Political scheming - Chapitre 45 - Je ne peux même plus sortir du palais ?

Après que les jardins impériaux de l’enceinte orientale eurent été transformés en terres agricoles, les résultats furent remarquables. Dans toute la ville de Qian’an, le peuple ne tarissait pas d’éloges sur les mérites de l’empereur, et dans les quartiers comme dans les campagnes, on commença les premières semailles du printemps.

L’année précédente, les réserves de céréales des greniers de Changping et des greniers de réserve étaient presque pleines à ne plus pouvoir contenir davantage de grain. Lu Ping discuta donc avec les Trois Provinces et fit baisser le prix du riz dans tout le pays à cinquante pièces par shi. Il se rendit lui-même dans les champs de Da’anfang, au sud de la ville, afin d’encourager l’agriculture et l’élevage des vers à soie. Lu Ping discuta également avec le ministère des Finances afin d’alléger les corvées et les impôts, et réduisit l’impôt calculé par tête à soixante pièces par personne et par an dans tout le pays.

En juin, le coût de la guerre aux frontières du Nord connut une nette amélioration. L’armée de Zhenbei repoussa les grandes forces turques vers le nord en progressant le long du fleuve Jaune. Tout en se réjouissant, Lu Ping demeurait inquiet et demanda conseil à Liang Hansong : il souhaitait réduire la durée des corvées imposées aux hommes et les faire servir une fois tous les trois ans.

La paix dans les quatre mers eut pour conséquence d’épuiser Lu Ping au point qu’il aurait presque souhaité mourir.

À l’entrée de l’automne, il trouva enfin le temps d’aller voir Fu Yu, qui avait déjà déménagé dans l’enceinte orientale. Fu Yu tenait Yiwen dans ses bras et lui présenta ses respects, Lu Qiang l’accompagnait également.

Lu Ping regarda Lu Qiang : « Que fais-tu ici ? »

Lu Qiang pinça les lèvres et répondit à contrecœur : « Votre Majesté est accaparée par les affaires de l’État du matin au soir, alors, bien sûr, vous ne savez pas que je viens depuis quelque temps apprendre à Yiwen à reconnaître les caractères avec ma belle-sœur. »

Lu Ping regarda la table à livres derrière elles. Sur les feuilles de papier xuan couvertes de désordre, plusieurs caractères réguliers avaient été écrits avec soin, à côté se trouvait également un plateau de pâtisseries.

Fu Yu sourit en pinçant légèrement les lèvres : « Huáwēi est gourmande et aime les gâteaux aux fruits que je prépare. »

Lu Qiang émit un léger reniflement.

Ce ne fut qu’alors que Lu Ping apprit que Lu Qiang venait souvent ces derniers temps. Il y avait trop peu de personnes dans le harem avec lesquelles elle pouvait passer le temps et, insouciante comme elle l’était, elle ne semblait guère se souvenir que son propre frère avait autrefois tué Lu Jing. Même Fu Yu, si sainte fût-elle, avait inévitablement nourri du ressentiment au début, mais elle avait fini par laisser tout cela derrière elle.

Lu Ping prit Yiwen dans ses bras : « Yiwen, quels caractères as-tu appris aujourd’hui ? Laisse ton oncle impérial regarder. »

Ainsi, les trois adultes se rassemblèrent autour d’une enfant tout en discutant des affaires de la cour.

« Yan Ren a remporté une victoire dans le Nord » dit Lu Ping.

Les yeux de Lu Qiang s’illuminèrent : « Vraiment ! Alors, quand reviendra-t-il ? »

« … Revenir n’est pas aussi simple. » Le regard de Lu Ping s’assombrit toutefois considérablement.

Lu Qiang, perplexe, demanda : « N’est-il pas possible qu’il revienne dès lors que Votre Majesté le rappelle ? »

Elle voyait les choses de manière beaucoup trop simple. Lu Ping sourit amèrement intérieurement et secoua la tête : « On ne peut pas simplement le rappeler comme on le souhaite. Selon les règles, il doit accomplir trois années de service avant de pouvoir revenir à la capitale pour rendre compte de sa mission. »

Lu Qiang perdit tout enthousiasme : « Alors, ce sera seulement au printemps prochain… Ce n’est pas grave ! Il reste encore… » Elle se reprit, commença à compter les jours sur ses doigts et déclara avec excitation : « Il reste encore huit mois ! »

Encore huit mois et les trois années seraient écoulées.

Lu Ping pensa distraitement que huit mois n’étaient ni particulièrement courts ni particulièrement longs. Une fois la fin de l’année arrivée, il demanderait l’avis des ministres et, vraisemblablement, il pourrait bientôt revoir Yan Ren.

