La nuit de la rébellion de l’année précédente, Lu Ping avait poignardé Lu Fang sous les yeux de Lu Qiang, le réduisant à une mare de chair et de sang. Après cela, Lu Qiang semblait avoir subi un grave traumatisme : elle était restée cloîtrée pendant longtemps dans ses appartements et l’on disait qu’elle était constamment sur ses gardes, effrayée au moindre bruit , allant même jusqu’à se cacher sous ses couvertures pour pleurer à chaudes larmes la nuit.
Comme elle n’avait aucun lien avec la rébellion, Lu Ping ne lui avait rien fait et l’avait laissée conserver son titre de princesse aînée impériale.
Ou peut-être qu’après le passage de la nouvelle année, avec la fonte des neiges de Qian’an et l’apaisement progressif des événements, le temps avait fini par atténuer sa douleur d’avoir perdu sa mère et son frère. Son arrogance et son mépris innés, eux, n’avaient toujours pas changé : au quotidien, elle continuait à rudoyer les servantes et les eunuques, se montrant autoritaire et tyrannique.
Une fois entrée dans le cabinet, Lu Qiang salua sommairement avant de dire : « Votre Majesté, j’ai entendu dire que les terres au sud de l’étang Longshou, dans le jardin oriental, avaient été défrichées pour devenir des terres agricoles. »
« C’est exact. »
Lu Qiang poursuivit : « Auparavant, j’élevais un groupe de canards dans l’étang Longshou. Maintenant que l’eau de l’étang doit être détournée par des canaux pour irriguer les champs et que toutes sortes de roues hydrauliques tournent sur les berges, je ne peux plus y garder mes canards. »
Lu Ping s’en souvint. Au printemps dernier, alors que l’ancien empereur n’était pas encore décédé, Lu Qiang avait effectivement élevé dans l’étang Longshou un groupe de magnifiques canards occidentaux comme animaux de compagnie. Il dit : « Puisqu’ils ne peuvent plus rester dans l’étang Longshou, emmène-les au lac Taiye pour les y élever. »
Lu Qiang répondit : « Le lac Taiye est beaucoup trop grand. Que ferai-je si mes canards se perdent ? »
« Alors délimite une parcelle et entoure-la d’une clôture » répondit Lu Ping avec impatience.
« Non ! Mes canards ne peuvent pas subir une telle injustice. Il leur faut impérativement de l’espace ! »
Lu Ping fronça les sourcils, posa le mémorial qu’il tenait et leva les yeux vers elle : « Alors, que veux-tu faire ? »
Dès que leurs regards se croisèrent, Lu Qiang détourna soudain les yeux. Ses joues devinrent rouges sous l’effort qu’elle faisait pour contenir ses émotions, puis, n’y tenant plus, elle s’exclama avec colère : « Avoue-le franchement : est-ce que tu t’en prends délibérément à moi ? »
Lu Ping : « … »
Qu’est-ce qui lui prenait ?
Lu Qiang s’agita soudain, faisant les cent pas dans le cabinet : « Dans tout le harem, qui ne sait pas que tu réduis massivement les dépenses ? Tu supprimes ceci, tu interdis de manger cela, tu as même réduit mon allocation mensuelle de façon considérable et maintenant je ne peux même plus élever mes canards ! À quoi rime une vie pareille ? »
Lu Qiang était toujours la même.
Après l’accession de Lu Ping au trône, pendant un certain temps, Lu Qiang l’avait évité comme la peste. Mais puisqu’ils allaient malgré tout devoir continuer à faire semblant de s’entendre pendant plusieurs dizaines d’années, Lu Ping s’était constamment efforcé de réparer cette étrange relation entre frère et sœur. Il ne s’était pas attendu à ce qu’après la rébellion, tout le monde mûrisse, sauf elle, qui continuait à agir à sa guise, sans se soucier de rien.
Excédé par ses cris, Lu Ping se massa les tempes et expliqua : « Les dépenses inutiles doivent être réduites, c’est tout. Auparavant, ton allocation mensuelle servait toujours à soudoyer les eunuques et les servantes afin de t’attirer leurs bonnes grâces. Maintenant qu’il n’y a plus autant de relations à entretenir, tu devrais également mettre fin à tes habitudes de dépenses inconsidérées. Et puis, tu n’es pas la seule dont l’allocation a été réduite : celles de tes autres sœurs impériales l’ont également été. »
Lu Qiang n’écouta absolument rien de ce qu’il disait et continua à taper du pied en criant : « Tu cherches manifestement à me tourmenter ! Parce qu’autrefois je me moquais de toi et je t’insultais, maintenant que tu es devenu empereur, tu profites de l’occasion pour me rendre la vie impossible ! Tout le monde sait que Père me donnait une allocation mensuelle supérieure à celle des autres princesses ! Et maintenant, tu les as toutes ramenées au même niveau ! C’est manifestement fait exprès… »
Bang !
