Panguan - Chapitre 82 - Connexion

 

Zhang Yalin : Merde

 

Ces mots étaient trop proches, et la voix trop basse.

Wen Shi détourna légèrement la tête. Une légère rougeur apparut sur son cou pâle et s’étendit depuis le bas de son oreille. Cependant, la lumière des bougies dans la pièce n’était pas très vive et atténua ce changement.

Seule une personne se trouvant à quelques centimètres de lui aurait pu le voir clairement.

Wen Shi se redressa. « Tu faisais semblant de dormir ? »

Il était lui aussi très grand et son expression était toujours froide. Lorsqu’il baissait les yeux pour regarder quelqu’un, il donnait souvent l’impression d’être « plutôt mécontent » ce qui le rendait quelque peu difficile d’approche.

Sous ce regard, Xia Qiao aurait probablement tourné les talons pour s’enfuir. Mais devant Xie Wen, cela n’avait jamais fonctionné. Qui plus est, le regard de Xie Wen resta encore deux secondes sur la rougeur de son cou.

Et cette rougeur ne voulut plus disparaître.

Pour la première fois, Wen Shi trouva que le fait d’avoir la peau claire pouvait être bien embarrassant.

Heureusement, Xie Wen détournait déjà le regard. Lorsqu’il parla, un léger sourire se mêla à sa fatigue : « Et voilà que c’est toi qui m’accuses à présent. »

Wen Shi dit : « Bu Ning a dit que tu ne t’étais pas encore réveillé. »

« Il est également passé tout à l’heure.» dit Xie Wen. « Dans ce cas, il a probablement simplement ouvert la porte pour jeter un coup d’œil, sans venir me toucher de quelque façon que ce soit. »

Les lèvres de Wen Shi bougèrent légèrement. Il voulait peut-être répliquer, mais ne trouva aucun argument approprié.

Xie Wen baissa les yeux et observa attentivement sa main, puis demanda soudain d’une voix grave : « Ça fait mal ? »

« Qu’est-ce qui fait mal ? » demanda Wen Shi.

Les traces de dessiccation sur les mains de Xie Wen ne s’étaient pas encore complètement dissipées. Elles étaient anormalement longues et maigres, sèches et leur contact était légèrement rugueux et froid. Son pouce effleura les articulations des doigts de Wen Shi tandis qu’il demandait : « Quand ces mains ont accroché les fils de marionnette pour les enfoncer dans ton propre corps, est-ce que ça faisait mal ? »

Wen Shi resta un instant stupéfait. Il voulut instinctivement retirer sa main, mais Xie Wen la resserra dans la sienne.

Il ajouta : « Je t’ai enseigné l’art des marionnettes, ce n’était pas pour que tu l’utilises contre toi-même. »

Les lèvres de Wen Shi se pincèrent en une ligne. À peine réveillé de son long sommeil, il avait le teint particulièrement pâle.

Il ne se déroba pas et ne recula pas. Il baissa les yeux vers Xie Wen, tel le fil d’une lame extrêmement fine et acérée que l’on tiendrait délicatement entre le bout des doigts : silencieux, mais toujours chargé d’une pointe acérée.

Il dit : « Puisque je l’ai appris, c’est à moi. Je l’utilise sur qui je veux. »

Xie Wen leva les yeux : « Qui t’a appris à être aussi déraisonnable ? »

Wen Shi répondit : « Toi. »

Le regard de Xie Wen bougea légèrement.

Il était assis tandis que Wen Shi se tenait debout. Il avait beau devoir légèrement relever la tête, tandis que Wen Shi baissait les yeux vers lui, cette posture, qui aurait pourtant facilement pu le placer en position de faiblesse, ne le mettait nullement en retrait. Il continuait de dégager cette douceur mêlée d’indulgence.

Ils étaient comme les fils de coton blancs que Wen Shi utilisait le plus souvent pour ses marionnettes : tendus à l’extrême, avec à peine un infime espace entre chaque fil.

Ils s’entrecroisaient et s’enchevêtraient.

