1. TTBE- Chapitre 95 — Vengeance

 

Dès que Xiao Youxi eut pris la parole, les deux personnes assises en face d’elle ne dirent plus un mot. Ces événements du passé étaient par trop sordides, semblables à un morceau de viande en décomposition laissé trop longtemps à l’abandon ; à présent qu’on le déterrait de nouveau, son odeur était insupportable et donnait la nausée.

Elle n’osait même plus regarder Xiao Zhige dans les yeux. Le dos légèrement courbé, elle poursuivit le récit de ces événements qui tourmentaient sa conscience depuis de nombreuses années.

« Après la mort de la consort Li… ce ne fut qu’alors que le prince héritier perdit son sang-froid. Il était encore très jeune à l’époque et alla donc implorer l’impératrice. L’impératrice, qui dirigeait le harem depuis de nombreuses années, prit immédiatement des mesures contre les serviteurs qui accompagnaient le prince héritier. Elle s’occupa ensuite du corps de la consort Li, puis emmena le prince héritier demander pardon à ma mère en acceptant d’en subir le châtiment. »

Le prince héritier était le moyen par lequel la famille Zhao assurait son pouvoir. Au fil des années, l’impératrice douairière avait soutenu l’empereur, puis l’impératrice, avant d’élever à son tour le prince héritier ; en fin de compte, tout cela visait à préserver la gloire de la famille Zhao. Bien que le prince héritier eût dépassé les limites, après que la mère et le fils se furent agenouillés devant l’impératrice douairière pour pleurer et se lamenter, celle-ci finit par s’attendrir.

Après tout, même si le gingembre est vieux, il est plus piquant. Elle trouva rapidement une version des faits à donner, puis fit sévèrement bastonner le prince héritier. Elle décida ensuite elle-même de charger le prince consort Cai Cong de conduire des hommes pour recueillir le corps de la consort Li et lui donner une sépulture.

À l’époque, tout cela fut fait dans le dos de Xiao Youxi. Mais elle était intelligente depuis son enfance et comprit qu’une grave affaire s’était produite en voyant l’atmosphère anormalement tendue dans le palais et en recueillant quelques bribes de conversations des serviteurs. Poussée par la curiosité, elle suivit secrètement l’impératrice douairière Zhao à l’intérieur du palais intérieur et surprit leur conversation à tous les trois, découvrant ainsi la vérité.

C’était son mari, Cai Cong, qui avait été chargé d’enterrer le corps de la consort Li ; il lui était impossible de refuser sa demande. Elle trouva un prétexte pour sortir du palais et alla retrouver Cai Cong, et elle vit le corps de la consort Li.

De son vivant, la consort Li avait été une belle femme ; après sa mort, son visage était devenu gris-bleu, tandis que des marques de strangulation violet-noir entouraient son cou. Ses yeux en amande, noirs et sans la moindre lueur de vie, étaient grands ouverts, comme si elle était morte les yeux encore ouverts (NT : mourir avec un profond ressentiment, au point de ne pas pouvoir « fermer les yeux » en paix). Autrefois, Xiao Youxi avait entendu dire qu’après avoir perdu la faveur impériale, la consort Li avait eu une existence difficile au palais froid. Mais en voyant son cadavre de ses propres yeux, elle trouva tout cela profondément absurde.

Le prince héritier avait tué une concubine du harem ; sa mère, sa belle-sœur impériale et son mari avaient pourtant fait fi d’une vie humaine et uni leurs efforts pour dissimuler la vérité. Tout cela uniquement pour préserver la réputation du prince héritier !

L’héritier du trône d’un empire, avait pourtant fait fi des liens humains et méprisé la vie. Comment aurait-il pu être digne de devenir le souverain d’un pays ?

« … Plus tard, lorsque mon frère aîné impérial revint du palais de Chunshan, ma mère le fit appeler pour s’entretenir secrètement avec lui. Je ne sais pas ce qu’ils se dirent exactement. Quoi qu’il en soit, mon frère aîné impérial crut leur version des faits et ne voulut pas que cette affaire prenne de l’ampleur. Finalement, le palais adopta une version commune et déclara publiquement que la consort Li, incapable de supporter les conditions pénibles du palais froid, s’était suicidée. »

Le palais Qifeng ne comptait de toute façon aucun serviteur affecté à son service, ce qui épargna la nécessité de faire taire d’éventuels témoins. Les serviteurs du prince héritier avaient depuis longtemps été tous éliminés. Les seules personnes au courant étaient désormais celles qui se trouvaient ici. Tous espéraient que l’affaire se calmerait au plus vite.

