Panguan - Chapitre 73 - Esprits de la formation

 

Mille ans… Cela faisait bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas revus.

 

Cette question tombait vraiment à point nommé. Mais avant même que Zhang Yalin n'obtienne une réponse, il entendit d'abord le cri de surprise de sa sœur, Zhang Lan.

Le vent déchaîné par Wen Shi était si violent que sa voix fut rapidement engloutie par le hurlement des rafales.

« Qu'y a-t-il ? »

Tout en jugeant qu'il était bien peu digne dhurler ainsi, Zhang Yalin éleva malgré tout la voix de toutes ses forces. Son cri fut si puissant que Wen Shi, en plein effort pour tirer sur ses fils de marionnette, tourna même la tête vers lui.

« Xiao Xu ! »

Les longs cheveux de Zhang Lan tournoyaient dans toutes les directions, lui donnant l'allure d'un fantôme féminin déchaîné. Elle n'eut le temps de prononcer que ces deux mots avant que la pression du vent ne la force à se courber, incapable d'avancer davantage. Elle sortit aussitôt plusieurs talismans.

Le bord de chacun d'eux brillait d'une lueur dorée, d'où s'étiraient de fins filaments semblables à des toiles d'araignée, formant des boucliers translucides.

Ces boucliers s'assemblèrent en cercle pour former une barrière impénétrable, protégeant Zhang Lan, Xia Qiao et Lao Mao afin qu'ils ne soient pas réduits en une apparence méconnaissable par les bourrasques.

Habituée à jouer le rôle de l'aînée, elle se retourna instinctivement pour chercher Xie Wen, voulant l'inclure lui aussi sous cette protection. Mais elle découvrit que le maladif se tenait simplement aux côtés de Wen Shi, plissant seulement légèrement les yeux sous le vent.

La tempête soulevée par la marionnette semblait n'avoir aucun effet sur lui. Il n'était ni gêné ni ébouriffé, comme s'il avait passé d'innombrables années debout dans des vents pareils et y était depuis longtemps habitué.

Les jolis sourcils de Zhang Lan se froncèrent. « Tiens... »

Quelque chose lui paraissait étrange.

Mais avant qu'elle n'ait le temps d'y réfléchir, Lao Mao lui tapota doucement l'épaule en désignant Zhang Yalin. « Ton frère t'appelle. »

Zhang Lan avait retrouvé une apparence à peu près présentable, tandis que Zhang Yalin criait à s'en déchirer la voix au milieu du vent : « Ne t'arrête pas au milieu de ta phrase ! Qu'est-il arrivé à Xiao Xu ? Qu'ont donné tes talismans de localisation ? »

Ce rappel lui fit momentanément oublier le reste. Protégée par les boucliers, elle accourut vers Wen Shi. Son visage était livide, empreint d'une profonde inquiétude. « Xiao Xu n'est pas ici. »

Wen Shi resta un instant stupéfait. « Il n'est pas ici ? »

L'expression de Zhang Yalin se durcit brusquement. « Comment est-ce possible ? »

« Il n'est vraiment pas ici. » Zhang Lan tenait plusieurs talismans de localisation entre deux doigts. « Ceux que j'ai lancés sont tombés au sol exactement comme les précédents. »

Tombés au sol...

Wen Shi fronça légèrement les sourcils.

Auparavant, dans le lieu où vivait Lu Wenjuan, les talismans destinés à retrouver Zhou Xu étaient déjà tombés au sol. Cela signifiait qu'il était soit mort, soit absent de ce village.

C'était précisément pour cette raison qu'ils étaient venus jusqu'ici.

Mais si, même ici, les talismans tombaient encore au sol, cela signifiait que la situation était véritablement de très mauvais augure... à moins que...

Wen Shi leva les yeux dans la direction où se dirigeait le Tengshe. L’immense queue de ce dernier balaya soudain le ciel. Il n'y avait manifestement rien devant lui et pourtant une détonation assourdissante retentit, comme si le Tengshe venait de frapper une gigantesque paroi de verre invisible avec une force prodigieuse .

Cette barrière s'étendait du ciel jusqu'aux profondeurs de la terre, des nuages les plus élevés jusqu'à six pieds sous le sol, leur barrant complètement le passage.