Wen Shi le regarda et ne put s’empêcher de dire : « Tu sais depuis longtemps pourquoi je suis aussi déraisonnable. Et toi ? »

La voix de Xie Wen était basse : « Moi, quoi ? »

Wen Shi pinça légèrement les lèvres sans répondre.

« Tu parlais de la Formation de Purification de l'Âme” dit Xie Wen après un moment, “ou du Transfert d’Esprit ? »

Lorsque les deux mots « Transfert d’Esprit » parvinrent aux oreilles de Wen Shi, il cligna très légèrement des yeux.

« La Formation de Purification de l'Âme, c’est parce que je savais que tu étais obstiné, que tu aimais toujours chercher discrètement tes propres solutions. Tu n’es pourtant pas doué pour mentir mais tu essaies toujours de le faire et, quand tu n’arrives pas à tromper les autres, tu rumines ton mécontentement. »

La voix de Xie Wen était très basse. Lorsqu’il évoqua le fait de « ruminer son mécontentement » un sourire indistinct la teinta mais il disparut très vite.

« Quant au Transfert d’Esprit… » Xie Wen resta silencieux un instant. « C’est parce que les fragments de ton âme spirituelle sont arrivés jusqu’à moi avec ces liens terrestres. »

Wen Shi baissa les yeux vers lui : « Tu aurais pu utiliser ton doigt. »

Comme lorsque Shen Qiao avait procédé au Transfert d’Esprit pour Xia Qiao : en faisant perler une goutte de sang au bout de son doigt.

Xie Wen expliqua : « À ce moment-là, mes doigts étaient trop fortement desséchés. Je n’arrivais déjà plus à en faire sortir de sang. »

Après cette explication, Wen Shi ne dit rien. Il regarda longuement Xie Wen, puis détourna les yeux.

Alors qu’il pensait que la conversation allait, une fois encore, effleurer le sujet sans aller plus loin, il entendit de nouveau la voix grave et basse de Xie Wen : « En réalité, si j’avais vraiment dû faire couler du sang, il y avait d’autres moyens. »

Le cœur de Wen Shi fit soudain un bond. Il tourna de nouveau les yeux vers lui.

Après un long silence, l’autre dit : « Je n’avais simplement pas l’intention d’y penser. »

Une fine brise nocturne passa par une fente de l'encadrement d'une fenêtre, on ne savait laquelle. La petite flamme posée sur la table vacilla légèrement. La lumière de la bougie se refléta dans l’huile, répandant une teinte jaune chaude.

Un oiseau, surpris, s’envola de l’arbre devant la maison sur lequel il était perché dans un bruissement d’ailes.

L’atmosphère de la pièce était ambiguë et tendue. Ce ne fut qu’alors que Wen Shi prit conscience de la proximité qui s’était installée entre eux, au point que leurs respirations mêmes se mêlaient.

Au moment où ils étaient sur le point d'entrer en contact, il détourna légèrement le visage et marmonna quelque chose d’une voix rauque.

C’était trop bas et trop indistinct pour que Xie Wen l’entende. Il leva la main et lui effleura le côté du visage. « Quoi ? »

Wen Shi plissa les yeux et se retourna vers lui. « Je disais que nous sommes encore dans la formation de Bu Ning. C’est lui le maître de la formation, il sait tout. »

Après avoir dit cela, il se redressa, avec toutefois une expression subtilement mécontente.

Xie Wen resta un instant stupéfait. Il plissa les yeux en regardant son visage, puis détourna soudain la tête et se mit à rire d’une voix grave.

C’est à ce moment-là que les frère et sœur Zhang Lan et Zhang Yalin revinrent au sommet de la montagne. Ils avaient fait le tour du village en contrebas et rapportaient quelques informations.

L’ancêtre Bu Ning, toujours aussi courtois et distingué, leur indiqua aimablement la bonne direction : « Celui qui décide est dans la pièce voisine. »

Zhang Yalin prit donc ses six marionnettes et frappa à la porte de la pièce voisine.

Mais dès que la porte s’ouvrit, ils se retrouvèrent face au visage de leur idole qui semblait venir réclamer une dette.

