TTBE - Chapitre 46 - Belle-sœur

 

Après avoir bandé la blessure puis remis ses vêtements, Xiao Zhige donnait l’impression que rien ne lui était arrivé. Si An Changqing n’avait pas vu de ses propres yeux les veines saillir sur son cou lorsqu’il endurait la douleur, qui aurait pu deviner à cet instant qu’il était blessé ?

An Changqing éprouvait à la fois de la peine et de la colère. « Comment se fait-il qu’avec une blessure aussi grave, ce soit encore toi, le commandant en chef, qui doives aller sur le champ de bataille ? »

Xiao Zhige lui ébouriffa les cheveux avec un sourire. « Sur un champ de bataille, les lames et les lances n’ont pas d’yeux. Qui n’est pas blessé ? Tant qu’on n’a pas perdu un bras ou une jambe, tant qu’on peut encore se relever, cela ne compte pas comme une blessure grave. »

Voyant qu’il s’inquiétait toujours, il ajouta : « Tu n’as pas vu le Grand Roi Corbeau d’Or des Beidi. Je lui ai tranché un bras, mais pour maintenir le moral des troupes, il a tout de même dû retourner au combat avec un seul bras. Ces derniers jours, c’est justement lui que j’allais affronter. Dommage que je n’aie pas réussi à rapporter sa tête ; sinon, nous aurions pu accrocher une lanterne supplémentaire à la porte de la ville. »

An Changqing resta interdit. « Accrocher une lanterne ? »

Après un instant de réflexion, Xiao Zhige décida d’employer une formulation un peu moins brutale afin de ne pas l’effrayer : « Les Beidi envahissent nos frontières depuis des années. Les soldats et les habitants de Yanzhou entretiennent avec eux une haine à mort, irréconciliable. Pour stimuler le moral des troupes et permettre à la population de se défouler de sa colère, chaque fois que nous abattons un commandant beidi, sa tête est suspendue à la porte de la ville. »

Au fil des ans, plus d’une centaine de têtes de généraux beidi avaient ainsi été exposées. À la fin de chaque campagne militaire, ces têtes étaient retirées et empilées avec celles des prisonniers beidi exécutés hors des murs de la ville afin de former un jingguan (NT: monument de guerre constitué d’un amas de crânes ou de têtes ennemies, destiné à intimider l’adversaire et à célébrer une victoire militaire). Année après année, ces amoncellements s’étaient accumulés ; il y en avait désormais d’innombrables, hauts de deux ou trois zhang à l’extérieur de la ville.

An Changqing écoutait avec stupéfaction. Dans sa vie précédente, il n’avait jamais quitté la capitale de Ye et ne connaissait la brutalité de la guerre frontalière qu’à travers des récits rapportés. Ce n’était qu’en entendant Xiao Zhige raconter tout cela d’un ton si calme qu’il commençait à toucher du doigt la réalité cruelle de la guerre.

Lorsque deux armées s’affrontent, c’est une lutte à mort.

Pour intimider les féroces Beidi, il fallait être plus féroce et plus impitoyable qu’eux afin qu’ils éprouvent de la crainte.

An Changqing se souvint alors des rumeurs qu’il avait entendues autrefois dans la capitale. Les lettrés et les étudiants critiquaient sans cesse Xiao Zhige, affirmant que l’exécution de dizaines de milliers de prisonniers beidi était d’une cruauté excessive. Les immenses jingguan devant les portes de la ville constituaient, selon eux, la preuve de sa soif de sang.

Pourtant, si ces mêmes personnes avaient vécu quelques années à la frontière, à Yanzhou, elles auraient peut-être haï les Beidi plus encore que Xiao Zhige.

« Et que devient un habitant de Ye lorsqu’il tombe entre les mains des Beidi ? » demanda-t-il.