Alors qu’il y songeait, Da Sheng entra et dit doucement à Lu Ping en se penchant : « Votre Majesté, une affaire urgente vient d’être signalée à la cour extérieure. On vous prie de retourner au palais Liangyi pour prendre une décision. »

Encore quelle affaire urgente venait troubler les rares moments de tranquillité qu’il lui restait ? Lu Ping fronça les sourcils : « Que se passe-t-il ? »

Da Sheng afficha une expression affligée : « Madame Tang, l’épouse de seigneur Yan, est gravement malade. Elle risque de ne pas passer la nuit. »

Lu Ping se leva immédiatement. « Quoi ? »

Fu Yu et Lu Qiang se levèrent elles aussi, sous le choc.

Sur le chemin du retour au palais Liangyi, Lu Ping conserva les sourcils profondément froncés.

Depuis la mort de Yan Cen au combat, la santé de Tang Ruochu n’avait cessé de décliner: une petite maladie chaque mois, une grave tous les trois mois. Après son accession au trône, Lu Ping n’avait pas eu le temps de sortir du palais pour lui rendre visite, mais il avait envoyé un médecin impérial compétent à la résidence du marquis tous les trois jours afin qu’il prenne son pouls et l’examine.

Il avait pensé qu’avec les meilleurs soins médicaux et les meilleurs remèdes, Tang Ruochu finirait forcément par aller progressivement mieux. Comment se faisait-il qu’au contraire, son état se fût soudainement aggravé ?

Un médecin impérial se tenait devant la table à livres du palais Liangyi.

Lu Ping s’emporta : « À quoi sert donc que la Pharmacie impériale vous entretienne ? Vous la soignez depuis deux mois sans parvenir à la guérir ! »

Le médecin impérial répondit : « Votre Majesté, pardonnez-moi ! Madame Yan souffre depuis des années d’un profond chagrin intérieur. Les décoctions médicinales ne peuvent que contribuer à traiter son état, elles ne peuvent apaiser la maladie du cœur ; votre serviteur est lui aussi impuissant ! Le corps de Madame Yan est déjà arrivé au bout de ses forces ; même si Hua Tuo revenait à la vie (NT : médecin légendaire réputé pour son talent exceptionnel), cela ne servirait à rien. À présent, elle ne survit que grâce à un bol de décoction ; rien ne garantit même qu’elle puisse tenir jusqu’à ce soir. »

Lu Ping resta stupéfait. Comment cela pouvait-il être si soudain ? Elle ne passerait même pas la nuit ? Ses yeux et son nez lui picotèrent. Il se retourna aussitôt et murmura : « Je vais aller la voir. »

« Votre Majesté ! Votre Majesté, surtout pas ! »

À sa grande surprise, le médecin impérial et les eunuques s’agenouillèrent. L’un d’eux attrapa même le pan de son vêtement. Lu Ping s’arrêta et les regarda avec une profonde incompréhension.

Un vieil eunuque supplia : « Votre Majesté est d’une dignité et d’un rang incomparables. Comment pourriez-vous sortir du palais pour aller voir une parente veuve ! »

Qu’est-ce que cela voulait dire ?!

Furieux, Lu Ping répondit : « Elle est l’épouse légitime de l’ancien marquis Yan et la mère de Yan Ren ! L’ancien marquis a sacrifié sa vie pour son pays, Yan Ren se bat au nord au péril de sa vie, toute leur famille est loyale et héroïque. Pourquoi ne pourrais-je pas aller la voir ? »

Le vieil eunuque répondit : « Lorsqu’une épouse de haut rang tombe malade ou meurt, ce sont toujours les dames nobles du harem qui vont lui rendre visite. Il n’est pas convenable que Votre Majesté s’y rende personnellement. Cela serait contraire aux rites ! »

Lu Ping haleta : « Les dames nobles du harem… Il n’y a pas d’impératrice actuellement. Je suis le Fils du Ciel, je peux donc y aller moi aussi ! »

Il arracha vigoureusement le pan de vêtement que l’on retenait, contourna la foule agenouillée et se dirigea vers la porte du palais avec Da Sheng.

Mais tous ces gens restèrent agenouillés, horrifiés et crièrent en rampant au sol : « Votre Majesté, surtout pas ! Votre Majesté, veuillez mûrement réfléchir ! »

Soudain, quelqu’un franchit le seuil du cabinet impérial et se dressa devant Lu Ping, lui barrant le passage.

« Où Votre Majesté compte-t-elle aller ? » demanda cette voix, âgée mais empreinte d’autorité.

Lu Ping le regarda avec stupeur : « Grand Chancelier Liang. »

Quel que fût le vent qui soufflait, il semblait toujours capable de faire venir Liang Hansong.

Lu Ping eut un mauvais pressentiment.

