Bien que Lin Jie n’ait fait que guider le client à faire émerger ses propres pensées, il estimait que, puisque celui-ci voulait tenter l’entrepreneuriat, c’était une bonne chose.
Après tout, les « bénédictions du 996 » (NT : : travailler de 9 h à 21 h, 6 jours sur 7, présenté ironiquement comme une “chance”) et le « paradis du 007 » (NT : travailler sans interruption, 24 h sur 24, 7 jours sur 7) n’étaient pas supportables pour beaucoup de gens… perdre la vie est secondaire, devenir chauve est bien plus grave.
Puisqu’il était opprimé par ses supérieurs dans l’entreprise, au point d’être traité comme un simple outil, cela représentait une atteinte très sérieuse à son bien-être mental et physique ; dans ce cas, changer de voie était en réalité une meilleure option.
Cependant, passer d’un employé exploité d’âge moyen à un pionnier de l’entrepreneuriat était extrêmement difficile : il fallait non seulement de la détermination, mais aussi des méthodes et des capitaux.
Le minimum, c’était de ne pas avoir d’inquiétudes pour l’avenir.
Mais vu qu’il avait pris sa décision si rapidement, tout en étant conscient que cela était « très dangereux », il devait probablement avoir des ressources sur lesquelles s’appuyer.
Afin d’éviter que ce nouveau client durement acquis ne disparaisse trop vite, Lin Jie estima qu’il valait mieux lui offrir une garantie supplémentaire.
Justement, Mademoiselle Ji pourrait lui apporter un peu d’aide ; au moins, cela garantirait que le client devant lui ne se retrouve pas sans emploi.
La société de développement des ressources Rolle, contrôlée par le père de Ji Zhixu, était un gigantesque conglomérat qui détenait presque un monopole sur les droits d’exploitation minière de toute la zone inférieure, et qui s’était infiltré dans presque tous les aspects de Nuozin.
À Nuozin, l’influence de cette entreprise était difficile à imaginer.
Au moins, sur Terre, il était rare de voir une entreprise apparaître constamment dans votre champ de vision. Ici, que ce soit pour se nourrir, se loger, se déplacer ou dans n’importe quel secteur, dès que l’on creusait un peu, on retrouvait forcément son ombre derrière.
Même quelqu’un comme Lin Jie, un étranger arrivé dans ce monde depuis seulement trois ans, ressentait profondément cette influence.
Lorsqu’il sortait acheter de la nourriture ou des produits du quotidien, il constatait qu’au moins la moitié portait le logo de Rolle Resources — un escalier abstrait descendant.
Même le magasin de musique à côté vendait des CD et des lecteurs CD produits par une maison de disques appartenant à Rolle. Et le contenu diffusé provenait probablement d’artistes d’une société de divertissement également contrôlée par Rolle.
Par curiosité, Lin Jie avait autrefois consulté l’histoire de Rolle Resources et découvert que, si l’on remontait à ses origines, cette entreprise existait depuis un temps incroyablement long, et que son prédécesseur était en réalité une armée chargée d’administrer le District inférieur.
Les raisons historiques étaient extrêmement complexes, et de nombreux faits étaient aujourd’hui impossibles à vérifier ; même les dirigeants actuels de Rolle Resources avaient changé sur plusieurs générations, et il était probable que même les membres internes ne comprenaient pas tout.
Mais, en résumé, la cause fondamentale de cette situation de monopole résidait dans la structure même de Nuozin.
La zone supérieure était complètement détachée du sol : une ville artificielle entièrement construite en acier. Vue d’en haut, elle formait un immense cercle.
Le territoire de Nuozin équivalait à celui d’une province de Huaxia ; les rues proches du centre avaient des noms, tandis que les autres étaient désignées par des lettres et des chiffres.
La 23ème avenue, où se trouvait Lin Jie, faisait déjà partie des rues numérotées relativement proches de la zone centrale.
Quant à l’appellation de district inférieur, elle désignait le « sous-sol » ainsi que la « zone de transition au niveau du sol ».
D’après cette configuration, on pouvait facilement comprendre que le district supérieur, étant entièrement artificiel, ne possédait aucune ressource naturelle. Toutes les ressources naturelles se concentraient dans la zone inférieure.
Or, les habitants de la zone inférieure étaient des individus qui, après avoir touché la frontière d’Azir — les Hauts Murs de Brouillard— avaient été contaminés par une étrange épidémie, ainsi que leurs descendants. Au fil de dizaines de milliers d’années, ils avaient été isolés de force, formant un écosystème totalement différent de celui de la surface.