Le regard de Xiao Zhige se refroidit. « Les Beidi sont bien plus cruels que nous. »

Tenant la main d’An Changqing dans la sienne, il jouait distraitement avec chacun de ses doigts. « Ils appellent les esclaves de Ye des “victimes humaines”. Ils les élèvent tous ensemble comme du bétail. Les hommes travaillent jour et nuit sans répit, tandis que les femmes sont abandonnées au bon plaisir des soldats. Et lorsque les réserves de nourriture viennent à manquer, ils les abattent pour les manger... »

Il poussa un soupir et le regarda. « C’est aussi pour cela que je ne voulais pas que tu viennes à Yanzhou. »

Yanzhou se trouvait à la frontière. Au printemps et en été, les tempêtes de sable y faisaient rage ; en automne et en hiver, le froid semblait interminable. Il fallait également se préparer à tout moment à une nouvelle invasion des Beidi. Ici, il n’y avait pas de vie paisible. Même les habitants de la ville vivaient en étant prêts à risquer leur vie contre l’ennemi.

Tout ce qui existait ici n’était pas ce qu’il souhaitait montrer à An Changqing.

Mais celui-ci pinça légèrement les lèvres et secoua la tête. « Je n’ai pas peur. »

Après une courte pause, il poursuivit : « Peut-être qu’au début je ne serai pas habitué à tout cela, mais je ferai de mon mieux pour m’adapter. »

Il releva légèrement le menton et marmonna : « Et puis, je ne suis pas un jeune maître noble élevé dans le luxe. »

Une tendresse infinie se répandit dans les yeux de Xiao Zhige. Sentant combien ses mains étaient devenues plus sèches et plus rugueuses, il dit d’une voix grave : « Mais je ne supporte pas de te voir souffrir. »

Ses paroles étaient sincères et solennelles ; dans ses yeux, la tendresse fondait comme la neige au soleil.

Après avoir soutenu son regard un instant, An Changqing détourna les yeux.

Comment se fait-il qu’après seulement un mois sans se voir, il soit soudain devenu capable de dire des paroles aussi affectueuses ? pensa-t-il en secret.

Puis il ramena discrètement son regard vers lui. Toussant légèrement, les oreilles rougies, il répondit : « Tant que moi je ne trouve pas cela pénible, cela me suffit. »

Puis, lui lançant un regard en coin, il ajouta : « Maintenant, je comprends enfin d’où viennent toutes ces rumeurs effrayantes dans la capitale. Ces gens-là parlent sans connaître la douleur d’autrui (NT: critiquer ou juger une situation dont on ne subit pas soi-même les conséquences). »

Entendant l’indignation dans sa voix, Xiao Zhige sourit. « Inutile de se soucier de ce que disent les autres. Allons d’abord manger. »

Comme il avait refusé de partager le repas avec ses officiers, Xiao Zhige fit venir un cuisinier militaire à la résidence du général. Celui-ci prépara une bouillie à la viande pour An Changqing ainsi que quelques petits plats.

Le cuisinier venait du camp militaire et était habitué aux repas préparés dans de grandes marmites. Lorsqu’il s’agissait de cuisiner un repas raffiné pour quelques personnes, son talent laissait franchement à désirer. Heureusement, les plats étaient simples ; même s’ils n’étaient pas particulièrement savoureux, ils restaient mangeables.

Et comme les deux hommes avaient longuement bavardé, An Changqing avait fini par avoir faim. Il but donc un bol entier de bouillie. Le reste des plats et de la bouillie disparut intégralement dans l’estomac de Xiao Zhige.

Lorsqu’ils eurent terminé, la nuit n’était pas encore tombée. On était déjà au quatrième mois ; même si le temps demeurait frais, l’obscurité arrivait plus tard.

Après avoir réfléchi un instant, Xiao Zhige décida simplement de l’emmener en ville acheter quelques affaires.

Les rues étaient encore animées. De nombreux habitants faisaient la queue avec des sacs de toile à la main.

