L’école des filles était une institution qu’An Changqing avait proposé de créer. Yanzhou se trouvait aux confins de l’empire et, après avoir subi pendant de nombreuses années les incursions des Beidi, ses habitants avaient développé des caractères robustes et belliqueurs. Même les femmes, lorsqu’une situation devenait critique, osaient prendre un couperet de cuisine et aller sur le champ de bataille. Il y avait même eu autrefois plusieurs héroïnes ayant résisté aux Beidi, des femmes remarquables qui n’avaient rien à envier aux hommes.
Influencé par Dame Yu et d’An Xianyu, An Changqing n’avait jamais considéré que les femmes fussent inférieures aux hommes. Prenons An Xianyu : si elle n’était pas née femme, avec ses connaissances et ses talents littéraires, elle aurait parfaitement pu participer aux examens impériaux. An Changqing se mettait à la place des autres et estimait que cette époque imposait trop de contraintes aux femmes. C’était pourquoi il avait proposé de créer une école pour les filles, dans l’espoir que les femmes des régions frontalières puissent elles aussi apprendre à lire, écrire et comprendre les principes de conduite.
Lorsqu’il avait initialement formulé cette proposition, il pensait qu’elle susciterait de l’antagonisme. À sa grande surprise, plusieurs vieux dignitaires, qui semblaient pourtant pédants et obstinés, ne s’y opposèrent pas vivement. Après mûre réflexion, ils exprimèrent au contraire leur approbation. Aux yeux des grandes familles et des clans puissants de Yejing, Yanzhou était une contrée pauvre, glaciale et arriérée. Pourtant, précisément parce qu’elle était une terre aussi arriérée, elle n’était pas soumise aux prétendues « règles » établies tacitement par les grandes familles ; elle possédait ainsi des mœurs plus ouvertes et tolérantes que Yejing.
Une fois le projet amélioré et complété, les écoles pour filles commencèrent à ouvrir les unes après les autres. Pendant un temps, de nombreuses femmes se rendirent en classe, mais les enseignantes n’étaient pas assez nombreuses. L’administration dut alors afficher des avis pour recruter des enseignantes.
Même si An Xianyu ne l’avait pas proposé d’elle-même, An Changqing avait de toute façon prévu de trouver l’occasion de lui demander son avis. An Xianyu avait de solides connaissances et, si elle restait enfermée dans une demeure, profondément retirée, ce serait au contraire gaspiller son talent.
Voyant son expression empreinte d’appréhension, An Changqing leva la main et lui caressa la tête avant de lui dire doucement : « L’école des filles vient tout juste de commencer. Si tu y vas, tu vas forcément connaître quelques difficultés. Y as-tu bien réfléchi ? »
An Xianyu hocha résolument la tête : « J’y ai bien réfléchi. »
À voir son expression, il était évident qu’elle avait déjà longuement réfléchi à la question et qu’elle n’avait trouvé le courage d’en parler qu’aujourd’hui. Dans sa vie précédente, An Changqing n’avait pas réussi à protéger sa sœur. Après avoir obtenu une seconde chance de vivre, il ne s’attachait désormais plus à son mariage ; il souhaitait seulement qu’elle puisse vivre plus heureuse et plus librement. Après tout, avec le pouvoir et le statut dont lui et Xiao Zhige disposaient, même si An Xianyu ne se mariait jamais de toute sa vie, personne n’oserait médire d’elle.
« Demain, je t’y accompagnerai moi-même. » L’expression d’An Changqing était douce et sa voix pleine d’encouragement. « C’est une très bonne chose que tu aies quelque chose que tu souhaites accomplir toi-même. »
An Xianyu avait pensé qu’une idée aussi hors des conventions lui vaudrait certainement une leçon de morale de la part de sa mère et de son frère. Elle n’aurait jamais imaginé qu’il accepterait si facilement, et même sa mère ne fit aucune objection. Elle ouvrit les yeux de surprise, puis, après un long moment, pinça les lèvres en souriant, les yeux remplis de joie.
