Weird disciple - Chapitre 40 - Je ne peux pas bouger
La drogue le rendait engourdi, mais Xie Yi serra les dents et bougea le bras. La première chose à faire était de comprendre avec quoi il avait été drogué. S’il avait une idée de ce qui l’empoisonnait, il pouvait lutter contre ! Il n’était pas certain de trouver un indice sur la substance, mais c’était toujours mieux que de ne rien tenter.
Atteindre le couteau dans sa botte était déjà un effort considérable, mais cela ne demandait pas de gestes précis et restait donc faisable malgré que son bras tremblait violemment. Le plus grand problème était que, pour éviter que le couteau ne glisse hors de son fourreau dans la botte, il devait faire attention à comment il le dégainait, et Xie Yi pouvait à peine rassembler assez de force.
Après plusieurs secondes d’efforts, la lame finit par glisser hors du fourreau, révélant son tranchant. Sans cérémonie, Xie Yi la planta dans sa cuisse. Pas profondément — cela n’aurait aidé personne, pensa-t-il, sans se douter qu’il regretterait précisément cette pensée — mais juste assez pour créer une plaie saignante.
Il laissa tomber le couteau à côté de lui et se pencha en avant, inspirant profondément. Avec un peu de circulation d’énergie, il pouvait forcer une infime quantité de la drogue hors de son organisme. Une fois exposée à l’air, la substance dégagea immédiatement une forte odeur florale, mêlée à l’âcre senteur métallique du sang.
Xie Yi fut déconcerté. Il reconnaissait cette odeur et connaissait les herbes de cet anesthésiant grâce aux leçons de Maître Chen. Elles n’étaient guère rares pour un cultivateur capable d’atteindre toutes sortes d’endroits (beaucoup plus rares pour les humains ordinaires qui ne grimpaient pas au hasard dans les montagnes ou près des falaises), et la recette n’était pas compliquée non plus. C’était une drogue assez faible, dont l’effet ne durait que quelques heures ; même des enfants ne devraient pas avoir trop de mal à y résister. Alors pourquoi lui ? Il possédait même le corps renforcé d’un jeune cultivateur !
C’était bien dommage qu’elle soit inodore et insipide, ce qui lui avait fait négliger son utilisation pour assaisonner le lapin. En réalité, elle ne servait guère qu’à capturer des animaux vivants — au moins les herbivores ou les petits carnivores pouvaient être immobilisés par elle. Qu’elle agisse sur lui était extrêmement surprenant. Peut-être que Yao Ming y avait ajouté quelque chose qu’il ne pouvait pas encore distinguer avec ses capacités actuelles.
Il n’existait pas vraiment de moyen d’en atténuer les effets autrement qu’en attendant, en utilisant des potions spéciales ou en laissant un médecin purifier son corps. Peut-être que des méthodes plus simples auraient été découvertes si quelqu’un s’était donné la peine de chercher, mais personne ne l’avait fait, car personne n’utilisait ce genre de drogue sur des humains !
…Pour une raison quelconque, Xie Yi se sentit offensé.
« D’accord, réfléchissons », murmura Xie Yi en fermant les yeux un instant. Son corps devenait de plus en plus lourd.
« Shi Yue ne reviendra pas avant un moment », marmonna-t-il pour garder sa langue engourdie en mouvement. « Aucun autre cultivateur ne passera ici par hasard. J’ai le bracelet de Shi Yue, mais il ne réagira que si je suis mortellement blessé. Et comme je ne peux même pas me défendre une seconde, il y a de fortes chances que je sois mort avant qu’il n’arrive. »
Cela signifiait que toute aide extérieure était exclue pour le moment. Xie Yi ouvrit de nouveau la bouche pour continuer à parler, mais ses lèvres tremblaient déjà, alors il laissa simplement sa mâchoire pendre.
La formation autour du camp n’était pas activée — puisqu’ils ne dormaient pas — et était donc complètement inutile. La seule odeur des cultivateurs ne suffirait pas à repousser des bêtes stupides et enragées. Dès qu’elles trouveraient l’endroit, elles s’y précipiteraient et mettraient probablement Xie Yi en pièces, exactement comme Yao Ming l’avait prévu.
Agacé, Xie Yi se débattit. Il était incroyablement frustrant de sentir son corps devenir aussi lourd que du plomb alors que son esprit restait parfaitement lucide. Il voulait bouger, mais son corps refusait d’obéir. Ses jambes étaient déjà si engourdies qu’il les sentait à peine.