« Que font-ils ? »

« Ils viennent recevoir leur ration de grain », expliqua Xiao Zhige. « Lorsque les vivres ont commencé à manquer, afin que les soldats aient encore la force de combattre, ces habitants ont apporté au camp leurs réserves de nourriture, de viande et de lait. À cette époque, il n’y avait vraiment plus rien à manger. Nous ne pouvions pas accepter cela gratuitement, alors nous avons enregistré chaque foyer et promis de leur rendre ce qu’ils avaient donné une fois les réserves reconstituées. »

Même si les vivres restaient limités, il y avait désormais au moins quelque chose à manger. Il n’était plus possible de laisser les habitants déterrer des racines ou ronger l’écorce des arbres. Une partie des nouvelles provisions avait donc été redistribuée à la population.

En voyant les sourires qui illuminaient les visages des habitants, An Changqing se sentit lui aussi gagné par leur joie. « On dirait que la guerre ne les affecte pas tant que cela. »

« Oui. Ils y sont habitués. Tant que la ville ne tombe pas, la vie continue. »

Les habitants des frontières étaient semblables aux herbes sauvages qui poussaient obstinément au milieu des tempêtes de sable : d’une résilience extraordinaire. Tant que leurs racines demeuraient intactes, ils continuaient à croître vers le ciel.

Après une seule journée passée ici, An Changqing avait déjà l’impression de commencer à aimer cet endroit. Il regardait partout avec curiosité. Outre les habitants venus chercher leur grain, il y avait aussi des marchands ambulants qui vendaient toutes sortes d’objets étranges qu’il n’avait jamais vus.

Xiao Zhige le conduisit devant un étal où étaient disposés divers coquillages. Après en avoir examiné quelques-uns, il demanda au marchand : « Vous n’avez rien d’autre ? »

« Si, bien sûr. » Le marchand jeta un regard curieux à An Changqing puis sortit d’un sac de toile placé sous son étal quatre élégants pots en porcelaine qu’il aligna devant eux avec empressement. « Ce sont mes meilleures graisses d’agneau. Que le wangfei choisisse celle qui lui plaît ; prenez votre temps. »

« Vous me connaissez ? » An Changqing fut surpris. Il venait à peine de franchir les portes de la ville ; comment ce marchand pouvait-il savoir qu’il était la princesse consort ?

Le marchand éclata de rire. « Tout le monde est au courant. C’est le général Qi qui l’a raconté. Il a dit que Votre Altesse avait personnellement apporté des vivres à notre ville. Il a aussi dit que vous étiez d’une beauté exceptionnelle. En voyant quelqu’un d’aussi élégant, qui se promène aux côtés du général et lui est si bien assorti, cela ne peut être que le wangfei. »

Après tout, le roi guerrier du Nord vivait à Yanzhou depuis de nombreuses années. Les jeunes filles et les jeunes épouses qui l’admiraient ne manquaient pas. Les mœurs de Yanzhou étaient relativement ouvertes ; même si Xiao Zhige gardait toujours un visage sévère, il ne manquait pas de femmes assez audacieuses pour tenter leur chance auprès de lui.

Aucune n’avait cependant réussi. Au cours de toutes ces années, personne n’avait jamais vu leur général se promener tranquillement dans les rues. À présent, on apprenait d’abord l’arrivée du wangfei, puis on voyait leur général venir acheter de la graisse d’agneau accompagné d’une personne magnifique. Qui cela pouvait-il être d’autre ?

An Changqing pinça les lèvres et lança un regard oblique à Xiao Zhige avant de reporter son attention sur les pots de porcelaine. « À quoi sert cette graisse d’agneau ? »

Voyant son intérêt, le marchand s’anima davantage encore et se lança avec enthousiasme dans les explications.

Il s’avéra que Yanzhou était une région où soufflaient de fréquentes tempêtes de sable et dont le climat était extrêmement sec. En particulier durant l’hiver : lorsque l’air devenait trop aride, la peau pouvait même se fendiller.

C’est pourquoi on y produisait une spécialité locale : une graisse d’agneau qui, appliquée sur la peau, l’hydratait et empêchait les gerçures. C’était pratiquement un produit indispensable dans chaque foyer. Les gens ordinaires utilisaient généralement une graisse de qualité inférieure conservée dans des coquilles de palourde, tandis que seules les familles aisées achetaient la graisse de première qualité vendue dans des pots en porcelaine.