Même préparée à cette éventualité, Zhang Lan sursauta sous l'effet de cette explosion. Après une brève hésitation, elle désigna l'endroit d'où provenait le bruit. « Xiao Xu... est-ce qu'il aurait déjà été emmené dans le centre de la formation ? »

Le visage de Zhang Yalin devint encore plus sombre. « Emmené par qui ? »

« Comment veux-tu que je le sache ? » répondit Zhang Lan d'un ton grave.

Xia Qiao ne put s'empêcher d'intervenir : « Et si c'était... ce fameux dieu de la montagne ? Lu Wenjuan ne disait-elle pas que celui qui était choisi devait entrer dans la montagne ? Ils offraient autrefois des sacrifices, non ? Si la montagne dont ils parlaient était justement le centre de la formation... peut-être qu'il a pu y entrer directement. »

À peine eut-il terminé qu'il trouva lui-même ses paroles un peu trop naïves avec cette histoire de dieu de la montagne. Il voulut ajouter quelque chose, hésita plusieurs fois, puis finit simplement par dire : « Il ne lui arrivera probablement rien... Enfin, je l'espère. »

Manifestement, les autres pensaient à peu près la même chose. Ils trouvaient cette hypothèse peu probable, mais ne faisaient qu’espérer que ce soit malgré tout la bonne.

Cependant, ils n'eurent bientôt même plus le loisir d'y penser. Un fracas identique au précédent éclata soudain dans le ciel.

Par réflexe, ils crurent que la marionnette de Wen Shi venait de lancer une nouvelle attaque contre le centre de la formation. Mais lorsqu'ils se retournèrent, ils virent une immense queue de serpent noire balayer l'air derrière eux.

Cette fois, c'était eux qu'elle attaquait.

Cette queue gigantesque ressemblait à un immeuble renversé. Quiconque aurait été frappé par un tel coup aurait perdu la vie sur-le-champ.

Mais lorsqu'ils l'aperçurent, elle était déjà tout près d'eux. Ils n'avaient même plus le temps d'esquiver. Ni même de fermer les yeux.

Au moment où les pupilles de Wen Shi se contractaient brusquement, il entendit une voix murmurer doucement à son oreille. « Attention. »

L'instant suivant, il sentit des fils de marionnette invisibles s'enrouler autour de ses poignets, de ses chevilles et de sa taille avant de le tirer violemment vers l'arrière.

Lorsqu'il reprit ses esprits, son dos heurta une surface chaude. C'était la chaleur du corps d'une autre personne.

Au moment de l'impact, une présence familière l'enveloppa.

Wen Shi savait qu'il s'agissait des entraves karmiques et de l'aura meurtrière qui émanaient de Xie Wen. Pourtant, il eut l'étrange impression d'être enlacé par derrière.

Il cligna très légèrement des yeux.

Cette illusion persista un long moment avant que cette présence ne se disperse peu à peu dans le vent.

La queue du serpent manqua sa cible et s'écrasa lourdement sur le sol. Le bruit de la roche qui éclata retentit aussitôt. Le sol se fendit en une profonde crevasse, béante comme une gueule de démon, qui s'ouvrait noirâtre devant eux.

Tous ces événements s'étaient produits en un court instant.

Un silence de mort régna pendant un long moment avant que quelqu'un n'expire enfin d'un souffle tremblant.

C'était Xia Qiao. Mais ce qu'il dit n'avait rien de rassurant : « Mon âme spirituelle s'est-elle détachée de mon corps ? »

Il n'était pas le seul. Pratiquement tout le monde avait eu la même pensée.

Car, un instant plus tôt, chacun d'eux avait été déplacé en arrière sur une très grande distance, comme s'il s'était téléporté.

Zhang Yalin fixait sans ciller la fissure qui s'ouvrait juste devant ses pieds. Quelques secondes auparavant, la queue du serpent s'était précisément abattue à cet endroit. Ils n'avaient été qu'à un doigt de perdre la vie.

Et s'ils étaient encore en vie, c'était parce qu'au dernier moment quelqu'un les avait tous tirés en arrière.

