Political scheming -
Chapitre 33 - Je ne t'ai pas dit d'embrasser mes lèvres !

 

« Est-ce que… tu peux m’embrasser ? »

À l’instant même où ces mots furent prononcés, tout alentour sombra dans un silence absolu.

Lu Ping regretta aussitôt.

Il ne savait pas si Yan Ren avait bien entendu ce qu’il venait de dire.

Mais ces paroles prêtaient terriblement à confusion et invitaient à toutes sortes d’interprétations, comme s’il était amoureux de Yan Ren et qu’il lui déclarait ses sentiments. Pourtant… entre de très bons amis, même s’ils étaient tous deux des hommes, un baiser sur la joue au moment des adieux, pour exprimer le regret de la séparation, ne devrait pas être déplacé, n’est-ce pas ?

C’était parfaitement raisonnable.

Bon… il fallait reconnaître que cela ressemblait tout de même beaucoup à une déclaration d’amour.

Mais même si Yan Ren croyait qu’il était en train de lui faire sa déclaration, cela lui était désormais égal. Après tout, Yan Ren l’avait déjà mal compris une première fois; une seconde fois ne changerait plus grand-chose.

Lu Ping n’osait pas lever les yeux vers lui. Son esprit était en plein désordre, sa tête et ses joues étaient si brûlantes qu’il avait l’impression d’avoir de la fièvre. Il ne faisait que fixer les feuilles mortes éparpillées sur le sentier forestier, partagé entre hésitation et malaise.

Le temps sembla s’étirer interminablement.

« Suis-moi » dit Yan Ren.

Hein ?

Lu Ping releva la tête vers lui avec surprise. Il constata que Yan Ren n’affichait aucune expression particulière : il ne souriait pas, ne semblait pas en colère non plus. Il se contenta de se retourner et de marcher droit devant lui.

Que voulait-il dire ?

Cherchait-il un endroit tranquille pour le repousser ?

Ou pour le réprimander ?

Lu Ping demeura longtemps figé, puis, voyant Yan Ren s’éloigner de plus en plus, il fit aussitôt signe à Da Sheng de rester où il était et se hâta de le suivre.

Il ignorait où Yan Ren l’emmenait. Il marcha simplement derrière lui, en silence.

La silhouette de Yan Ren était haute et droite. Son pas était ferme. Ses bottes foulaient une à une les feuilles fraîchement tombées du faux-liège (NT : huángbò, arbre médicinal), produisant un léger bruissement. Lu Ping calqua inconsciemment son pas sur le sien et marcha lui aussi, pas pour pas, sur ces feuilles.

C’était le seul son qui existait entre eux deux.

À part cela…

Il n’y avait que le silence.

Le cœur de Lu Ping battait comme un tambour. Il garda la tête baissée en avançant lorsqu’il heurta soudain le dos de Yan Ren.

Ce n’est qu’alors qu’il revint brusquement à lui.

Ils étaient arrivés. Yan Ren s’était retourné et le regardait avec un sourire à peine perceptible.

Devant eux se trouvait une voiture à cheval. Le cheval balançait tranquillement la queue tandis que Zong Yun attendait à côté.

Ne comprenant toujours pas la situation, Lu Ping vit Yan Ren lui faire signe. « Monte. »

Pourquoi devait-il monter dans la voiture ? Voulait-il le renvoyer ?

Le nez de Lu Ping se mit à le picoter. Ses yeux s’échauffèrent malgré lui et se remplirent de larmes. Il baissa la tête sans rien dire et grimpa dans la voiture.

L’air y était lourd et étouffant. La lumière y pénétrait encore moins.

Il leva précipitamment sa manche pour essuyer ses larmes. Il ne voulait pas que Yan Ren sache qu’il pleurait.

Tendant l’oreille, il entendit Yan Ren dire quelque chose à voix basse à Zong Yun.

Celui-ci répondit : « Bien. »

Puis le bruit de ses pas sur les feuilles mortes s’éloigna progressivement.