« Vous venez de la capitale de Ye ; vous n’êtes certainement pas habitué au climat d’ici. Il faut appliquer cette graisse d’agneau tous les jours, sinon votre peau finira par se dessécher et peler. »

An Changqing trouvait effectivement l’air de la région assez sec. Entendant cela, il choisit un pot et demanda au marchand combien il lui devait.

Mais celui-ci agita aussitôt les mains. « Votre Altesse a parcouru des milliers de li pour apporter des vivres ; c’est une immense bonté. Cette graisse d’agneau ne vaut pas grand-chose. Si elle vous plaît, prenez-la simplement. »

Naturellement, An Changqing ne pouvait pas accepter gratuitement. Il avait déjà remarqué que les habitants de Yanzhou vivaient modestement. Il insista donc pour payer.

Après avoir acheté la graisse d’agneau, ils allèrent encore se procurer diverses petites choses utiles.

Xiao Zhige ne laissa rien porter à An Changqing et transporta lui-même tous les achats dans ses deux mains. Si les habitants de Yanzhou ne l’avaient pas tous reconnu, il aurait presque ressemblé à un domestique accompagnant un jeune maître fortuné lors d’une promenade.

Les habitants n’avaient jamais vu leur général sous cet angle et leur adressaient des regards à la fois curieux et bienveillants.

Parmi eux se trouvaient également de nombreuses jeunes femmes qui avaient autrefois admiré Xiao Zhige. Au début, elles se demandaient quel « renard séducteur » leur avait ravi leur homme. Puis elles apprirent que le wangfei avait apporté des vivres à Yanzhou. En regardant de plus près, elles découvrirent non pas un séducteur manipulateur, mais un jeune homme élégant, propre et remarquablement beau.

Elles oublièrent aussitôt leur agressivité initiale et se mirent à chuchoter en rougissant : « Le wangfei est vraiment magnifique. À sa place… moi aussi, je l’aimerais ! »

Après leurs achats, les deux hommes reprirent le chemin de la résidence du général sous les regards curieux de tous ceux qu’ils croisaient.

Lorsqu’ils arrivèrent devant la porte, Xiao Zhige s’arrêta soudain et lança d’une voix glaciale : « Sortez de là ! »

An Changqing se demandait ce qui se passait lorsqu’il entendit des bruissements derrière un mur voisin. Plusieurs têtes émergèrent alors prudemment. Parmi elles, il reconnut Qi Wei, le vice-général. En plus de Qi Wei, il y avait trois autres hommes, tous grands et robustes, aux muscles puissants. Ils étaient probablement eux aussi des officiers sous les ordres de Xiao Zhige.

Voyant les quatre hommes le regarder fixement, An Changqing hésita un instant avant de leur adresser un sourire.

Aussitôt, les quatre surgirent de leur cachette. Menés par Qi Wei, ils se rangèrent bien sagement en une ligne, le visage rayonnant de joie. « Nos respects au wangfei ! »

Puis Qi Wei ajouta : « Wangfei, c’est bien trop formel ! Nous devrions l’appeler belle-sœur ! »

Après quoi les quatre hommes répétèrent en parfaite synchronisation : « Nos respects, belle-sœur ! »

À côté d’eux, le visage de Xiao Zhige devint noir comme du charbon. « Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous avez abandonné votre poste. Retournez recevoir chacun trente coups de bâton ! »

Qi Wei rentra immédiatement la tête dans les épaules. « Général, épargnez-nous ! Nous avions peur que belle-sœur ne soit pas habituée à la vie d’ici, alors nous sommes spécialement venus apporter quelques affaires. »

Tout en parlant, il multiplia les gestes vers l’arrière. Quelques soldats firent alors avancer une charrette tirée par un bœuf, chargée d’un amoncellement d’objets variés et colorés. Parmi eux, An Changqing aperçut même un brasero hexagonal finement ajouré.