Les six marionnettes reculèrent toutes ensemble d’un grand pas.

Merde… Zhang Yalin faillit lâcher un juron. Heureusement, sa retenue lui fit garder la bouche fermée. Il resta donc planté silencieusement sur le seuil, sans savoir ce qu’il avait fait de mal.

Il était quelqu’un de poli. Sentant instinctivement que l’atmosphère n’était pas tout à fait normale, il demanda : « Est-ce que je dérange quelque chose ? »

S’il n’avait pas posé la question, cela aurait peut-être été préférable. Après l’avoir entendue, l’expression de Wen Shi prit encore davantage l’air d’un créancier venu réclamer son dû.

La situation était différente d’autrefois. En temps normal, Zhang Yalin aurait assurément lancé un « Nous en reparlerons quand vous aurez le temps » avant de tourner les talons et de partir; quant à savoir s’il en aurait réellement eu le temps, c’était une autre affaire.

Mais depuis qu’il avait appris qui étaient Wen Shi et Xie Wen, ses jambes semblaient soudain être devenues fort peu coopératives : dès que la situation ne tournait pas comme prévu, il était incapable d’avancer. Partir n’était pas une option, rester non plus.

Heureusement, Bu Ning et les autres arrivèrent bientôt à leur tour.

« Maître s’est réveillé ? » demanda le maître du réseau en s’inclinant respectueusement.

À peine eut-il posé la question qu’il se hâta de se retirer dans un coin, avec l’air de quelqu’un qui disait : « Je suis aveugle et sourd, je ne sais rien, surtout ne m’appelez pas.»

Wen Shi avait initialement prévu de retourner s’asseoir près du lit, mais lorsqu’il aperçut Bu Ning, ses pieds changèrent instinctivement de direction et il ne put que s’adosser à l’armoire en bois.

« Bu Ning a dit que vous étiez descendus de la montagne ? » demanda-t-il, cherchant un sujet de conversation.

« Oui. » acquiesça Zhang Yalin. « Cette cage ne s’est toujours pas défaite. Le patriarche Bu Ning a dit qu’il pouvait y avoir quelque chose qui nous avait échappé, alors ma sœur et moi sommes descendus vérifier. »

En tant que futur chef de la famille Zhang officieusement désigné et deuxième du classement sur le registre des noms, Zhang Yalin pouvait être considéré comme un enfant du Ciel (NT: une personne exceptionnellement douée et privilégiée). Où qu’il aille, il était toujours au centre de l’attention. Il aurait dû être habitué depuis longtemps à être observé.

Peu importe combien de personnes le regardaient, il pouvait rester parfaitement à l’aise, faire ce qu’il voulait et dire ce qu’il voulait.

Jusqu’à aujourd’hui, bon sang, il venait seulement de découvrir que cette liberté avait une condition préalable. Cette condition était que ceux qui le regardaient ne soient pas ces quelques patriarches experts en formations, talismans et arts des marionnettes.

Et surtout, que ce ne soit pas le patriarche ancestral à l’origine même du registre des noms.

N’importe lequel d’entre eux suffisait à lui faire perdre tous ses moyens. Et voilà qu’il en avait rencontré trois d’un coup.

Parmi ces trois-là, le seul qui pouvait être qualifié de doux et d’affable était Bu Ning. Pourtant, cet ancêtre lui-même s’était réfugié bien loin, les yeux fixés docilement sur son nez puis sur sa bouche, on ne savait trop à quoi il réfléchissait.

Zhang Yalin échangea un regard avec Zhang Lan. Ils se demandèrent s’il ne valait pas mieux se mettre directement à genoux pour parler.

Mais comme Xiao Hei et les autres marionnettes étaient toujours présents et qu’il portait en outre le nom de la famille Zhang sur ses épaules, ils tinrent bon pour le moment.

Zhang Yalin prit soigneusement la parole : « Tout à l’heure, le patriarche Bu Ning nous a facilité le passage. Nous avons donc parcouru toute la zone, à l’intérieur comme à l’extérieur du réseau, c’est-à-dire jusqu’au village où vivent Lu Wenjuan et les autres, au pied de la montagne. »

Le réseau qui retenait Zhong Si et Zhuang Ye à l’intérieur de Songyun Shan avait été entièrement nettoyé par Xie Wen, qui en avait supporté seul les effets grâce à l'échange de purification spirituelle.

