KOD - Chapitre 115 - La porte impossible à ouvrir

 

Retournement de situation

 

Quant à la manière exacte de recycler cette traîtresse bonne à rien, Ruan Nanzhu ne le dit pas. Pourtant, les choses inconnues sont les plus effrayantes ; Tian Guxue avait maintenant l’âme entièrement dominée par la peur, tremblant de tous ses membres au point de ne plus réussir à parler.

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » dit Sun Yuanzhou. « On la laisse simplement ici ? Ce ne serait pas dangereux ? »

Ruan Nanzhu répondit calmement : « Elle peut encore nous aider à faire certaines choses. »

Sun Yuanzhou sembla réfléchir : « Ouvrir les boîtes ? »

« Oui », confirma Ruan Nanzhu. Il regarda Tian Guxue, sa voix très douce : « Tu n’as pas encore ouvert de boîte aujourd’hui, n’est-ce pas ? Puisque c’est le cas, tu dois connaître l’emplacement de Xiangnu et des hommes-boîtes… pas vrai ? »

Tian Guxue regarda Ruan Nanzhu avec effroi : « Je ne sais pas !! »

« Tu ne sais pas ? » renchérit Liang Miye avec mauvaise humeur. « Si tu ne connais pas la position des hommes-boîtes et de Xiangnu, comment fais tu pour ouvrir les boîtes ? Tu n’as pas peur de les faire sortir directement ? »

« C’est comme ça… avant que j’ouvre une boîte, s’il y a un hommes-boîtes ou Xiangnu dedans, cette boîte fait du bruit… » rxpliqua Tian Guxue d’une voix tremblante. « Alors je change de boîte, et Xiangnu m’a aussi dit que je ne devais avoir personne près de moi quand j’ouvrais les boîtes, donc… »

Ruan Nanzhu haussa un sourcil : « Tu as déjà ouvert une boîte aujourd’hui ? »

Tian Guxue hocha prudemment la tête. « Oui. »

« Très bien, nous vérifierons demain si ce que tu dis est vrai », dit Ruan Nanzhu.

Si Tian Guxue disait la vérité, alors elle leur serait d’une grande utilité, parce que de cette manière, elle pourrait servir de détecteur, et les aider à trouver l’emplacement de Xiangnu et des hommes-boîtes.

Ruan Nanzhu posa encore quelques questions à Tian Guxue, par exemple sur la façon dont elle prenait contact avec Xiangnu. Lorsqu’il aborda le sujet du livre des règles, Tian Guxue répondit que le jour où elle était entrée dans la Porte, elle avait trouvé le livre des règles dans la salle à manger du premier étage ; le livre avait été placé dans un coin de la salle, et c’était Xiangnu qui lui avait indiqué d’aller le chercher là-bas.

« Pourtant, pourquoi est-ce que je n’ai jamais vu ce livre des règles avant ? » demanda une jeune femme dans la foule. C’était elle qui, après être entrée dans le manoir, avait été la première à entendre les hurlements de Xiangnu ; les cris provenaient de la cuisine, alors elle était allée vérifier ce qui s’y passait.

« Peut-être que j’étais arrivée avant toi », suggéra prudemment Tian Guxue. « Quand tu es venue… je l’avais déjà pris. »

Une telle possibilité existait effectivement ; l’explication de Tian Guxue semblait raisonnable. Pourtant, en entendant cette phrase, Lin Qiushi fronça légèrement les sourcils… Il percevait une étrange sensation de dissonance dans les paroles de Tian Guxue.

Ruan Nanzhu non plus ne parla pas, comme s’il réfléchissait à quelque chose. Finalement, il ne révéla pas ce qu’il pensait et commença à discuter avec tout le monde de la manière de gérer Tian Guxue.

Ce que Tian Guxue craignait le plus, c’était d’être tuée. Lorsqu’elle vit que personne ne voulait prendre sa vie, elle poussa un immense soupir de soulagement.

Finalement, tout le monde décida de l’enfermer dans sa chambre et de poster quelqu’un pour la surveiller ; de toute façon, tant qu’on n’ouvrait pas de boîtes, il ne se passait rien, et pour le moment, les compétences de Xiangnu n’avaient pas encore atteint le total de six cartes.