Le livre tomba violemment aux pieds de Lu Qiang. Elle se figea de peur, les paroles qui lui restaient coincées dans la gorge.
« Si tu n’es pas satisfaite, quitte le palais. Ne viens plus y vivre ! »
Lu Qiang resta stupéfaite, les yeux aussitôt remplis de larmes : « Tu… »
« Oui ! Je cherche précisément à te tourmenter ! Et alors ? Le temple de Ganye manque justement de nonnes. Vas-tu y aller ? » Lu Ping la fixa d’un regard glacial et furieux, puis frappa une nouvelle fois sur la table en la réprimandant : « Si tu continues à faire des histoires sans raison, tu n’iras même pas au temple de Ganye. Crois-moi ou non, je peux t’envoyer garder les tombeaux impériaux, tu n’auras qu’à aller pleurer devant la tombe de l’empereur défunt ! »
Les larmes jaillirent et couvrirent tout le visage de Lu Qiang.
Les yeux noyés de larmes, elle balbutia : « Tu… tu es vraiment… Ouin, ouin, ouin ! »
Elle se retourna et sortit en courant, relevant sa jupe d’une main tout en pleurant.
Da Sheng ramassa le livre par terre et le remit sur le bureau, mais Lu Ping était toujours incapable de calmer sa colère.
Il avait compris : Lu Qiang était précisément venue pour se quereller avec lui, espérant le pousser à rétablir l’ancienne somme de son allocation mensuelle. Malheureusement, elle n’avait pas réussi et, au lieu de cela, s’était elle-même mise en colère avant de repartir en pleurant.
Tant pis. Qu’elle fasse donc ce qu’elle voulait.
Lu Ping prit le dernier mémorial posé sur son bureau et commença à le lire. Les mots qui y figuraient le firent involontairement froncer les sourcils. « He Xinhuan… »
He Xinhuan était du même rang générationnel que He Xinbai au sein du clan He, mais bien qu’ils appartenaient tous deux à la famille He, plusieurs générations de pères et d’ancêtres les séparaient, si bien qu’ils n’étaient pas particulièrement proches. He Xinhuan, qui occupait le poste de vice-ministre des Travaux publics, avait détourné en secret des fonds publics. Après que l’affaire eut été transférée au Tribunal des Affaires judiciaires pour enquête, le jugement avait désormais été définitivement rendu.
La famille de He Xinbai n’avait pas été impliquée. La liste des condamnés comptait plus de deux cents personnes : des membres du clan qui avaient eu des transactions illicites avec He Xinhuan ainsi que des invités qui avaient autrefois été conviés aux banquets de la famille He. Le nom de He Xinbai ne figurait nulle part.
Lu Ping poussa un soupir de soulagement, puis fixa la dernière ligne, celle qui indiquait la sentence. « … Décapitation ? »
He Xinhuan et plus de deux cents autres membres du clan et invités seraient tous décapités.
Lu Ping fronça immédiatement les sourcils.
Il fit venir Liang Hansong de l’administration du Secrétariat central et lui demanda : «Grand Conseiller Liang, savez-vous quel haut fonctionnaire est chargé de l’affaire de He Xinhuan? »
Après avoir réfléchi un instant, Liang Hansong répondit : « Il s’agit de Xu Yan, vice-ministre du Tribunal des Affaires judiciaires. Votre Majesté, y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? »
Xu Yan ?
Lu Ping dit : « Le montant des fonds détournés par He Xinhuan n’est pas négligeable et la décapitation est une peine amplement justifiée. Mais les plus de deux cents personnes mentionnées dans la liste ont, elles aussi, toutes été condamnées à la décapitation. Qu’est-ce que cela signifie ? »
Liang Hansong marqua une pause avant de répondre : « Votre vieux serviteur ne connaît pas très bien les détails de cette affaire. Pourquoi ne pas faire venir le seigneur Xu pour l’interroger ? »
Xu Yan était vice-ministre du Tribunal des Affaires judiciaires. Il avait personnellement examiné et pris en charge de nombreuses affaires criminelles majeures de la cour et était réputé pour ses méthodes impitoyables. Lorsqu’il prononçait de lourdes sentences, il ne cillait même pas, sans pitié comme un juge des enfers. La cour avait besoin d’un haut fonctionnaire aussi impartial et incorruptible, mais pas d’un ministre qui outrepassait ses pouvoirs et ne tenait aucun compte de la loi.
Une demi-heure plus tard, Xu Yan entra dans la salle Liangyi.