Seul Xiao Zhige, qui n’avait alors que neuf ans, refusa d’y croire et enquêta secrètement sur la vérité. Seulement, il était jeune et ne disposait de personne de fiable à son service. Tous, dans le palais, connaissaient cette affaire, mais gardaient le silence, le regardant chercher la vérité en vain ; de temps à autre, volontairement ou non, ils faisaient dire aux serviteurs près de lui des choses comme : « La consort Li avait depuis longtemps perdu toute volonté de vivre. »

À force, il finit lui aussi par renoncer à rechercher cette prétendue vérité.

« C’est absurde, n’est-ce pas ? » Xiao Youxi eut un petit ricanement, les paupières lourdement abaissées. « … À l’époque, je n’avais pas le cœur de garder le silence et je voulais te révéler la vérité. Mais le prince consort m’en a empêché. »

Sa voix trembla imperceptiblement.

« Il s’agenouilla à terre et me supplia, au nom des quatre-vingt-deux vies de toute la famille Cai, de faire comme si cette affaire ne s’était jamais produite… »

« J’ai accepté. »

Ce ne fut qu’alors qu’elle releva le visage vers Xiao Zhige. Son expression était empreinte du soulagement de quelqu’un qui s’était enfin libéré d’un poids.

« Ils étaient tous des meurtriers. Et moi, qu’étais-je donc ? »

Au fil des années, elle avait quitté la demeure des Cai et vécu séparée du prince consort. Elle avait voulu se soucier de Xiao Zhige et tenter de réparer ce qui pouvait l’être, mais chaque fois qu’elle le voyait, elle se souvenait des yeux de la consort Li, refusant de se fermer en paix. La culpabilité et le remords l’avaient constamment tourmentée, sans jamais lui laisser de repos.

« C’est peut-être là ce qu’on appelle le châtiment du destin… » dit Xiao Youxi. « C’est tout ce que je sais. »

Après avoir parlé, elle baissa la tête, accablée. Elle était encore dans la fleur de l’âge, mais tout son être semblait déjà marqué par le déclin et la lassitude de la vieillesse.

An Changqing se souvint de sa vie précédente : après la mort du prince consort, elle avait elle aussi passé toute son existence auprès de lampes allumées devant les statues bouddhiques. Seulement, il ignorait si elle l’avait fait pour expier ses propres fautes, ou pour le prince consort. Ou peut-être… pour les deux.

Du début à la fin, Xiao Zhige ne prononça pas un mot. Dès que la princesse aînée lui eut révélé la vérité, il demeura d’un calme anormal.

Il leva lentement les yeux vers la princesse aînée, puis se leva sans un mot, ouvrit la porte et sortit à grands pas. An Changqing le suivit en l’appelant. Ce ne fut qu’alors que Xiao Zhige ralentit, se retourna et lui dit d’un ton très doux : « Je vais régler quelque chose. Retourne d’abord. »

Des flammes brûlaient clairement au fond de ses yeux ; il ne leur manquait qu’une occasion pour embraser toute la plaine.

An Changqing secoua la tête. « Où vas-tu ? Je viens avec toi. »

Xiao Zhige le regarda profondément, puis dit comme s’il cédait : « Soit. Je vais d’abord te raccompagner. »

Les deux hommes montèrent en silence dans la voiture. Xiao Zhige s’assit calmement sur le côté, le regard calme et profond. Pourtant, An Changqing ressentit inexplicablement un malaise et lui serra instinctivement la main. « Ne fais pas de folie. »

Les lèvres de Xiao Zhige bougèrent légèrement. Il dit seulement : « Ne t’inquiète pas. »

Une fois rentrés, Xiao Zhige se comporta comme à son habitude. An Changqing ne le quitta pas d’un pas, mais il ne fit rien d’anormal.