Pendant que les autres discutaient de tout cela, Ruan Nanzhu resta silencieux sur le côté. Bien que son regard soit posé sur Tian Guxue, il semblait traverser son corps pour se perdre dans un lointain indistinct.

Lin Qiushi sentit que Ruan Nanzhu était un peu étrange. « Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Rien », répondit Ruan Nanzhu d’un ton léger. « Je me suis simplement souvenu de certaines choses du passé. »

Lin Qiushi ne posa donc pas plus de questions. Il tendit la main et saisit celle de Ruan Nanzhu, la serrant légèrement, transmettant la chaleur de sa paume dans la sienne.

Pendant leur interaction, Sun Yuanzhou leur lança encore un regard bizarre ; ce regard était extrêmement complexe. Lin Qiushi, lui, restait totalement perdu… Il avait maintenant un peu envie de demander ce que Ruan Nanzhu avait bien pu raconter à Sun Yuanzhou auparavant.

Une fois cette affaire décidée, tout le monde convint mutuellement de ne pas en discuter ailleurs, afin d’éviter que Xiangnu obtienne des informations.

Ensuite, Sun Yuanzhou ramena Tian Guxue dans sa propre chambre et fit poster quelqu’un pour la garder.

Puis ils organisèrent les tours de garde : toutes les deux heures, quelqu’un venait relever le précédent.

Après que tout cela eut été réglé, chacun se dispersa.

Lin Qiushi alla rapidement examiner les quelques boîtes dont Tian Guxue avait parlé, puis y fit discrètement des marques. Bien sûr, afin d’éviter que Xiangnu ne remarque quelque chose, ils n’osèrent plus coller d’étiquettes sur ces boîtes.

Tout le long du trajet, Ruan Nanzhu resta très silencieux. Son air pensif rendait Lin Qiushi inexplicablement inquiet. Il demanda : « À quoi penses-tu ? »

« Je pense à ma précédente Dixième Porte », répondit Ruan Nanzhu.

« C’était terrible ? » Lin Qiushi avait l’impression que l’humeur de Ruan Nanzhu devenait mauvaise dès qu’il parlait de cette Dixième Porte.

« Ce n’était pas terrible », dit Ruan Nanzhu. « Mais j’aurais préféré que cela le soit un peu plus. »

Lin Qiushi demanda : « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

Ruan Nanzhu sembla d’abord vouloir répondre, puis il pensa soudain à quelque chose, tourna la tête vers Lin Qiushi et dit : « Ce n’est rien d’important. C’est juste qu’un ami est mort dedans, alors cela me rend un peu mélancolique. »

Lin Qiushi fronça les sourcils ; il avait pourtant la sensation que Ruan Nanzhu lui cachait volontairement quelque chose.

S’ils réussissaient seulement à tenir jusqu’au lendemain, alors Tian Guxue pourrait les aider à ouvrir trois nouvelles boîtes, et éviter avec certitude les hommes-boîtes et Xiangnu. Pour eux, c’était extrêmement avantageux.

Le tour de garde attribué à Ruan Nanzhu auprès de Tian Guxue allait de neuf heures à onze heures du soir ; ce n’était pas trop tard. Lin Qiushi resta à ses côtés pour lui tenir compagnie, mais Ruan Nanzhu le chassa.

« Va dormir un peu d’abord ; tu dois encore monter la garde dans la deuxième moitié de la nuit », dit Ruan Nanzhu. « Allez, vas-y. »

Lin Qiushi répondit : « Mais je m’inquiète pour toi. »

En entendant cela, Ruan Nanzhu éclata soudain de rire et pinça le bout de l’oreille de Lin Qiushi : « Tu t’inquiètes de quoi ? Que je te fasse porter des cornes ? » Après avoir dit cela, il se pencha près de l’oreille de Lin Qiushi ; son souffle était brûlant : « Rassure-toi, il n’y a que toi qui arrives à me faire bander. »

Lin Qiushi : « … » il était réellement embarrassé au point de rougir à cause de Ruan Nanzhu. À cause de cette interruption soudaine, il oublia ce qu’il voulait dire. Ruan Nanzhu le força ensuite à retourner dans sa propre chambre, tandis que Ruan Nanzhu entra dans la pièce où Tian Guxue était enfermée.

