FSC - Chapitre 102 – Viens plutôt t'occuper de moi ?
Avant même que le mot « courons » ne sortît de la bouche de He Zhao, il attrapait déjà le poignet de Xie Yu et se précipita hors de la classe.
La classe 3 se lança à leur poursuite.
Xie Yu dévala les escaliers à toute vitesse, franchissant deux marches à la fois et sautant les dernières avant chaque palier. Comme le prochain cours était celui de sport, ils coururent directement vers la cour une fois sortis.
« Merde ? » Xue Xisheng ne parvint pas à les rattraper ; après quelques pas, il lança son balai, qui atterrit près du pied de He Zhao.
« Quelle agressivité. » He Zhao faillit trébucher. « C’est vraiment le représentant des études que je connais ? »
La scène était spectaculaire, imposante, presque théâtrale — au point que même ceux qui y avaient assisté dans le couloir reprirent leurs esprits avant de regagner leurs salles.
Les deux tristement célèbres « tyrans » de l’école furent poursuivis depuis le quatrième étage jusqu’au rez-de-chaussée. À première vue, ils semblaient prêts à continuer jusqu’à la cour pour en venir aux mains : une véritable bagarre en direct.
Les autres classes n’osaient pas faire le moindre bruit. Ce ne fut qu’une fois la « troupe principale » descendue qu’ils se penchèrent tous par-dessus les balustrades pour observer le rez-de-chaussée.
« C’est trop excitant. Ils sont incroyables. »
« Arrêtez-vous ! Ne courez pas ! »
« Les gars, contournez-les et coupez-leur la route ! »
« Qing-ge, prends les filles et tendez-leur une embuscade par la gauche ! »
Une fois ces formations de combat absurdes établies, Xue Xisheng hurla à travers le terrain, la colère montant soudainement : « Vous avez délibérément fait baisser la moyenne de la classe — vous allez trop loin ! Vous n’avez aucun esprit d’équipe ! »
« …… »
C’était la première fois de sa vie que Xie Yu se faisait poursuivre ainsi autour du terrain. Peu importe où il allait, quelqu’un surgissait pour l’encercler. Il se sentit à la fois perplexe et vaguement misérable. Tout en courant, il donna un coup de coude à He Zhao. « On continue à courir ? »
Après plusieurs rounds, la classe 3 changea de stratégie à plusieurs reprises. Comme des zombies dans Dead Rising (NT : série de jeux vidéo d’action-aventure), ils fondaient sur eux de toutes parts.
He Zhao aussi commençait à craindre ce groupe. Il inspira profondément et s’arrêta. « Arrêtons. Même si on court toute l’heure, on ne s’en sortira pas. »
Peu après leur arrêt, Liu Cunhao bondit par derrière et plaqua Xie Yu au sol. Déséquilibré, celui-ci bascula en avant… directement sur He Zhao.
He Zhao n’eut que le temps de lui saisir la taille avant de perdre lui aussi l’équilibre.
« Les gars ! » cria Liu Cunhao en immobilisant Xie Yu. « On les tient— »
Luo Wenqiang accourut de l’autre côté de la piste. En courant, il retira sa veste avec panache et la jeta dans l’herbe, puis sauta pour s’écraser sur Liu Cunhao. « Sans explication, aucun de vous ne s’échappera. »
Un par un, les autres garçons s’empilèrent sur eux comme une véritable pyramide humaine, les clouant au sol.
Le vacarme résonnait aux oreilles de Xie Yu. Il baissa les yeux et ne vit que la pomme d’Adam de son petit ami. Un peu plus bas, le col ouvert de son uniforme.
He Zhao voulut dire : « Ça suffit, arrêtez de vous entasser », mais ses mots moururent lorsqu’il croisa le regard de Xie Yu.
Ils étaient trop proches.
Pris de court, ils se fixèrent plusieurs secondes, stupéfaits.
Liu Cunhao voulait seulement les immobiliser, mais avec l’arrivée de Luo Wenqiang — véritable poids lourd — il se retrouva lui-même écrasé au point de ne plus pouvoir respirer. « Représentant de sport, tu pèses combien ? Il n’y avait personne d’autre ? »
Luo Wenqiang, vexé, répondit : « Hao-zi, tu ne veux pas de moi ? »
Xie Yu et He Zhao continuèrent de se regarder. Puis l’un d’eux se mit à rire — impossible de dire lequel — et le rire se propagea entre eux, vibrant dans leurs poitrines.
