Buddha - Chapitre 114 – Extra 8 : Te salir

 

Avertissement : contenu explicite R18

 

Note de l’auteur : Complément à la partie concernant le directeur You et Fan Xiao du chapitre 76 de ‘there is no such bird’. Suite à de nombreuses demandes, voici un complément aux points de suspension.



Dans un hôtel haut de gamme, à quelques kilomètres de là, les rideaux étaient tirés, ne laissant filtrer aucune lumière. You Shulang était assis sur une chaise haute au dossier sculpté. Il enfila lentement des gants en cuir noir sur ses mains.

Son regard froid effleura l'homme qui se tenait devant lui, vêtu d'une simple chemise blanche.

Il releva légèrement le coin des lèvres : « À genoux. »

Fan Xiao savait lire l'humeur de You Shulang. À cet instant, dans cette chaise, c'était plus de la colère que du désir qu'il lisait sur son visage.

Après une brève réflexion, Fan Xiao posa un genou à terre.

You Shulang sortit son téléphone et composa un numéro. En attendant la connexion, son regard glissa vers le genou de Fan Xiao toujours en suspens.

La respiration de Fan Xiao se fit plus légère. Il posa son autre genou, s'agenouillant fermement, sans tricher, puis s’allongeant.

L'appel fut décroché juste avant la dernière sonnerie. « Directeur You ? » La voix pleine de Schadenfreude de Xue Baotian résonna dans l'écouteur. « Toi et Fan Xiao, vous nous aviez invités à un concert symphonique, pourquoi n'êtes vous pas encore là ? »

Il appuya lourdement sur les deux caractères de « Fan Xiao », comme s'il retournait un poisson salé au soleil pour le faire sécher des deux côtés.

Le silence de la pièce était tel que les sons du téléphone filtraient légèrement. Les sourcils de Fan Xiao tressaillirent imperceptiblement, il laissa échapper un faible « putain » entre ses dents.

« Un contretemps, je n'ai pas pu venir, désolé. » La voix de You Shulang était douce et courtoise, comme une brise printanière. Pourtant, de l'autre côté du fil, le visage froid, il tendit la main pour attraper le col de Fan Xiao, l'attirant près de lui. Du bout des doigts, à travers le cuir des gants, il appuya doucement, à plusieurs reprises, sur sa pomme d'Adam.

Observant l'expression instantanément tendue de Fan Xiao, You Shulang demanda d'une voix inchangée à son interlocuteur : « Directeur Xue, j'ai entendu dire que toi et Fan Xiao alliez bientôt collaborer sur un projet ? »

« Non. » Xue Baotian nia très vite. « Fan Xiao veut mettre la main sur une chaîne de pharmacies ici, en jouant au plus malin. Il insiste pour m'associer à son coup. Mais moi, putain, je regarde encore Makka Pakka à la télé, je suis pur, je pourrais faire un truc pareil ? J'ai déjà refusé catégoriquement. »

(NT : Makka Pakka  est un personnage de la série télévisée britannique pour enfants ‘le jardin des rêves’)

Fan Xiao ricana froidement, un ricanement à peine audible : « Lui, il regarde Makka Pakka par pureté ? C'est parce que son QI ne lui permet pas de comprendre autre chose. »

Sa pomme d'Adam subit une nouvelle légère pression. Sa phrase resta en suspens. You Shulang lui lança un regard glacial, puis, couvrant le micro, demanda à Fan Xiao : « Pourquoi t'en prendre à cette pharmacie ? »

Les yeux étroits de Fan Xiao plissèrent. Il fouilla dans les poches de You Shulang pour y trouver une cigarette. Il en dénicha une, la mit entre ses lèvres, puis répondit seulement : « Ils me doivent plusieurs millions de yuans pour des livraisons. Au début, ils ont prétexté des problèmes de trésorerie pour retarder le paiement. Ensuite, le gérant est mort, et ceux qui ont repris ont encore moins voulu payer. Ils ont vidé la boîte pour n'en faire qu'une coquille vide. Maintenant, l'actif ne couvre plus le passif. À qui je dois réclamer cet argent ? »

« Pourquoi ne pas passer par les voies légales ? »

« Trop long, trop d'énergie. » Fan Xiao mâchonna sa cigarette, le regard se refroidissant. « Et puis, pourquoi eux auraient-ild le droit de jouer sales, et pas moi ? »

You Shulang poussa un léger soupir. Il prit la cigarette entre les lèvres de Fan Xiao pour la mettre dans les siennes, l'alluma, et dit dans le combiné : « Directeur Xue, pourrais-tu me rendre un service ? Fais discrètement circuler dans le milieu les exploits passés de Fan Xiao, et laisse aussi filtrer la nouvelle qu'il veut s'occuper de cette pharmacie. »