Liang Miye, après s’être lavée, était déjà allongée sur le lit avec un grand détachement. En voyant revenir Lin Qiushi, elle dit : « Oh, tu n’es pas allé accompagner Mengmeng ? »

Lin Qiushi répondit : « Elle m’a demandé de revenir en premier. »

« Votre relation est vraiment très bonne. » Liang Miye était en train d’appliquer un masque facial. « J’envie cela. »

Lin Qiushi regarda Liang Miye : « Dans la porte, tu appliques encore un masque facial ? »

« Pourquoi ne pourrait-on pas appliquer un masque facial ? » Liang Miye cligna des yeux, soudain enthousiaste. « Tu ne sais pas, elles disent toutes que les masques dans la porte ont le meilleur effet. À l’extérieur de la porte, le masque agit seulement sur le corps physique, mais ici, dans la porte, il agit directement sur l’âme. C’est une véritable beauté de l’âme, et c’est très rentable . »

Lin Qiushi : « … » Il se retrouva soudain incapable de savoir quoi répondre.

Liang Miye remarqua aussi son silence et se mit à rire « glousser ». Elle dit : « La beauté est la deuxième vie d’une femme ! »

Lin Qiushi leva les mains en signe de reddition : « D’accord. »

Après être allé rapidement à la salle de bains pour se laver, il retourna se coucher. Il ne joua pas avec son téléphone et se mit à réfléchir à l’affaire de Tian Guxue survenue dans la journée. Alors qu’il réfléchissait, des hurlements propres à la femme-boîte résonnèrent depuis le rez-de-chaussée. Ces cris étaient déchirants et désespérés, donnant la chair de poule à quiconque les entendait.

Lin Qiushi et Liang Miye se redressèrent instinctivement sur leurs lits. Liang Miye demanda: « Elle va encore activer une compétence ? »

« Oui. » Lin Qiushi se remémora les cartes de compétences qu’ils possédaient actuellement ainsi que celles déjà utilisées, et trouva ce hurlement de la femme-boîte assez inexplicable.

Pour le moment, la seule compétence de la femme-boîte qui n’avait pas encore été utilisée était « bouger dans tous les sens » ; toutes les autres avaient déjà été employées et étaient retournées dans le paquet. Pour les utiliser une seconde fois, il fallait attendre un temps de recharge. Donc, elle avait utilisé « bouger dans tous les sens » ?

Non… quelque chose n’allait pas… ils avaient négligé quelque chose. Lin Qiushi, en arrivant à cette conclusion, devint un peu agité. D’après ce qu’ils avaient observé à l’intérieur de la porte, l’intelligence de la femme-boîte n’était en rien inférieure à la leur. Comment aurait-elle pu utiliser une compétence au hasard ?

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Liang Miye en voyant Lin Qiushi changer de vêtements pour remettre des habits de ville. « Tu sors ? »

Lin Qiushi répondit : « Oui, je vais voir Mengmeng. » Il ne pouvait vraiment pas se rassurer, et sortit précipitamment.

Liang Miye répondit simplement : « Oh. »

Lin Qiushi arriva devant la chambre de Tian Guxue et frappa : « Zhuang Meng, Zhuang Meng. » Il pensait que Ruan Nanzhu viendrait rapidement lui ouvrir, mais après un long moment, aucun bruit ne venait de l’intérieur.

Lin Qiushi dit : « Zhuang Meng ? » Il appela encore plusieurs fois et sentit que quelque chose n’allait pas. Il s’apprêtait à sortir une pince à cheveux pour ouvrir la porte quand la voix de Ruan Nanzhu se fit entendre à l’intérieur, basse.

Il dit : « Lin Lin, je vais bien. Va te reposer, n’entre pas. »

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda Lin Qiushi. « Que s’est-il passé ? »

Ruan Nanzhu répondit : « Rien, j’avais peur que quelqu’un entre, alors j’ai verrouillé la porte. »

Lin Qiushi resta silencieux sans répondre.

Ruan Nanzhu insista : « Je vais vraiment bien. Tu peux aller te reposer, tu viendras me remplacer plus tard. »

Lin Qiushi baissa les yeux vers la serrure. Sans dire un mot, il sortit silencieusement sa pince à cheveux et commença à crocheter la serrure.

Ruan Nanzhu sembla percevoir son geste et dit d’un ton agacé : « J’ai bloqué la porte, tu ne pourras pas entrer. Yu Linlin, tu ne peux pas m’écouter une seule fois ? C’est important. Ne me ralentis pas. Tu as entendu ? »

Lin Qiushi l’ignora complètement et continua d’ouvrir la serrure.