Zhang Lan se retourna instinctivement. Évidemment, il n'y avait personne derrière elle. Son visage était toujours aussi pâle, encore marqué par la frayeur.

Elle regarda instinctivement la main de Zhang Yalin. « C'est toi qui nous as tirés ? »

Mais le visage de Zhang Yalin était encore plus blême que le sien. Il en oublia même de répondre.

Au bout d'un moment, il souffla d'une voix absente : « Non... »

Puis il tourna son regard vers Wen Shi. Seuls des fils de marionnette pouvaient tirer simultanément autant de personnes.

Lui-même n'avait rien fait. Par conséquent, le seul qui en était capable ici était Wen Shi. Pourtant, celui-ci était soutenu par-derrière par le maladif Xie Wen, dont les mains reposaient sur ses épaules.

Cette scène était profondément déroutante.

Elle paraissait normale… Et pourtant, quelque chose sonnait faux.

Mais très vite, cette image fut de nouveau balayée. Le vent se remit à rugir furieusement et la queue du serpent revint balayer les airs.

Cette fois, tous purent enfin distinguer clairement ce qui se passait. Le serpent géant qui venait soudain de les attaquer n'était pas celui de Wen Shi, mais un autre.

Ce long serpent noir était absolument identique à sa marionnette, à ceci près que sa couleur était légèrement plus claire, comme une ombre projetée.

Pourtant, ni sa puissance ni son aura n'avaient quoi que ce soit à envier à l'original. Lorsque son immense queue s'abattait, elle semblait capable de balayer mille armées.

Cette fois, cependant, Wen Shi bougea les doigts à temps. Le Tengshe plongea du ciel et intercepta de front l'attaque.

Au moment où les deux serpents géants entrèrent en collision, des flammes ardentes jaillirent instantanément. Le sol tout entier se mit à trembler. Xia Qiao chancela et s'agrippa précipitamment au tronc d'un arbre.

Zhang Lan fronça profondément les sourcils. « Qu'est-ce que cela signifie ? »

À peine avait-elle terminé sa phrase que les attaques se mirent à pleuvoir sans interruption. Plusieurs nouvelles fissures s'ouvrirent dans le sol et elle faillit mettre le pied dans le vide.

Zhang Yalin ne supporta plus la situation. D'un mouvement sec de ses fils de marionnette, il invoqua aussitôt trois gigantesques marionnettes, comptant écraser directement ce serpent noir « contrefait ».

« Ne les invoque pas ! » cria sévèrement Wen Shi.

Mais il était déjà trop tard.

« Pourquoi ne pas les invoquer ? » répondit Zhang Yalin sans même se retourner. «Finissons-en rapidement. »

Il comprit toutefois presque aussitôt qu'il se berçait d'illusions.

À peine quelques secondes après leur apparition, les trois marionnettes géantes virent chacune leur propre « ombre » surgir.

Loin d'améliorer la situation, cela transforma le combat en un affrontement de quatre contre quatre, rendant le chaos encore plus total.

« Mais qu'est-ce que... » Cette fois, Zhang Yalin oublia complètement ses bonnes manières et laissa échapper un juron. « Qu'est-ce qui se passe ? »

« Exactement ce qu’il se passe. » répondit froidement Wen Shi. « Tout ce que tu invoques reçoit une contre-attaque identique. »

Le visage de Zhang Lan se remplit de stupeur. « L'Ancêtre Bu Ning utilisait vraiment ce genre de formation ? Je pensais pourtant... »

D'après les rumeurs, Bu Ning avait un tempérament plutôt doux. Sans être aussi conciliant que Zhuang Ye, qui répondait toujours « oui, oui, oui. » à tout, il était loin d'être une personne autoritaire ou sanguinaire.

Mais la violence de cette formation ébranlait profondément tout ce qu'elle croyait savoir.

Wen Shi poursuivit : « En temps normal, non. Cette formation est une exception. »

« … » Le sentiment d'incongruité de Zhang Yalin devenait de plus en plus fort, mais il n'avait pas le loisir d'y réfléchir.

Les quatre « contrefaçons » lançaient des attaques aussi massives que des montagnes et des océans (NdT : idiome désignant une puissance écrasante et ininterrompue.), bien plus difficiles à gérer qu'un seul serpent géant.