Tous deux prirent leur repas du soir comme d’ordinaire, s’occupèrent des enfants, se baignèrent, puis s’endormirent enlacés.

An Changqing n’avait initialement pas l’intention de dormir, mais, il ne sut comment, ses paupières devinrent de plus en plus lourdes et il finit par s’endormir. Lorsqu’il se réveilla brusquement, il était déjà au milieu de la nuit. La literie à côté de lui était glacée : Xiao Zhige était parti depuis longtemps.

Il enfila précipitamment sa robe extérieure et se leva. Il vit alors que le palais du prince était placé sous une surveillance particulièrement stricte et que le commandant des gardes était en train de déployer les hommes. Un mauvais pressentiment envahit An Changqing. « Que faites-vous ? Où est le prince ? »

Le commandant des gardes détourna le regard et répondit à côté de la question. Il avait manifestement reçu des instructions.

Comme il ne parvenait à rien obtenir de lui, An Changqing retourna simplement dans sa chambre, se changea, puis s’apprêta à partir à cheval pour aller le chercher. Mais, à la porte, le commandant lui barra le passage. « Wangfei, le prince nous a ordonné que vous restiez au palais afin de vous protéger, vous ainsi que le jeune prince et la jeune princesse. »

Le malaise d’An Changqing ne fit que s’accroître. Il fit avancer son cheval d’un pas et dit d’un ton glacial : « Écartez-vous ! »

L’autre resta planté devant la porte, refusant obstinément de bouger.

Le regard d’An Changqing se refroidit. Il tira l’épée longue de la ceinture du commandant, en plaça la pointe contre lui-même et lança d’une voix sévère : « Je le répète : écartez-vous ! »

Le commandant fut pris de stupeur et n’osa plus lui barrer obstinément le passage. Cette hésitation permit à An Changqing de trouver une ouverture ; il lança son cheval au galop et s’élança hors du palais.

À présent, la nuit était déjà profonde. Les rues étaient d’un calme inhabituel. An Changqing se précipita à cheval vers le palais de l’Est du prince héritier. Pourtant, lorsque les portes du palais apparurent, vides et silencieuses, il n’y aperçut pas, comme il s’y attendait, la moindre trace de Xiao Zhige. Anxieux et agité, il fit les cent pas sur place, s’efforçant de retrouver son calme pour réfléchir. En dehors du palais de l’Est, où Xiao Zhige pouvait-il encore être allé ?

Il resta désemparé devant les portes du palais. Des gardes impériaux en patrouille approchaient au loin. Alors qu’An Changqing s’apprêtait à les éviter, quelqu’un lui couvrit soudain la bouche et le nez et l’entraîna dans une ruelle sombre.

« Ne t’avais-je pas dit de rester au palais ? » La voix familière retentit à son oreille, légèrement rauque.

An Changqing détendit son corps, écarta sa main et se retourna pour le fusiller du regard. « Qu’est-ce que tu comptes faire ? Entrer de force dans le palais de l’Est avec tous ces hommes pour tuer le prince héritier ? »

Peut-être parce que les ténèbres le dissimulaient, Xiao Zhige ne prit plus la peine de feindre le calme. Il retroussa froidement les lèvres, tandis qu’une férocité glaciale se lisait au coin de ses yeux et de ses sourcils. « Et alors ? Je veux prendre moi-même sa tête pour rendre hommage à l’âme de ma mère. »

An Changqing le regarda, hébété. Ce n’était pas le Xiao Zhige qu’il connaissait. C’était comme s’il était redevenu celui qu’il avait connu à leur première rencontre : un homme dont les traits portaient une aura démoniaque et autour duquel s’enroulait une férocité menaçante, tel un dieu funeste de Tai Sui.