« Linlin !!! » Ruan Nanzhu sembla perdre patience. « Je t’ai dit d’arrêter !! »

Lin Qiushi s’arrêta. Il se colla lentement à la porte, la voix rauque, comme si quelque chose lui bloquait la gorge. Il dit : « Zhuang Meng, tu m’as menti. »

Ruan Nanzhu se tut instantanément. Il comprit que Lin Qiushi avait découvert la vérité.

« Ce n’est pas que tu ne veux pas que j’entre, c’est que tu ne peux pas sortir… » Lin Qiushi était incapable de décrire ce qu’il ressentait. Il avait l’impression de se tenir au bord d’un abîme noir, ne pouvant que regarder Ruan Nanzhu y tomber sans pouvoir l’arrêter. « Il n’y a pas qu’un seul agent infiltré. »

Ruan Nanzhu ne répondit pas.

« La femme-boîte a obtenu une nouvelle carte de compétence, n’est-ce pas ? » dit Lin Qiushi.

« Réponse illusoire », « J’ai tellement envie de l’ouvrir », « Poupée Marie », « Elle est juste à côté de toi », « Bouger dans tous les sens » — à ce moment-là, la femme-boîte avait déjà réuni cinq compétences. Mais Ruan Nanzhu, en face de lui, était piégé par la sixième compétence utilisée par la femme-boîte : « porte impossible à ouvrir ».

« Porte impossible à ouvrir » — verrouillait arbitrairement une porte ; les joueurs à l’intérieur ne pouvaient pas sortir et restaient piégés.

Parallèlement, la femme-boîte avait déjà réuni six compétences. Dès le lendemain, elle pourrait agir à nouveau et utiliser la compétence enfouie tout en bas : « Elle est juste à côté de toi », capable d’anéantir instantanément tous les joueurs d’une pièce.

Sans aucun doute, sa cible était Ruan Nanzhu.

Il n’y avait pas qu’un seul agent infiltré : Tian Guxue n’était qu’un leurre. Parmi eux, quelqu’un avait caché une carte de compétence et avait informé la femme-boîte de la chambre où se trouvait Ruan Nanzhu.

La clé pour quitter cet endroit était sur Ruan Nanzhu. S’il mourait, une voie de survie serait coupée pour tous les joueurs. De plus, cela permettait de faire taire Tian Guxue, l’agent infiltré déjà découvert : c’était tuer deux oiseaux avec une seule pierre.

Lin Qiushi dit : « Ne panique pas, il y aura une solution. Attends, je vais chercher de l’aide ! »

La pièce resta silencieuse un instant, puis on entendit un soupir presque imperceptible de Ruan Nanzhu.

Lin Qiushi se souvenait que les équipiers de Sun Yuanzhou avaient obtenu l’extincteur. Il se précipita donc vers leur chambre et frappa violemment à la porte, le cœur rempli d’urgence.

Quelques secondes plus tard, Sun Yuanzhou ouvrit la porte. En voyant Lin Qiushi essoufflé devant lui, il demanda, surpris : « Que se passe-t-il ? »

« Où est votre extincteur ? » dit Lin Qiushi. « Zhuang Meng est enfermée dans une chambre. Demain, la femme-boîte utilisera ‘elle est juste à côté de toi’… Où est votre extincteur ? La clé est sur Zhuang Meng, elle ne peut pas mourir. »

Sun Yuanzhou fut stupéfait : « Quoi ? Quoi ?? Elle est enfermé dans une chambre ?? La femme-boîte a déjà obtenu ‘porte impossible à ouvrir’ ? »

Lin Qiushi répondit : « On verra ça plus tard. Où est l’extincteur ? L’extincteur peut empêcher la femme-boîte d’activer une compétence une fois. C’est la seule chose qui peut la sauver. »

En entendant cela, Sun Yuanzhou pinça inconsciemment les lèvres, l’air un peu gêné : « Il… il a disparu. Nous le cherchons aussi, mais nous ne l’avons pas encore trouvé. »

Lin Qiushi : « … »

Les deux autres coéquipiers dans la chambre de Sun Yuanzhou s’approchèrent également. Parmi eux, une femme, après avoir entendu leur conversation, dit à voix basse : « Je suis désolée. Comme l’extincteur était vraiment trop lourd, je ne l’ai pas emporté sur moi ; je l’ai caché sous le lit. Qui aurait pensé qu’en revenant aujourd’hui, il avait déjà disparu ? »

Lin Qiushi dit : « Il a vraiment disparu ? » Il inspira profondément, forçant son calme : « Vous devez comprendre que si Zhuang Meng meurt, la clé sur son corps sera prise par la femme-boîte, et à ce moment-là, nous perdrons une méthode de sortie. » Il essaya autant que possible de les persuader d’un point de vue objectif, sans y mêler trop d’émotions personnelles.