Sa tenue officielle était impeccable, sans le moindre pli. Lorsqu’il salua, il n’y avait rien à redire à sa cérémonie. Une fois redressé, ses yeux à demi clos, le grain de beauté en forme de larme au coin de son œil paraissait d’autant plus froid sous son bonnet officiel aux longues ailes.
Lu Ping dit : « Seigneur Xu, concernant cette affaire de détournement de fonds commis par He Xinhuan, selon les lois de notre dynastie, les membres de son clan et ses invités impliqués encourent, pour les cas les plus graves, l’exil ou les travaux forcés et pour les moins graves, la bastonnade ou la flagellation. Pourtant, en lisant le dossier, je constate que tous ont été condamnés à la décapitation. »
À ces mots, Xu Yan fronça légèrement les sourcils : « Votre Majesté, cette affaire implique un très grand nombre de personnes et ses conséquences sont profondes. Si les peines ne sont pas suffisamment sévères, je crains qu’il soit difficile d’intimider les fonctionnaires de la cour et de servir d’avertissement aux autres. »
« Même lorsqu’il s’agit d’alourdir une peine, il faut statuer dans le cadre des lois de Dasheng. On ne peut pas, en fonction de ses propres idées, infliger arbitrairement des sanctions. » Lu Ping ricana intérieurement avant de poursuivre : « À l’exception de la rébellion, notre dynastie n’a jamais appliqué la responsabilité collective pour les autres crimes graves. Seigneur Xu, vous avez condamné d’un seul coup autant de personnes par responsabilité collective, y avez-vous mûrement réfléchi ? »
Xu Yan répondit : « Votre Majesté l’a vous-même dit : la rébellion est un crime grave qui doit entraîner la responsabilité collective. Dans l’affaire de la rébellion du prince de Wu, tous les fonctionnaires impliqués ont été décapités. Le détournement de fonds publics constitue lui aussi un crime grave, les personnes impliquées doivent donc également être décapitées. »
Lu Ping trouva cela à la fois risible et absurde : « Les partisans du prince de Wu savaient que celui-ci allait lever une armée, les hommes de la maison de He Xinhuan savaient-ils nécessairement qu’il détournait des fonds ? Le prince de Wu allait mettre une lame sous la gorge du prince héritier défunt et sous la mienne; He Xinhuan, lui aussi, cherchait-il donc à m’assassiner ? »
Le ton de Xu Yan demeura parfaitement calme : « Ils prétendent ne pas être au courant, mais rien ne garantit que ce soit vrai. Je préfère tuer par erreur plutôt que laisser quelqu’un échapper au châtiment. Détourner des fonds revient à nuire à l’État, nuire à l’État revient à nuire à Votre Majesté. Par conséquent, les complices d’un détournement de fonds doivent être condamnés à mort au même titre que les rebelles. »
Devant un tel sophisme, Lu Ping en eut presque le rire de colère. Il s’apprêtait à lui répondre lorsque Xu Yan ajouta : « Mais pourquoi Votre Majesté prend-elle ainsi la défense de He Xinhuan ? Chercheriez-vous donc à protéger les grandes familles aristocratiques ? »
Lu Ping resta stupéfait. À côté de lui, Liang Hansong releva également la tête.
Un silence étrange s’installa dans le cabinet.
« Qu’avez-vous dit ? » demanda Lu Ping, doutant d’avoir bien entendu.
Il reprit la liste des personnes impliquées dans l’affaire de He Xinhuan et la parcourut rapidement des yeux. Il constata alors que la plupart étaient issus de grandes familles aristocratiques.
Il s’agissait encore une fois d’une lutte entre les grandes familles aristocratiques et le parti des lettrés-fonctionnaires.
Il était évident que Xu Yan appartenait au parti des lettrés-fonctionnaires. Dès qu’un membre de ce parti mettait la main sur une faute commise par une grande famille aristocratique, il brûlait d’envie de la faire disparaître au plus vite. Dans l’affaire de He Xinhuan, il n’y avait pas seulement une grande famille comme celle des He, qui comptait parmi les quatre plus grandes familles aristocratiques, mais également de nombreuses petites familles aristocratiques. Si, ces plus de deux cents personnes mouraient, le parti des lettrés-fonctionnaires ne pouvait qu’en être ravi.
Le conflit entre les grandes familles aristocratiques et le parti des lettrés-fonctionnaires constituait, depuis la fondation de Dasheng, un problème éternellement insoluble.
Lu Ping comprit enfin : « Ah, c’est donc ce que vous vouliez dire… » Furieux, il jeta la liste sur la table. « Je n’ai jamais, à aucun moment, pris la défense des grandes familles aristocratiques ! He Xinhuan mérite la mort ! Parce que, conformément à la loi, il devait être exécuté ! Mais pour l’instant, nous parlons de cette affaire précise : la loi ne prévoit nulle part que les hommes de la maison d’un détourneur de fonds doivent eux aussi être décapités. Ne cherchez pas à éluder la question ! »
C’était la première fois que Lu Ping se mettait dans une telle colère. Même Liang Hansong recula instinctivement de deux pas.
