Arc Six : Tombeau anonyme
Bu Ning, mais oui, cet ancêtre Bu Ning ! Son nom s’est allumé d’un coup !
Lorsqu’ils sortirent de la cage, la nuit était déjà profondément tombée.
Des cigales, dont on ignorait où elles s’étaient cachées, lançaient leurs cris sur des notes prolongées, poussant leurs stridulations en rythme avant de s’interrompre.
C’est au milieu de ces chants que Wen Shi ouvrit les yeux.
Dehors, les ombres des arbres se balançaient. La lumière des réverbères traversait les vitres de la voiture et se posait sur Wen Shi, avant de se brouiller sous l’obstruction des ombres mouvantes des arbres.
Ébloui par la lumière, il plissa légèrement les yeux et, pendant un instant, ne sut pas où il se trouvait.
Ce ne fut qu’un long moment plus tard qu’il comprit qu’il s’agissait de la voiture que Lao Mao avait conduite jusqu’à Tianjin et qu’il était assis sur la banquette arrière.
Le dossier du siège passager était très haut. De l’angle où se trouvait Wen Shi, il ne pouvait apercevoir, dans l’espace entre le dossier et la portière, que la main de Xie Wen, qui soutenait sa tête de biais.
L’autre homme semblait lui aussi venir de se réveiller. Sa main se crispa légèrement, puis se détendit et se retira du bord de la vitre.
Le siège en cuir émit un léger grincement. Xie Wen inclina légèrement le corps et tourna la tête vers lui.
La cage était véritablement une chose étrange. À peine un instant auparavant, ils s’embrassaient encore, leurs lèvres étroitement enlacées dans une intimité extrême. L’instant d’après, l’un se trouvait sur le siège avant et l’autre sur la banquette arrière, séparés par une distance solennelle et considérable, si bien que tout ce qui venait de se produire paraissait à la fois secret et ambigu.
Wen Shi regarda Xie Wen. Lorsque leurs regards se croisèrent, il subsistait encore dans leurs yeux quelques traces de ce qui venait de se passer. Comme si la sensation du pouce qui l’avait caressé était encore présente, comme si leurs souffles entrecroisés allaient encore venir effleurer ses lèvres.
Il se souvint soudain que, lorsqu’il embrassait Wen Shi, le regard de Xie Wen s’était abaissé jusqu’à former une fine ligne, se posant précisément sur leurs lèvres.
« Où sommes-nous ? » demanda soudain Xia Qiao, sa voix mêlée au grincement du siège en cuir.
Wen Shi sentit le siège à côté de lui s’enfoncer légèrement. Il détourna aussitôt le regard et tourna la tête.
« Dans la voiture. » répondit lentement Xie Wen après que Wen Shi eut rompu le contact visuel.
« Je sais, je voulais demander… » Xia Qiao se frotta les yeux et se redressa, regardant à gauche et à droite avec l’air de ne rien comprendre à la situation. Après avoir balayé les environs du regard, il se tourna vers Wen Shi et ajouta, perplexe : « Hé, ge, pourquoi ton cou est-il tout rouge ? »
Cet imbécile posa réellement la question et, en plus, passa la main de derrière son oreille jusqu’à son cou pour le montrer.
Wen Shi : « … »
Sa peau était claire. C’était parce qu’ils s’étaient embrassés.
Cela ne te regarde pas.
Wen Shi pouvait déjà entendre le rire de quelqu'un.
Comme s’il était devenu sourd, il afficha un visage particulièrement peu amène et dit d’un ton glacial à Xia Qiao : « Il fait trop chaud. C’est étouffant. »
Xia Qiao jeta discrètement un regard à l’ouverture laissée dans la vitre de la voiture. Le vent d’après-pluie s’y engouffrait, apportant même une fraîcheur perceptible. Après y avoir réfléchi un instant, Xia Qiao estima que l’âme de son ge devait probablement être enfermée dans un panier-vapeur.
Tu dis qu’il fait trop chaud, alors soit.
Xia Qiao céda en une seconde et reprit la moitié de sa question précédente : « Où avons-nous garé la voiture ? »
Il se pencha et aperçut à travers le pare-brise une petite maison à deux étages devant eux. Autour de la voiture s’étendait une petite surface de ciment, qui ressemblait à une place de stationnement rudimentaire aménagée de manière artificielle.