Toujours en riant, Xie Yu détourna les yeux, prit appui sur ses bras contre la piste en caoutchouc et dit sans même se retourner : « Vous êtes malades ? Descendez de là. »
Plusieurs coups de sifflet stridents mirent fin à la « pyramide humaine ».
Le professeur de sport sortit avec un chronomètre. « Hé, là-bas — oui, vous tous. Mettez-vous en ligne. Pas besoin de vous presser. »
À ces mots, Luo Wenqiang et les autres se relevèrent précipitamment.
Xie Yu sentit le poids disparaître et s’apprêta à se relever de He Zhao, mais celui-ci l’appela : « Xie Yu. »
« Hein ? »
He Zhao ne répondit pas.
Il se redressa légèrement ; sa veste glissa, ses vêtements se froissèrent. Ses lèvres effleurèrent doucement la joue de Xie Yu avant de glisser jusqu’à la base de son oreille.
C’était silencieux, mais terriblement chatouilleux.
Plusieurs classes étaient déjà arrivées dans la cour, et certains groupes traînaient encore de l’heure précédente.
He Zhao se recula. Profitant que personne ne regardait, il s’écarta un peu plus et murmura avec un sourire : « Embrasse-moi. »
Une fois tout le monde aligné, le professeur de sport agita son chronomètre. « Aujourd’hui, on fait du fond. Je vous ai vus courir depuis la fenêtre — bon échauffement. Vous êtes motivés. Alors on commence. Les garçons, avec moi. »
1000 mètres.
Des plaintes s’élevèrent aussitôt.
Ils avaient déjà dépensé beaucoup d’énergie pendant l’intercours ; lorsque le professeur cria : « Prêts… partez ! », personne ne trouva la force de sprinter. Ils se mirent à courir lentement, atteignant à peine le minimum requis.
Après deux tours et demi, presque tous s’effondrèrent au sol — sauf les deux « grands frères » à l’endurance anormale.
Le professeur nota les temps, puis les laissa récupérer avant d’aller chronométrer les filles. « Les filles, préparez-vous. »
Xie Yu se pencha, mains sur les genoux, respirant profondément.
He Zhao s’assit au bord de la piste. Quelqu’un le poussa par derrière.
« Qu’est-ce qui se passe entre vous deux ? » Wan Da retira sa main. Deux secondes plus tard, il manqua de perdre l’équilibre et s’allongea presque. Puis il posa la question essentielle : « …Je veux vraiment connaître votre secret pour avoir de meilleures notes. »
He Zhao lui fit signe d’approcher.
Avec ses dernières forces, Wan Da se rapprocha de quelques centimètres du côté de He Zhao.
« Des pilules ultra-efficaces pour booster le cerveau. Elles améliorent la mémoire : peu importe la complexité des formules et des concepts, il suffit de les lire une fois pour ne plus jamais les oublier. » La voix de He Zhao se fit de plus en plus basse au fil de ses paroles, au point d’en devenir presque crédible. « Cherche la boutique en ligne B… Elle a de très bonnes évaluations, une politique de retour, et tu peux même recevoir un yuan en cashback. »
Wan Da nota sérieusement le nom de la boutique B…. « C’est vrai, Zhao-ge ? »
He Zhao répondit : « Tu y as vraiment cru ? »
Wan Da : « …… »
Xie Yu, qui se trouvait le plus près, songea que la capacité de He Zhao à débiter des absurdités avec aplomb venait encore de franchir un cap.
Après deux tours supplémentaires, Liu Cunhao et les autres furent épuisés, mais paradoxalement plus lucides.
La question était difficile à poser. Quelles que fussent leurs raisons, la classe 3 ne devait pas en faire un simple divertissement. D’ailleurs, après la scène précédente, ils avaient plus ou moins exprimé leurs sentiments.
