FSC - Chapitre 107 – 3e année, classe 3

 

L’atmosphère dans la première salle d’examen était aussi différente des salles où se rassemblaient les mauvais élèves que le ciel l’était de la terre.

Personne ne s’y regroupait pour discuter de stratégies de triche, et nul ne vendait de réponses. Les élèves présents étaient tous les meilleurs éléments, exploitant chaque minute pour feuilleter leurs livres. Même s’il ne leur restait qu’une seconde, ils en tiraient parti pour mémoriser encore un mot d’anglais.

Lorsque Xie Yu poussa la porte, il resta un instant stupéfait.

He Zhao entra derrière lui. Il avait l’air nonchalant et indolent, un stylo gel noir négligemment glissé dans la poche de son uniforme. Rien, dans son attitude, ne laissait penser qu’il allait passer un examen.

Avant même d’atteindre la porte, il s’appuya contre la fenêtre et salua les élèves, pourtant inconnus de lui : « Salut, les amis. »

Personne n’osa répondre, à l’exception de Xue Xisheng, le délégué aux études de la classe 3, assis à la sixième place de la première rangée. Bien que ses notes ne fussent pas les toutes meilleures, elles restaient solides et il figurait toujours dans le top dix de l’année.

Xue Xisheng fronça les sourcils, leva les yeux de son vocabulaire anglais et dit : « Camarade He Zhao, s’il te plaît, tais-toi. »

He Zhao hocha la tête, sans protester.

Xie Yu, lui, ne prit pas la peine de parler. Il tendit la main derrière lui, attrapa la manche de cet idiot de He Zhao et le tira brusquement.

« L’examen va bientôt commencer. Étudiants, veuillez ranger tout le matériel inutile… »

L’annonce fut répétée plusieurs fois.

Xie Yu tira sa chaise, qui racla légèrement le sol. Avant même qu’il ne s’assît, il sentit la fille à côté de lui trembler.
« …… »

« Suis-je si effrayant ? »

Le surveillant n’était pas encore arrivé. Xie Yu se pencha en arrière et murmura : « Pourquoi a-t-elle l’air d’avoir vu un fantôme ? »

He Zhao suivit son regard vers la fille de la rangée voisine. Non seulement ses mains tremblaient, mais elle n’osait même pas respirer trop fort.

He Zhao pensa : Comment pourrait-il être effrayant ? Mon petit ami est si mignon.

Mais avant de le dire, l’envie de le taquiner le gagna. « Un peu. Pourquoi ne souris-tu pas pour paraître plus sympathique ? »

« Je peux te rire au nez. »

He Zhao tendit la main vers le coin des lèvres de Xie Yu, prêt à lui forcer un sourire amical.

Xie Yu, ne comprenant pas ce qu’il faisait, tourna la tête pour lui demander combien de stylos il avait apportés. Mais l’index de He Zhao effleura le coin de sa bouche et atterrit directement sur ses lèvres avant qu’il ne pût parler.

Tous deux se figèrent.

Ce n’était pas un geste brusque, mais sa signification restait étrangement ambiguë.

La fille à côté trembla encore plus fort. Incapable de tenir son stylo, elle le laissa tomber sur le bureau avec fracas.

Elle s’effondrait intérieurement. L’examen n’avait même pas commencé qu’elle était déjà au bord de la rupture.

Et ce n’était pas seulement de la peur… Pourquoi ces deux tyrans de l’école donnaient-ils une impression si… impossible à décrire ?

Quelques minutes avant la sonnerie, le surveillant traversa le couloir, copies en main.

Les meilleurs élèves de la première salle ne se souciaient que de la difficulté des questions ; ils ne levèrent même pas les yeux pour voir qui surveillait.

Têtes baissées, ils révisaient encore quelques points, n’entendant que le claquement régulier de talons approcher.

Ce ne fut qu’un instant plus tard que He Zhao retira sa main, une légère chaleur subsistant au bout de ses doigts.

« La dernière fois, c’était un coup de chance. » dit-il en ramassant son stylo, un peu raide. Puis il ajouta : « Si tu n’y crois pas, on recommence cette fois ? »

Xie Yu esquissa un léger sourire. « Ce n’était pas un accident. Les deux points que tu as perdus, c’est la distance entre toi et moi. »

Plus précisément, la distance entre lui et un idiot.

Leurs capacités étaient équivalentes. S’ils se mesuraient réellement, un ou deux points suffiraient à décider du vainqueur.