Ses bras courts tremblaient violemment tandis qu’il tordait le torse et tentait de se traîner un peu plus vers l’entrée de la tente. C’était là que l’odeur de Shi Yue était la plus forte et où il avait le plus de chances que les bêtes hésitent. Mais la courte distance semblait interminable, et avant même d’avoir réussi à progresser un peu au-delà du rocher le plus proche, ses bras cédèrent.
Xie Yi ravala un juron lorsque son menton heurta le sol. Ses bras protestèrent violemment lorsqu’il les pressa de nouveau contre la terre, se redressant juste assez pour s’appuyer contre la pierre. Ses doigts refusaient de se refermer sur la poignée du couteau à côté de lui. Essayer de le ramasser était totalement inutile.
Xie Yi inspira et expira lentement. Au moins, la drogue n’endommagerait pas ses organes et n’affecterait pas sa cultivation. Il pouvait peut-être en atténuer légèrement les effets afin d’avoir juste assez de force pour lutter un instant. Il n’aurait besoin que de quelques secondes pour survivre à une attaque du troupeau de sangliers ; ensuite, Shi Yue arriverait.
L’enfant se figea au milieu de sa réflexion.
Bon sang, il était stupide ! Il aurait dû se poignarder sérieusement tant qu’il en avait encore la possibilité ! Cela aurait alerté Shi Yue, non ? Idiot, idiot, idiot !
Se réprimandant mentalement, le garçon aux cheveux noirs ferma les yeux et se concentra sur son noyau. Peut-être pouvait-il encore faire bouger son corps assez pour reprendre le couteau.
Assis dans le camp, adossé à une pierre, Xie Yi regretta sincèrement de ne pas avoir davantage écouté les leçons de Maître Chen sur la manière de soigner son propre corps. Il n’avait jamais eu de problème avec les poisons, et même lorsqu’il était blessé, il pouvait boire les potions les plus précieuses comme de l’eau ou se baigner dans les onguents les plus rares. Se retrouver sans rien qui puisse le soigner rapidement était une expérience dont il se serait bien passé.
Il pouvait sentir où la drogue agissait sur ses nerfs. C’était comme si ses cheveux étaient recouverts de miel. Il le sentait, il savait que c’était là, mais cela ne signifiait pas qu’il pouvait simplement s’en débarrasser. Même en essayant d’enlever le miel avec ses doigts — ou plutôt avec son énergie — il ne pouvait pas nettoyer chaque mèche. Il risquait davantage de se blesser en tirant trop fort.
Têtu, il essaya quand même. Tirer doucement ne produisit aucun effet, et tirer fortement…
Xie Yi se retint de crier. Son bras eut simplement un violent sursaut, puis se mit à brûler comme s’il était en feu, sans pour autant bouger. Ce n’était pas une option.
En passant sa langue sur ses dents, Xie Yi revint à l’idée de perturber ses signes vitaux.
Retenir sa respiration était inutile — son corps ne le lui permettait pas — mais peut-être se mordre la langue jusqu’à la sectionner ? Bien sûr, ce serait gênant — on mourait souvent ainsi parce que la langue glissait dans la gorge et obstruait la trachée — mais il ne pouvait pas bouger la tête à ce point. Il saignerait lentement, mais sûrement, et peut-être aurait-il perdu assez de sang avant que les sangliers ne l’atteignent ? Peut-être ? D’un autre côté, même si ce n’était pas le cas, cela valait la peine d’essayer.
Avec une mâchoire lourde, Xie Yi tenta de serrer les dents, pour se rendre compte qu’une fois encore, il avait attendu trop longtemps. Il ne pouvait rassembler assez de force pour provoquer autre chose qu’une petite plaie saignante qui remplit simplement sa bouche de ce goût métallique désagréable.
Quelque peu surpris par sa propre stupidité, Xie Yi cessa toute tentative pendant un instant.
Très bien, il devait admettre qu’il n’était plus habitué à être acculé. Il savait qu’il avait été plus ingénieux durant son entraînement avec les anciens, mais il s’était habitué au confort d’être un cultivateur puissant. Allait-il oublier cela encore et encore, comme un poisson rouge ? Il devrait demander à Shi Yue quelques conseils pour gérer des situations mortelles lorsqu’on était aussi faible qu’un faon nouveau-né.
Xie Yi fixa le sol pierreux d’un air absent. Il entendait les oiseaux chanter paisiblement et les arbres bruisser sous le vent. La forêt n’était nullement troublée par ses problèmes. Elle conservait même l’agréable odeur du lapin rôti, et le feu crépitait tranquillement.
Traduction: Darkia1030
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