Lu Ping resta assis, immobile et hébété.

Soudain…

La tenture fut brusquement soulevée. Une faible lumière se déversa dans l’habitacle avant d’être aussitôt masquée.

Yan Ren monta entièrement dans la voiture, occupant tout son champ de vision.

Il était tout près de lui. Cette voiture, qui n’était pourtant pas petite, lui sembla soudain terriblement exiguë.

Lu Ping retint son souffle. Il n’osait plus bouger. Son esprit était complètement vide.

Yan Ren s’agenouilla à demi devant lui et se pencha tout près.

Lu Ping l’entendit laisser échapper un léger rire.

Comme à son habitude, il le taquinait. Baissant la voix, il murmura : « Si tu veux m’embrasser, ce n’est tout de même pas dehors qu’il faut le faire. Tu voudrais que tout le monde se moque de nous ? »

Avant même que Lu Ping ait le temps de réagir…

Yan Ren l’embrassa. Sur les lèvres.

Le cerveau de Lu Ping explosa comme sous un coup de tonnerre.

Il…

Il n’avait pas demandé un baiser sur les lèvres. Pourquoi Yan Ren l’avait-il embrassé sur la bouche ? Mais qu’était-il donc en train de se passer ?

« Mm… » Lu Ping essaya de repousser Yan Ren.

Mais celui-ci posa une main sur sa nuque et l’empêcha de bouger.

L’air de la voiture sembla devenir encore plus rare.

Le souffle chaud de Yan Ren et la douceur de ses lèvres s’entremêlèrent aux siennes. Il les suça légèrement avant de s’en éloigner, puis revint les effleurer, tantôt proche, tantôt distant, alternant douceur et intensité, comme s’il suivait un rythme bien précis.

Il semblait d’une infinie tendresse…

Et pourtant… Il donnait aussi l’impression d’avoir beaucoup d'expériences.

Une légère senteur de vin, douce et sucrée, flottait encore entre ses lèvres. Il avait bu. Était-ce simplement parce qu’il était ivre ?

Lu Ping avait la tête qui tournait sous l’effet de ce baiser. Son cœur battait comme un tambour. Il éprouvait à la fois une douce amertume et une tendresse sucrée, incapable de mettre un nom sur ce qu’il ressentait.

Son corps demeura raide, entièrement à la merci de Yan Ren.

Leurs souffles s’étaient depuis longtemps mêlés au point qu’il était impossible de distinguer lequel appartenait à l’un ou à l’autre. De faibles gémissements restaient étouffés au fond de sa gorge. Leurs vêtements se froissaient doucement l’un contre l’autre.

Ce baiser était doux. Si doux qu’il donnait presque l’impression de perdre connaissance.

On ne savait combien de temps s’écoula.

Finalement, la main posée derrière sa nuque se desserra.

Yan Ren mit fin au baiser.

« Est-ce suffisant ? » demanda-t-il.

Sur le moment, Lu Ping ne comprit pas ce qu’il voulait dire. Par réflexe, il secoua la tête.

Alors…

Yan Ren se pencha de nouveau et l’embrassa une seconde fois.

Ce n’est qu’à cet instant que Lu Ping comprit le sens de sa question.

Était-ce suffisant ou non ?

Il était incapable de le dire. Il ferma simplement les yeux et répondit maladroitement au baiser de Yan Ren.

Cette seconde étreinte de leurs lèvres semblait déjà empreinte d’une familiarité plus intime.

Le cœur de Lu Ping ne battait plus aussi follement qu’auparavant. Puisqu’il avait réellement demandé un baiser de cette manière…

Après avoir passé d'innombrables jours et nuits à se contenter de si peu, à composer sans cesse avec ses propres désirs, il découvrait qu'un jour quelqu'un pouvait le combler au-delà même de ce qu'il avait espéré, jusqu'à faire déborder son cœur. Voilà donc ce que l'on ressentait.