Après avoir pris connaissance de toute l’affaire, Liang Hansong déclara effectivement avec une parfaite sérénité : « Ce n’est après tout que l’épouse d’un noble qui est gravement malade. Pourquoi Votre Majesté se met-elle dans un tel état ? Tous les fonctionnaires savent que Votre Majesté se soucie des familles des soldats, mais un médecin impérial a déjà été envoyé et les meilleurs médicaments ont déjà été employés. Si Madame Tang ne parvient plus à tenir, on n’y peut rien. Votre Majesté a déjà fait tout ce qu’elle pouvait. »

Lu Ping supposa qu’il ignorait les relations étroites qu’il avait autrefois entretenues avec la famille Yan, c’était pourquoi il pouvait prononcer des paroles aussi froides. Il répondit : « Grand ministre Liang l’ignore peut-être, mais j’avais l’habitude de me rendre souvent à la résidence des Yan pour lui présenter mes respects. Si je m’y rends maintenant, cela est également parfaitement raisonnable. »

Après avoir parlé, il s’empressa de contourner Liang Hansong pour sortir.

Mais Liang Hansong s’inclina aussitôt et s’agenouilla : « Votre Majesté, veuillez mûrement réfléchir. »

Le cabinet impérial tomba dans le silence.

Lu Ping regarda Liang Hansong avec incrédulité : « Même le Grand ministre Liang veut empêcher Votre Majesté d’y aller ? »

Liang Hansong répondit : « Votre Majesté peut charger la dame impériale douairière et l’eunuque Da de s’y rendre à sa place. Il est véritablement inconvenant que Votre Majesté sorte elle-même du palais et descende de son palanquin. Le lit d’un mourant est chargé d’une atmosphère maladive, que se passera-t-il si cela heurte Votre Majesté ? »

« Qu’avez-vous dit ? » Lu Ping crut avoir mal entendu. Il ferma les yeux et inspira profondément, puis les rouvrit. Il avait seulement l’impression que ses oreilles résonnaient bruyamment et que sa vue s’obscurcissait puis s’éclaircissait tour à tour.

Les deux parties se retrouvèrent un temps dans une impasse.

Dans le palais, seuls Lu Ping et Da Sheng étaient debout ; tous les autres étaient agenouillés, comme s’il avait réellement commis une faute.

Soudain, quelqu’un vint annoncer : « Votre Majesté, la princesse aînée Huawei demande audience. »

Que venait encore faire Lu Qiang ? Épuisé, Lu Ping répondit : « Faites-la entrer. »

Lu Qiang entra. Elle ne portait plus les vêtements qu’elle avait tout à l’heure chez Fu Yu, mais une tenue plus officielle.

« Votre Majesté, laissez-moi y aller. » Son visage affichait un calme rare. « Laissez-moi me rendre à la place de Votre Majesté auprès de Madame Yan pour lui présenter vos condoléances. Si Votre Majesté a quelque chose à lui transmettre, je le lui dirai assurément. »

Les yeux de Lu Qiang étaient rougis.

Lu Ping détourna le regard de son visage et sombra dans le silence. Longtemps après, au milieu du silence qui emplissait le palais, il dit : « D’accord. »

Lu Qiang quitta le palais et se rendit à la résidence du marquis de Zhenbei.

Le médecin impérial l’accompagna. Liang Hansong quitta lui aussi le palais Liangyi. Il ne resta plus dans le cabinet impérial que Lu Ping et Da Sheng. Lu Ping n’avait le cœur à rien faire d’autre ; il allait et venait devant la table à livres, attendant anxieusement que les gens de Lu Qiang reviennent lui faire leur rapport.

Le ciel s’assombrit progressivement. Les serviteurs du palais vinrent apporter le repas, mais Lu Ping ne parvint pas à manger et leur ordonna de tout retirer.

La nuit tomba. Lu Ping retourna au palais de Qianqiu, où tous les chandeliers étaient garnis de bougies.

Après une longue attente, l’eunuque personnel de Lu Qiang rapporta enfin des nouvelles. « Madame Yan a rendu son dernier souffle il y a une demi-heure. »

Le vent nocturne d’automne traversa les tentures et effleura la flamme des bougies. Lu Ping, adossé à un pilier, s’affaissa, puis tomba assis sur le sol. Qiushui et Zhiyue se précipitèrent pour le soutenir, mais il leur fit signe de la main. « Vous pouvez tous vous retirer. »

Le palais intérieur devint silencieux, comme si le temps s’était arrêté.

Tous les serviteurs se retirèrent. La grande salle était complètement vide. L’esprit de Lu Ping était plongé dans le vide tandis qu’il fixait d’un air absent les ténèbres épaisses du crépuscule au-delà de la porte.

La grande salle était orientée du nord vers le sud ; au-delà de la porte s’étendait le ciel austral et le vent qui entrait était le vent du Sud. En regardant au-dehors, il aurait peut-être pu apercevoir toutes les terres situées au sud de la cité impériale de Qian’an.