Xia Qiao cligna des yeux. « Euh… pourquoi ai-je l’impression que cet endroit m’est… familier. »
Wen Shi désigna la petite maison d’un mouvement du menton. « La maison de Lu Wenjuan. »
«Oh… »
Le « mince » qui était sur le point de sortir de la bouche de Xia Qiao y resta coincé. Il demeura figé, comme frappé de stupeur, puis s’exclama : « Mais ne sommes-nous pas déjà sortis de la cage ? Zhou… ce vénérable ancêtre Bu Ning m’a clairement dit que la cage avait été dissipée. Alors pourquoi est-ce qu’on tourne encore autour de sa maison ? »
« Quelle question. C’est ici que nous sommes entrés dans la cage, alors il est naturellement logique que nous en sortions ici. »
Ce ne fut qu’à cet instant que Xia Qiao se rappela qu’auparavant, lorsqu’ils étaient entrés dans la cage, ils étaient arrivés en voiture devant cette petite maison. Leur intention initiale était d’emprunter la maison aux parents de Lu Wenjuan pour y passer une nuit. Ils n’avaient toutefois pas imaginé que la personne qui leur ouvrirait la porte serait une morte.
À présent qu’ils étaient sortis de la cage, la voiture et la maison étaient toujours les mêmes. Mais s’ils allaient frapper à la porte, ce ne serait probablement plus cette femme aux yeux et aux lèvres souriants qui viendrait leur ouvrir.
Il hocha la tête à deux reprises, « Oh, oh », le cœur quelque peu rempli de mélancolie.
C’est alors que Xie Wen désigna soudain Wen Shi et dit : « Tu l’appelles ge, tu m’appelles patron Xie, mais tu appelles Bu Ning “ vénérable ancêtre”. Ta façon de déterminer les générations n’est-elle pas un peu désordonnée ? »
Xia Qiao fut de nouveau perplexe. « Alors, je ne peux tout de même pas simplement appeler Bu Ning par son nom, si ? »
Lorsqu’il ne le connaissait pas encore, il pouvait se permettre de prononcer son nom lorsqu’il en parlait. Mais maintenant qu’il l’avait rencontré et qu’il savait qui il était, l’appeler directement par son nom lui paraissait quelque peu impoli.
Mais, à bien y réfléchir, il avait raison : Bu Ning était le frère aîné de Wen Shi dans leur lignée de maître et disciple, mais il était également le disciple de Xie Wen. Pris entre ces deux personnes, aucune manière de déterminer son appellation selon les générations ne semblait vraiment convenir.
Xia Qiao réfléchit un moment. Il estima qu’il fallait résoudre le problème à sa source : commencer par modifier les appellations qu’il employait pour désigner les deux hommes devant lui.
Il regarda silencieusement Wen Shi et ouvrit la bouche.
Wen Shi comprit immédiatement ce que cet imbécile avait en tête. « Si tu veux m’appeler
“ vénérable ancêtre”, tu peux descendre de la voiture. »
Xia Qiao referma docilement la bouche. « Oh. »
Puis il regarda silencieusement Xie Wen.
Wen Shi voulait lui aussi savoir comment cet imbécile comptait modifier la façon dont il appellerait Xie Wen. De plus, il ne faisait désormais plus aussi « chaud et étouffant » dans la voiture, il suivit donc son regard.
Du coin de l’œil, Wen Shi vit Xia Qiao ouvrir la bouche.
Mais Xie Wen regarda Wen Shi et dit : « Faisons ainsi. Appelle-moi comme tu l’appelles. »
Xia Qiao : « … »
Il soupçonna soudain que quelqu’un le prenait pour un imbécile.
Les appeler par la même appellation générationnelle ne rendait-il pas les choses encore plus confuses ?
Évidemment, il n’osa pas prononcer cette phrase. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était afficher sur son visage une expression d’incrédulité qui disait clairement : « Vous vous moquez de moi. »
Depuis qu’il avait appris qui était Xie Wen, Xia Qiao n’arrivait même plus à prononcer « patron Xie ». Il ne trouvait le courage de le faire que grâce à Lao Mao, mais Lao Mao lui-même était toujours « mort » sur le siège du conducteur.
Après avoir longuement hésité, il finit tout de même par balbutier : « Patron Xie, n’êtes-vous pas le maître de mon ge ? »
Wen Shi vit Xie Wen hocher la tête et répondre : « Je suis son maître. »
Après avoir prononcé ces mots, Xie Wen se tourna vers lui. Quelques instants plus tard, il ajouta : « Mais pas seulement. »
Une rangée de points d’interrogation sembla lentement s’élever au-dessus de la tête de Xia Qiao.
Il voulait dire : « Quoi d’autre ? Ne me dites pas que vous êtes aussi son locataire. »
Il tourna stupidement la tête vers Wen Shi et découvrit que son frère, le visage impassible, avait entièrement baissé la vitre de la voiture.