Liu Cunhao donna une tape à l’arrière de la tête de Wan Da et tenta de changer de sujet. « Vous pensez que la classe 4 devrait s’agenouiller et nous appeler “père” ? »
« J’avais presque oublié. » Luo Wenqiang pencha la tête en arrière pour boire de l’eau, puis déclara : « Quand les cours finiront, je vais aller faire un tour devant la classe 4. Leur donner un indice. Qui vient avec moi ? »
Venir, mon pied. Xie Yu ne voulait même pas imaginer la scène de « se poster devant la classe 4 ».
C’était ridicule.
Xie Yu dit : « Ne compte pas sur moi. Je n’y vais pas. »
Xie Yu et He Zhao avaient été autrefois les piliers de la classe 3 pour leur apparence ; désormais, ils en étaient les piliers académiques. Même s’ils refusaient, la classe 3 les traîna de force jusqu’à l’entrée de la classe 4, faisant plusieurs allers-retours.
« Pensez à la façon dont vous nous avez traités », lança Luo Wenqiang en marchant. « Et vous avez encore le culot de ne pas venir ? »
« Bien sûr que si. »
« …… »
Liang Hui tentait de digérer cette affaire depuis le midi, sans y parvenir. Incapable de se concentrer en cours, il ne pensait qu’au « 744 » défiant toute logique.
Lors du cours suivant, il se retourna et vit les élèves de la classe 3 alignés dans le couloir, regardant par la fenêtre vers la classe 4.
Tous arboraient des expressions variées — sauf Xie Yu, au visage impassible. Ils observaient la classe 4 avec une fierté et une arrogance difficilement dissimulables.
Surtout le délégué de la classe 3, qui semblait regarder Liang Hui de haut, presque avec ses narines.
Depuis la publication des résultats le midi jusqu’à la fin des cours, le sujet le plus brûlant du forum scolaire ne fut plus un fil « CP » sur les deux grands frères, mais leurs deux relevés de notes extraordinaires.
Toutes sortes de rumeurs surgirent, alimentant des discussions sans fin.
Après l’étude du soir.
Xie Yu prit une douche, ouvrit la porte de la salle de bain privée et sortit. Il entendit son téléphone vibrer sur son bureau et alla vérifier ses notifications tout en se séchant les cheveux.
Parmi elles, un lien envoyé par Wan Da menait à un fil de discussion. Le titre, en gros caractères, disait : « Choquant ! Les deux meilleurs élèves auraient subi un accident cérébral ! »
« …… »
[Wan Da] : Voilà votre image actuelle, à toi et Zhao-ge.
[Wan Da] : Ils veulent même que vous alliez à l’hôpital pour vérifier votre cerveau…
Xie Yu y jeta un coup d’œil. Plus il lisait, plus cela devenait absurde. On y trouvait des théories sur des technologies futuristes de transfert de cerveau, des mutations génétiques, et même des dérives vers la « transmigration »et la « renaissance ».
Lorsque He Zhao frappa à la porte et entra avec une feuille d’exercices, Xie Yu venait tout juste de quitter ce fil débordant d’imagination.
Son petit ami ne portait qu’un débardeur ample et léger, les cheveux encore mouillés.
Il avait presque fini de se sécher ; il posa la serviette, passa ses doigts dans ses cheveux en les rejetant en arrière. Son visage apparut alors plus net, plus froid, aux traits parfaitement dessinés.
He Zhao avait apporté des exercices, mais les oublia aussitôt en voyant Xie Yu. « Qu’est-ce que tu regardes ? »
« Des bêtises sur le forum. »
« Celui que Wan Da a lancé ? » He Zhao ferma la porte et ajouta : « Le roman écrit là-dedans est pas mal. Tu l’as vu ? Ça s’appelait… Renaissance en tant que premier de Erzhong. »
Xie Yu répondit : « J’en ai lu un peu. »
He Zhao posa la feuille sur le bureau, puis s’assit sur le bord du lit, observant Xie Yu se pencher pour ramasser ses vêtements.
Xie Yu fourra ses habits sales dans le panier à linge, réfléchit un instant, puis alla ramasser une veste au pied du lit. Au moment où il la saisit, He Zhao lui attrapa la main.
« Laisse ça », dit-il. « Occupe-toi plutôt de moi. »
Traducteur: Darkia1030
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