KOD - Extra 7 - Bai Ming et Zhang Yiqing

 

Deux meilleurs acteurs

 

Bai Ming et Zhang Yiqing firent connaissance, et après cela, Zhang Yiqing posa un jour une question à Bai Ming. Il lui demanda : « Quel est ton rêve ? »

En entendant cette question, Bai Ming afficha un sourire éclatant, regarda Zhang Yiqing dans les yeux et répondit avec sérieux et gravité : « Mon rêve, c'est toi. »

En entendant la réponse de Bai Ming, Zhang Yiqing resta un instant stupéfait : « Je te pose la question sérieusement. »

Bai Ming affirma : « Moi aussi, je te réponds sérieusement. »

Bai Ming était effectivement sérieux. Avant même d'entrer en contact avec les Portes, il était déjà un admirateur de Zhang Yiqing, épris à la folie de cet homme séduisant qui apparaissait à l'écran.

Tous les films de Zhang Yiqing, toutes les séries télévisées, toutes les publicités dans lesquelles il apparaissait, Bai Ming les avait collectionnés. Lorsqu'il apprit que Zhang Yiqing allait quitter le grand écran pour passer derrière la caméra et devenir réalisateur, Bai Ming devint fou pendant un bon moment.

Durant cette période, les membres de son organisation n'osaient plus entrer dans les Portes avec lui, car ils savaient que Bai Ming était du genre à pouvoir tout faire lorsqu'il était de mauvaise humeur.

À cette époque, Bai Ming n'était pas encore le chef de leur organisation ; il n'était qu'un simple passeur de Portes. Pourtant, le potentiel qu'il révélait faisait déjà pressentir à ceux qui traversaient les Portes avec lui que ce fils n'était pas une créature destinée à rester dans un étang (NT : idiome : désigne une personne appelée à accomplir de grandes choses).

La situation familiale de Bai Ming était assez compliquée. Il avait grandi dans un orphelinat depuis son plus jeune âge et ne fut retrouvé qu'à l'âge de douze ans. Ce fut alors qu'il apprit que son père était un homme très riche, et que la raison pour laquelle on l'avait retrouvé n'était nullement un profond amour paternel, mais parce que son frère avait besoin d'un foie compatible.

Une histoire digne d'un mélodrame, qui était pourtant tombée sur Bai Ming.

En réalité, avant que Bai Ming et Zhang Yiqing ne fassent véritablement connaissance, ils s'étaient déjà rencontrés une fois.

C'était lors d'une réception donnée par la famille Bai. Le maigre et frêle Bai Ming se tenait dans un coin, observant Zhang Yiqing discuter avec son père en souriant. À cette époque, Zhang Yiqing était encore jeune ; il venait tout juste de remporter son premier prix de Meilleur acteur. Son visage conservait encore une certaine fraîcheur juvénile, mais l'on distinguait déjà vaguement l'élégance incomparable qu'il posséderait plus tard.

Bai Ming le fixa longtemps. D'innombrables pensées lui traversèrent l'esprit. À ce moment-là, il était déjà admirateur de Zhang Yiqing, mais n'osa pas aller lui adresser la parole ; il ne put que le regarder de loin.

Par la suite, Bai Ming rencontra les Portes. Il pensa alors que le destin qui le liait à Zhang Yiqing s'arrêtait à cette unique rencontre.

Mais le destin est toujours une chose merveilleuse. Après plusieurs années d'épreuves, lorsque Bai Ming s'était déjà taillé une place dans le monde des Portes, un de ses amis lui demanda soudain : « Bai Ming, n'aimes tu pas Zhang Yiqing ? »

Une cigarette au coin des lèvres, Bai Ming répondit d'un ton nonchalant : « Oui. »

« Lui aussi a commencé à entrer dans les Portes », lui dit son ami. « Tu veux t'occuper de lui ? »

Bai Ming tourna la tête vers son ami : « Qu'est-ce que tu viens de dire ? »

Son ami le regarda d'un air innocent et répéta exactement la même chose.

Bai Ming écrasa sa cigarette et sourit : « Tu ne te moques pas de moi, au moins ? »

Bien sûr que non.

Au moment où il vit Zhang Yiqing, Bai Ming sut que son souhait allait bientôt se réaliser.

Zhang Yiqing, désormais retiré des plateaux pour travailler derrière la caméra, n'avait plus la fraîcheur de sa jeunesse, mais il n'avait rien perdu de sa beauté. Il ressemblait à une bouteille de vin longuement conservée ; le temps n'avait pas diminué son charme, il lui avait au contraire donné un parfum propre aux années.

Les personnes capables sont toutes fières. Zhang Yiqing était, dans son domaine, un chef de file et il pouvait en être fier. Il avait remporté quatre fois le titre de Meilleur acteur, sans compter les innombrables autres récompenses, grandes et petites. Il avait même été nommé, dès sa première année comme réalisateur, au prix national du meilleur réalisateur.