Cette enveloppe corporelle avait été préparée depuis longtemps. Elle avait été créée exactement à l’image de son corps originel et son esprit divin provenait également de lui-même. C’était comme s’il était lui-même revenu dans le monde des mortels pour y faire un aller-retour : une moitié reliée au présent, l’autre reliée à mille ans auparavant.

Ainsi, toute la brume noire accumulée dans la montagne passa à travers cette enveloppe corporelle pour être entièrement transmise au grand réseau de scellement où se trouvait son corps originel.

Il aurait dû disparaître dans les cendres avec le grand réseau de scellement. Mais Wen Shi avait arraché de force son âme et la cage formée par cette âme les avait enveloppés, lui et le grand réseau de scellement, le retenant de force dans ce monde.

C’était pourquoi sa décomposition se répétait sans cesse, sans jamais parvenir à son terme.

Parce que quelqu’un le protégeait à l’autre extrémité.

Bien entendu, les frère et sœur Zhang ignoraient tous ces détails. Ils savaient seulement qu’un réseau qui se superposait à un autre dans la montagne avait été dissipé par Xie Wen. Ainsi, maintenant qu’ils pouvaient observer le mont Songyun depuis l’extérieur, les informations parasites étaient moins nombreuses et les choses qu’ils voyaient étaient beaucoup plus nettes.

« Xiao Hei est compétent, euh… » Zhang Yalin buta sur ses mots, puis se reprit : « Il s’y connaît un peu en formations. Il a donc trouvé quelques traces. »

« Quelles traces ? » demanda Wen Shi.

« C’est-à-dire, nous… » Zhang Yalin s’interrompit encore après ce pronom. Après tout, il lui était impossible de parler de manière aussi familière avec cette bande de patriarches ancestraux. Il se racla vigoureusement la gorge et lança un regard à sa sœur, lui faisant comprendre qu’à force de parler ainsi il allait devenir fou et qu’elle ferait mieux de prendre le relais.

Sa sœur lui répondit silencieusement : Ne me regarde pas, considère-moi comme morte.

Bon sang.

Zhang Yalin ne put que continuer avec un visage impassible : « C’est-à-dire qu’en venant du village de Lu Wenjuan jusqu’ici, n’avions nous pas franchi une porte formée par un réseau ? Eh bien, sous l’effet des perturbations provoquées par le réseau, cette porte en a maintenant révélé une partie. »

Xiao Hei s’avança et sortit un à un plusieurs objets de sa poche avant de les déposer sur la table.

Il y avait une pierre semblable à celles couramment utilisées pour établir les réseaux, mais celle-ci était nouée de trois nœuds de chaume, ainsi qu’un morceau de tissu déchiré sur lequel étaient inscrits des caractères.

On ignorait depuis combien de temps il avait été enterré dans la terre, la plupart des caractères étaient devenus illisibles.

« Xiao Hei dit que ce genre de pierre de formation nouée avec des nœuds de chaume n’est pas ordinaire. »

Pendant que Zhang Yalin prononçait ces mots, Bu Ning, qui s’était jusque-là tenu à l’écart, s'était déjà approché. Wen Shi s’approcha lui aussi de la table.

Bu Ning manipula la pierre de formation et y jeta un coup d’œil, puis souleva le morceau de tissu.

Wen Shi vit que le premier caractère, à l’extrémité supérieure du morceau, devait être (NT: chéng : porter, continuer). Sa connaissance des formations provenait entièrement de Chen Budao et de Bu Ning, elle n’était donc pas très approfondie.

Mais il savait par hasard qu’une formation de ce genre, nécessitant en plus un morceau de tissu portant des inscriptions et commençant par le caractère , indiquait généralement que l’endroit où la pierre de formation avait été déposée possédait déjà une formation similaire. Plus tard, quelqu’un avait réutilisé ou modifié cette base, craignant que les traces de l’ancienne formation n’interfèrent avec la nouvelle et ne produisent l’effet inverse de celui recherché. Il fallait donc rédiger spécialement un billet, afin de présenter symboliquement ses excuses.

