FSC - Extra 4 – Retour à ErZhong (Fin)
Chapitre Bonus pour l’édition physique chinoise
Chat de groupe de la classe 3.
Liu Cunhao : « Est-ce que tout le monde est là ? J’ai quelque chose d’important à dire. »
Wan Da : « Qu’est-ce qu’il y a, Haozi ? »
Quand tout le monde commença à apparaître, Liu Cunhao envoya enfin un émoji rempli de tristesse et de remords.
Liu Cunhao : « Mes anciens camarades de classe… cela fait très, très longtemps que nous ne nous sommes pas vus. Les beaux souvenirs du passé reviennent souvent dans mon esprit. Aujourd’hui, chacun a suivi sa propre route, et nous sommes dispersés aux quatre coins du monde. »
Liu Cunhao parla pendant une éternité avant d’enfin arriver au sujet principal.
Liu Cunhao : « C’est pourquoi je voudrais sincèrement inviter tout le monde à se réunir samedi. Organisons une réunion de classe. Qu’en pensez-vous ? »
Wan Da : « …… »
Luo Wenqiang : « …… »
Xu Qingqing : « …… »
Après avoir vu ce message, Xie Yu ne put s’empêcher de hausser les sourcils.
Cela faisait à peine une semaine depuis la fin du gaokao (NT : examen national d’entrée à l’université en Chine). Il n’avait encore jamais vu une classe organiser une réunion après seulement sept jours de séparation.
Même vieux Tang, vétéran parmi les professeurs, finit par intervenir.
Vieux Tang : « Vous venez juste d’obtenir votre diplôme, non ? »
Wan Da : « O-Ouais… c’est ça… »
Dans ce silence embarrassé, un seul courageux osa sortir de l’ombre pour « jouer le jeu ».
He Zhao : « Bien sûr, retrouvons-nous. »
He Zhao : « Nous étions tous camarades de classe… comme le temps passe vite. Chaque fois que je repense à nos jours au lycée ensemble, je ne peux pas m’empêcher de me laisser envahir par la nostalgie. »
Liu Cunhao trouva enfin quelqu’un pour le soutenir. Il ne prit même plus la peine de taper et envoya directement un message vocal, criant avec émotion : « Zhao-ge! »
He Zhao répondit lui aussi par un message vocal.
Xie Yu venait tout juste de terminer une partie de jeu. Il ignora les cris pressants de Zhou Dalei à l’autre bout du casque — « Ça commence ! Patron Xie, prépare-toi ! » — retira ses écouteurs, les laissa autour de son cou et ouvrit le message vocal.
La voix du garçon était claire et détendue, teintée d’un léger rire. Derrière lui se mêlaient les bruits de la circulation ; il était probablement encore dehors. « Pourquoi mon camarade de bureau ne dit-il rien… »
Il s’interrompit un instant, puis reprit d’un ton affectueux : « Camarade de bureau, vieux Xie, petit ami Xie Yu… on sort se retrouver ? »
Xie Yu venait à peine de finir le premier message vocal que He Zhao en envoya immédiatement un autre.
« Comme dit le proverbe : un jour de séparation semble durer trois ans. Je n’ai pas vu mon camarade de bureau depuis presque une semaine. »
Dans tous les messages vocaux de He Zhao, il n’y avait absolument aucune trace de Liu Cunhao.
Au début, Liu Cunhao s’était senti profondément ému.
Puis, à mi-chemin, il explosa intérieurement : « Tu te remémores mon cul ! Ce n’est pas nos années de lycée qui te manquent, c’est juste le temps où tu étais assis avec Xie Yu ! »
Même diplômés, les élèves de troisième année restaient encore sous la responsabilité de vieux Tang pour ce semestre. Leur réunion ne pouvait donc avoir lieu qu’en soirée.
Comme personne n’avait grand-chose à faire pendant la journée, Luo Wenqiang proposa qu’ils retournent tous à l’école pour se revoir avant le rassemblement.
En plein cœur de l’été, le vent brûlant soufflait sans retenue dans chaque recoin.
Il apportait avec lui les sons nets des élèves en train d’étudier, qui se mêlaient aux pas résonnant dans les couloirs désormais familiers.
Les quatre caractères « LiYang ErZhong » semblaient flamboyer sous le soleil.
Luo Wenqiang se tenait devant l’entrée de l’école et soupira avec émotion : « Mon alma mater me manque vraiment. »
Liu Cunhao le démasqua aussitôt : « Arrête ton cinéma. Ce qui te manque, c’est le terrain de sport, pas l’école, hein ? »
« Alors ? Tu joues ou pas ? »
« Bien sûr qu’on joue ! Tu crois pourquoi j’ai mis des chaussures de basket aujourd’hui ? »
Luo Wenqiang et les autres se regroupèrent aussitôt, impatients de courir vers le terrain de basket.