Malheureusement, après avoir rencontré les Portes, son destin fut contraint de prendre un autre tournant.

« Bonjour, je m'appelle Bai Ming. »

Les deux hommes étaient assis face à face. Bai Ming lui tendit la main avec un sourire sincère. Associé à ce visage inoffensif, son sourire ne laissait absolument rien paraître de ce qui appartenait à un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire. Il dit : « Je suis très heureux de faire votre connaissance. »

Zhang Yiqing fut naturellement trompé par les apparences. Il lui serra la main et répondit : « Je suis très heureux de faire votre connaissance. Je m'appelle Zhang Yiqing. »

« Oh. » Bai Ming acquiesça. « J'ai vu vos films. »

Zhang Yiqing répondit par un sourire de politesse. Il pensait probablement que Bai Ming n'était qu'un admirateur ordinaire, ou même simplement un spectateur ayant vu l'un de ses films par hasard.

Ce n'est que bien plus tard, lorsqu'il découvrit une pièce remplie de toutes ses œuvres, qu'il comprit que Bai Ming était loin d'être aussi inoffensif qu'il en donnait l'impression.

Bien entendu, à cet instant, Zhang Yiqing n'en avait absolument pas conscience. En voyant Bai Ming, avec ses cheveux naturellement bouclés et son sourire d'une sincérité presque naïve, il crut réellement qu'il était un jeune homme au caractère doux.

À cette époque, Zhang Yiqing ne comprenait même pas pourquoi les membres de l'organisation de Bai Ming avaient si peur de lui. Il pensait même que ces gens avaient mal compris Bai Ming.

À l'intérieur comme à l'extérieur des Portes, Bai Ming ne changeait pas beaucoup. Son caractère restait doux ; même lorsqu'on lui adressait des paroles blessantes, ou que certains manifestaient ouvertement de la malveillance envers lui, il ne répondait jamais avec violence.

Parfois, Zhang Yiqing trouvait même que Bai Ming était gentil à l'excès, au point qu'il était déjà intervenu pour le protéger.

« Tu es vraiment trop gentil », lui avait-il dit un jour. « Une personne bonne est facilement maltraitée. Il ne faut pas avoir l'intention de nuire aux autres, mais il faut se garder d'eux. »

Bai Ming écouta Zhang Yiqing lui faire la leçon avec un sourire radieux. « Grand frère Zhang a raison de me faire la morale. »

Zhang Yiqing ne savait pas ce qui lui avait pris. En voyant le sourire si sage de Bai Ming, il leva la main et lui ébouriffa les cheveux. Ce n'est qu'après l'avoir fait qu'il trouva son geste un peu déplacé. Il toussota légèrement avant d'expliquer : « Ils avaient vraiment l'air trop agréables à toucher. »

Bai Ming cligna des yeux, sans faire le moindre commentaire.

Les cheveux de Bai Ming étaient extrêmement épais et leur toucher était exceptionnellement agréable ; rien qu'en les voyant, on avait envie d'y passer la main. Mais les personnes qui osaient poser la main sur la tête d'un tigre étaient vraiment peu nombreuses, et Zhang Yiqing faisait partie de celles-là, même s'il ignorait alors complètement que Bai Ming était une bête féroce et non un adorable petit chat.

Mais la vérité finit toujours par éclater. Zhang Yiqing n'était pas un imbécile. Lorsqu'il remarqua enfin ce qui clochait chez Bai Ming, leur relation avait déjà franchi une étape supplémentaire.

Il découvrit cette anomalie à la suite d'une plaisanterie. « Bai Ming, je me demande pourquoi tous ceux qui t'offensent finissent par avoir des ennuis. »

En entendant cela, Bai Ming cligna des yeux et répondit : « Ne devraient-ils pas avoir des ennuis ? »

En voyant son sourire, Zhang Yiqing resta figé. Il plaisantait au départ, mais après y avoir réfléchi sérieusement, une fine couche de sueur froide apparut dans son dos.

En repensant à tout ce qui s'était passé depuis leur première Porte jusqu'à aujourd'hui, ceux qui avaient offensé Bai Ming ne s'étaient pas simplement attiré des ennuis.

Ils étaient tous... morts.

Oui, morts.

Morts dans toutes sortes d'accidents étranges. Pris séparément, chacun de ces événements ressemblait à un accident, mais lorsqu'ils se répétaient aussi souvent, ce n'était plus un accident.

Le hasard est, dans une certaine mesure, une forme de nécessité.

Ayant compris quelque chose, Zhang Yiqing regarda de nouveau Bai Ming. Il découvrit que ce jeune homme, qui semblait pourtant si facile à comprendre, lui était devenu étrangement étranger.

Heureusement, cette impression ne dura qu'un instant.

Bai Ming se rapprocha de nouveau en souriant et dit : « Grand frère Zhang, ce soir, accompagne-moi manger une fondue. »

« Très bien », accepta Zhang Yiqing.