Il serra les poings, la poitrine remplie de colère. « La vie du prince héritier ne vaut rien. Mais cela vaut-il la peine de prendre sur toi le crime de fratricide et de rébellion simplement pour le tuer ? Si ta mère l’apprenait, elle n’en serait pas heureuse non plus ! »

« Si je dis que cela en vaut la peine, alors cela en vaut la peine. »

Xiao Zhige s’approcha de lui, tandis que la main qu’il tenait derrière son dos accumulait secrètement ses forces. « Viens. Je vais demander à mes hommes de te raccompagner. Après cette nuit, Yejing risque fort d’être plongée dans le chaos. Retourne d’abord préparer tes affaires. Demain soir, à minuit, quelqu’un viendra vous escorter pour vous ramener à Yanzhou. »

An Changqing secoua la tête et recula d’un pas, le regardant avec méfiance. « Je ne tomberai plus dans ton piège. Reviens avec moi. Le prince héritier a tant de prises contre lui qu’il suffit d’en utiliser une seule pour le mettre définitivement hors d’état de nuire. Cela ne vaut pas la peine de te sacrifier pour lui. Il n’en est pas digne ! »

Xiao Zhige parut quelque peu impuissant. Il ramena devant lui la main qu’il avait dissimulée derrière son dos et répondit d’une voix douce : « Très bien, je t’écoute. Viens, rentrons. »

Ce ne fut qu’alors qu’An Changqing afficha un sourire et s’avança vers lui, comme s’il était totalement sans défense. Xiao Zhige tendit la main pour lui entourer les épaules, mais An Changqing réagit plus rapidement que lui. Avant qu’il n’ait le temps d’agir, la main dissimulée dans sa manche lui couvrit vivement la bouche et le nez. Son regard était empreint de regret. « Je suis désolé… »

Un mouchoir doux lui couvrit la bouche et le nez. Il en aspira une odeur douceâtre et étrangement parfumée. La main qui allait s’abattre sur la nuque d’An Changqing retomba mollement, tandis que Xiao Zhige s’efforçait d’ouvrir grand les yeux. Il ne parvint pourtant qu’à voir confusément le visage aux traits glacials d’An Changqing vaciller devant lui. Puis tout sombra dans les ténèbres.

Voir leur prince être drogué sous leurs yeux plaça les soldats restants dans une situation délicate, ne sachant s’ils devaient avancer ou reculer. Xiao Zhige n’avait emmené avec lui que trente hommes d’élite. Ces hommes étaient non seulement redoutables sur le champ de bataille, mais maîtrisaient également l’art de l’assassinat. À présent, ils se regardaient les uns les autres, ne sachant que faire.

An Changqing soutint Xiao Zhige, inconscient, et dit froidement : « Ramenez le prince au palais ! »

Ses traits étaient aussi froids et tranchants que le givre et la neige. À cet instant, il paraissait même plus terrifiant que Xiao Zhige. Leur maître étant désormais à terre, ils n’osèrent désobéir et se contentèrent d’escorter silencieusement les deux hommes jusqu’au palais du prince.

Après avoir ramené Xiao Zhige et l’avoir installé, An Changqing, toujours inquiet, fit venir Yu Xiao et lui ordonna de surveiller Xiao Zhige : « Avant l’aube, vous ne devrez absolument pas laisser le prince se réveiller. »

Pour ce retour à Yejing, Hu Shifei était resté à Yanzhou ; seul Yu Xiao l’avait accompagné. Il suivait Hu Shifei dans l’apprentissage de la médecine depuis longtemps, et le parfum enivrant qu’An Changqing avait utilisé pour droguer Xiao Zhige était justement celui qu’il lui avait demandé.

Yu Xiao était très obéissant. Il déplaça un petit tabouret et s’assit au bord du lit, puis planta quelques aiguilles d’argent dans les points d’acupuncture de Xiao Zhige. « Tant que vous ne retirez pas les aiguilles d’argent, il ne se réveillera pas. »

An Changqing fut rassuré et lui ordonna de bien surveiller l’homme. Puis il enfourcha de nouveau son cheval et quitta précipitamment le palais du prince.

C’était encore la seconde moitié de la nuit, et le ciel n’avait pas encore pâli. Il chevaucha jusqu’à la résidence des Ji et fit réveiller Ji Anmin, qui dormait profondément. Après un entretien secret, tous deux parvinrent à un accord. Il se hâta ensuite de retourner dans la ruelle sombre où Xiao Zhige et ses hommes s’étaient embusqués et lança le feu d’artifice servant à communiquer avec eux.