Même si leurs propres marionnettes pouvaient les intercepter et riposter, la situation restait extrêmement dangereuse.

La montagne et la forêt s'effondraient de toutes parts. Sous les fissures béantes s'ouvraient des gouffres sans fond, au fond desquels pouvait très bien se trouver un véritable lieu de mort.

Bu Ning concevait rarement des formations aussi agressives. Même Wen Shi avait presque oublié qu'une telle situation pouvait exister.

À présent, Zhang Yalin, en voulant aider, avait au contraire aggravé les choses. Le chaos était devenu impossible à maîtriser et il était désormais trop tard pour rappeler les marionnettes.

Après une brève réflexion, Wen Shi lança de nouveau ses fils de marionnette.

« Tu es devenu fou ? » Cette fois, ce furent les frère et sœur Zhang qui s'écrièrent en même temps.

Zhang Yalin contrôlait déjà quatre marionnettes simultanément. Sans avoir atteint sa limite absolue, cela consumait néanmoins énormément de puissance spirituelle.

Et, dans une formation de Bu Ning, les attaques des « contrefaçons » pouvaient parfois être encore plus terrifiantes que celles des originaux.

Il commençait déjà à se retrouver dans une situation difficile.

« Ce n'est pas toi qui as dit de ne plus invoquer de nouvelles marionnettes ? » rugit Zhang Yalin en évitant une attaque et en essuyant le sang d’une égratignure qui venait de s'ouvrir sur son visage. Il ne restait plus rien de son élégance habituelle.

« Il est trop tard. » répondit Wen Shi.

Au même instant, une nouvelle bête gigantesque apparut dans le ciel.

Son idée était effectivement proche de la folie. Puisqu'il y avait déjà tant de marionnettes, autant en invoquer davantage encore, jusqu'à ce que le ciel et la terre ne puissent plus supporter cette charge et s'effondrent complètement.

À ce moment-là, le centre de la formation, parce que c'était la partie la plus stable, se révélerait de lui-même.

Évidemment, à une condition : que tous survivent jusqu'à ce que le centre de la formation apparaisse, au lieu d'être ensevelis avec ce monde en train de s'écrouler.

Le chaos redoubla encore.

Xia Qiao ne parvenait même plus à se retenir à l'arbre. Il avait l'impression qu'il allait tomber à tout instant dans les profondeurs sans fond ouvertes sous ses pieds.

« Quand est-ce que tout cela finira ? » demanda-t-il.

« Soit tu es capable de convaincre le maître de la formation de venir t'ouvrir la porte, soit, vu la manière dont ton ge agit, j'ai bien peur qu'il ne continue jusqu'à ce que tout s'effondre. » répondit Zhang Lan.

Intelligente et expérimentée, elle avait rapidement compris l'intention de Wen Shi.

Les boucliers d'ombre ne suffisaient déjà plus à les protéger.

Agrippée avec difficulté à une racine d'arbre arrachée par les bourrasques, elle tenta de répartir plusieurs talismans aux quatre points cardinaux afin d'aider Wen Shi.

Après tout, pour un maître des marionnettes ordinaire, contrôler simultanément deux marionnettes représentait déjà la limite absolue.

Mais avant même qu'elle n'ait pu poser son troisième talisman, Wen Shi invoqua une troisième marionnette.

« Mais qu'est-ce que... » Les frère et sœur Zhang tournèrent la tête en même temps, complètement stupéfaits.

Personne, dans le monde actuel, ne connaissait mieux qu'eux la difficulté d'un tel exploit. Mais ce qui les poussait surtout à regarder encore et encore, c'était l'apparence de ces marionnettes. Elles rappelaient irrésistiblement certaines bêtes divines extrêmement redoutables, tout en présentant de subtiles différences.

Zhang Yalin ne cessait de jeter des regards de côté. À force de se laisser distraire, il faillit être balayé dans une profonde crevasse.

Lorsque Wen Shi invoqua une quatrième marionnette, le visage de Zhang Yalin avait déjà changé de couleur.

