A certain someone - Chapitre 56 - Impact
Retour en force
« Sheng Wang, ça va ? » demanda He Jin.
Au même moment, la vidéo de l’expérience s’arrêta. Les élèves des deux côtés de la classe remontaient déjà les rideaux occultants. Étendu sur son pupitre, Sheng Wang leva une main en toussant et l’agita dans les airs pour indiquer qu’il allait bien.
« Tu es sûr que ça va ? » Parmi tous les professeurs de la classe A, He Jin était la plus douce et la plus attentionnée. Cela avait probablement un rapport avec le fait qu’elle avait elle-même un jeune enfant.
La main levée de Sheng Wang se transforma en pouce levé, signifiant qu’il allait parfaitement bien.
« Tu t’es étouffé avec de l’eau ? » demanda encore He Jin.
« … »
Sheng Wang était à deux doigts de s’effondrer. Son visage et son cou avaient rougi à force de tousser ; incapable de répondre, il hésita deux secondes, puis leva la petite boîte de lait Wangzai.
He Jin éclata de rire. « Ce n’est pas plutôt ton ton rival amoureux ? »
Toute la classe partit d’un grand éclat de rire.
Sheng Wang reposa la petite boîte rouge sur la table avec un claquement et pesta intérieurement : Bordel… qu’est-ce que vous avez tous à rire, bande de monstres !
Après cette plaisanterie, He Jin reprit le cours. Les élèves qui somnolaient quelques instants plus tôt furent complètement réveillés par le rire et recommencèrent à prendre des notes. Le jeune maître Sheng s’était sacrifié héroïquement ; malheureusement, sa dignité, elle, ne s’en remettrait pas.
Il avait cessé de tousser, mais les rougeurs ne s’étaient pas encore dissipées. Il décida qu’il valait mieux ne pas relever la tête et glissa une main sous la table pour envoyer des messages.
Autocollant : Pas mal, rire alors que c’est toi qui me l’as acheté ???
Jiang Tian : Je ne riais pas.
Autocollant : Des conneries, je t’ai entendu.
Jiang Tian : ……
Jiang Tian : Tu dois vraiment avoir une excellente ouïe.
Les doigts de Sheng Wang s’arrêtèrent au milieu de leur réponse.
Il réalisa soudain que Jiang Tian riait en réalité très discrètement. Mélangé à la voix tonitruante de Gao Tianyang, ce rire était pratiquement inaudible. Pourtant, lui l’avait entendu.
Les rires des autres n’étaient même pas entrés dans ses oreilles ; il n’avait perçu que celui de Jiang Tian, comme s’il y était particulièrement attentif.
Sheng Wang fit la moue et répondit d’abord par un simple ha. L’expression amusée de son visage s’effaça peu à peu. Il envoya ensuite un mème méprisant de quelqu’un haussant les épaules, dans le style de « Il n’y a pas trois cents taels d’argent enterrés ici » (NT : : idiome désignant quelqu’un qui cherche tellement à nier quelque chose qu’il se trahit lui-même), puis ajouta : Je ne peux pas faire autrement, tu es le plus proche.
Grâce à ces quelques lignes, il réussit finalement à détourner la conversation de cette nuit-là, à Au delà des arbres Parasol. Jiang Tian se laissa distraire pour une fois et sembla ne plus y revenir.
Sheng Wang ignorait si Jiang Tian connaissait la véritable relation entre Zhao Xi et Lin Beiting… À en juger par sa réaction lors du repas de groupe, il ne le savait probablement pas.
Quoi qu’il en fût, cela relevait de leur vie privée. La scène dont il avait été témoin dans cette ruelle était d’une intimité telle que, peu importe sa surprise, son choc ou le bouleversement qu’elle lui avait causé, il ne divulguerait jamais ce qu’il avait découvert par hasard.
Cela s’était produit dans un endroit où personne ne passait. C’était une histoire que personne ne connaissait. Seuls les principaux intéressés avaient le droit de décider si elle devait être révélée.
