Buddha - Chapitre 111 - Extra 5 : Le pourboire est de cent bahts

 

Le jour de la première pluie d'automne, Fan Xiao devint le directeur général des ventes pour les trois provinces du Nord de la Chine chez Kangda Pharmaceutical et, par le biais d'une transaction d'actions, devint le nouveau directeur de l'entreprise.

, You Shulang attendait dans un restaurant d’Asie du Sud-Est pour célébrer  la réussite de Fan Xiao. .

« Souhaitez-vous commander, monsieur ? Le plat recommandé par le chef ce soir est du poisson  grillé à la citronnelle et au citron. »

Une voix masculine agréable rappela à la réalité You Shulang qui regardait par la fenêtre. Il se tourna vers le grand et élégant serveur se tenant à côté de lui et demanda en souriant : « Que recommandez-vous d'autre ? »

« Le serveur de l'établissement n'est pas mal non plus, il mérite qu'on s'y attarde.  »

You Shulang s’enfonça dans le dossier de la chaise, et il détailla du regard l’homme vêtu à la thaïlandaise devant lui. Le style exotique éclatant et somptueux, l’opposition et la fusion entre dignité et coquetterie, éveillèrent la flamme cachée au plus profond de lui.

Il Il but une gorgée d'eau, leva les yeux et prit une voix froide comme du jade ancien :: « Combien ça coûte ? »

Le serveur demeura humble :
« Pour ce gentleman, un pourboire de cent bahts thaïlandais suffira. »

You Shulang enroula un doigt autour de la chaîne ornée de pierres précieuses que le serveur portait à la taille, la caressant lentement. Il t murmura : « On dit qu'on n'a rien de bon pour pas cher, j'ai peur de faire une mauvaise affaire. Puis-je inspecter la marchandise ? »

Le serveur se pencha pour remplir sa tasse de thé et, tandis que leurs corps s’effleuraient, demanda : « Comment souhaitez-vous inspecter la marchandise, monsieur ? »

You Shulang le regarda, puis se leva et se dirigea  vers les toilettes.

Le serveur venait juste d'arriver devant la cabine quand une mainn de derrière la porte, l'agrippa fermement et le tira à l'intérieur. La porte se referma, sa chaîne de taille fut tirée, projetant son corps contre une poitrine chaude.

Sa mâchoire fut saisie, le serveur se retrouva prisonnier d'une étreinte solide.

« Tu parles thaï ? » Une respiration brûlante effleura son visage, y semant une myriade de picotements.

« Oui. »
« Dis quelque chose. »
«
ค่าทิปร้อยบาทค่ะ. »
« Ça veut dire quoi ? »
« Le pourboire est de cent baths. »

You Shulang rit doucement : « Si la marchandise est bonne, tu ne manqueras pas de pourboire. »

Face à face, poitrine contre poitrine,  la voix grave de You Shulang se glissa contre son oreille, telle une note grave d'une sérénade, ensorcelante : « Ouvre la bouche, bébé, laisse-moi d'abord t'embrasser. »

La personne dans ses bras obéit, inclina lentement la tête et entrouvrit les lèvres pour ce pourboire de cent bahts.

You Shulang l’embrassa, pressant ses lèvres humides et douces ; d’innombrables sensations engourdissantes éclatèrent dans le lent frottement, créant une dépendance. Il glissa ses doigts dans les cheveux de l'homme, exerça une légère pression, approfondissant et solidifiant ce baiser.

Les lèvres et les langues s’entrelacèrent, moins douces qu’auparavant, avec une pression dominatrice qui volait facilement le souffle de l'autre. L’acceptation et l’obéissance de l’homme renforcèrent le désir de contrôle de You Shulang ; il le serra davantage et exigea d’une voix rauque : « Déboutonne deux boutons. »

La chemise formelle beige à col haut fut ouverte par deux doigts fins. Le flux d'air chaud de la respiration de You Shulang effleura la nuque du serveur, forçant sa pomme d'Adam à tressauter profondément à deux reprises.

Le baiser  atterrit sur son cou.  Une infime parcelle de peau semblait consumée par un feu ardent. Un frisson, pénétrant jusqu'à la moelle, irradia de ce point pour se répandre dans tous ses membres. L'homme qui recevait ce baiser avait du mal à le supporter. Ses cils palpitèrent violemment deux fois avant de s'abaisser pour voiler le trouble de son regard.