Peu après, Kui Er, vêtu de l’uniforme des eunuques du palais de l’Est, apparut silencieusement. En découvrant qu’An Changqing était celui qui l’avait convoqué, il marqua un instant d’étonnement. « Wangfei, avez-vous une affaire importante à me confier ? »

Ce feu d’artifice était un signal de communication d’urgence entre les espions.

An Changqing lui exposa le plan et mit tout en place. Ce ne fut qu’alors qu’il retourna au palais du prince, enveloppé par les ténèbres de la nuit. Une fois rentré, il ne put toujours pas se reposer et envoya encore une troupe de soldats hors de la ville pour arrêter quelqu’un.

Cette nuit-là, il ne ferma pas les yeux un seul instant. Il resta simplement assis dans sa chambre, attendant anxieusement des nouvelles. Derrière lui, sur le lit, Xiao Zhige dormait profondément, toujours inconscient.

Il pouvait empêcher Xiao Zhige d’agir une fois, mais pas deux ni trois. Le seul moyen était de révéler les crimes du prince héritier avant qu’il ne passe à l’action, afin de le mettre dans une situation dont il lui serait impossible de se relever.

Alors que le ciel commençait à peine à blanchir, Kui Er revint.

An Changqing se leva brusquement. « Comment cela s’est-il passé ? »

« C’est fait. La sœur cadette des jumelles a déjà été conduite par le ministre Ji au palais de Chongzheng. »

Ce coup avait été préparé depuis longtemps ; il ne restait plus qu’à attendre le moment opportun pour le jouer. Après les dispositions prises par An Changqing la nuit précédente, il avait demandé à Kui Er d’agir secrètement en soutien et d’aider les deux sœurs jumelles à échapper aux gardes du palais de l’Est.

Ces deux sœurs avaient un caractère particulièrement farouche. Durant le temps où elles avaient été retenues au palais de l’Est, elles avaient refusé de se soumettre et avaient subi de nombreuses violences et humiliations. Elles en étaient venues à haïr profondément le prince héritier. Avec l’aide de Kui Er, la sœur cadette avait réussi à s’échapper et avait « par hasard » croisé le grand censeur Ji Anmin, qui se rendait justement à la cour.

Le grand censeur était un homme droit et incorruptible. La jeune femme pleura en racontant l’injustice qu’elle avait subie ; il entra dans une violente colère et alla directement à la cour avec ses hommes. Devant l’empereur, il exposa l’affaire et demanda qu’une enquête approfondie soit menée.

Le parti du troisième prince se réjouit de la tournure des événements. Sous les efforts conjoints des deux camps, qui attisèrent encore davantage l’affaire, l’empereur An Qing fut contraint d’accepter l’ouverture d’une enquête.

Le grand eunuque au service de l’empereur se rendit avec des fonctionnaires du Tribunal des Délits au palais de l’Est afin d’y convoquer le prince héritier. Qui aurait pu penser qu’ils tomberaient justement sur les gardes du palais de l’Est poursuivant une femme à l’apparence misérable ?

La femme avait les cheveux épars et courait pieds nus. Tout en fuyant, elle proférait des malédictions déchirantes. Voyant qu’elle ne parviendrait manifestement pas à s’échapper, elle se précipita soudain tête la première contre un pilier.

Les deux sœurs jumelles étaient parfaitement identiques ; il n’était donc pas difficile de deviner l’identité de cette femme. À présent, l’une des deux était encore agenouillée sous le tambour des doléances, à l’extérieur du palais, tandis que l’autre venait de se fracasser contre un pilier et se trouvait à l’article de la mort. Même si le grand eunuque avait voulu intervenir pour arranger quelque peu les choses, il n’avait désormais plus aucun moyen de renverser la situation.

Ainsi, l’affaire dans laquelle le prince héritier du palais de l’Est était soupçonné d’avoir enlevé et contraint à la mort une jeune femme issue d’une famille honnête fut enfin exposée au grand jour, sous les yeux de tous.

--

L’auteur a quelque chose à dire :

Songsong : Tu as pris de l’assurance ! Tu veux même m’attaquer par surprise ?

Nuonuo : …

——————

Me voilà ! La fin du prince héritier, ce sale chien, sera bien plus atroce que vous ne pouvez l’imaginer. Rassurez-vous ~

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

Créez votre propre site internet avec Webador