Xue Baotian était un homme intelligent, une demi-information lui suffisait : « Faire savoir à l'autre que Fan Xiao est ce cinglé qui a fait tomber toute sa propre famille et envoyé son père et son frère en prison, c'est ça ? »

You Shulang effleura le genou de Fan Xiao du bout du pied pour qu'il se tienne droit. Ses doigts glissèrent ensuite vers le bas, effleurant les boutons de sa chemise : « Je te remercie, directeur Xue. »

L'autre ricana à l'autre bout du fil : « Pas difficile, mais à qui devra-t-on cette faveur ? »

You Shulang fit sauter un bouton : « C'est à moi que tu la feras, cette faveur. »

« Inutile, entre nous, directeur You, pas de ça. »

You Shulang approcha le téléphone de l'oreille de Fan Xiao. Du doigt, à travers le gant, il fit sauter un autre bouton : « Parle. »

La respiration de Fan Xiao s'alourdit. Son regard sur You Shulang était comme embrasé. Il dit, d'un ton très détaché, dans le combiné : « Directeur Xue, c'est à moi que tu feras cette faveur. Si tu m'aides à régler ça, et si je peux gagner sans coup férir, je t’ouvre les portes de la Thaïlande. »

C'était exactement ce que Xue Baotian attendait : « Marché conclu ! Mais le type ne va pas rendre l'argent juste parce qu'on lui fait peur. Il faudra qu'on joue la comédie ensemble, le président Fan et moi, pour que cet enfoiré flippe vraiment. »

Les boutons de Fan Xiao étaient défaits jusqu'au dernier. You Shulang, quant à lui, examinait sa virilité avec une froide indifférence.

La voix de Fan Xiao devint rauque : « Pas de problème, directeur Xue, organise, je jouerai le jeu. »

La voix au téléphone était clairement empreinte d'une excitation malveillante. Le directeur Xue, qui regardait Makka Pakka, conclut : « Alors, on va les buter proprement, dans les règles. »

La communication coupée, You Shulang resta froid. La cigarette au coin des lèvres, son regard parcourut le corps de Fan Xiao centimètre par centimètre, comme s'il admirait un beau vase.

Fan Xiao, docile, s'approcha pour rallumer la cigarette de You Shulang : « J'ai eu tort, directeur You. La prochaine fois, je ne prendrai plus de risques. »

You Shulang leva les yeux vers lui : « Puisque tu reconnais tes torts, quelle punition mérites-tu ? »

Le regard de Fan Xiao croisa soudain celui de You Shulang. Dans la fumée légère qui les enveloppait, il dit lentement : « Quelle punition veux-tu m'infliger ? »

Fan Xiao aimait tout ce qui offrait une sensation tactile agréable.

Le corps de You Shulang, ses cheveux, ses lèvres. Mais aujourd'hui, tout cela lui était interdit. Il ne pouvait qu'être allongé, passif, sur la literie en soie au toucher agréable, se laissant faire, offrant tout ce qu'on voulait bien lui prendre.

Un gant militaire en cuir de veau noir, enduit de lubrifiant, enserra son sexe imposant et le caressa lentement de haut en bas.

« Le président Fan a la manie de la propreté, n'est-ce pas ? » L'autre main de You Shulang tenait toujours sa cigarette. La fumée s'enroulait autour de ses doigts, comme un amour ancien et douloureux.

Observant attentivement l'expression d'endurance de Fan Xiao, You Shulang plaça son pouce sur le gland sensible. « Alors, aujourd'hui, je vais te salir. »

Le cuir de veau était doux, mais moins que la pulpe des doigts. L'endroit le plus fragile et le plus sensible fut frotté lentement en cercles, passant du rose clair au rouge foncé.

« You Shulang. » Les poignets de Fan Xiao étaient liés et attachés à la tête du lit. Il portait un bandeau sur les yeux, sa vision était entravée. « Arrête… »

« Tu n'aimes pas ? » You Shulang se pencha pour l'embrasser, mais ses mains redoublèrent d'efforts. Le grain du cuir frottait de la façon la plus directe le méat urétral. Tantôt doucement, tantôt plus fort, caresses ou pressions, You Shulang contrôlait le rythme, il avait le corps de Fan Xiao totalement en son pouvoir. « N'as-tu pas dit que j'avais le droit de te punir comme je voulais ? »

« Tu peux me punir comme tu veux, mais je t'en supplie, détache-moi. Shulang, je veux te prendre dans mes bras, tout de suite. »

You Shulang remit la cigarette entre ses lèvres, libérant ainsi sa main pour aller caresser les bourses de Fan Xiao. Sa voix, déjà naturellement voilée, passée par le filtre de la fumée, prenait une intonation longue et pleine de sous-entendus : « Patiente. Ou alors… appelle-moi "grand frère", pour voir. »