Un vent frais chargé de l’humidité laissée par la pluie entra et fouetta le visage de Xia Qiao. Il resta hébété quelques secondes, se disant que son ge avait peut-être réellement très chaud.
Au moment où Wen Shi abaissa la vitre, la porte de la petite maison à deux étages s’ouvrit soudain. Deux silhouettes, l’une grande et l’autre petite, sortirent de la maison, descendirent l’unique marche de ciment et se dirigèrent vers la voiture.
C’était un vieux couple. Le vieil homme avait les cheveux gris et blancs et portait le plus simple des débardeurs blancs avec un pantalon gris. La vieille dame, vêtue d’une blouse à fleurs, le suivait derrière lui.
Xie Wen était déjà descendu de voiture. « Oh, c’est toi ! »
À la vue de Xie Wen, le vieil homme s’épanouit de sourire. Il désigna ses oreilles et expliqua : « Avec l’âge, je suis devenu dur d’oreille. C’est seulement tout à l’heure que Huanzi, de la maison voisine, est passé par la porte arrière et m’a dit qu’une voiture était garée depuis un bon moment devant chez nous. Alors je me suis dit que j’allais sortir voir. Je me demandais qui cela pouvait bien être, je ne m’attendais pas à ce que ce soit toi. »
« Je passais par ici, alors je suis venu voir. »
Xie Wen choisit de se tenir à contre-jour. Une moitié de son visage restait relativement nette, tandis que l’autre se trouvait dans l’ombre, dissimulant parfaitement les traces de flétrissement qui ne s’étaient pas encore dissipées.
La vue du vieil homme n’était pas très bonne et il ne remarqua rien. Il se montra au contraire extrêmement chaleureux et bavarda un moment. Tout en parlant, il jeta un coup d’œil vers la voiture et aperçut justement Wen Shi à travers la vitre.
Par politesse, Wen Shi descendit lui aussi.
Le vieil homme avait une minuscule tache au milieu du front, exactement au même endroit que Lu Wenjuan. Il était évident qu’ils appartenaient à la même famille. Dans sa jeunesse, il avait certainement eu une apparence remarquable, même maintenant qu’il était âgé, on pouvait encore vaguement en distinguer les traits.
Il adressa un sourire bienveillant à Wen Shi, puis se tourna vers Xie Wen. « C’est… »
Xie Wen fit un geste en direction de Wen Shi. « Lu Xiao. »
Puis il se tourna vers le vieil homme pour le présenter : « Wen Shi. »
Comme le voulait encore l’ancienne coutume, le vieil homme se lança dans une série de compliments à l’adresse de cette nouvelle connaissance. Puis, instinctivement, il demanda: « Vous êtes collègues ou bien amis ? »
Après tout, les relations permettant de partir ensemble aussi loin n’étaient pas si nombreuses.
À cette question de l’oncle Lu Xiao, Wen Shi s’apprêtait instinctivement à choisir entre les deux réponses et à dire « amis », lorsqu’il entendit Xie Wen réfléchir quelques secondes avant de répondre : « De la famille. »
(NT : 家眷 (jiājuàn) litt. “proches du foyer”, est un terme ancien qui désigne les membres de sa famille, particulièrement ceux qui constituent son foyer (jiā), autrement dit les intimes)
De la famille ?
Ce terme était depuis longtemps devenu extrêmement rare dans les conversations ordinaires. Autrefois, très longtemps auparavant, on l’employait pour désigner une personne particulièrement proche.
Doux et tendre, chargé d’une profonde affection et de liens indissolubles.
Plutôt que d’être prononcés pour que Lu Xiao les entende, ces mots semblaient avoir été dits à Wen Shi.
Car Lu Xiao ne paraissait manifestement pas habitué à cette expression. Il resta un instant interdit avant de comprendre, puis hocha la tête : « Oh, oh, oh ! De la même famille. Pas étonnant, vous êtes tous les deux d’une beauté exceptionnelle… »
Il poursuivait encore ses paroles chaleureuses lorsque son épouse se joignit à lui. Elle désigna la porte de leur maison et insista : puisqu’ils étaient venus jusqu’ici, comment pourraient-ils repartir sans passer la nuit ? Ils avaient de quoi préparer à manger et, quoi qu’ils disent, elle ne pouvait pas les laisser repartir après un simple passage.
Wen Shi, pourtant, n’écoutait plus.
Il regardait poliment le vieux couple, l’expression calme, hochant la tête aux moments appropriés, mais ses doigts ne cessaient de caresser la moitié de son oreille la plus proche de Xie Wen.
Comme si les mots « de la famille », prononcés par Xie Wen d’une voix grave et basse, avaient contenu une certaine chaleur qui s’était écoulée tout le long de son conduit auditif.
