'il fit le lien.
À l’instant suivant, les yeux de Bai Yupeng se remplirent de choc et de colère, et il entra dans une rage folle lorsqu’il réalisa soudainement la vérité.
« C'est toi ! C'est toi ! C'est ta vengeance » Il ne se souciait plus de la douleur et se débattait entre les mains de la police. Son visage était déformé par une expression féroce et terrifiante, il était prêt à dévorer Fan Xiao.
De l'autre côté de la rue, Fan Xiao, l'air nonchalant, le regardait comme on regarde un vulgaire chien errant. Il haussa les épaules, puis leva lentement la main et se passa l'index sur la gorge, dans un geste d'une froide détermination.
Voyant que le chien humain de l’autre côté aboyait de plus en plus fort, il esquissa un léger sourire et tapa à la vitre de la voiture derrière lui.
La vitre descendit lentement, révélant un visage ordinaire ressemblant à 70 % à celui de Bai Yupeng.
Bai Yupeng, qui continuait à se débattre, resta interdit. Son teint passa du vert au blanc pour finalement virer à une férocité rageuse.
Pourtant, ses hurlements et ses soubresauts ne lui valurent qu'un regard méprisant de l'homme dans la voiture. Quant à Fan Xiao, trouver même du plaisir à contempler sa déchéance lui semblait vain. Il détourna la tête pour observer la boutique de fleurs au bord de la route.
Bai Yupeng fut poussé dans la voiture de police, et la dernière expression sur son visage lorsque la portière se referma fut un grincement de dents.
Observant la voiture de police s’éloigner, l’homme à l’intérieur tendit la main par la fenêtre : « Monsieur Fan, la coopération fut un plaisir. »
Fan Xiao jeta un coup d’œil à la main, mais ne la serra pas. Il dit simplement d’un ton paresseux : « Félicitations au quatrième jeune maître Bai pour son accession au pouvoir. »
« J'espère pouvoir compter sur la bienveillance de Monsieur Fan à l'avenir… »
« Nous reparlerons de l'avenir plus tard. » Fan Xiao tapota sur la voiture et ajouta : «Je m'en vais, j’ai autre chose à faire. »
La porte de la boutique de fleurs s’ouvrit, et une voix masculine et sensuelle demanda : « Avez-vous des roses sauvages ? »
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Note de l’auteur :
Fan Xiao a encore une autre bombe à lâcher ensuite. Se cache le visage !
Traduction: Darkia1030
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