Sheng Wang n’était pas du genre à fouiner, ni à juger quelqu’un comme digne ou non d’amitié sur la base d’une affaire privée qui n’était ni bonne ni mauvaise en soi. À ses yeux, Zhao Xi et Lin Beiting restaient toujours aussi incroyables. Il les évitait simplement un peu ces derniers temps : une seule secousse avait déjà suffi à ébranler sa vision du monde et à lui valoir une succession de rêves étranges. Une deuxième secousse, et il pouvait dire adieu au sommeil.
Mais il existait un dicton : tout ce que l’on redoute finit par arriver. Il existait aussi un phénomène appelé le biais de sélection. Les personnes qu’il croisait rarement autrefois semblaient désormais apparaître partout où il regardait.
Lorsqu’il alla acheter de l’eau chez Xi Le, il entendit le patron Zhao dire au serveur sourd : « J’ai laissé mon téléphone sur l’armoire à côté de mon lit. Zhao Xi me le rapportera tout à l’heure. »
Lorsqu’il alla manger chez le vieux Ding, il tomba sur Zhao Xi et Lin Beiting en train de discuter avec un ami au coin de la rue, devant la porte ouest.
Lorsqu’il fut appelé le soir au bureau par Jing-jie pour aider à corriger des copies, Zhao Xi et Lin Beiting étaient assis à la même table, occupés à parler de l’avancement de la classe de compétition.
Il alla même rendre un ballon dans le local de matériel d’EPS et les croisa tous les deux, marchant côte à côte avec Big Mouth Xu sur la route n° 3, manifestement en route pour un repas.
Cela aurait encore été supportable s’il avait été seul. Mais, neuf fois sur dix, Jiang Tian se trouvait lui aussi à ses côtés. Ils devaient donc s’arrêter, saluer les deux hommes et échanger quelques mots.
Pire encore, Sheng Wang entendait de plus en plus souvent des gens dire que Jiang Tian et lui ressemblaient énormément à ce duo. Il n’y avait pourtant jamais eu autant de personnes « perspicaces » auparavant.
Si cela venait de Gao Tianyang ou de Song Sirui, il pouvait toujours les faire taire avec une bonne excuse. Le plus désespérant était que même des professeurs comme He Jin ou Yang Jing s’y mettaient. Et ceux-là, il ne pouvait évidemment pas les frapper.
En réalité, celui qui répétait le plus souvent cette comparaison était Big Mouth Xu, du bureau de la discipline.
Sheng Wang et Jiang Tian n’avaient jamais été des modèles d’obéissance. Big Mouth Xu avait déjà beaucoup souffert à cause d’eux ; aussi diit-il plus d’une fois à Zhao Xi, juste devant les deux garçons : « Ces deux-là sont tellement arrogants que, dès que je les vois, je pense à vous deux. Rien que d’y penser, j’ai mal à la tête depuis plus de dix ans. »
Zhao Xi, fidèle à lui-même, plaisantait sur tout et sur tout le monde. « Lin-zi venait de Yizhong à l’époque. Merci de ne pas vous attribuer tout le mérite. Même le directeur de la discipline de Yizhong n’a rien dit. Et puis, si votre tête vous fait mal depuis plus de dix ans, je vous conseille sincèrement d’aller à l’hôpital. »
Big Mouth Xu s’emporta aussitôt.
« Le vieux Pan de la discipline à Yizhong est un ami proche ! Qu’est-ce que tu veux dire par “il n’a rien dit” ? Il m’a tout raconté il y a plus de dix ans ! Il m’avait même dit que si Lin Beiting venait semer le trouble à Fuzhong, je devais absolument l’attraper et lui donner une bonne leçon. Le problème, c’est que je n’ai jamais réussi à le rattraper ! Alors qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? »
Zhao Xi donna un léger coup de coude à Lin Beiting. Celui-ci expliqua avec le plus grand sérieux : « La jeunesse déborde d’énergie et de vigueur ; ma vitesse de fuite dépassait simplement les prévisions. »
Zhao Xi faillit mourir de rire. Big Mouth Xu resta bouche bée, incapable de répliquer. Il ne put que se retourner vers Sheng Wang et Jiang Tian pour les gronder : « Vous avez vu ça ? Vous êtes exactement la copie conforme de ces deux garnements. »
Mais qu’est-ce que c’est que cette comparaison ? pensa Sheng Wang. Vous avez vraiment le talent de rapprocher n’importe quoi.