La bandeau vert sombre, drapé en travers, glissa de ses épaules, la chaîne de gemmes tinta doucement. Le grand serveur robuste demeurait passif, retenu par le bras puissant de You Shulang derrière sa taille, comme emprisonné à jamais par une poigne inexprimable.

Trois boutons étaient déjà défaits, et le baiser brûlant descendait encore. De toute évidence, ils en voulaient tous deux davantage, pour apaiser la soif ardente qui les consumait.

C'est alors qu'une voix, volontairement basse mais étrangement familière, parvint de l'extérieur : « Fan Xiao, Fan Xiao, tu es là ? Tu n'avais pas dit que tu me rendrais l'uniforme de travail tout à l'heure ? Là, le manager me cherche déjà. »

Le serveur que You Shulang enlaçait lâcha un faible « Merde », remonta le tablier de style Raj (NT : style inspiré de l’époque coloniale indienne), et sauta d'un bond sur la cuvette des toilettes.

À peine avait-il atterri, sans perdre une demi-minute, qu'il attira You Shulang vers lui et l'embrassa de nouveau...

***

Un somptueux repas était dressé sur la table quand Fan Xiao, élégant dans son costume, sortit enfin du vestiaire du personnel. Il tapota l'épaule d'un serveur croisé, lui tendit une cigarette en souriant et échangea quelques plaisanteries.

Levant les yeux, il marqua un très léger temps d'arrêt, une expression surprise, fugace, traversa son visage avant de disparaître. Après avoir échangé encore quelques mots avec son ancien collègue, il se dirigea vers la table.

You Shulang avait retrouvé son calme élégant, loin de l'air pressé qu'il affichait en séduisant le serveur un instant plus tôt. Il était maintenant assis à côté d'une femme, d'âge mûr, à l'allure imposante et gracieuse.

À peine Fan Xiao arriva-t-il qu’elle dit : « Alors tu retournes à tes vieilles amours ? L'herbe d'antan a-t-elle encore de la fraîcheur ? »

You Shulang sourit sans répondre, tira une chaise et invita Fan Xiao à s’asseoir.

Posant une main sur la cuisse de Fan Xiao, il dit : « Laisse-moi te présenter, voici Madame Shi. Elle dîne aussi au restaurant, on s'est croisés par hasard. »
Fan Xiao afficha un sourire parfaitement adapté, prit la théière et resservit la femme :
« Madame Shi, nous nous sommes déjà rencontrés. Je n’ai pas eu l’occasion de me présenter correctement auparavant, mais cette fois mon souhait se réalise. »
Il tendit la main. « Je m’appelle Fan Xiao — vous pouvez m’appeler Xiao Fan. »

La femme, le menton dans la main, regarda la main tendue sans bouger. Ce n'est que lorsque You Shulang ajouta « Fan Xiao est maintenant mon compagnon » qu'elle daigna, avec nonchalance, poser brièvement sa main dans celle de Fan Xiao.

Retirant sa main, elle lança un regard en biais à You Shulang : « Encore à le protéger Tu as oublié ce qu’il t’a fait subir. »

You Shulang sourit sans répondre, tandis que Fan Xiao lui servait soigneusement des plats avec des baguettes de service : «  Par le passé, j'ai fait beaucoup de choses impardonnables à Shulang. Heureusement que Madame Shi l’a protégé, sinon il aurait beaucoup souffert. »

 Fan Xiao leva son verre : « Madame Shi, merci de l’avoir éloigné de moi. À cette époque… j’étais un salaud (jerk : personne grossière et méprisable). »

La femme mangea lentement Il fallut un long moment avant qu'elle ne tapote la chapelure de ses doigts, ne prenne son verre et ne le cogne contre celui de Fan Xiao : « Se changer en démon est facile, redevenir humain est difficile. Puisque Xiao You t'a de nouveau accepté, je ne peux que lui souhaiter d'être bon, chanceux, et de trouver le bonheur. »

Elle but son verre d'un trait, se leva : « Mes amis m’attendent, je pars. »
Contournant la table, elle laissa glisser ses longs doigts avec lenteur sur l'épaule de You Shulang. Se penchant, elle lui dit, assez fort pour que Fan Xiao entende distinctement Youyou, si tu regrettes ton choix, tu peux revenir me voir. J’ai beaucoup de bons hommes, tu peux les examiner à volonté. »

« D’accord », répondit You Shulang en souriant.

 

Traduction: Darkia1030

 

 

 

 

 

 

 

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