L’expression de Xiao Zhige s’adoucit quelque peu. « Je prends les affaires. Maintenant, disparaissez. »

Qi Wei et les autres n’osaient plus continuer à « caresser les moustaches du tigre ». Ils se contentèrent d’allonger le cou vers An Changqing. « Belle-sœur, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez surtout pas à nous le demander ! »

Avant même qu’An Changqing puisse répondre, Xiao Zhige attrapa au hasard le fouet posé sur la charrette et le fit claquer en leur direction. Les quatre hommes poussèrent aussitôt des cris indignés et s’enfuirent à toutes jambes.

En regardant la charrette pleine d’objets, An Changqing se sentit un peu embarrassé. « Ils ont apporté tant de choses. Ne devrions-nous pas au moins les inviter à boire du thé ? »

Aucun objet n’était particulièrement précieux, mais tous étaient utiles.

Le visage de Xiao Zhige demeura sombre. « Ils cherchaient simplement une excuse pour sortir se promener et satisfaire leur curiosité. Ne fais pas attention à eux. »

Aujourd’hui, ils avaient repoussé Huyan Xun et reçu des vivres ; ces hommes avaient aussitôt relâché leur vigilance et s’étaient mis à chercher des distractions.

Xiao Zhige se promit intérieurement de leur trouver suffisamment de travail le lendemain. Mais rien n’apparut sur son visage lorsqu’il dit à An Changqing : « Faisons d’abord rentrer tout cela. Ce qui est utile restera ici. »

An Changqing acquiesça d’un « mm » et entra avec lui.

*

Une fois les affaires rangées, il fut bientôt l’heure de se reposer.

Comme il s’était déjà lavé dans la journée, An Changqing se contenta de faire une toilette rapide.

Sur le lit, Xiao Zhige venait de changer son pansement. Il tenait entre ses doigts le petit pot de porcelaine contenant la graisse d’agneau.

Lorsqu’il vit An Changqing revenir de la pièce d’eau, il tapota la place qu’il avait déjà réchauffée dans le lit. « Viens. »

An Changqing se glissa sous les couvertures. Bien que le printemps fût arrivé, les nuits restaient froides. Il frotta ses mains puis posa familièrement ses pieds contre les jambes de Xiao Zhige afin de profiter de leur chaleur.

Xiao Zhige prit l’une de ses mains et l’examina longuement à la lumière de la bougie. « Elle est devenue plus rêche. »

Puis il ouvrit le petit pot, préleva une noisette de graisse blanche comme du lait et l’étala doucement sur le dos de sa main. Il la fit pénétrer avec soin, massant chaque doigt jusqu’à ce que toute la graisse ait fondu et que la main redevienne douce et lisse dans sa paume.

Ce n’est qu’alors que ses sourcils froncés se détendirent.

An Changqing profita de ses mains encore couvertes de graisse pour lui en étaler un peu sur le visage et dit avec un sourire : « Pourquoi n’en mets-tu que sur moi ? Tu ne t’en appliques pas toi-même ? »

« Ma peau est habituée à la rudesse. Je n’en ai pas besoin. » Tout en parlant, Xiao Zhige sortit l’un de ses pieds des couvertures.

Les pieds d’An Changqing étaient encore plus blancs que ses mains. Ses orteils étaient rosés et parfaitement dessinés. Pourtant, la plante de ses pieds commençait déjà à montrer des traces de sécheresse ; si rien n’était fait, elle finirait bientôt par se fissurer.

Xiao Zhige préleva une nouvelle quantité généreuse de graisse d’agneau et la massa soigneusement sur son pied. « La prochaine fois, nous achèterons quelques pots supplémentaires. »

An Changqing laissa échapper un léger son. « Mm… Le prince me l’appliquera tous les jours ? »

À l’origine, il ne faisait qu’une plaisanterie lancée au hasard. Contre toute attente, Xiao Zhige répondit sans la moindre hésitation : « Oui. À l’avenir, c’est moi qui te l’appliquerai. »

 

--

Note de l’auteur :

Songsong : « La peau de Nuonuo est si délicate ; il ne faut surtout pas que le vent l’abîme. »

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

Créez votre propre site internet avec Webador