Bu Ning confirma les suppositions de Wen Shi : « À l’endroit où se trouvait cette porte, il y avait à l’origine une autre formation, qui doit être très ancienne. Il est possible que l’ancienne formation ait encore conservé une partie de sa puissance et qu’elle ait exercé une certaine influence sur cette cage. C’est peut-être pour cette raison qu’elle ne s’est toujours pas dénouée. »

Zhang Lan était après tout quelqu’un de bavard. À ce stade, elle ne put enfin plus se retenir et reprit vie : « Deux formations superposées ont-elles le même effet ? »

« Pas exactement. » Bu Ning examina la pierre de formation. Ses doigts effleurèrent le morceau de tissu aux caractères indistincts tandis qu’il disait : « La personne qui a établi la formation plus tard avait un objectif un peu plus clair. Peut-être voulait-elle que les habitants au pied de la montagne se déplacent vers un endroit plus paisible, ou peut-être… »

Il hésita un instant avant d’ajouter : « Elle voulait donner aux gens de l’extérieur de la montagne un moyen de découvrir cet endroit. »

« Vous voulez dire… » intervint Zhang Yalin, « que l’endroit où se trouve la montagne est trop bien dissimulé et qu’une personne ordinaire ne pourrait pas le découvrir, alors elle a ouvert un passage menant vers un endroit plus facile d’accès ? »

Bu Ning hocha la tête et tendit à Xie Wen la pierre ronde et le morceau de tissu qu’il tenait dans ses mains. Comme dans sa jeunesse, il demandait machinalement à son maître de vérifier à son tour.

« D’après ce que vous dites, cette personne semblait bien intentionnée, mais il y a quelque chose de contradictoire » marmonna Zhang Lan. « Pourquoi vouloir que les gens découvrent cet endroit ? Y avait-il une raison ? Et cette personne qui a établi la formation, où est-elle allée ensuite ? A-t-elle réussi à sortir ? »

Wen Shi n’avait pas beaucoup pris part à la conversation, mais il se souvint de ce que Bu Ning avait dit auparavant : il avait autrefois vu des scènes du futur et devait attendre ici la réunion de deux vieilles connaissances.

Si la montagne était trop profondément dissimulée et qu’un millénaire s’était écoulé, retrouver cette vieille connaissance était déjà un problème en soi.

Alors… s’agissait-il de quelqu’un avec qui il existait un lien ?

Un nom qu’il ne connaissait pas vraiment lui traversa l’esprit sans raison apparente. Il regarda donc instinctivement Xie Wen.

La décomposition de Xie Wen n’avait pas encore complètement disparu et ses doigts étaient encore quelque peu raides, ce qui accentuait son apparence maladive. Ses doigts maigres et desséchés étaient légèrement recourbés tandis qu’il effleurait doucement le morceau de tissu, tel un esprit surnaturel sorti d’une tombe ancienne.

Mais lorsque cet esprit surnaturel abaissait légèrement les yeux, une certaine douceur et une compassion empreinte de tristesse apparaissaient.

Là où ses doigts étaient passés, les caractères devenaient légèrement plus nets, comme si la poussière qui les recouvrait avait été balayée.

Wen Shi lui demanda : « Qui ? »

Xie Wen répondit : « Zhang Wan. »

Le frère et la sœur Zhang furent tous deux stupéfaits.

« Zhang Wan ? » lâcha instinctivement Zhang Lan. « Ce n’est pas la mère de ce malade…»

Ce ne fut qu’après avoir parlé qu’elle réalisa que le malade était en réalité le véritable patriarche ancestral.

Elle regarda donc silencieusement Xie Wen et attrapa Zhang Yalin d’une main.

Elle parvint de force à rester stable, mais elle avait mis tant de force dans son geste qu’elle fit tomber son frère à genoux.

Zhang Yalin : Merde.

 

Traduction: Darkia1030

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