*
An Changqing tint parole et, dès le lendemain, l’accompagna lui-même à l’école des filles.
La directrice de l’école était une enseignante âgée d’une quarantaine d’années. Autrefois, elle avait été une jeune femme très réputée pour ses talents littéraires à Yanzhou. Après la mort de son mari, comme elle n’avait ni fils ni fille, elle était restée veuve. Lorsque l’école des filles fut créée, on alla la convaincre de reprendre une activité publique. Pour entrer à l’école, An Xianyu devait passer son examen devant elle.
An Changqing s’était contenté de l’accompagner pour lui donner du courage et ne songeait nullement à lui faire bénéficier de passe-droit. Après l’avoir conduite jusqu’à l’école, il attendit donc dans le hall d’entrée. An Xianyu, quant à elle, suivit la directrice à l’arrière de l’établissement.
Il ne s’était pas écoulé le temps nécessaire pour boire une tasse de thé qu’An Changqing vit Qi Wei arriver avec Xie Ling, l’entraînant avec lui d’un pas assuré et sans la moindre retenue.
« Que faites-vous ici ? » demanda An Changqing en haussant un sourcil, son regard se posant sur Qi Wei.
Qi Wei affichait un sourire qui le faisait ressembler à un parfait idiot, tout en déclarant avec un sérieux imperturbable : « J’ai entendu dire que Mademoiselle An allait devenir enseignante à l’école des filles. Nous éprouvons une profonde admiration, alors nous sommes venus voir. »
À côté de lui, Xie Ling lui lança un regard en coin. Il était évident qu’il avait été traîné ici de force.
An Changqing lui jeta un regard lourd de sens et les invita tous deux à s’asseoir pour attendre.
Ils n’eurent pas à attendre longtemps avant de voir quelqu’un d’autre arriver. Cette fois, c’était Zhou Helan. Il affichait son habituelle expression impassible. Lorsqu’il aperçut Qi Wei et Xie Ling, son regard vacilla légèrement. Le dos bien droit, il joignit les mains devant lui en guise de salut et déclara : « J’ai entendu dire que l’école des filles venait d’être créée. J’ai justement un lot de pinceaux, d’encre et de papier dont je ne me suis pas encore défait. Je suis disposé à en faire don à l’école afin d’apporter ma modeste contribution. »
An Changqing fronça les sourcils et le regarda d’un air investigateur. Zhou Helan baissa légèrement la tête, si bien que son expression resta difficile à discerner.
L’idée qu’An Changqing avait réprimée la veille lui revint à l’esprit, mais il n’était toujours pas certain de ce qu’il devait en penser. Il inclina légèrement la tête en direction de Zhou Helan et l’invita lui aussi à s’asseoir.
Le groupe attendit environ une demi-heure avant qu’An Xianyu ne sorte enfin avec la directrice. En voyant les trois personnes supplémentaires dans le hall, toutes deux furent quelque peu surprises.
An Changqing leur expliqua la situation. Lorsqu’elle apprit que Zhou Helan était disposé à faire don de pinceaux, d’encre et de papier, l’expression de la directrice s’adoucit considérablement et elle le remercia avec gravité.
An Xianyu se tenait à côté de la directrice. Elle lui lança un regard lumineux, puis baissa rapidement les yeux et s’inclina légèrement devant lui.
Zhou Helan prononça simplement : « Il n’est pas nécessaire de me remercier », puis se retira derrière An Changqing.
À côté, Qi Wei, mécontent d’être ignoré, s’avança à son tour et déclara généreusement qu’il souhaitait lui aussi faire don d’argent. L’école des filles manquait justement de tout ; la directrice accepta donc naturellement avec enthousiasme et le remercia avec un large sourire.
Qi Wei jeta discrètement un coup d’œil à An Xianyu, mais constata qu’elle ne le regardait absolument pas et qu’elle se dirigeait au contraire lentement vers An Changqing.