Fan Xiao avait la langue bien pendue en temps normal, il avait déjà dit des choses bien plus osées et vulgaires, alors un simple « grand frère »…

Il lâcha immédiatement : « Grand frère, mon frère, cette fois-ci, sois clément, épargne-moi. »

Sa voix rauque et sensuelle, imprégnée de désir, chatouilla le cœur de You Shulang. Le regard de ce dernier s'assombrit brusquement. En guise de punition, il donna une petite chiquenaude sur les bourses gonflées : « Grand frère aussi a du mal à être sévère, mais qui t'a poussé à commettre une faute ? »

Ses deux mains agissaient de concert. Les va-et-vient amples et rapides sur le sexe, les pincements et tiraillements peu tendres sur les bourses, tout cela fit perdre tout contrôle à Fan Xiao. Sous la contrainte des liens, les veines de ses avant-bras saillaient nettement. Les muscles fermes de l'intérieur de ses cuisses frémissaient légèrement. Quand le point de non-retour fut proche, Fan Xiao rejeta la tête en arrière avec force, sa pomme d'Adam tressautait sans cesse : « Enlève le gant, You Shulang, mon frère, enlève le gant, touche-moi directement. »

You Shulang exauça son vœu. Il retira le gant et saisit le sexe épais. Cet engin maudit de Fan Xiao, qui était entré et sorti si souvent de son propre corps, portait sa marque, était gravé à son nom. Pourtant, chaque fois qu'il le revoyait, You Shulang ne pouvait s'empêcher d'être à nouveau impressionné par son imposante stature.

La rugosité du cuir de veau procurait une sensation spéciale, électrique. Mais la pulpe des doigts permettait de contrôler chaque mouvement avec bien plus de précision. La pulpe douce remonta lentement de la base, les ongles courts et nets grattant doucement les plis de la peau. Après un contact léger et délicat, les doigts se refermèrent, pleins, et You Shulang se mit à caresser le sexe rapidement, de façon conquérante, menant Fan Xiao presque à la folie.

« Shulang, plus vite, laisse-moi jouir ! »

À l'instant ultime, You Shulang contempla le visage de Fan Xiao, entièrement habité par le désir, puis il referma sa main sur le méat du sexe qu'il tenait, interrompant net la jouissance imminente.

« Shulang ! » Tous les muscles de Fan Xiao se bandèrent, dans la souffrance de ne pas trouver l'apaisement.

Mais l'instant d'après, ces doigts à la fois tant désirés et haïs recommencèrent à caresser doucement son sexe, le touchant avec plus d'ardeur, plus impitoyables, le repoussant encore et toujours au bord du gouffre de la jouissance.

« La prochaine fois, tu feras encore fi des règles et prendras des risques ? » La voix de You Shulang était également voilée par une sourde tension.

« Non, je t'écouterai. » La réponse de Fan Xiao était entrecoupée par sa respiration haletante. « Je ne prendrai plus jamais de risques. »

Le rythme s'accélérait. Une sensation électrique remonta de son coccyx pour frapper son cerveau, à la même vitesse que les mouvements de la main de You Shulang. Quand l'ongle racla impitoyablement son méat, Fan Xiao, la vision obstruée par son bandeau, vit une lumière blanche éclater devant ses yeux. Il cambra les reins et jouit enfin.

Le sperme épais aspergea la poitrine de Fan Xiao. You Shulang en préleva un peu du bout du doigt et l'étala au coin de ses lèvres. Puis il déposa un baiser de l'autre côté et murmura : « Fan Xiao, te voilà sale. »

***

Ce fut Fan Xiao qui porta You Shulang dans la salle de bains. La porte vitrée n'avait même pas eu le temps de se refermer complètement que Fan Xiao avait déjà introduit la moitié de son sexe par-derrière.

Il avait vraiment trop poussé Fan Xiao aujourd'hui, et You Shulang était prêt à le laisser faire, à le gâter un peu. Il relâcha ses muscles, essayant de l'accueillir au mieux.

« You Shulang, tu es trop dur. » Fan Xiao entra d'un coup, jusqu'à la garde, et sans la moindre pause, commença à onduler des hanches. « Je n'avais même pas encore fait ce truc que tu me punissais déjà. Si je l'avais fait, tu aurais carrément assassiné ton mari ? »

C'était trop fort, trop rapide. You Shulang avait du mal à suivre. D'une main, il s'appuyait contre le mur, de l'autre il attirait Fan Xiao pour l'embrasser. Il avait totalement abandonné son masque froid et impitoyable de tout à l'heure. Son regard n'était plus que douceur, un océan dans lequel on voulait se noyer. « Si tu ne commets pas de faute, je ne ferai que te chérir. »

Fan Xiao approfondit le baiser. Dans le tumulte des langues entremêlées, il attrapa la main de You Shulang et la guida lentement vers le bas, jusqu'à son sexe, tout aussi imposant.