Longtemps après, Yan Ren déposa deux baisers légers comme une plume sur le petit renflement de sa lèvre inférieure avant de s’éloigner. Il demanda en riant doucement : «Cette fois, c’est suffisant ? »

Lu Ping hocha précipitamment la tête, son visage brûlant.

Yan Ren resta immobile un instant, puis se retourna résolument, souleva le rideau et sauta souplement hors de la voiture.

La clarté nocturne de la forêt et le vent frais, vif et pur, envahirent de nouveau l’habitacle. L’air lourd et presque étouffant qui y régnait jusque-là disparut aussitôt.

Comme si un rêve venait de se briser. Tout retrouva son cours normal.

Lu Ping, lui, ne s’était pas encore réveillé de ce rêve. Il demeurait assis, immobile, à sa place.

À l’extérieur, Yan Ren appela : « Da Sheng, raccompagne Son Altesse au palais ! »

En entendant ces mots, Lu Ping souleva le rideau d’une main tremblante.

Da Sheng accourut avec une lanterne.

Yan Ren lui donna ses instructions : « Il fait froid cette nuit. Faites le trajet en voiture, ne le laissez pas prendre froid. »

« Oui Monsieur. »

« À l’avenir, conseille-lui de lire un peu moins le soir. Ce n’est pas bon pour ses yeux. »

« Oui Monsieur. »

« Et qu’il se couche plus tôt. La nuit, qu’il évite autant que possible de sortir du palais. »

« …Oui. »

Lu Ping ne put s’empêcher de l’interrompre : « Et toi ? Comment vas-tu rentrer ? »

Cette voiture appartenait à Yan Ren. Puisqu’il la prenait… Et Yan Ren, alors ?

Pourquoi ne rentraient-ils pas ensemble ?

Yan Ren se retourna vers lui avec un sourire. « Je rentrerai à cheval. »

Tout en parlant, il fit signe à Da Sheng de prendre place à l’avant de la voiture. Puis il agita la main. « Allez, partez. »

Le cœur de Lu Ping se serra. Ses jambes étaient si faibles qu’il ne pouvait plus tenir debout.

Il ne put que s’agenouiller près de la portière, agrippant fermement le rideau tout en regardant Yan Ren avec insistance. « Tu ne viens pas avec moi ? »

Yan Ren secoua la tête. « Je rentrerai un peu plus tard. »

Le cocher fit claquer les rênes. Le cheval se mit en marche. La voiture se mit à cahoter sur le chemin forestier.

Les larmes de Lu Ping débordèrent soudain de ses yeux. Agrippant le rebord de la portière, il cria : « Yan Ren ! »

« Oui ? »

Mais Lu Ping ne pouvait déjà plus le voir. Il abaissa précipitamment le rideau, puis souleva celui de la fenêtre.

Par chance, Yan Ren se tenait encore sous un arbre, les mains croisées derrière le dos, exactement à l’endroit où il pouvait l’apercevoir. Zong Yun se trouvait derrière lui.

Lu Ping demanda aussitôt : « Est-ce que tu pourrais ne pas attendre six ans avant de revenir ? Est-ce que tu ne pourrais pas revenir au bout de trois ans ? »

Yan Ren resta un instant interdit, puis sourit légèrement. « Très bien. Je ferai de mon mieux. »

La voiture continua de s’éloigner.

Depuis son siège, Lu Ping ne voyait déjà plus Yan Ren. Il se pencha alors par la fenêtre, passant la tête à l’extérieur pour regarder derrière lui.

Il découvrit que Yan Ren le regardait lui aussi.

Yan Ren lui fit un signe de la main et dit : « Reste bien assis. »

« Tu… » Lu Ping ne distinguait déjà plus son expression. Il ne savait plus quoi dire. Il ne pouvait que le regarder de loin et murmurer pour lui-même : « Tu as promis de revenir dans trois ans… »

La voiture tourna à un embranchement. Yan Ren disparut complètement de son champ de vision. Lu Ping laissa retomber le rideau et se laissa lourdement retomber sur sa banquette.