Lorsque Big Mouth Xu prononça les mots « copie conforme », Sheng Wang lança discrètement un regard à Jiang Tian. Celui-ci sembla sentir ce regard et tourna lui aussi la tête vers lui.
Les lèvres de Jiang Tian bougèrent, mais aucun son n’en sortit. Il laissa Big Mouth Xu les sermonner encore un moment avant de répondre finalement d’une seule phrase : « Compris, professeur. Nous courrons moins vite la prochaine fois. »
Les yeux de Big Mouth Xu s’arrondirent de colère ; il eut l’air de vouloir le fouetter sur-le-champ.
Sheng Wang réagit aussitôt, fit volte-face et s’enfuit en entraînant Jiang Tian avec lui.
Grâce à cela, il confirma une chose : Jiang Tian ne connaissait probablement pas la véritable nature de la relation entre Zhao Xi et Lin Beiting.
*
L’examen de mi-session était un examen majeur. Les quelques lycées les plus prestigieux de la ville aimaient entraîner leurs élèves en organisant des simulations communes pour ce genre d’épreuves. Cette fois, non seulement les dates d’examen et la correction des copies furent synchronisées, mais les centres d’examen furent également attribués de manière aléatoire, afin d’habituer les élèves à composer dans un établissement différent du leur.
Cette fois, Fuzhong n’eut vraiment pas de chance : son centre d’examen était Nangao, le lycée le plus éloigné. Quant au bloc Mingli, il devait accueillir les candidats de Jinhu. La veille de l’examen, l’étude du soir fut annulée et entièrement consacrée à l’installation des salles d’examen.
À la fin des cours de l’après-midi, les élèves externes s’enfuirent joyeusement. Sheng Wang et Jiang Tian allèrent dîner chez le vieux Ding. Ils avaient prévu de rentrer ensuite au dortoir, de prendre une douche et de dormir, mais ils tombèrent sur un professeur de l’administration sur la route n° 3, et Jiang Tian fut de nouveau réquisitionné.
Malgré la pression imminente des mi-sessions, la simple annulation de l’étude du soir suffit à plonger une partie des élèves dans une véritable frénésie. Le bloc résidentiel était bruyant. Certains bavardaient dans les couloirs, d’autres se poursuivaient, d’autres encore allaient chercher de l’eau chaude ensemble, tandis que quelques-uns se cachaient dans un coin pour fumer en cachette.
En passant devant la chambre 605, Sheng Wang sentit l’odeur âcre des cigarettes s’échapper de la petite fenêtre de la salle de bain. Il plissa les yeux, toussa, puis accéléra le pas jusqu’à l’entrée de son propre dortoir.
À sa grande surprise, celui-ci était parfaitement calme et aucune lumière n’y était allumée.
Il est presque huit heures… personne n’est encore rentré ?
Sheng Wang ouvrit la porte avec perplexité et aperçut Shi Yu, un ordinateur portable serré contre lui. La faible lueur de l’écran éclairait à peine son visage.
« Qu’est-ce que tu fais ? » En refermant la porte, Sheng Wang tendit naturellement la main vers l’interrupteur.
Shi Yu se dépêcha de l’arrêter. « N’allume pas ! Plus tard. Tu en as vraiment besoin maintenant ? »
« Pas spécialement », répondit Sheng Wang.
Les lampes du couloir diffusaient encore un peu de lumière à travers la fenêtre au-dessus de la porte ; le dortoir n’était donc pas complètement plongé dans le noir. Profitant de cette clarté, Sheng Wang jeta son sac sur la table et demanda : « Où est Binzi ? »
« Il trouvait le bloc trop bruyant, alors il est allé étudier dans l’amphithéâtre », répondit Shi Yu.
