Buddha - Chapitre 109 - Extra 3 : Fossoyeur des rivaux amoureux

 

You Shulang jeta un regard à Fan Xiao avant de saluer la personne qui approchait : « Xiao Qin. »

Qin Zhiyeng serra les poings : « Frère You, est-ce qu’il t’a forcé ? »

You Shulang donna une réponse claire devant les deux hommes. « Xiao Qin, Fan Xiao est maintenant mon petit ami, et nous sommes ensemble. »

Même son masque de douceur ne put dissimuler l’air satisfait de Fan Xiao. Il posa son bras sur l’épaule de You Shulang et pressa son corps contre le sien : « Monsieur Qin, je pense que nous devons faire connaissance de nouveau en tant que rivaux amoureux. Soyez le bienvenu. »

Qin Zhiyeng ignora Fan Xiao, pointa la moto cassée et dit à You Shulang : « Il t’a menti. Il possède maintenant deux voitures, une entreprise et plusieurs parts à son nom. Ce ne sont que ses actifs en Chine, et il en a beaucoup plus à l’étranger. Frère You, il fait semblant d’être pauvre pour gagner ta sympathie ! »

Fan Xiao le tapota doucement : « Monsieur Qin, enquêter sur quelqu’un en privé, c’est illégal, n’est-ce pas ? »

Qin Zhiyeng répliqua : « Ce n’est pas vrai ? »

« C’est vrai, mais ton frère You sait déjà tout cela. »

« Il le sait ? »
Le Qin Zhiyeng mûr montra une expression incrédule. « Frère You, c’est un salaud, pourquoi veux-tu te remettre avec lui ? »

« Xiao Qin… » Le regard de You Shulang s’abaissa légèrement. « Je sais que tu t’inquiètes pour moi, merci de penser à moi, mais je ne veux pas entendre d’autres personnes prononcer des paroles qui calomnient mon petit ami. »
Il pensa à ses propres cicatrices qui l’avaient fait pleurer et ajouta, impuissant : « Peut-être ai-je utilisé le mot “calomnier” de façon inappropriée, mais je sais que tu comprends ce que je veux dire. »

Il adoucit son ton : « Xiao Qin, il est difficile de juger ce qui se passe entre Fan Xiao et moi. Tu t’inquiètes pour moi, je ne ferai rien d’impulsif, j’espère que tu peux me comprendre. »
Il sourit. « Bien sûr, ce n’est pas grave si tu ne comprends pas. »

Le poing de Qin Zhiyeng se détendit lentement, et il retrouva l’allure du jeune talent impassible. « Je comprends, les sentiments sont déraisonnables. »

Il jeta un coup d’œil à Fan Xiao, toujours sombre, puis cacha ses pensées : « Frère You, peu importe avec qui tu es, j’espère que tu seras heureux. Je pars bientôt en Afrique pour développer mon commerce et je ne reviendrai pas en Chine à court terme. Avant de partir, puis-je te serrer dans mes bras pour pleurer mon premier amour perdu ? »

Il ouvrit les bras.

Fan Xiao arracha la cigarette qu’il venait de porter à sa bouche : « Xianglian, tu joues les héros tragiques, arrête avec ton drame de vengeance.. »

Les yeux de Qin Zhiyeng rougirent légèrement : « Puis-je, Frère You ? »

You Shulang tapota doucement le dos de Fan Xiao pour le rassurer, puis s’avança et accepta l’étreinte de Qin Zhiyeng.
Alors qu’ils se serraient dans les bras, l’homme qui l’étreignait leva les paupières et lança un regard provocateur à Fan Xiao.

Fan Xiao tritura le mégot de cigarette entre ses doigts et ricana : « Quelle histoire d'amour platonique. »

Qin Zhiyeng haussa les sourcils, resserra ses bras et appuya son visage contre le cou de You Shulang, avec une expression solitaire et triste. « Je pars. »
Après un moment, il quitta l’étreinte chaleureuse. « Frère You, si tu veux enquêter sur la personne qui te suit, tu peux venir me voir quand tu veux. Je peux tout savoir sur lui. »

Fan Xiao ramena You Shulang à ses côtés : « Je n’ai rien à cacher, pas besoin de te déranger. »
Il essuya la peau sur le côté du cou de son amant et ajouta sans chaleur : « Je vais raccompagner Monsieur Qin. »

« Ne… »

« Ne t’inquiète pas, » interrompit Fan Xiao, « je connais mes limites. »

Qin Zhiyeng venait d’ouvrir la portière lorsque Fan Xiao, avançant lentement, dit en plaisantant : « Xiao Qin, veux-tu aussi me serrer dans tes bras ? Après tout, je suis le premier rival amoureux de ta vie. »

Qin Zhiyeng répondit calmement : « Dégage », ouvrit la portière et monta dans la voiture.

