Puisqu’il y a des allers, il doit aussi y avoir des retours. À l’entrée du douzième mois lunaire, le jeune prince prépara donc son petit bagage, s’apprêtant à aller passer un hiver bien au chaud sur les terres du quatrième prince.
Et, naturellement, il emmena également un membre de sa famille.
Lorsqu’il aperçut le jeune prince pour la première fois, le quatrième prince fut extrêmement heureux. Mais dès qu’il remarqua Yan qui le suivait, son expression devint inconsciemment étrange.
Par coïncidence, le deuxième prince séjournait lui aussi quelque temps chez le quatrième prince. En apprenant l’arrivée du jeune prince, il se rendit immédiatement dans le hall d’entrée pour l’accueillir.
Le deuxième prince était nettement plus âgé que ses jeunes frères ; dans une famille ordinaire, il aurait eu l’âge d’être le père du jeune prince. De plus, il était habituellement droit et sévère, si bien que le jeune prince l’avait toujours profondément respecté.
Le jeune prince lui adressa docilement : « Bonjour, deuxième ge. »
Le deuxième prince se caressa la barbe et hocha impassiblement la tête.
Comme le quatrième prince, le deuxième prince remarqua immédiatement la présence de Yan. Ignorant tout de la situation, il fut quelque peu surpris et déclara : « J’avais entendu dire que Yan avait quitté l’empereur. Je ne pensais pas qu’il avait rejoint le neuvième frère cadet. »
Yan hocha également la tête avec impassibilité. Le jeune prince trouva soudain la situation très amusante. Il regarda son deuxième ge, puis Yan, et eut l’impression de voir à quoi Yan ressemblerait dix ans plus tard. Une étrange impatience naquit au fond de son cœur.
Sentant le regard affectueux que lui adressait le jeune prince, Yan se tourna vers lui et lui répondit par un sourire tendre.
Cette fois, le quatrième prince ne put plus rester assis tranquillement. Ces deux-là échangeaient ouvertement des regards complices en présence de tout le monde, comme si les autres n’existaient pas : quelle tenue ! Il se pencha donc à l’oreille du deuxième prince et lui murmura quelques mots.
Le visage du deuxième prince s’assombrit aussitôt et il l’arrêta d’un ton sec : « Cesse de raconter des absurdités ! »
Le quatrième prince se sentit quelque peu lésé.
Lors du banquet du soir, les trois frères se retrouvèrent enfin assis à la même table après une longue absence et évoquèrent leurs souvenirs d’autrefois dans une atmosphère chaleureuse et joyeuse.
Vers la seconde moitié du banquet, le quatrième prince avait de nouveau trop bu. Il attrapa la manche du deuxième prince et se mit à bavarder sans fin, s’attirant une bonne dose de mépris de sa part.
Pendant ce temps, le jeune prince mangeait les cacahuètes que Yan avait décortiquées pour lui, assis à côté à regarder le spectacle.
À la fin du banquet, le quatrième prince arrangea des chambres pour le jeune prince et Yan. Puis une idée lui vint soudain à l’esprit : devant le deuxième prince, il s’arrangea délibérément pour ne leur laisser qu’une seule chambre.
Le jeune prince se plaignit : « Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’épouses dans la demeure du quatrième ge, au point que vous ne puissiez même pas libérer deux chambres d’amis. »
Le deuxième prince fronça les sourcils et lança un regard de côté au quatrième prince. Celui-ci n’eut d’autre choix que de rentrer la tête dans les épaules et d’envoyer quelqu’un préparer une autre chambre.
Le quatrième prince se sentit encore plus lésé.
Le lendemain, le jeune prince resta dans sa chambre toute la matinée sans apparaître. Le quatrième prince estima que le moment était venu. Il se frotta les mains avec excitation et appela le deuxième prince, qui était en train de boire son thé.
Le quatrième prince déclara avec une gravité feinte : « Deuxième ge, regarde. Xiao Jiu garde la porte de sa chambre fermée en plein jour. Il se passe certainement quelque chose de suspect à l’intérieur. »
Le deuxième prince ne le crut pas. Le quatrième prince l’entraîna donc près de la fenêtre. Les deux princes distingués se baissèrent sous la galerie et, à travers le mince papier de la fenêtre, tendirent l’oreille pour écouter ce qui se passait à l’intérieur.
En prêtant attentivement l’oreille, ils entendirent effectivement quelques paroles ambiguës.
« Gege Yan… c’est trop gros, je n’arrive pas à tout mettre dans ma bouche… », dit le jeune prince d’une toute petite voix.
Yan le cajola doucement à voix basse : « La petite bouche de Xiao Jiu n’est-elle pas habituellement capable de manger beaucoup ? »
La voix du jeune prince se fit encore plus faible : « …Mais avant, ce n’était pas… aussi gros. »
« Alors, est-ce que c’est meilleur quand c’est gros ? »
« Hmm… oui, c’est bon. »
Le quatrième prince ne put plus écouter davantage. Même lui, pourtant habitué aux histoires galantes, ne put s’empêcher de rougir.
Il se redressa et déclara fièrement au deuxième prince : « Deuxième ge, tu vois ? Hier encore, tu ne me croyais pas. Quand est-ce que ton quatrième frère t’a déjà menti ? »
Le deuxième prince fronça les sourcils et se caressa la barbe, sentant que les choses n’étaient pas aussi simples qu’elles en avaient l’air.
À cet instant, la porte de la chambre s’ouvrit brusquement de l’intérieur. Les deux hommes en sortirent, parfaitement vêtus.
Le seigneur Yan tenait bien haut une brochette de gros fruits d’aubépine confits rouges, tandis que la bouche de Xiao Jiu était gonflée par un fruit entier qu’il avait enfournée.
« Hein, deuxième ge et quatrième ge, qu’est-ce que vous faites là ? » demanda le jeune prince avec difficulté, tout en mâchant énergiquement.
Le deuxième prince ne répondit pas. Il souffla avec irritation en faisant frémir sa barbe, lança un regard noir au quatrième prince, puis partit d’un mouvement de manche.
Le quatrième prince resta sur place et poussa un petit gémissement plaintif.
Fin
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Note de l'auteur :
Imaginez juste qu'ils conduisent une voiture sur Changpei (NT : argot internet pour des scènes érotiques)
Traducteur: Darkia1030
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