Xie Yu réfléchit. Il semblait que son seul « objectif » académique en matière de notes avait toujours été… la dernière place de l’année.

Les talons s’arrêtèrent à la porte de la classe 2-1.

Xu Xia se dit intérieurement : « Ce ne sont que deux élèves », puis poussa la porte et entra.

Son visage restait impassible. Dès son entrée, elle commença à compter les copies.

He Zhao se montra surpris. Il lui jeta un regard et cessa de faire tourner son stylo. « …C’est elle. »

Xu Xia distribua les copies par rangée, puis leva les yeux. Son regard passa sur les deux élèves de la première colonne.

Xie Yu ne la regarda même pas. Les copies n’étaient pas encore distribuées ; il posa simplement la tête sur la table pour dormir.

Quant à celui assis derrière lui — adossé au mur, posture relâchée — il soutint son regard sans hésiter.

Un mélange de gêne, de honte et d’autres émotions indescriptibles la força à détourner rapidement les yeux.

La sonnerie retentit.
Elle laissa échapper un soupir.

La première salle d’examen n’exigeait presque aucune surveillance. Xu Xia resta un moment près de l’estrade, puis se leva et fit deux fois le tour de la classe.

Au bruit des feuilles que l’on retournait, elle repensa soudain aux deux notes incroyablement élevées.

Un soupçon d’incrédulité, mêlé de curiosité, la poussa… Lors de son second tour, elle ralentit enfin et jeta un regard aux copies de Xie Yu et He Zhao, comme par inadvertance.

Ce simple coup d’œil balaya tous les « Impossible » dans son esprit.

Elle ne sut pas si c’était la chaleur ou un manque d’air. Mais sa poitrine lui sembla oppressée pendant un long moment.

Xie Yu ne remarqua pas ses manœuvres discrètes. Les questions de l’examen unifié de la ville A étaient effectivement difficiles, et plusieurs réponses lui laissaient des doutes.

***

Les examens de fin d’année durèrent deux jours consécutifs.

À la fin, les élèves retournèrent dans leurs classes respectives et commencèrent à comparer leurs réponses.

« Hao-zi. » Wan Da venait tout juste de rentrer de son lieu d’examen ; il tenait la porte d’une main, le visage sombre. « Désolé, je ne pourrai peut-être pas hériter de ton compte de mage niveau max. Je vais mourir aussi. »

Luo Wenqiang déclara : « Moi aussi. Je n’y arriverai pas non plus. »

« …… »

Liu Cunhao se sentit intérieurement accablé. Il ne s’attendait pas à ce que les héritiers de son « patrimoine » disparaissent eux aussi un par un. Après un moment de deuil, il éleva la voix et poursuivit : « Zhao-ge, comment te sens tu ? »

He Zhao demeura plein d’assurance. « Très bien. »

Liu Cunhao répliqua : « Tes impressions ne sont pas fiables. La dernière fois, tu m’as dit que tu avais exceptionnellement bien réussi. Tellement exceptionnel que c’en était anormal. »

He Zhao n’apprécia guère qu’on le qualifie d’« anormal ». « Qu’est-ce qui est anormal chez moi ? »

Xie Yu dit : « Réfléchis aux points que tu as perdus à l’écrit avant de parler. Un tel désastre te rend heureux ? »

He Zhao se tut.

La classe se chamailla encore un moment, puis vieux Tang entra et commença à parler des vacances et de la reprise.

« Pendant ces deux semaines, renforcez vos bases et affûtez votre esprit. L’année à venir sera très difficile. Si vous sortez pendant les vacances, soyez prudents. » Vieux Tang avait encadré de nombreuses classes de fin d’études ; dès que le sujet de la terminale fut abordé, il ne put s’empêcher de s’inquiéter pour ces élèves.

Les vacances étaient trop courtes — tragiquement courtes.
Elles ne duraient que quelques jours, et la plupart du temps, les élèves seraient envoyés dans divers cours de soutien par leurs parents. Personne ne les attendait vraiment avec impatience, et les rappels de vieux Tang ne suscitèrent guère d’attention. « D’accord, on a compris. »

« Avant de partir, assurez-vous d’emporter toutes vos affaires. À la rentrée, nous ne serons plus dans cette salle. Nous serons dans le bâtiment Zhiyuan. »

Erzhong répartissait ses élèves avec soin. Le bâtiment Zhiyuan se situait plus loin du terrain de sport et était donc plus calme. Chaque année, il était réservé aux élèves de terminale.

L’écriteau sur la porte passa de « Classe 2.3 » à « Classe 3.3 ».