À ce moment-là, leur relation n'en était encore qu'au stade de l'ambiguïté. Mais dans le monde des Portes, on pouvait mourir à tout moment. Zhang Yiqing voyait également à quel point Bai Ming faisait tout pour le protéger. Ainsi, ils se rapprochèrent peu à peu, jusqu'au jour où Zhang Yiqing se rendit à une réception mondaine.

En tant que personnalité influente du monde du divertissement, beaucoup de gens souhaitaient naturellement s'accrocher à sa cuisse (NT : idiome signifiant chercher l'appui ou la protection d'une personne puissante). Ce jour-là, un partenaire commercial lui présenta donc une très jolie jeune femme.

Bien que Zhang Yiqing ait immédiatement refusé, Bai Ming, qui était venu se joindre à l'animation, vit toute la scène.

Sans savoir pourquoi, face au regard de Bai Ming, Zhang Yiqing éprouva soudain un sentiment de culpabilité.

Avant même la fin de la réception, Bai Ming l'entraîna dans un salon privé. Zhang Yiqing voulut résister, mais il découvrit qu'il n'était absolument pas de taille face à Bai Ming : celui-ci le souleva comme on soulèverait un sac de riz.

« Grand frère Zhang, tu as quelqu'un que tu aimes ? » demanda Bai Ming.

« Non », répondit Zhang Yiqing.

« Non ? Alors qu'en est-il d'elle ? »

En voyant l'expression de Bai Ming, Zhang Yiqing comprit qu'il semblait avoir un peu bu.

Il passa sa langue sur ses lèvres et répondit d'une voix sèche : « Je ne l'aime pas. »

« Tu ne l'aimes pas, mais tu l'accepterais quand même ? » demanda Bai Ming.

Zhang Yiqing ouvrit la bouche pour expliquer, mais les mots restèrent coincés. Au fond de lui, sa fierté naturelle fut inexplicablement éveillée par le ton accusateur de Bai Ming.

Il releva le menton, prit un air froid et réprima de toutes ses forces l'inquiétude qui montait en lui. « Et alors ? »

Bai Ming posa la main sur ses lèvres. Il se pencha vers lui et murmura : « Mais moi, cela me mettrait en colère. »

Zhang Yiqing fronça les sourcils.

Bai Ming ajouta : « Très... très... en colère. »

Zhang Yiqing allait justement demander : « Et alors, si tu es en colère ? », lorsque Bai Ming le poussa d'un geste sur le canapé du salon privé.

Les doigts de Bai Ming défirent le premier bouton de sa chemise. Le dominant de toute sa hauteur, il regarda Zhang Yiqing avec une froideur que celui-ci ne lui avait jamais entendue auparavant. « Je ne veux plus attendre. »

Les yeux de Zhang Yiqing s'écarquillèrent.

C'était la première fois qu'il réalisait que Bai Ming était complètement différent de ce jeune homme apparemment inoffensif qu'il s'était imaginé.

« Grand frère Zhang », dit Bai Ming, « je t'aime. Est-ce que toi aussi, tu m'aimes ? »

Zhang Yiqing déglutit, sans répondre à la question de Bai Ming. Il dit seulement : « Calme-toi un peu… »

Bai Ming le regarda : « Tu m'aimes aussi, n'est-ce pas ? C'est seulement que tu ne veux pas l'admettre… Mais peu importe que tu ne l'admettes pas. » Il sourit, beau comme un démon. « Tant que moi je t’aime, cela suffit. »

Après cela, tout ce qui suivit est indescriptible.

Lorsque Zhang Yiqing reprit de nouveau conscience, tout son corps semblait disloqué. Bai Ming l'avait enveloppé dans une couverture et l'avait directement installé dans la voiture. Voyant qu'il s'était réveillé, Bai Ming sourit et dit : « Frère Zhang, tu es réveillé ? Nous rentrons tout de suite à la maison. »

Zhang Yiqing voulut parler, mais il découvrit que sa gorge était extrêmement enrouée. Il pensa à quelque chose, une légère rougeur monta sur ses joues, et il lança avec difficulté une insulte : « Espèce de bête. »

Bai Ming cligna des yeux : « Frère Zhang, tu es en train de me complimenter en disant que je suis bien pourvu ? ».

Zhang Yiqing : « … » Il était vaincu.

Bai Ming dit : « Ce n'est pas grave, il n'est que trois heures du matin. Une fois rentrés, nous aurons encore beaucoup de temps. »

Zhang Yiqing allait répliquer lorsque Bai Ming scella ses lèvres d'un baiser. Son baiser était quelque peu brutal, colorant les lèvres de Zhang Yiqing d'un rouge équivoque.

Zhang Yiqing fut embrassé au point d'en avoir la tête qui tournait. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il prit vaguement conscience qu'il semblait… avoir provoqué quelqu'un d'extraordinairement redoutable.

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

 

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