Qi Wei : « … »
Au moment de se séparer, Qi Wei tira sur la manche de Xie Ling et lui demanda avec accablement : « Est-ce qu’aujourd’hui, je n’étais pas assez beau et élégant ? Pourquoi Mademoiselle An ne m’a-t-elle même pas regardé une seule fois ? »
Xie Ling s’écarta de lui avec dédain et le regarda avec une pointe de compassion : « Peut-être qu’elle a déjà quelqu’un dans son cœur. »
Qi Wei ouvrit de grands yeux : « Ne va pas me porter malheur ! »
Ne souhaitant pas discuter avec lui, Xie Ling lui jeta un regard comme s’il était un imbécile et dit : « Dans ce cas, ne viens plus me chercher pour boire avec toi à l’avenir. »
*
À la mi-septembre, An Xianyu entra officiellement à l’école des filles. En plus de donner des cours aux élèves, elle devait également aider la directrice à gérer les affaires de l’établissement. An Xianyu se retrouva rapidement très occupée et finit simplement par loger à l’école des filles, ne rentrant chez elle qu’à l’occasion de son congé chaque mois.
Zhou Helan resta plusieurs jours à Yanzhou, puis partit vers l’ouest pour Liangzhou, emmenant sa caravane marchande afin d’escorter vers le sud le deuxième chargement de minerai brut de jade.
Cette fois, en revenant à Yanzhou, il rapporta également soixante pour cent des bénéfices tirés du minerai. Le montant était si considérable qu’An Changqing en resta sans voix. À lui seul, l’argent gagné grâce à ce lot de minerai brut de jade aurait suffi à entretenir plusieurs dizaines de milliers de soldats de Yanzhou. La prospérité du Sud était ainsi manifeste.
Ce fut Xiao Zhige qui raconta tout cela plus tard à An Changqing. Mais une fois son récit terminé, il poussa un profond soupir et déclara que le Sud ne pourrait lui non plus rester en paix bien longtemps.
An Changqing ne comprit pas. Xiao Zhige se mit alors à lui exposer les différents éléments, l’un après l’autre.
« Les commanderies et préfectures du Sud sont depuis toujours contrôlées par les puissants notables locaux. Même les troupes stationnées par l’administration y sont entravées. Ces gens contrôlent pratiquement toutes les terres du Sud. Les gens du peuple ne peuvent que louer des terres pour les cultiver. Chaque année, la majeure partie de leur récolte doit être remise aux puissants propriétaires terriens. Il ne leur reste qu’une petite partie pour subvenir à leurs besoins. »
Le Sud était effectivement prospère, mais ceux qui s’enrichissaient étaient les puissants notables et propriétaires terriens. Sans cela, le minerai brut de jade expédié vers le Sud n’aurait pas été si rapidement prisé. Il ne s’agissait rien de plus que de puissants notables qui s’étaient lassés de leurs anciens divertissements : dès qu’ils voyaient quelque chose de nouveau, ils dépensaient avec une prodigalité insouciante, rivalisant pour faire monter les enchères. C’était à la fois pour se divertir et pour rivaliser avec les autres familles.
Si cette situation se maintenait, le Sud pourrait peut-être encore rester paisible quelque temps. Mais lorsque Zhou Helan était remonté vers le nord, il avait appris que les différentes commanderies et préfectures du Sud avaient toutes connu cette année une sécheresse et des précipitations faibles, si bien que les terres risquaient fort de donner de mauvaises récoltes. Dès lors que les récoltes seraient insuffisantes, les gens du peuple ne pourraient même plus assurer leur subsistance, et il était à craindre que de nouveaux troubles n’éclatent.
An Changqing n’avait jamais entendu parler de troubles dans le Sud dans sa vie précédente, mais, à la réflexion, comment le Sud aurait-il pu rester paisible alors que le Nord connaissait des troubles successifs ?
Il était seulement loin d’imaginer que la prédiction de Xiao Zhige se réaliserait aussi rapidement.
À la fin du mois de septembre, Zhou Helan fit parvenir une nouvelle : dans les commanderies de Guangping, Qinghe et Ding’an, des habitants s’étaient soulevés, prenant les armes contre les autorités. Cette fois, les troubles étaient encore plus cruels que ceux qui avaient éclaté autrefois à Sishui.