Ah oui… Ceux qui voulaient vraiment travailler étaient tous partis à l’amphithéâtre. Ceux qui restaient là ce soir n’avaient clairement pas l’intention de faire quoi que ce soit. Pas étonnant qu’il y ait autant de vacarme.
L’écran s’illuminait puis s’assombrissait continuellement, mais aucun son n’en sortait. Sheng Wang s’approcha et vit une femme fantôme suspendue la tête en bas, le sommet du crâne touchant le sol. Son visage d’une pâleur cadavérique, aux traits indistincts, flottait lentement depuis l’extrémité du couloir vers l’écran.
« Un film d’horreur ? » Il tapota sur le clavier. « Je crois que je l’ai déjà vu. Tu veux que je te raconte la fin ? »
« Bordel, surtout ne… »
Avant même que Shi Yu n’ait pu l’arrêter, Sheng Wang remit le son.
La tête de la femme fantôme heurta le sol avec un bruit semblable à celui d’un ballon de basket rebondissant seul sur un terrain désert, résonnant encore et encore. Son visage surgit brusquement à l’écran.
Shi Yu poussa un cri perçant et se couvrit aussitôt les yeux.
Sheng Wang, lui, ne réagit pas du tout au fantôme ; il fut davantage surpris par Shi Yu. « Qu’est-ce que tu fais ? »
« Coupe le son, vite… vite ! »
« D’accord, d’accord ! »
Sheng Wang remit immédiatement le film en sourdine, partagé entre le rire et le désespoir. « C’est déjà coupé. Tu veux que j’allume la lumière ? »
« Surtout pas ! »
Shi Yu écarta prudemment ses doigts de devant ses yeux et poussa un long soupir de soulagement. « Ne l’allume pas. Je suis en train de me fabriquer du courage. »
Sheng Wang : « … Je n’aurais vraiment jamais deviné. »
« Je vais y aller progressivement. »
Sa peau étant très foncée, dans cette pénombre il était difficile de distinguer son expression. Quoi qu’il en fût, il avait l’air incroyablement faible.
« Fais comme tu veux. » Sheng Wang chercha sa carte d’étudiant. « Je vais prendre ma douche. »
Shi Yu l’appela de nouveau. « Hé, Sheng-ge ! »
« Détends-toi, je n’allume pas la lumière. »
« Ce n’est pas ce que je voulais dire. »
Dans un rare élan de tendresse, Shi Yu le retint par la manche. « Attends… Tu n’as vraiment pas peur ? Après avoir vu le “regard en arrière et le sourire” de cette femme fantôme, tu oses quand même aller te doucher dans le noir ? »
« Pourquoi je n’oserais pas ? » répondit Sheng Wang.
Shi Yu pensa : Ce n’est pas possible… Tu es aussi courageux, et pourtant la dernière fois, après l’histoire du voleur, tu as quand même partagé ton lit avec Tian-ge ? Se pourrait-il que le vrai froussard soit Tian-ge ?
Après avoir laissé son imagination galoper quelques secondes, il secoua la tête et alla droit au but. « Puisque tu n’as pas peur, regarde encore quelques minutes avec moi. De toute façon, il ne reste presque plus rien. »
Sheng Wang n’avait rien de mieux à faire ; il hocha donc la tête. « D’accord, je regarde. »
Avec Sheng Wang à ses côtés, Shi Yu eut enfin le courage de remonter le volume à deux crans et termina les quinze dernières minutes du film, le visage déformé par l’agonie. Pendant tout ce temps, il s’agrippa presque désespérément au bras de Sheng Wang, la paume trempée de sueur.
Sheng Wang n’aimait pas cette sensation moite contre sa peau. Il profita d’un geste pour attraper une bouteille de boisson et retira discrètement son coude. Shi Yu essuya ses mains sur son pantalon et ne s’accrocha plus à lui.
Il resta quelques secondes adossé à la barrière du lit pour reprendre ses esprits. Plus il repensait à la fin du film, plus elle lui paraissait terrifiante. « Ça ne va pas suffire. Il faut que je regarde autre chose pour effacer cette impression. »
Shi Yu cliqua au hasard dans ses fichiers.