À titre d’information, l’origine de l’Église de la Peste se trouvait précisément dans le district inférieur, et elle en restait aujourd’hui la principale croyance.
Cela entraîna une séparation complète entre les Districts supérieur et inférieur.
C’est ainsi qu’apparurent des organisations spécialisées dans les échanges entre ces deux zones, chargées de collecter les ressources pour le district supérieur.
Avec le temps, ces organisations entrèrent en concurrence, fusionnèrent et s’absorbèrent mutuellement, pour finalement donner naissance à un conglomérat colossal : la société de développement des ressources Rolle.
Aujourd’hui, seule cette entreprise possédait le droit d’émettre de manière indépendante des permis d’accès au district inférieur.
Les autres sociétés d’exploitation devaient obtenir une autorisation de la zone centrale avant de pouvoir y mener des activités.
Bien sûr, les habitants du district supérieur pouvaient également demander à s’y rendre, mais ils devaient passer par de multiples validations et justifier de raisons légitimes. En règle générale, il s’agissait de journalistes ou de chercheurs, et ils devaient signer des accords extrêmement complexes avant de pouvoir descendre.
Pour revenir au sujet, étant donné l’ampleur de la société de développement des ressources Rolle, Ji Zhixu, en tant que fille unique de son dirigeant — une véritable personne de la haute société — pouvait sans aucun doute arranger un emploi avec une grande facilité.
« Elle devrait pouvoir t’aider un peu. »
Lin Jie craignait que le client en face ne croie pas qu’il connaissait cette demoiselle, alors il expliqua : « Elle a rencontré quelques problèmes il y a quelques jours ; c’est moi qui l’ai aidée à les résoudre. Les livres qu’elle a empruntés arrivent bientôt à échéance, elle devrait venir les rendre dans quelques jours. »
En entendant cela, les pupilles d’Ackerman se contractèrent, et son expression s’éclaira soudain : « C’était donc elle… je comprends maintenant. »
Ainsi, tout devenait logique !
En tant que chasseur, bien qu’il fût solitaire, il avait tout de même une certaine compréhension de la situation actuelle à Nuozin.
L’alliance entre le chasseur du Loup Blanc et les sorciers noirs de la secte Chijiao avait, à l’origine, été déclenchée par la défaite du Loup Blanc d’Hérys face à « l’Araignée » dirigée par Ji Zhixu.
À la fin, il avait été contraint de tuer son second, Kaji, puis de s’enfuir seul.
Par la suite, lorsqu’il avait regroupé ses forces, il s’était associé à la secte Chijiao.
Et la raison de la défaite d’Hérys était que Ji Zhixu, initialement traquée, était soudainement devenue plus forte. Pour beaucoup, cela restait un mystère difficile à comprendre à ce jour.
Et maintenant, Ackerman comprenait enfin : elle avait en réalité reçu l’aide du propriétaire de la librairie !
Pas étonnant… et en repensant à ce que le libraire lui disait à présent, se pourrait-il que— Il cherchait à rassembler les chasseurs, jusque-là dispersés et agissant chacun de leur côté, pour former une organisation capable de rivaliser avec la Société de la Vérité et la Tour des Rites Secrets ?
Ah, si tel était vraiment le cas, ce serait un moment marquant dans l’histoire des chasseurs.
Et toute la structure de Nuozin en serait bouleversée.
Ackerman fut submergé par des émotions intenses, et il ressentit en même temps une profonde crainte envers le libraire, n’osant même pas y réfléchir davantage — voilà le genre de partie d’échecs menée par les puissants !
Et lui avait la chance d’être un petit pion dans ce jeu…
Cependant, une petite question surgit dans son esprit. « Puis-je emprunter un livre ? »
Le regard d’Ackerman se tourna vers les étagères.
Le sourire de Lin Jie s’élargit. Finalement, après l’avoir dupé.… après tant d’efforts, il en arrivait enfin au sujet principal.
« Justement, j’allais en parler. Dans ton cas, comme c’est la première fois que tu fais ce genre de chose, sans expérience, tu rencontreras certainement de nombreuses difficultés par la suite… J’ai ici un livre très utile, tu ferais bien de commencer par le lire. »
Lin Jie sortit d’une étagère un livre intitulé « Entreprendre sans capital ».
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Note de l’auteur :
PS : Ah… bon, je rattrape, je rattrape — pourquoi ce clavier n’écrit-il pas tout seul ?
Traduction: Darkia1030
Check: Black_Orchid
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