Depuis de nombreuses années, les habitants du Sud subissaient l’exploitation et l’oppression des puissants propriétaires terriens. Cette année, les terres avaient subi de mauvaises récoltes à l’automne. Les paysans qui louaient ces terres n’avaient non seulement pas réussi à conserver suffisamment de céréales pour se nourrir, mais s’étaient encore retrouvés lourdement endettés.
Habitués à opprimer les gens des couches les plus modestes, les puissants notables locaux ne leur témoignèrent pas la moindre compassion face à la catastrophe naturelle. Au contraire, ils aggravèrent encore la situation. Pour tous ceux qui ne payaient pas leur fermage, les sommes dues étaient soumises à un intérêt appelé « intérêt de l’agneau ».
(NT : L’image vient du fait qu’un agneau grandit et peut à son tour donner naissance à d’autres agneaux : de même, les intérêts « produisent » eux-mêmes des intérêts et la dette grossit de manière exponentielle).
L’« intérêt de l’agneau » signifiait que pour une somme empruntée, il fallait en rendre le double. Un fardeau aussi écrasant finit par pousser dans une impasse ces paysans qui vivaient le visage tourné vers la terre et le dos vers le ciel.
Les habitants du Sud ne ressemblaient pas à l’armée des roturiers en blanc de Sishui d’autrefois. L’armée des roturiers en blanc haïssait les lourds impôts et corvées imposés par la cour impériale ; après leur soulèvement, ils s’étaient contentés de massacrer le siège de l’administration locale ainsi que les riches familles qui collaboraient avec les autorités.
Les habitants du Sud, eux, haïssaient profondément ces puissants notables qui tyrannisaient les campagnes. Après le début du soulèvement, ils commencèrent par massacrer les familles de ces puissants notables, une maison après l’autre, puis se partagèrent leurs réserves de céréales et leur argent.
Une fois revenus de leur surprise, les puissants notables locaux et les insurgés devinrent ennemis jurés, dans un affrontement où chacun était déterminé à tuer l’autre. Dans les différentes commanderies et préfectures du Sud, le sang coula à flots et les cadavres jonchèrent le sol.
Quant aux administrations locales, corrompues et incapables, elles avaient depuis des années vu leur pouvoir contrôlé par les puissants notables. Face à une situation aussi grave, elles furent totalement impuissantes et ne purent que demander l’aide de la cour impériale.
Lorsque la nouvelle parvint à Yejing, la fin du mois de septembre était déjà arrivée. La santé de l’empereur An Qing était depuis longtemps en net déclin. Après avoir lu le rapport, il fut tellement furieux qu’il vomit du sang. Le prince héritier Xiao Qi’an assuma alors tout naturellement la régence et convoqua le Premier ministre ainsi que les autres hauts fonctionnaires pour délibérer.
Le nouveau préfet du temple Taifu avait encore à cœur le bien-être du peuple. Il proposa que le prince héritier envoie des hommes enquêter minutieusement sur l’accaparement des terres par les puissants notables du Sud, qu’il les extermine dans les différentes régions méridionales, tout en supprimant les impôts des habitants et en ouvrant les greniers afin de distribuer des secours. Après tout, cette fois-ci, les insurgés dirigeaient leurs lames contre les puissants notables. Si la cour impériale parvenait à les apaiser convenablement, elle pourrait au contraire en tirer une bonne réputation.
Le préfet du temple Taifu avait auparavant été vice-préfet du temple Taifu et avait autrefois exercé les fonctions de gouverneur de la commanderie de Changyang. Il ne comprenait pas encore suffisamment clairement la situation politique de Yejing. Il ignorait que si les puissants notables des différentes régions du Sud osaient agir avec une telle démesure, c’était parce qu’ils entretenaient des liens extrêmement étroits avec les grandes familles de Yejing, les fonctionnaires de la cour et même les deux princes impériaux.