Avant de partir, ils crièrent : « Zhao-ge ! Yu-ge ! Vous venez aussi ? »
He Zhao posa une main sur l’épaule de Xie Yu et déclara avec le plus grand sérieux : « Vieux Tang nous a demandé d’aller dans son bureau pour l’aider à rédiger quelques notes. Vous pouvez y aller d’abord. »
Xie Yu n’avait pourtant entendu parler de rien.
Il suivit quand même He Zhao vers le bâtiment administratif et demanda en chemin : « Depuis quand vieux Tang a dit ça ? »
Le coin de la cage d’escalier était juste devant eux.
Xie Yu venait à peine de finir sa phrase que quelqu’un lui attrapa soudain le poignet par derrière. La force n’était pas brutale, mais impossible à ignorer.
Quand il comprit ce qui se passait, il avait déjà été tiré dans le recoin de l’escalier.
C’était l’heure des cours ; il n’y avait donc personne.
« Vieux Tang n’a rien demandé du tout », expliqua He Zhao. « Je voulais juste rester seul un moment avec mon camarade de bureau. »
Ils venaient pourtant tout juste d’obtenir leur diplôme.
Mais s’il fallait parler de nostalgie, alors c’était probablement déjà celle de leur dernière année de lycée.
Après avoir fait plusieurs tours du terrain, Luo Wenqiang souleva son col pour s’éventer, trempé de sueur, tout en leur criant : « Zhao-ge ! Yu-ge ! Par ici ! »
***
En raison du peu de temps dont ils disposaient pour se préparer aux examens, les compétitions de basket avaient été supprimées pour les élèves de terminale. Luo Wenqiang s’était rendu plusieurs fois au bureau de Chien Fou pour plaider sa cause : « Doyen Jiang, je pense qu’une quantité raisonnable d’exercice est bénéfique pour la santé mentale et physique des adolescents… les statistiques montrent que les élèves de terminale qui maintiennent une activité sportive ont un meilleur état psychologique… »
Chien Fou avait souri calmement : « Luo Wenqiang, combien as-tu eu au deuxième contrôle blanc de mathématiques ? »
Luo Wenqiang avait baissé honnêtement la tête : « Cinquante-six points. »
Chien Fou avait pointé la porte du doigt : « Petit morveux, la sortie est par là. Sors tout seul ! Reviens me parler quand tu dépasseras cent vingt ! »
Luo Wenqiang était sorti et avait croisé par hasard Xie Yu, venu déposer ses devoirs. Il lui avait fait signe en se grattant la tête : « Yu-ge, j’ai un petit service à te demander… »
Moins de deux minutes plus tard, la porte du bureau de Chien Fou s’était de nouveau ouverte.
Xie Yu se tenait devant lui, impassible. Il avait dit d’emblée : « Doyen Jiang, la moyenne de mon deuxième contrôle blanc est de 141 points. »
Chien Fou : « …… »
Xie Yu avait poursuivi : « Luo Wenqiang m’a demandé de me renseigner sur la possibilité de maintenir les cours d’éducation physique. Comment comptez-vous gérer ça ? »
Quand He Zhao entendit cela, il était assis au fond de la classe en train de faire des exercices. Tout en calculant, il éclata de rire sans retenue. Après avoir ri un long moment, il demanda : « Et alors ? »
Xie Yu rangea les exercices supplémentaires que Wu Zheng venait de corriger dans son tiroir : « Et alors il m’a dit de sortir. »
He Zhao termina son calcul, posa son stylo avec une désinvolture naturelle et dit : « Wenqiang, tu tiens vraiment tant que ça à participer à ce tournoi de basket ? »
Luo Wenqiang répondit, abattu : « Oui. »
He Zhao réfléchit un instant : « Ge a une idée. »
L’idée en question consistait à dépenser deux cents yuans pour recruter un élève de deuxième année et l’intégrer dans l’équipe après transformation. Pour éviter qu’il ne soit reconnu, ils lui avaient même acheté une perruque.
Luo Wenqiang, fraîchement coiffé, était nerveux : « Ça va vraiment marcher ? La perruque ne fait pas un peu trop bizarre… »
Xu Qingqing répliqua aussitôt : « Tu comprends quoi à la mode ? Je t’ai choisi un modèle Rukawa Kaede (NT : personnage du manga Slam Dunk). C’est super beau. J’ai même empêché Zhao-ge de toucher au panier de sélection, regarde comme je suis gentille avec toi. »
He Zhao n’était pas convaincu : « Qing, qu’est-ce que tu racontes… »
Xie Yu, qui n’avait toujours pas trouvé l’erreur dans un exercice déjà résolu, attrapa le cahier de He Zhao pour vérifier : « Il n’y a rien de faux dans ce que dit Qing-ge. »
En effet, personne ne reconnut Luo Wenqiang une fois déguisé. Même le professeur de sport le trouva seulement vaguement familier, sans être certain de son identité. Le terrain était trop chaotique pour qu’il s’y attarde.
Luo Wenqiang aurait pu terminer sa carrière lycéenne de basket sur un match parfait… si sa perruque ne s’était pas envolée en plein duel pour le ballon.
***
Xie Yu y repensa et, honnêtement, préféra ne pas raviver cette scène.