« Je comprends. Si nous l’avions, nous t’aiderions certainement. Sinon, tu peux entrer et chercher, tu peux fouiller la pièce comme tu veux. » La femme était un peu impuissante. « Il a vraiment disparu. Nous en parlions encore tout à l’heure. »

En voyant que son expression ne semblait pas feinte, et qu’elle s’écartait même pour lui laisser la place d’entrer dans la chambre, Lin Qiushi comprit qu’ils ne mentaient probablement pas. Il serra le poing et dit d’une voix rauque : « Excusez-moi. » Puis il s’apprêta à partir.

Mais Sun Yuanzhou l’arrêta : « Yu Linlin !! Si Zhuang Meng a été touchée par la compétence de la femme-boîte, cela signifie-t-il qu’il y a encore un agent infiltré parmi nous ? »

Lin Qiushi répondit : « N’est-ce pas évident ? » Il se retourna et regarda froidement Sun Yuanzhou. « Sans agent infiltré, comment votre extincteur aurait-il pu disparaître ? »

« Celui qui a volé notre extincteur n’est pas forcément un agent infiltré », dit Sun Yuanzhou. « Cela pourrait simplement être un coéquipier cupide… »

Lin Qiushi ne répondit pas et partit directement.

Puisqu’ils avaient perdu l’extincteur, Lin Qiushi n’avait plus besoin de perdre du temps à s’enliser avec eux. Il leva le poignet pour regarder sa montre : il restait encore deux heures avant minuit. Il devait absolument trouver une solution pour sauver Ruan Nanzhu en deux heures.

Face à la pression, certaines personnes s’effondrent, d’autres deviennent plus calmes ; Lin Qiushi appartenait à la seconde catégorie. Son esprit repassa rapidement l’ensemble de la situation et des indices, et il se mit immédiatement à réfléchir à la manière de sauver Ruan Nanzhu.

Liang Miye n’ayant pas vu revenir Lin Qiushi, sortit également de la chambre. En sortant, elle le vit accroupi au bout du couloir devant une porte, le visage extrêmement grave.

« Que se passe-t-il ? » demanda Liang Miye en courant.

« Il a été touché par la compétence de la femme-boîte », dit Lin Qiushi. « Il est enfermé dans une pièce et ne peut pas en sortir. »

Liang Miye fut choquée : « Quelle compétence de la femme-boîte… il y a un agent autre infiltré parmi nous ? » Elle n’aurait jamais imaginé que la situation évoluerait ainsi. Elle pensait que l’affaire Tian Guxue marquait la fin, mais ce n’était que le début — il y avait en réalité deux agents infiltrés, Tian Guxue n’étant qu’un petit rôle destiné à détourner l’attention.

Liang Miye paniqua.« Que faire ! »

Lin Qiushi dit : « Cherche l’extincteur. » Il expliqua brièvement ce qui s’était passé du côté de Sun Yuanzhou et demanda à Liang Miye de fouiller pièce par pièce. Il ne restait que deux heures, et le manoir était immense. Celui qui avait caché l’extincteur l’avait forcément dissimulé dans un endroit très secret pour éviter qu’ils ne le trouvent ; cette recherche n’était donc pas une méthode judicieuse.

Mais ils n’avaient pas d’autre choix.

« Zhuang Meng », dit Lin Qiushi à travers la porte en communiquant avec Ruan Nanzhu, « réfléchis vite, n’y a-t-il pas d’autre solution ? »

Ruan Nanzhu, cependant, resta très silencieux. Sous ses insistances répétées, il finit par dire : « Lin Lin, c’est une situation sans issue. »

Lin Qiushi se figea. Il colla son oreille à la porte et demanda, incrédule : « Qu’as-tu dit ? »

« C’est une situation sans issue », répéta Ruan Nanzhu.