Xia Qiao descendit lui aussi de la voiture. Une nouvelle série de salutations et de civilités s’ensuivit, il appela affectueusement le vieil homme « grand-père » et la vieille dame
« grand-mère », ce qui les combla de joie.
Ils avaient rarement eu l’occasion de recevoir des visiteurs aussi animés. Quoi qu’il en soit, ils refusèrent de les laisser repartir et tinrent absolument à les faire entrer, à leur offrir un repas et à les faire passer la nuit chez eux.
Il leur était véritablement impossible de refuser une telle hospitalité.
Le vieux couple entraîna Xia Qiao à l’intérieur en le cajolant et en plaisantant avec lui. Xie Wen leur jeta un regard, puis se tourna vers Wen Shi. « Allons-y. »
Wen Shi émit un vague « Hmm » du fond de la gorge et s’apprêtait à le suivre lorsque Xie Wen tendit soudain la main et passa un doigt derrière son oreille.
La sensation du bout de son doigt fut parfaitement nette. Wen Shi se raidit légèrement et lui jeta un regard. « Qu’est-ce que tu fais ? »
Xie Wen frotta ses doigts l’un contre l’autre. « Rien. Je voulais simplement voir si ce rouge allait déteindre. »
Wen Shi : « … »
Va donc mourir.
Alors que Lu Xiao accueillait joyeusement ses invités à l’intérieur, du mouvement se fit également entendre dans les deux maisons voisines. Plusieurs voisins, chaussés de pantoufles et affichant l’air de gens venus assister à un spectacle, se dirigèrent vers l’autre côté du village.
Lu Xiao et les autres s’arrêtèrent un instant. Il haussa la voix et demanda d’une voix forte et pleine d’énergie : « Qu’est-ce que vous faites, Huanzi ? Pourquoi est-ce que tout le monde court vers l’Est ? »
Le voisin appelé Huanzi désigna l’endroit au loin. « Il y a une voiture venue de l’extérieur. Le conducteur a appuyé par erreur sur l’accélérateur et a failli finir dans la rivière. Apparemment, l’avant de la voiture est déjà sorti de la route et seule la moitié arrière est restée sur la berge. Je vais aller voir. »
C’était ainsi dans les villages et les bourgs : au moindre événement un peu animé, tout le village accourait en masse pour regarder.
En entendant « une voiture venue de l’extérieur », Wen Shi et les autres pensèrent justement à quelques personnes.
Comme ils l’avaient supposé, ceux qui avaient appuyé par erreur sur l’accélérateur et avaient failli transformer leur voiture en bateau n’étaient autres que Zhang Lan et les autres.
Auparavant, ils avaient voulu suivre la voiture dans laquelle se trouvait Wen Shi, mais ils n’avaient pas voulu se montrer trop directs. En entrant dans le village, ils avaient donc fait un détour et étaient partis vers l’Est où ils avaient par la même occasion trouvé la porte de la cage et y étaient entrés.
À présent qu’ils en étaient sortis, ils se trouvaient naturellement toujours au même endroit.
Lorsqu’ils ouvrirent les yeux, les frère et sœur Zhang réagirent exactement comme Wen Shi et les autres : après être restés trop longtemps dans la cage, ils avaient presque oublié où ils se trouvaient réellement.
Xiao Hei fut le premier à retrouver ses esprits. Assis sur le siège du conducteur, il démarra docilement la voiture.
À peine l’air frais de la climatisation eut-il soufflé que Zhang Lan et Zhang Yalin retrouvèrent rapidement leurs esprits.
Le téléphone de Zhang Lan ne cessait de vibrer. Impossible de savoir combien d’appels et de messages elle avait manqués. Tout en demandant à Xiao Hei de commencer par conduire vers l’extérieur, elle déverrouilla l’écran de son téléphone et s’apprêtait à regarder qui avait essayé de la joindre lorsqu’elle entendit une autre personne se réveiller tranquillement et marmonner d’une voix rauque : « Où sommes-nous ? »
Zhang Lan et Zhang Yalin eurent aussitôt un sursaut et tournèrent instinctivement la tête vers cette personne. Avec un respect extrême, ils répondirent : « Nous sommes dans un village. Ancêtre, vous ne le savez peut-être pas, mais c’est ici que nous étions entrés dans la cage. »
Zhang Lan poursuivit : « Nous avons prévu de retourner à Ningzhou. Ancêtre, avez-vous d’autres projets ? Y a-t-il un endroit où vous souhaiteriez aller ? Nous pouvons vous y conduire. »
Zhang Yalin ajouta : « Vous pouvez également venir avec nous à Ningzhou. Nous ferons selon ce que vous souhaitez, Ancêtre. »
Zhang Lan acquiesça : « Oui, nous ferons selon votre volonté. »
L’Ancêtre les observa silencieusement pendant un long moment. Puis il se lécha les lèvres desséchées et déclara : « Il y a une petite boutique là-bas. J’aimerais boire un Pepsi glacé.»