L’expression de Xu Yan, elle, ne changea pas le moins du monde. Il lui jeta simplement un regard, puis retira son bonnet officiel et s’agenouilla à terre : « Je prie Votre Majesté de me punir et de me relever de mes fonctions de vice-ministre du Tribunal des Affaires judiciaires. »
« … »
Lu Ping sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine.
Xu Yan n’exprimait pas la moindre culpabilité ni la moindre inquiétude, et même son ton demeurait aussi impassible que d’ordinaire.
Il menaçait Lu Ping.
Puis il ajouta : « Cependant, je considère que je n’ai commis aucune erreur. J’espère que Votre Majesté saura suivre les remontrances de son serviteur. »
Lu Ping vit presque noir.
Qu’est-ce que cela signifiait ?
N’avait-il donc pas le pouvoir de modifier le jugement du Tribunal des Affaires judiciaires ?
Les deux hommes restèrent face à face dans une confrontation silencieuse. C’est alors que Liang Hansong s’avança et dit lentement : « Seigneur Xu, ne dites pas de telles choses sous le coup d’une impulsion. Votre Majesté, ne vous mettez pas non plus en colère, prenez garde à ne pas nuire à votre santé. »
Lu Ping regarda de nouveau Liang Hansong.
Liang Hansong appartenait lui aussi au parti des lettrés-fonctionnaires, mais contrairement à Xu Yan, il n’était ni aussi extrême ni aussi borné et sa manière d’agir semblait également beaucoup plus modérée. Il dit : « Mettons cette affaire de côté pour l’instant et nous en discuterons tranquillement plus tard. Seigneur Xu, pourquoi ne pas vous retirer pour le moment ? Votre Majesté, vous devriez également boire un peu de décoction de poire pour vous humidifier la gorge. »
Xu Yan jeta un regard à Liang Hansong. Puis il se releva, prit son bonnet officiel dans ses bras et salua respectueusement : « Votre serviteur se retire. »
Après le départ de Xu Yan, un eunuque apporta la décoction de poire.
Lu Ping en but une gorgée, mais sa poitrine demeurait oppressée et il ne parvenait toujours pas à retrouver son calme.
Il songea qu’il n’était peut-être pas un empereur. Il n’était qu’un ouvrier épuisé, un serviteur travaillant pour la cour.
Xu Yan n’était pourtant qu’un vice-ministre du Tribunal des Affaires judiciaires de quatrième rang inférieur et il pouvait malgré tout lui tenir tête face à face et refuser de modifier sa décision. Quant à Liang Hansong, en tant que vieux ministre ayant servi sous trois règnes, il pouvait ordonner à Xu Yan de partir et pouvait également faire suspendre l’affaire.
Chaque ministre de la cour était plus âgé que lui, plus expérimenté que lui et chacun pouvait choisir de ne pas écouter ce qu’il disait.
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Lettre à Yuan Shan:
Nous avons passé tant d'années dans la joie et les conversations, mais mille lieues nous séparent désormais. Me voici, solitaire, au sein du palais, comptant minutieusement les jours depuis déjà six mois. Pourtant, dans toute chose, je demeure dans l'incertitude; face aux affaires, j'hésite, le cœur vide de tout enthousiasme. Lorsque les grandes décisions sont enfin prises, aucune joie véritable ne m'envahit. La nuit est profonde et je crains que le rêve ne s'éternise, je me prends à regretter ces jeunes années révolues. Le vent est comme un couteau, le givre comme une épée et par strates successives ils traversent les salles, impitoyables et pressants. Je ne forme qu'un vœu : que bientôt les chevaux barbares ne franchissent plus la passe Qin et que votre retour ait enfin un jour fixé.
Je jette cette lettre dans le casier à lettres, la confie au vent du sud pour qu'il la porte droit vers le nord-ouest et je forme le vœu que vous soyez en paix, là-bas, par-delà les monts lointains.
Liu'an s'incline avec déférence.
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Note de l’auteur
Les retrouvailles $officielles auront lieu au chapitre 47. Moi aussi, j’ai tellement hâte ! J’essaie autant que possible de raccourcir les chapitres que j’ai déjà écrits, mais je trouve que la suite de l’intrigue est assez importante : il y a deux choses que je dois absolument écrire.
Ahhh, merci de patienter encore un peu ! Après le chapitre 47, j’ajouterai des chapitres supplémentaires en guise de compensation !
Traduction: Darkia1030
Check: Hent_du
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