Sheng Wang plaisanta à côté de lui : « Vu l’état dans lequel tu es, rien de moyennement impressionnant ne pourra te sauver. Résigne-toi déjà à ton sort. »
« Impressionnant… impressionnant… » marmonna Shi Yu, avant que son visage ne s’éclaire soudain. « Si tu le dis comme ça, j’ai justement quelque chose. »
Sheng Wang le regarda avec méfiance.
Shi Yu sourit. « Viens, Sheng-ge. Puisque tu m’as accompagné pour regarder un film d’horreur, je vais te montrer quelque chose de vraiment excellent. Da-Qian et les autres l’ont obtenu il y a quelques jours et me l’ont envoyé. »
Sheng Wang ne connaissait pas très bien les élèves de la classe B. Au moment même où il se demandait qui pouvait bien être Da-Qian, Shi Yu avait déjà retrouvé ce fameux « quelque chose de vraiment excellent » et lança la vidéo avec un air mystérieux.
La lecture reprit exactement à l'endroit où elle s'était interrompue.
Sheng Wang leva les yeux et aperçut deux silhouettes enlacées qui s'embrassaient sous une lumière tamisée et vacillante. L'une avait le pantalon baissé à mi-cuisse, tandis que l'autre était agenouillée entre ses jambes entrouvertes.
Mais qu'est-ce que…
Il demeura figé deux secondes, puis détourna le regard comme si ses yeux avaient été brûlés. Le rêve qu'il avait eu tant de mal à oublier resurgit aussitôt avec une netteté troublante. Il lui sembla entendre des pas dans le couloir ; il n'en fut même pas certain, mais ses mains réagirent avant son esprit et rabattirent brusquement l'écran de l'ordinateur portable de Shi Yu.
« Bon sang, qu'est-ce que tu fais ? »
Shi Yu resta stupéfait par la rapidité de son geste. Lorsqu'il comprit ce qui venait de se passer, il en demeura perplexe. S'il ne voulait pas regarder, il n'avait qu'à détourner les yeux ; pourquoi refermer l'ordinateur ? Et puis, regarder ce genre de vidéo n'avait rien d'extraordinaire. Était-il vraiment nécessaire de réagir avec autant de véhémence ?
Sheng Wang s'était déjà levé. Au moment où Shi Yu allait rouvrir l'ordinateur pour protester, le bruit d'une clé résonna dans la serrure.
La seconde suivante, la porte s'ouvrit. La haute silhouette de Jiang Tian apparut sur le seuil, le dos baigné par la lumière du couloir.
Shi Yu retira discrètement la main qu'il s'apprêtait à poser sur l'ordinateur et se dit : Heureusement que Sheng Wang a réagi assez vite. Ils étaient colocataires, certes, mais il n'aurait jamais osé regarder ce genre de choses devant Jiang Tian. Peut-être parce que cette personne dégageait une froideur naturelle.
Il songea : Pas étonnant que Sheng Wang ait fermé l'ordinateur si précipitamment. Il savait que Jiang Tian allait revenir… Mais comment pouvait-il le savoir ?
Jiang Tian, lui, ignorait complètement les élucubrations de son camarade. Comme à son habitude, il entra et alluma la lumière.
Il aperçut aussitôt Sheng Wang debout près de la longue table.
Était-ce simplement l'éclairage soudain qui lui troublait la vue ? Pendant une fraction de seconde, le visage et le cou de Sheng Wang lui parurent d'un blanc ivoirin, mais il eut pourtant l'étrange impression qu'ils étaient rougis.
Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, et son expression, tournée vers l'entrée, portait une nuance de stupeur.
Jiang Tian s'arrêta net. À quelques pas de distance, leurs regards se croisèrent.
Quelques secondes plus tard, Sheng Wang détourna brusquement les yeux. Sa pomme d'Adam tressaillit légèrement. Il tendit la main, ramassa les vêtements propres qu'il avait préparés sur la rambarde du lit et dit : « Je vais prendre une douche. »
Traduction: Darkia1030
Correction: Religieuse Aucafé
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