Ses yeux étaient encore humides. Ses lèvres l’étaient aussi.

Il essuya les larmes au coin de ses yeux, mais ne se résolut pas à essuyer ses lèvres.

Il repensa minutieusement à tout ce qui venait de se passer. Tout cela lui paraissait si irréel…

Comme un rêve.

Mais…

Qu’est-ce qui venait donc de se passer ? Tout était resté si ambigu. Aucune parole n’avait véritablement été échangée.

Et pourtant…

Ils s’étaient déjà séparés.

Lu Ping leva les yeux vers le plafond de la voiture et poussa un long soupir.

« Votre Altesse ? » Ce n’est qu’alors qu’il s’aperçut que Da Sheng l’avait déjà appelé plusieurs fois.

« Qu’y a-t-il ? »

Da Sheng demanda : « De quoi Votre Altesse et l’héritier du marquis ont-ils parlé dans la voiture ? Pourquoi Votre Altesse semble-t-elle si malheureuse ? »

Lu Ping répondit : « …Ce n’est rien. »

Il savait que c’était là la dernière fois qu’il verrait Yan Ren avant trois ans.

De retour à la cour de Cangzhu, il passa toute la nuit sans trouver le sommeil.

Le lendemain, Lu Ping apprit qu’à l’heure exacte de chen (NT : entre 7 h et 9 h), Yan Cen et Yan Ren étaient entrés au palais pour rendre hommage à l’empereur. Après avoir quitté le palais, ils avaient pris la tête de dix mille soldats de l’Armée du Nord et étaient partis de la porte de Qi’an en direction du Nord.

Tout le long de l’avenue Zhuque et jusque devant les portes de la ville, les familles des soldats versaient des larmes en leur faisant leurs adieux.

Une foule immense était rassemblée dans les rues et nul n’ignorait leur départ.

Au sein de l’armée, Yan Ren n’avait reçu que le grade de commandant de mille hommes. Ce n’était ni un poste insignifiant ni un rang prestigieux.

Sa renommée n’était pas encore très grande, mais il disposait d’une véritable autorité, commandant une unité de cavalerie engagée au combat : un poste idéal pour acquérir une véritable expérience militaire.

Tout cela, Lu Ping l’avait simplement appris par He Xinbai au pavillon Baihu Le reste du temps, il demeurait dans la cour de Cangzhu sans sortir.

Le monde extérieur semblait avoir perdu toute vitalité.

Et même s’il sortait les rues animées et les grands palais de la capitale semblaient ternes et creux. Il n’avait plus nulle part où aller. À l’extérieur du palais, il n'y avait plus l’ombre de Yan Ren.

Dans la case à courrier du pavillon Baihu, aucun nouveau courrier n’apparut, comme il s’y attendait.

Lu Ping put enfin en être certain. Yan Ren était bien Yuanshan.

Quelques jours plus tard, le temps se radoucit.

On racontait que les pâturages du haras impérial avaient retrouvé un magnifique vert tendre.

L’impératrice commença à organiser un tournoi de polo. Tous les jeunes maîtres et les jeunes demoiselles des grandes familles de Qi’an reçurent une invitation.

Depuis le départ de Yan Ren, He Xinbai ne cessait de pousser des soupirs chaque jour. Malgré cela, il reprit courage et participa tout de même au tournoi.

Tout le monde pensait que Lu Ping ne savait même pas monter à cheval, encore moins manier un maillet de polo.

On supposa donc naturellement qu’il était simplement venu assister au spectacle.

Lu Ping lui-même n’avait guère le cœur à s’amuser. Il laissa donc chacun penser ce qu’il voulait et resta assis dans un pavillon à jouer distraitement avec le service à thé.

Lu Jing et Fu Yu étaient naturellement les vedettes de ce tournoi.