Luo Wenqiang les appela de nouveau.
He Zhao s’accroupit sur le côté, observa le groupe un moment, puis se tourna vers Xie Yu : « Vieux Xie, tu viens ? »
Xie Yu secoua légèrement les poignets, fit deux pas en avant.
Aucun des deux ne portait l’uniforme scolaire ce jour-là. Sous le soleil brûlant, He Zhao distinguait à peine l’expression de Xie Yu, mais il sembla voir un léger sourire avant qu’il ne dise : « Je viens. »
Après quelques parties, le dîner eut lieu au bâtiment Zhuang Yuan. Sa proximité avec l’école le rendait idéal aux yeux de Liu Cunhao : « Cette fois, notre école aura forcément un meilleur scoreur. On parie ? »
Non seulement vieux Tang était présent, mais aussi Wu Zheng, Chien Fou et un autre enseignant.
Wu Zheng sourit : « On a la peau dure, on est juste venus profiter du repas gratuit. »
He Zhao répondit : « Quelle modestie. La présence du doyen de Erzhong suffit déjà à illuminer la salle. »
Xie Yu, près du serveur, dit à voix basse : « Ajoutez quelques sièges. »
Une fois les places ajustées, les plats furent servis les uns après les autres.
Chien Fou observa les visages rouges des garçons et devina immédiatement : « Vous avez joué au basket ? »
Depuis l’incident de la perruque, Luo Wenqiang évitait soigneusement le sujet. Même diplômé, il restait gêné : « Ah… oui. »
Chien Fou prit d’abord un air sérieux, mais ne put se retenir et éclata de rire : « Au fait, qui a eu cette idée ridicule la dernière fois ? »
« Qui d’autre ? » répondit Liu Cunhao sous la climatisation. « Bien sûr, Zhao-ge. Dans notre classe, à part lui, qui pourrait avoir un tel “talent” ? »
He Zhao remplaça le vin par du thé, se leva et trinqua avec Chien Fou : « Votre élève était jeune et impulsif à l’époque. Il n’était pas très raisonnable. Ne nous en tenez pas rigueur. »
Il parlait comme s’il avait déjà quitté le lycée depuis des années.
Mais, aux yeux de ces enseignants, peu importait le nombre d’années passées depuis leur remise de diplôme, leurs élèves restaient toujours, d’une certaine manière, des enfants.
Pendant le dîner, les conversations s’enchaînèrent librement : des compétitions de basket aux devoirs de deuxième année, jusqu’à cette histoire devenue presque légendaire du jour où Xie Yu et He Zhao s’étaient disputé la dernière place.
Xie Yu but quelques canettes de bière en écoutant, sans vraiment s’en rendre compte.
Au moment où il s’apprêtait à en ouvrir une autre, He Zhao lui saisit la main et retira la canette. « Ne bois pas autant. »
Xie Yu tendit la main pour la reprendre, mais sa main finit par tomber sur celle de He Zhao.
He Zhao courba légèrement les doigts, un sourire dans la voix : « Qu’est-ce que tu fais, petit ami ? »
« Bière », répondit Xie Yu simplement.
He Zhao lui tenait toujours la main, sans le laisser bouger. « Prends-la toi-même. »
Comment était-il censé faire ça ? Xie Yu finit par abandonner et se contenta de boire le thé que He Zhao lui tendaait.
De son côté, le doyen de Erzhong avait beaucoup bu. Toute l’équipe enseignante avait subi une forte pression cette année avec les terminales, et maintenant qu’ils les avaient enfin envoyés vers l’examen, ils pouvaient relâcher toute la tension accumulée.
Quand les adultes boivent, ils gardent malgré tout une certaine retenue : ils savent quand s’arrêter.
Avant la fin du repas, Chien Fou avait encore une demi-tasse de bière. Il se leva et regarda les élèves autour de la table : « Votre vieux Tang est un peu sentimental, et il est trop gêné pour dire quoi que ce soit. Alors je vais représenter le lycée Erzhong et vous dire encore quelques mots. »
Il marqua une pause, puis reprit : « Cette période du lycée n’est que la première leçon de votre vie. C’est un point de départ. J’espère que vous irez tous encore plus loin… et j’espère aussi qu’en revenant ici un jour, vous serez encore ces jeunes d’aujourd’hui. »
***
Des années plus tard, Xie Yu se souvenait encore clairement de sa troisième année de lycée : ce soir-là, assis sur le terrain à contempler le ciel étoilé, la phrase de vieux Tang — « Vous avez des possibilités infinies » — résonnait encore dans sa mémoire.
Et il n’oublierait jamais non plus le discours du doyen Jiang lors de ce dîner.
Ni la personne qui serait toujours à ses côtés, quoi qu’il arrive.
Fin
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Note du traducteur :
C’est véritablement la fin de cette belle histoire de jeunesse, d’énergie et d’amitié. He Zhao et Xie Yu sont un de mes CP préférés du monde danmei.
Merci de l’avoir suivi jusqu’au bout
Traducteur: Darkia1030
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