« Professeur You, j'ai bien appris la leçon. Veux-tu m'interroger, voir mes résultats ? »

La voix de Fan Xiao était étouffée par les bruits de succion. Le signal d'alarme retentit dans l'esprit de You Shulang : « Inutile… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le dos de You Shulang se cambra en arrière et qu'il laissa échapper un gémissement léger, d'une beauté à damner un saint.

L'expérience prouva que Fan Xiao non seulement avait bien appris, mais savait aussi faire preuve d'initiative et adapter ses gammes.

Désormais, You Shulang était attaqué sur deux fronts. Fan Xiao maniait ses doigts avec une dextérité exceptionnelle. La jouissance suprême de la prostate caressée par son sexe, combinée au vide abyssal d'une éjaculation impossible, un doux et un amer, le paradis et l'enfer, tiraillé et déchiré, You Shulang se sentait comme pris entre l'eau et le feu, incapable de trouver le salut.

« Dis-moi un truc gentil. »

You Shulang connaissait la perversité de Fan Xiao, son esprit de vengeance. Il ne voulait pas lutter, et sortit l'arme la plus dévastatrice : « Mon mari. »

Comme prévu, ce qui était en lui gonfla encore d'un cran : « Redis-le. »

Le regard de You Shulang se voila. Il embrassa Fan Xiao, sa voix tremblait plus encore : « Mon mari. »

Tel un mécanisme soudainement remonté à bloc, Fan Xiao enserra You Shulang et le besogna avec une énergie décuplée pendant plus d'une centaine de va-et-vient. Tout en s'activant, il saisit le sexe de You Shulang, de plus en plus dur et gonflé, et en boucha le méat de son pouce, l'empêchant d'atteindre le sommet du désir.

« Fan Xiao, Fan Xiao… » You Shulang frotta sa joue contre la mâchoire de Fan Xiao, tentant de conserver un semblant de lucidité pour raisonner avec lui. « Toi, tu es vraiment trop excessif. »

« Mais quand je t'ai supplié, tu n'as pas été tendre avec moi. Si le directeur You me supplie, moi j'obéis. »

« … Je t'en supplie. »

Fan Xiao continuait ses va-et-vient, se concentrant uniquement sur ce point sensible. « Directeur You, supplie-moi de te salir. »

You Shulang, sans force, était blotti contre la poitrine de Fan Xiao. Chaque respiration pesante criait son besoin impérieux de jouir. Sans autre issue, il ferma les yeux et répéta : « Fan Xiao, je t'en supplie… salis-moi. »

« Directeur You, tu sais ce que c'est vraiment, d'être sale ? »

Tout en parlant, Fan Xiao accéléra l'intensité de ses coups de boutoir, tel un animal déchaîné pilonnant You Shulang par-derrière.

Une sensation inédite envahit You Shulang. Il n'eut même pas le temps d'être surpris qu'il était déjà englouti dans l'abîme sans fond du désir. Son corps n'avait jamais tremblé ainsi, son âme n'avait jamais été aussi fragmentée. Alors qu'il prenait conscience que la situation lui échappait totalement, il eut juste le temps de dire : « Non… »

L'instant d'après, alors que Fan Xiao le percutait de toute la force qu'il lui restait, le méat de You Shulang fut enfin libéré. Le sperme blanc et un liquide jaune pâle giclèrent ensemble, éclaboussant le mur embué.

Avant même qu'il ait pu émerger du choc, de la honte et de l'orgasme, You Shulang sentit soudain à l'intérieur de son corps un puissant jet de liquide chaud, projeté sans fin contre sa paroi, une brûlure qui le fit frissonner.

L'hypothèse, de plus en plus évidente, l'acheva. Et ce qui était encore plus honteux, c'est que ce jet brûlant et puissant non seulement prolongea les rémanences de son propre orgasme, mais lui procura une sensation de plaisir inégalée, cette volupté que seule la décadence peut offrir, quand la civilisation s'effondre.

Renversé contre Fan Xiao, les yeux clos, You Shulang subissait vague après vague de plaisir. Impuissant et honteux, il ne put que plier le coude pour cacher ses yeux de son avant-bras et murmurer d'une voix éteinte : « Fan Xiao, tu es un homme mort. »

« Je sais. » Fan Xiao baissa la tête pour l'embrasser. « Je ne demande qu'à être épargné par le directeur You. »

Le jet de la douche s'ouvrit, l'eau dévala en cascade. Dans la pénombre des silhouettes nimbées de buée, les corps et les âmes qui s'aimaient, se blottirent l'une contre l'autre.

 

Traduction: Darkia1030