Xiao Jiu- Chapitre 17

 

  1.  

« Enco… encore un brasero », réclama le jeune prince d’une voix étouffée, entièrement recroquevillé sous ses couvertures ; seule la partie au-dessus de son nez dépassait.

« Votre Altesse, il y en a déjà deux dans votre lit. »

C’était une nouvelle servante du jeune prince, nommée Qiaoqiao. Elle n’était certes pas aussi efficace que Zhenzhu autrefois, mais au moins elle n’était pas bavarde.

Le jeune prince bouda légèrement. « Mais mes petits pieds sont toujours très froids. »

Après avoir parlé, il se sentit un peu lésé et commença à se demander s’il ne devrait pas aller se réfugier quelque temps chez son quatrième frère impérial, puis revenir une fois le temps réchauffé.

« Toc, toc, toc. »

À cet instant, quelqu’un frappa à la porte de la résidence princière.

Le jeune prince sortit curieusement la tête des couvertures et murmura pour lui-même : « Qui peut bien venir si tard ? »

Le domestique chargé de garder la porte accourut de l’extérieur pour annoncer : « Votre Altesse, un homme nommé Yan Heng dit qu’il souhaite vous voir. Dois-je le laisser entrer ? »

En entendant ce nom, le petit visage du jeune prince se durcit. Il s’enroula dans ses couvertures et leur tourna le dos en disant : « Je ne veux pas le voir ! »

  1.  

Après avoir essuyé un refus net, le seigneur Yan n’en fut pas surpris. Il s’était attendu à ce résultat.

Mais il n’était pas pressé. Après tout, il aurait tout le temps nécessaire à l’avenir.

Le seigneur Yan trouva une auberge près de la résidence du prince Rui et s’y installa. Après avoir lavé toute la fatigue accumulée pendant ses jours et ses nuits de voyage, il dormit paisiblement et comptait reprendre des forces le lendemain avant de retourner voir son jeune prince.

Il restait moins d’une demi-lune avant le réveillon du Nouvel An. Ce jour-là, le jeune prince se leva de bon matin et alla lui-même installer un étal devant la résidence princière pour vendre les couplets du Nouvel An qu’il avait écrits.

Un vieil homme qui passait par là s’arrêta pour regarder. Le jeune prince lui demanda avec un sourire : « Grand-père, voulez-vous acheter des couplets du Nouvel An ? »

Le vieil homme lui demanda en riant : « Votre Altesse, pourquoi avez-vous encore besoin d’un peu d’argent ? »

Le jeune prince répondit : « Considérez cela comme l’argent porte-bonheur du Nouvel An que vous me donnez, afin de commencer l’année sous de bons auspices. »

Soudain, une voix masculine jeune, grave et agréable, s’éleva à côté d’eux : « Combien coûte une paire ? Je la prends. »

Les oreilles du jeune prince frémirent. Cette voix lui semblait étrangement familière.

Il se retourna et, comme il s’y attendait, aperçut derrière lui le seigneur Yan, qu’il n’avait pas revu depuis plus d’un mois.

Le cœur du jeune prince manqua soudainement un battement, puis il ramassa aussitôt les couplets du Nouvel An qu’il n’avait pas fini d’écrire et regagna la résidence princière en courant d’une seule traite.

  1.  

Qiaoqiao venait tout juste de faire chauffer un brasero et s’apprêtait à l’apporter au jeune prince lorsqu’elle le vit entrer en courant à toute vitesse, « boum, boum, boum », comme s’il était poursuivi par quelqu’un.

« Votre Altesse, que s’est-il passé dehors ? » demanda Qiaoqiao avec inquiétude.

Le jeune prince ordonna à un domestique de fermer la porte, puis secoua la tête en disant que tout allait bien.

Il posa les couplets qu’il tenait à la main et reprit son souffle. Son cœur battait un peu plus vite ; il ne savait pas si c’était parce qu’il venait de courir trop vite ou parce qu’il avait vu cette personne.

Dehors, tout resta silencieux. Aucun bruit de coups frappés à la porte ne se fit entendre. Le jeune prince estima donc que l’homme devait déjà être parti et s’affala sur la table, perdu dans ses pensées.

Pourquoi ne peut-il donc pas rester tranquillement auprès de la personne qu’il aimait ?

Pourquoi avait-il encore parcouru une si longue distance pour venir me chercher ?

Ses blessures sont-elles guéries ?

Il a tellement maigri.

  1.  

À partir de ce jour, le seigneur Yan vint chaque matin, à l’heure du dragon (NT :7 h à 9 h), frapper ponctuellement à la porte de la résidence du prince Rui. Le jeune prince aimait rester blotti dans son lit en hiver et dormir jusqu’à une heure tardive ; à force d’être réveillé par ces coups, il finit par ouvrir les yeux.

« Votre Altesse, il est encore là. Doit-on ouvrir la porte ? »

« N’ouvrez pas ! » répondit le jeune prince, encore ensommeillé, en se frottant les yeux avec une expression contrariée par son réveil. « Ne peut-il pas venir un peu plus tard ? »

Le domestique chargé de garder la porte sortit transmettre la demande au seigneur Yan et lui précisa que, le lendemain, il devrait venir plus tard.

Ainsi, le lendemain, les coups frappés à la porte retentirent effectivement deux heures plus tard, à l’heure du cheval.

Le jeune prince en fut satisfait, mais n’ouvrit toujours pas la porte.

Le troisième jour, le domestique entra comme d’habitude pour faire son rapport. Cette fois, il apporta également une nouvelle : l’homme qui frappait à la porte venait d’acheter une résidence et était en train de recruter un intendant depuis deux jours.

Le jeune prince fut stupéfait. Il fallait savoir que le prix des terrains dans ce quartier n’était pas donné. Combien de taels cela avait-il dû lui coûter ? Rien que d’y penser, le jeune prince en avait mal au cœur.

Le jeune prince demanda : « Où se trouve cette résidence ? »

Le domestique répondit : « Juste à côté de la résidence princière. »

 

Traducteur: Darkia1030

 

 

 

 

 

 

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