Le Sud était si riche : comment ces gens auraient-ils pu ne pas y prendre leur part ?
Le prince héritier ricana et rejeta la proposition du préfet du temple Taifu. D’une voix glaciale, il déclara : « Ces misérables roturiers osent se rebeller ; comment pourrait-on les laisser s’en tirer aussi facilement ? »
Ce jour-là, un édit impérial portant le sceau de l’empereur fut envoyé à bride abattue vers les régions méridionales. Après avoir reçu l’ordre, les troupes stationnées dans le Sud sortirent au grand complet et massacrèrent plusieurs milliers d’insurgés.
Les civils restés à l’écart attendaient l’aide de la cour impériale ; pourtant, ce qui les attendait était l’anéantissement pur et simple sous les coups de l’armée impériale.
Le peuple fut en émoi. Cependant, au lieu d’apaiser les troubles comme le prince héritier l’avait prévu, ces massacres arbitraires provoquèrent une contre-offensive encore plus violente. Les habitants se regroupèrent en armée et affrontèrent les troupes sans se soucier de leur propre vie.
Les garnisons de Qingzhou, Yongzhou, Ruanzhou et d’autres régions avaient depuis longtemps négligé leur entraînement et s’étaient laissées gagner par la paresse et l’indolence. Désormais confrontées à ces habitants rendus fous par le sang, elles furent même saisies de peur. Après leurs premières victoires, elles commencèrent à battre en retraite pas à pas.
Ce fut d’abord Qingzhou qui tomba, puis Yongzhou. Ensuite, Ruanzhou se retrouva elle aussi en danger.
Ruanzhou protégeait Yejing. Si Ruanzhou tombait, l’armée insurgée pourrait foncer directement sur Yejing. Le prince héritier paniqua alors véritablement. L’empereur An Qing, alarmé par la situation, se força malgré son état de santé à convoquer les ministres de la cour pour délibérer.
Le parti de la noble consort Shu, resté silencieux pendant si longtemps, profita de l’occasion pour frapper un homme à terre et accabler le prince héritier ainsi que les membres de son parti de nombreuses accusations.
Quant aux fonctionnaires qui étaient experts dans l’art de ménager tout le monde, ils infligèrent des reproches aux deux camps de manière indistincte et parlèrent à mots couverts pendant un long moment, sans qu’aucun ne propose la moindre solution.
L’empereur An Qing toussa de colère et désigna Shentu Bo en lui demandant : « Que pense l’honorable Shentu de la conduite à tenir ? »
Shentu Bo s’était opposé dès le départ à l’envoi de troupes pour réprimer le soulèvement. C’était uniquement parce que le prince héritier avait persisté dans sa décision que la situation avait tourné au désastre.
À présent, voir la cour impériale ne chercher aucunement à résoudre le soulèvement populaire, mais continuer au contraire à se disputer le pouvoir et à profiter de la situation pour accabler ses adversaires, lui inspirait des sentiments d’une complexité indicible.
Lorsque l’empereur An Qing lui demanda son avis, il resta silencieux un instant, puis, suivant ce que lui dictait son cœur, répondit : « Pourquoi ne pas envoyer le Prince de Guerre du Nord rétablir la paix ? »
À ces mots, toute la cour impériale se tut.
Mais à cet instant, personne n’osa s’y opposer. Les insurgés du Sud étaient dans un élan si puissant que, si quelqu’un s’était levé pour s’opposer à cette décision et qu’un retard eût permis aux rebelles de prendre Ruanzhou et d’atteindre Yejing, même l’extermination des neuf degrés de parenté n’aurait pas suffi.
L’empereur An Qing fixa Shentu Bo pendant un long moment avant de déclarer finalement d’une voix lasse : « Faites transmettre mon édit. J’ordonne au Prince de Guerre du Nord de prendre immédiatement les troupes et de se rendre à Yongzhou pour y réprimer le soulèvement ! »
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Note de l’auteur :
Songsong : Aujourd’hui, tant de gens m’ont mentionné.
Traducteur: Darkia1030
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