Longtemps après, Lu Ping se courba et avança à quatre pattes sur quelques pas.

Il s’agenouilla en direction du sud-est, baissa la tête et posa son front contre le sol. Sa gorge était nouée et sa voix tremblait légèrement. « Tante… »

Des larmes brûlantes tombèrent sur le sol glacé.

*

Les funérailles de Tang Ruochu furent célébrées en grande pompe un mois plus tard.

Yan Ren étant absent, les autres membres de la famille Yan accompagnèrent le cercueil à sa place. À eux s’ajoutèrent les proches de la famille Tang, formant une longue procession qui s’étira sur toute l’avenue Zhuque.

Liang Hansong savait probablement que cette affaire avait profondément irrité Lu Ping. Pendant les deux mois qui suivirent, il se rendit rarement au palais Lianglyi et prit également moins souvent la parole lors de l’audience matinale qu’auparavant.

Privé des exhortations de Liang Hansong et plus le temps devenant froid à l’entrée de l’hiver, Lu Ping se montra encore plus indolent.

Il reportait l’examen des mémoires jusqu’au dernier jour. Le reste du temps, soit il lisait, soit il restait assis à rêvasser, soit il s’allongeait pour dormir, soit il allait manger quelque chose chez Fu Yu. Chaque fois que Liang Hansong voulait le rappeler à l’ordre, il finissait par garder le silence.

Un après-midi du début du dixième mois, le Bureau de la Transmission des Affaires présenta un mémoire militaire sur la situation aux frontières du Nord, tout juste transmis par les éclaireurs et les cavaliers de reconnaissance.

Lu Ping demanda précipitamment : « Comment se déroule la guerre ? Yan Ren va-t-il bien ? »

Le commissaire de la Transmission répondit : « D’après les soldats éclaireurs, notre armée a remporté une grande victoire et a repoussé les Turcs au nord du mont Yinshan ! »

Les yeux de Lu Ping s’emplirent de larmes.

Le rapport lui fut présenté.

Autrefois, tous les deux ou trois mois, un éclaireur de l’armée de Zhenbei revenait à la capitale pour rendre compte de la situation militaire. Bien que le rapport fût rédigé à la première personne, comme s’il venait de Yan Ren, c’était en réalité le stratège qui l’écrivait à sa place. Il se contentait de relater brièvement les combats, et chaque caractère était tracé d’une écriture inconnue et froide.

Mais Lu Ping l’ouvrit tout de même d’une main tremblante. Dès qu’il aperçut ces quelques lignes, il se figea.

« C’est… »

C’était écrit de la main de Yan Ren !

C’était son écriture !

Bien que le trait de pinceau soit davantage contenu et soit devenu plus ferme, Lu Ping la reconnut néanmoins au premier regard.

Il s’efforça de réprimer son cœur qui battait follement, tandis que ses doigts effleuraient doucement les traces d’encre depuis longtemps sèches.

————

Le maréchal de l’armée de Zhenbei, votre serviteur Yan Ren, s’agenouille et présente ce rapport :

À la fin du septième mois, votre serviteur conduisit les quatre cent mille hommes de l’armée de Zhenbei dans une bataille acharnée contre les Turcs. Nous nous affrontâmes durant plusieurs jours dans la région de Houtao. Le chef turc Baken fut tué puis, avançant avec une force irrésistible, nous remportâmes finalement une grande victoire. Les soldats turcs survivants se retirèrent au nord du mont Langshan. Il est à prévoir que, durant plusieurs années, les cavaliers barbares n’oseront plus franchir le mont Yinshan.

À présent, le royaume de Wuhuan des Régions occidentales, après avoir fui de nuit jusqu’à Houtao, est venu demander à faire la paix et à se soumettre comme vassal afin de combattre les Turcs conjointement. Votre serviteur connaît profondément le principe consistant à s’allier avec les puissances éloignées pour attaquer les puissances proches et à séparer les forts pour s’allier avec les faibles. C’est pourquoi j’ai pris sur moi d’accepter leur allégeance.

À compter du premier jour du dixième mois, votre serviteur conduira cent mille hommes de l’armée de Zhenbei ainsi que l’émissaire de Wuhuan, nommé A Qiaole, pour rentrer. Nous reviendrons à la capitale afin d’y rendre compte de notre mission. Nous prévoyons d'arriver avant le douzième mois.

Que Sa Majesté jouisse de la paix et de la prospérité.

Vingtième jour du neuvième mois de la première année de Yuanxiang.

 

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Note de l’auteur :

Le chapitre 47 marquera les retrouvailles tant attendues !

Ah, s'il vous plaît, soyez indulgents ! Après le chapitre 47, je compenserai l'attente avec une mise à jour supplémentaire ! ❤︎₊ ⊹

 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent_du

 

 

 

 

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