Après avoir attaché ses protège-bras, Lu Jing recommanda à Fu Yu de rester bien assise, puis partit jouer au polo avec Fu Yi.

Portant un drapeau sur l’épaule, Fu Yi lança : « Grande sœur, autrefois tu étais redoutable au polo. Tu m’as même battu plusieurs fois. Tu ne joues pas cette année ? »

Fu Yu secoua la tête en souriant. « Je suis enceinte. Ce n’est plus très pratique pour moi de faire ce genre d’activité. Je vais simplement vous regarder jouer. »

Toute l’assemblée en resta stupéfaite.

Les yeux de l’impératrice se plissèrent en un sourire radieux. Elle annonça alors que Fu Yu portait un enfant de la famille impériale. La grossesse s’était tout juste stabilisée; auparavant, elle demeurait encore fragile, raison pour laquelle la nouvelle n’avait pas été rendue publique.

Aussitôt, les dames et les jeunes filles de toutes les grandes familles vinrent présenter leurs félicitations.

L’atmosphère était joyeuse et harmonieuse. L’impératrice conversait avec l’épouse du duc Fu, suscitant régulièrement les éclats de rire des personnes alentour.

Lu Ping était lui aussi heureux pour Lu Jing et Fu Yu. Et pourtant… Il avait toujours le sentiment qu’il manquait quelque chose.

He Xinbai laissa tomber son maillet et vint s’asseoir près de lui. « Je suis épuisé, épuisé… Je vais d’abord me reposer un peu. »

Après avoir bu une gorgée de thé, il ajouta : « Sans Zikeng pour plaisanter et s’amuser avec nous, ce tournoi de polo n’a vraiment plus la même saveur. C’est bien morose. »

Lu Ping but lui aussi une gorgée de thé.

He Xinbai poursuivit : « L’impératrice avait envoyé une invitation à Madame Yan, mais elle n’est pas venue. »

Lu Ping regarda autour de lui. En effet, il ne voyait nulle part Tang Ruochu. Son fils étant absent, une personne comme elle n’avait probablement aucune envie de participer à une agitation aussi superflue.

À cette pensée, Lu Ping se leva et quitta le pavillon.

Lorsqu’il se fut suffisamment éloigné de la foule, il dit à Da Sheng, qui le suivait : « Les quelques traités militaires que j’avais empruntés à Yan Ren n’ont toujours pas été rendus. À présent que je les ai terminés, allons les rapporter à Madame Yan. »

————————

Lettre de Liu’an à Yuan Shan :

Le vent du sud souffle doucement ; les bégonias refleurissent abondamment  dans la capitale.

J’ignore jusqu'où vous a mené votre voyage . Les paysages printaniers au bord du chemin sont-ils dignes d’être admirés ?

Depuis notre séparation, je vis solitaire et sans joie.

Je reprends sans cesse vos lettres et les relis attentivement. Les souvenirs d’autrefois me reviennent et je m’y replonge tout entier. Du premier caractère jusqu’au dernier, ligne après ligne, mot après mot, je demeure assis de longues heures sous les ombres mouvantes des rideaux, jusqu’à ce que le soleil décline sans même que je m’en aperçoive.

J’ai le sentiment profond que, malgré la distance qui nous sépare, cela ne diffère guère d’une rencontre en personne.

Le printemps est désormais bien installé à Qi’an. Tout va bien à la résidence des Yan et la santé de Dame Tang reste stable malgré quelques petits soucis.

Je dépose cette lettre dans la case à courrier, la confiant au vent du sud afin qu’il la porte jusqu’au Nord-Ouest, portant mes salutations aux lointaines montagnes (NT : jeu de mot avec le nom de Yuan Shan qui signifie montagnes lointaines). Puisse Yuan Shan y demeurer sain et sauf.

Respectueusement,

Liu’an.


 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent_du

 

 

 

 

Créez votre propre site internet avec Webador