Fan Xiao se pencha vers la porte et, à la surprise générale, afficha un air sérieux :
« Qin Zhiyang, ce que j’ai dit tout à l’heure peut sembler une plaisanterie. Si jamais tu rencontres quelqu'un que tu aimes vraiment, n'utilise pas ces méthodes méprisables pour le blesser, ne sois pas comme moi — j’ai failli perdre la personne que j’aime le plus. J'ai fait trop souffrir You Shulang. Tu peux me traiter de salaud, je ne discuterai pas. Tire les leçons de mon erreur, ne fais pas de choses que tu regretteras. D'ailleurs, tout le monde n'est pas You Shulang, prêt à donner une chance à un salaud. »

La main de Qin Zhiyeng sur le volant se crispa, les veines saillantes ; il évita le regard de Fan Xiao. « Tu me dis cela parce que tu penses que je suis aussi un pervers ? »

Fan Xiao se redressa et répondit légèrement : « Je te dis cela parce que tu as autrefois aidé You Shulang. »

Il tapa la carrosserie : « Vas-y, je te souhaite de trouver le véritable amour en Afrique. »

Qin Zhiyeng jura à voix basse, jeta encore un regard à You Shulang dans le rétroviseur, puis accéléra ; la voiture rugit et partit.

« La moto n'est pas cassée ? » demanda calmement You Shulang en voyant Fan Xiao revenir.

Fan Xiao  hésita un instant, puis répondit en souriant : « Pas cassée . Je savais juste que Qin Zhiyeng passait ici chaque jour, alors j’ai conduit jusqu’ici, pour qu'il se fasse une raison. »

« Donc, tu as aussi mené une enquête privée sur lui ? »

« Oui, il faut connaître son rival. » Il plaida un peu : « Je manquais juste de confiance en moi. »

« Oh ? Le président Fan a aussi des moments de manque de confiance ? »
You Shulang enfourcha la moto avec aisance ; le pantalon étroit moulait son corps de façon extrêmement séduisante. Il fit démarrer le moteur, s'approcha lentement de Fan Xiao et se pencha pour murmurer : « Le président Fan est très beau en blouson de motard, ça donne des envies. Ce soir, je pensais goûter aux joies d'un homme un peu rustre, mais maintenant, tu n'as plus ta place dans mon lit. »

Fan Xiao caressa son visage et effleura ses lèvres avec son pouce. « Les chances, c'est le directeur You qui les donne. Tout à l'heure, tu disais à Qin Zhiyang que tu n'agissais jamais sur un coup de tête. Maintenant, je n'ai qu'une seule question à te poser : est-ce que c'est vraiment difficile pour toi de me donner une nouvelle chance, de m'accepter à nouveau ? »

La moto vibrait. You Shulang se pencha et déposa un baiser au coin des lèvres de l'homme. « Je lui ai menti. C'est vrai que je suis rarement impulsif. Il n'y a que deux choses qui m'ont profondément marqué à l'âge adulte :  la première fois, c'est quand je suis tombé amoureux de toi trop vite sans vraiment te connaître ; la seconde, c'est quand, sachant pertinemment que tu étais un salaud, je suis quand même revenu te chercher. »

Il réfléchit : « Est-ce que c'était difficile ? Je ne pense pas. Tout le processus s'est résumé à me saouler au baijiu. »

La main de Fan Xiao, posée sur You Shulang, appuya plus fort. Sa voix se brisa légèremen : « Shulang… »
L'instant d'après, il fut repoussé sans ménagement. You Shulang lui tapota la joue : « La moto est vieille, elle ne peut pas transporter deux personnes. Au revoir, Monsieur Fan. »
Il baissa les yeux, tourna la poignée des gaz et démarra dans un nuage de poussière.

Fan Xiao resta stupéfait un instant, puis éclata de rire. Il mit ses mains en porte-voix et cria en direction de la silhouette qui s'éloignait : « You Shulang, je t’aime ! »

Le bruit de la moto s'arrêta au loin. You Shulang, les longues jambes au sol, sortit une cigarette.

Il tira deux bouffées sur la cigarette avant que Fan Xiao le rattrape. Celui-ci enfourcha la moto derrière lui et enlaça sa taille : « Directeur You, emmène-moi, et tu pourras faire ce que tu veux en rentrant à la maison. »

You Shulang lui jeta un regard, sa cigarette au coin des lèvres, et fit redémarrer la moto . Dès que la vitesse augmenta, il n’y eut plus d’espace entre eux, et Fan Xiao heurta son dos. Il entendit une voix grave : « Accroche-toi bien, sinon ce sera dangereux. »

Serrant fermement cette taille fine et robuste à deux mains, Fan Xiao enfouit son sourire et ses larmes dans les larges épaules de l’homme.

 

Traduction: Darkia1030