« Quoi… »

« Tu es allé chercher l’extincteur, n’est-ce pas ? Tu l’as trouvé ? »

Lin Qiushi ne répondit pas. La réponse était claire pour eux deux : s’il l’avait trouvé, il n’aurait pas ce ton.

« La personne est très intelligente. Si elle a agi, elle a forcément tout planifié », dit Ruan Nanzhu. « J’ai sous-estimé l’adversaire. Approche-toi, j’ai quelque chose à te dire. »

Lin Qiushi colla son visage à la porte. Il devait se forcer à se contrôler pour ne pas trembler.

Ruan Nanzhu murmura : « Je n’ai pas la clé sur moi. Je l’ai cachée discrètement dans l’espace du chevet de notre chambre. N’oublie pas de la récupérer. »

Lin Qiushi ne répondit pas.

« Lin Lin, je suis heureux de t’avoir rencontré », poursuivit Ruan Nanzhu. « J’espère que tu pourras sortir vivant. »

Lin Qiushi dit : « Non. »

Ruan Nanzhu : « Quoi ? »

« Putain, j’ai dit que je ne veux pas sortir vivant tout seul. Merde, Zhuang Meng, de quoi est fait ton cœur ? » Lin Qiushi prononçait rarement des grossièretés. « Comment peux-tu me dire quelque chose d’aussi cruel sans la moindre considération pour moi ? »

Ruan Nanzhu resta sans voix.

Lin Qiushi dit : « Je vais te sortir de là. Tu m’entends ? Je vais te sortir de là !! »

Il se retourna, saisit une statue décorative dans le couloir, et commença à frapper violemment la porte.

Mais la porte en bois, pourtant peu solide à l’origine, était désormais comme coulée dans le fer : elle ne bougeait pas d’un millimètre, sans même une marque. Après avoir frappé un moment, Lin Qiushi comprit que cette méthode était inutile.

« Attends-moi », dit-il.

À ce moment-là, plusieurs personnes étaient déjà sorties des chambres et avaient vu la scène. Sun Yuanzhou expliqua la situation, et les autres réagirent avec choc ou peur, comprenant qu’il y avait encore un agent infiltré parmi eux.

Lin Qiushi reposa la statue, son visage froid et terrifiant. Il chercha quelqu’un dans la foule et dit : « Ren Ruyuan, donne-moi l’essence. » Ce n’était pas une demande ; on comprenait que s’il refusait, Lin Qiushi était prêt à agir immédiatement contre lui.

« D’accord », répondit simplement Ren Ruyuan. « La clé est bien sur Zhuang Meng, n’est-ce pas ? »

« Oui », dit Lin Qiushi. « Si elle ne peut pas être sauvée, alors nous mourrons tous ici. » Son ton était calme, sans menace apparente, mais tous ceux qui l’entendaient ressentirent un frisson dans le dos : ces mots, pourtant exagérés en apparence, n’avaient rien d’une plaisanterie.

Il apporta l’essence devant la porte de Ruan Nanzhu : « Nanzhu, j’ai apporté l’essence. »

« Comment vas-tu me la faire passer ? » demanda Ruan Nanzhu avec une pointe d’impuissance.

Lin Qiushi répondit : « L’interstice de la porte, il y a encore des fissures. Je vais aller au restaurant chercher des sacs plastiques, emballer l’essence, puis la faire passer à travers la fente. Tu la récupéreras de l’intérieur. »

Ruan Nanzhu dit : « D’accord. »

Lin Qiushi alla donc au restaurant, prit des dizaines de sacs de conservation, y versa progressivement l’essence, puis les fit passer par la fente de la porte. Il ne savait pas si cela servirait, mais il faisait tout ce qu’il pouvait.

Ensuite, il envoya tout le monde chercher l’extincteur, mais comme Ruan Nanzhu l’avait prévu, celui qui l’avait caché l’avait fait avec soin : personne ne parvint à le retrouver.

Après avoir passé l’essence à travers la porte, il ne restait plus de vingt minutes avant minuit. En regardant ses mains couvertes d’essence, il goûta pour la première fois à l’impuissance et au désespoir.

Il était un incapable ; il ne pouvait pas sauver Ruan Nanzhu.

 

Traducteur: Darkia1030