Ces vacances — qui auraient presque pu ne pas exister — passèrent en un clin d’œil. Le jour de la reprise des cours intensifs, tous eurent l’impression de vivre quelque chose de nouveau.

Liu Cunhao adopta soudain une attitude de « grand frère ». Il se redressa même en marchant. Installé à l’internat pour ce nouveau semestre, il déclara en rangeant ses affaires : « Nous sommes les aînés d’Erzhong maintenant ! Tout le monde devra m’appeler respectueusement “Aîné” ! »

Xie Yu venait de terminer sa douche lorsque la voix de Liu Cunhao retentit depuis l’autre bout du couloir.

Pieds nus, il donna un coup de pied à He Zhao, déjà affalé sur son lit depuis son arrivée au dortoir. « Qu’est-ce qui se passe ? Ils restent tous à l’école ce semestre ? »

He Zhao ne prit même pas la peine d’ouvrir les yeux. « Ils disent que les allers-retours maison-école font perdre trop de temps. Ils veulent utiliser chaque seconde pour préparer les examens. »

Ce serait le chaos.
Toute la classe 3 réunie à l’internat… pour préparer les examens ? Qui savait — ils risquaient surtout de faire les idiots toute la journée.

« Tu vas te doucher ou pas ? » demanda Xie Yu.

Dehors, le soleil brûlait et la chaleur était étouffante.

He Zhao avait prévu de rester allongé un moment, attendant que son petit ami ait fini sa douche avant d’y aller. À présent que la chaleur s’était un peu dissipée, il était encore moins motivé à bouger. Il répondit : « Je t’ai manqué ? »

Les vacances n’avaient pas duré longtemps, et ils avaient discuté par vidéo ou téléphone tous les jours. Cet « ami des dames d’âge moyen » semblait même manquer davantage à Madame Gu qu’à lui.

« Quand il aura un peu de temps, invite-le à la maison. Maman cuisinera tout ce qu’il aime. »
« Il n’a pas le temps. »
« Tu ne lui as même pas demandé. Comment peux-tu le savoir ? »
« …… »

He Zhao leva une main pour se protéger les yeux, se reposa encore un instant, puis se leva finalement pour aller se doucher et se changer.

« On a des pommes au dortoir ? » demanda-t-il soudain en plein milieu de sa douche, pensant au cadeau de crémaillère de Wan Da. Il passa la tête dehors. « On devrait leur en donner aussi, non ? »

« Quoi ? »

Ils venaient à peine de revenir à l’école. D’où sortiraient-ils des pommes ?

Finalement, Liu Cunhao et les autres « nouveaux résidents » reçurent… une feuille A4.

Luo Wenqiang, en train de balayer, retourna le papier avec curiosité. « Qu’est-ce que c’est— »

He Zhao répondit : « Quelque chose de bien. »

Xie Yu s’appuya contre la porte, sans vraiment vouloir regarder.

Sur la feuille A4 figuraient deux mots : « He Zhao », écrits d’une main énergique et ample, occupant plus de la moitié de la page.

Luo Wenqiang : « …… »
Liu Cunhao : « …… »
Tous les internes : « …… »

Qu’est-ce que c’était ? Il leur offrait son autographe ?

« J’y ai réfléchi : je n’avais rien d’autre à vous donner. Que diriez-vous de ça ? Quand je deviendrai célèbre plus tard, vous pourrez vendre cet autographe à bon prix. Dépensez comme vous voulez… »

Il n’eut même pas le temps de finir que le balai dans la main de Luo Wenqiang se levait déjà.

Moins de deux heures après la rentrée, une bagarre d’ampleur éclata dans le dortoir des garçons. C’était chaotique et spectaculaire. Les internes du premier au sixième étage accoururent pour assister à la scène.

Xie Yu resta à l’écart, observant ce groupe poursuivre He Zhao du troisième étage jusqu’au toit, puis redescendre. Ils firent l’aller-retour deux fois.

« Zhao-ge, si tu es un homme, arrête-toi ! »
« Tu n’as vraiment aucune honte ! Qui signe son nom aussi gros ? On doit l’encadrer et l’accrocher ?»

Au milieu de cette « chasse », He Zhao répondit avec un sérieux qui appelait les coups : « Encadrez-le. C’est une excellente idée. »

« …… »

Xie Yu resta appuyé contre l’encadrement de la porte de la chambre de Luo Wenqiang. En écoutant leurs cris, il baissa les yeux et ne put s’empêcher de sourire.

 

Traducteur: Darkia1030