Zhang Lan en oublia même de poser ses talismans. Elle leva la tête, complètement figée, contemplant les combats titanesques qui opposaient dieux et démons dans le ciel.

Et pourtant...

Cet espace continuait obstinément de résister.

En réalité, Wen Shi commençait lui aussi à atteindre ses limites.

Les quatre bêtes gigantesques consumaient sa puissance spirituelle à une vitesse effrayante. Son âme spirituelle déjà fragmentée, commença à trembler sans interruption.

Il fronça légèrement les sourcils.

Alors qu'il s'apprêtait à invoquer une cinquième marionnette, une main vint saisir la sienne.

« Attends un instant. » dit Xie Wen.

Wen Shi resta un bref instant surpris. Au moment où il tournait la tête vers lui, il entendit soudain, venant de quelque part, un discret murmure d'eau qui s'écoulait.

Le bruit était lointain et creux, semblable à celui d'un ruisseau traversant une profonde grotte.

Tous deux demeurèrent figés. Car ce son leur était autrefois extrêmement familier.

Chaque matin à leur réveil, chaque soir avant de dormir, ils s'endormaient au murmure de cette eau mêlé au bruissement des pins dans la mer de la forêt.

C'était le son du mont Songyun.

Avant de l'entendre à nouveau, Wen Shi ne s'était même pas rendu compte à quel point ce bruit lui avait manqué.

Mille ans… Cela faisait bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas revus.

Il suivit le son du regard.

À cet instant précis, toutes les « ombres » des marionnettes cessèrent leurs attaques et se dissipèrent entre ciel et terre comme la brume matinale dans les montagnes.

D'innombrables fissures dorées se propagèrent à travers la voûte céleste.

L'instant suivant, la barrière invisible éclata avec fracas.

« Est-ce que... tout s'est effondré ? » demanda Xia Qiao en levant la tête, complètement perdu.

Après un long moment d'hébétude, Zhang Lan murmura doucement : « Non... c'est le centre de la formation qui s'est ouvert de lui-même. »

« Pourtant... un étranger ne peut pas ouvrir le centre d'une formation, si ? »

Ce qu'il venait de dire n'était pas tout à fait exact. Mais personne ne prit la peine de le corriger.

Car, l'instant suivant, douze immenses silhouettes surgirent à travers la barrière brisée. Elles entourèrent silencieusement le groupe, pareilles à douze montagnes. Vêtues de longues robes aux manches flottantes, elles ressemblaient à des esprits errants des montagnes.

« Qu'est-ce que c'est ? » murmura Xia Qiao.

Les frère et sœur Zhang ouvrirent la bouche sans parvenir à prononcer un mot.

Ce fut Xie Wen qui répondit d'une voix calme : « Les esprits de la formation. »

Depuis les temps les plus anciens, seules quelques formations, si rares qu'on pouvait les compter sur les doigts d'une main, avaient traversé des siècles et des millénaires au point de donner naissance à des esprits de la formation.

Ils représentaient les pensées persistantes laissées par le créateur de la formation et demeuraient fidèles à garder cet endroit comme des serviteurs loyaux.

La porte de la formation resterait à jamais fermée s’ils ne retrouvaient pas leur ancien maître.

Zhang Lan comme Zhang Yalin avaient entendu d'innombrables récits à ce sujet. Ils connaissaient naturellement cette légende.

C'est pourquoi ils demeurèrent longtemps figés, incapables de comprendre ce qui se déroulait sous leurs yeux.

L'instant d'après, ils virent les douze esprits de la formation, représentant les Douze Branches terrestres (NT : référence au calendrier traditionnel chinois) (1) , humer doucement en direction de Wen Shi.

Puis ils relevèrent leurs larges manches et s'agenouillèrent devant lui.

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Note du traducteur :

 

(1) Les Douze Branches terrestres sont un système cyclique (ensuite associés aux douze animaux du zodiaque chinois) qui structurent le temps (années, mois, heures), l'espace (directions cardinales) et les flux énergétiques dans la cosmologie traditionnelle chinoise. Elles servent de fondement au calendrier, à l'astrologie et aux rituels taoïstes.

 

Source : wikipedia

 

Traduction: Darkia1030

Check: Hent-du

 

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