Le pied de Xiao Hei trembla et appuya par erreur sur l’accélérateur. La voiture bondit brusquement sur une certaine distance en direction de la rivière, avant qu’il ne freine précipitamment.
Zhang Lan : « … »
Zhang Yalin : « … »
L’Ancêtre : « Un Sprite glacé fera aussi l’affaire. »
Un silence de mort tomba dans la voiture.
Xiao Hei garda silencieusement le contrôle du véhicule, puis se retourna pour les regarder. Zhang Lan et Zhang Yalin fixaient celui qui voulait boire du Pepsi ou du Sprite avec une expression qui disait clairement : « Quelle absurdité es-tu encore en train de raconter ? »
Après un très long moment, Zhang Lan éleva la voix : « Zhou Xu ? »
« Oui. »
« Oui, toi… » Zhang Lan se retint longuement avant d’avaler l’injure qui lui venait aux lèvres, puis se laissa retomber contre le dossier. « Tu es revenu, tu aurais pu nous le dire plus tôt ! Tu trouves amusant de nous faire peur, à Zhang Yalin et à moi ? »
Face à Zhou Xu, Zhang Yalin, lui, ne prit aucune précaution et déclara d’un ton franchement agacé : « Du moment que tu es revenu, tout va bien. Coca ou Sprite, choisis ce que tu veux ; nous t’achèterons ce que tu voudras. Considère cela comme une célébration. »
« Célébration de quoi ? »
« Pour célébrer le fait que cette bande d’ancêtres a enfin disparu. » Zhang Lan répondit à la place de son frère.
Zhou Xu traîna sur un « Hum » et son regard devint étrangement profond.
« Pourquoi ce “hum” ? » demanda Zhang Lan.
« Rien. Je réfléchissais simplement à la manière de vous l’annoncer avec le plus de tact possible, pour ne pas vous effrayer. Et pour éviter aussi que vous ayez envie de me frapper. »
Zhang Lan cligna de ses yeux en amande et se redressa d’un coup, saisie par un mauvais pressentiment : « Qu’est-ce que cela signifie ? Si tu as quelque chose à dire, dis-le sans tourner autour du pot. Pourquoi aurions-nous envie de te frapper ? »
Zhou Xu déclara : « Eh bien… tout ce qui s’est passé lorsque vous étiez dans la cage, je pouvais en réalité le voir et l’entendre. C’est simplement que j’ai prêté mon corps à quelqu’un pendant un moment. »
Le visage de Zhang Lan commença déjà à prendre une teinte verdâtre. « Et ensuite ? »
« Ensuite… je me suis dit que puisque nous étions liés par nos vies antérieures et actuelles, nous étions donc de la même famille. Cela me semblait quelque peu gênant de le laisser errer dehors. Alors, je l’ai laissé rester chez moi. »
La voix de la grande-tante Zhang se brisa presque sous le choc : « Qui as-tu laissé rester où ? »
« Bu Ning. » Autrefois, Zhou Xu lui donnait encore respectueusement le titre d’Ancêtre, maintenant qu’il savait que lui et l’Ancêtre ne faisaient en réalité qu’un, il se permit de l’appeler directement par son nom. « Je l’ai laissé rester dans mon corps. »
Après quoi son expression changea et, prenant soudain un air parfaitement courtois, il déclara : « Pardonnez-moi de vous déranger. »
Puis son expression changea de nouveau et il répondit lui-même : « Vous ne me dérangez absolument pas. Nous sommes de la même famille, inutile d’être aussi cérémonieux. »
Zhang Yalin : « … »
Il était au bord de la folie.
Sa sœur, elle, avait déjà sombré dans la folie.
Plus folle encore était la situation avec le téléphone de Zhang Lan. Après avoir vibré pendant on ne savait combien de temps, il fut finalement décroché par la grande-tante, encore hébétée. Une voix retentit alors à l’autre bout du fil : « Sœur Lan, où êtes-vous ? Vous avez vu le tableau généalogique ? Bon sang, il s’est passé quelque chose de grave, vous le savez ? Bu Ning, l’Ancêtre Bu Ning ! Son nom vient soudainement de s’illuminer, bon sang ! »
Traduction: Darkia1030
Check: Hent-du
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