The zoo in my eyes -  Chapitre 2, partie 6-10 

 

Partie 6

On peut dire que je suis plutôt beau. Je ne me vante pas, c'est simplement la vérité. Après tout, je reçois d'innombrables lettres d'amour depuis mon enfance, mais c'est la première fois que quelqu'un veut établir une relation avec moi en personne.

Une petite biche m’a demandé un jour : « Il y a tellement de gens qui t'aiment, mais aucun n'ose te déclarer ses sentiments. Sais-tu pourquoi ? »

Je répondis : « Je ne sais pas. »

La petite biche expliqua : « Tu es une personne très spéciale. On dirait que tu vis dans un monde différent du nôtre. Tout le monde est attiré par ton apparence, mais ton aura les intimide. Ils n'osent pas s'approcher de toi, de peur de se brûler. »

La plupart des animaux de mon école étaient des herbivores inoffensifs. Même parmi les carnivores, il ne s'agissait que de jeunes oursons qui n'avaient pas encore de crocs solides ni de griffes acérées. Il était donc tout à fait naturel qu'ils n'osent pas s'approcher d'une espèce inconnue comme moi.

De plus, lorsque j’étais étudiant, tout le monde me considérait comme un original. Je restais souvent seul et j’allais voir le docteur Renard de temps à autre.

Les autres sont fascinés par mon apparence, mais tiennent aussi, de manière tout à fait raisonnable, à préserver leur propre sécurité. Il est donc parfaitement logique que personne n'ose jamais me déclarer ses sentiments.

Les paroles de Ye An me tirent de mes pensées : « Docteur Yuan, quelle est votre réponse ? »

Il est assis sur sa chaise avec l'allure d'un parfait gentleman, feignant d'être inoffensif. Pourtant, je sais à quel point un tigre peut être féroce lorsqu'il chasse.

Et, en cet instant, la proie, c'est moi.

Je réponds : « Monsieur Ye, vous souvenez-vous de ce que je vous ai dit ? J'attribue une identité animale à chacun de mes patients, car cela peut faciliter leur traitement. »

Il hoche la tête. « Oui, je m'en souviens. Vous m'avez dit que j'étais à la fois un tigre et un koala. »

« Exactement. Pour être honnête avec vous, mon animal préféré est le panda géant. »

« … »

Le visage de Ye An affiche clairement une expression qui semble dire : « Vous plaisantez, n'est-ce pas ? »

Puis il demande : « Est-ce votre façon de me repousser ? »

Je réponds : « Oui. Je veux trouver un panda pour en faire ma petite amie… ou mon petit ami. »

Ye An laisse échapper un sourire impuissant. « C'est le refus le plus original que j'aie jamais entendu. »

Je lui adresse un sourire un peu gêné.

Ye An est un véritable gentleman. Après avoir essuyé mon refus, il ne laisse paraître aucun mécontentement. Au contraire, il l'accepte avec beaucoup de calme. Il me dit qu'il me laissera davantage de temps pour réfléchir et ajoute que, si je dois encore le repousser, je devrai cette fois trouver une raison plus conventionnelle.

J'ai envie de lui répondre que, pour moi, cette raison est parfaitement normale. Qu'a-t-elle donc d'étrange ?

Mais les gens ordinaires ne sont sans doute pas capables de comprendre ma façon de penser.

Peu après, Ye An redevient un koala. Il se blottit contre moi et s'endort.

Par coïncidence, aujourd'hui, je me sens moi aussi fatigué. Je porte Ye An jusqu'au salon, le dépose sur le grand lit, puis je m'allonge à côté de lui avec l'intention de me reposer un moment.

J'enlève mon manteau. À peine suis-je allongé que Ye An m'entoure de ses bras avec la force d'un homme qui se noie et s'agrippe à une planche de salut.

Je contemple son visage endormi et je dois reconnaître une chose : qu'il soit sous la forme d'un tigre ou d'un koala, il est remarquablement beau.



Partie 7

Je rêve qu'un tigre féroce me poursuit dans une forêt.

Ce tigre a une allure magnifique et une carrure imposante. Il mérite pleinement son titre de roi de la jungle. Malheureusement, je ne peux pas admirer sa beauté ni sa puissance, car je suis sur le point de devenir son repas.

Bien entendu, je ne fais pas le poids en vitesse. Arrivé au sommet d'une pente raide, le tigre me rattrape et me plaque au sol.

Il pose ses pattes avant sur mes épaules, enroule sa queue autour de mes mollets, baisse la tête, hume mon odeur, puis me lèche le visage, le couvrant de salive.

Je lui demande : « Vas-tu me manger ? »

Le tigre ne me répond pas. Il se contente de se frotter contre moi comme un énorme chat.

Il est tellement adorable !

À cet instant, je me dis que, même s'il veut me dévorer, il reste irrésistiblement mignon. Puis je me ravise.

Non… Il ne semble pas vouloir me manger. Il m'emmène dans une grotte et m'y élève. Chaque jour, il part chercher de la nourriture puis revient me nourrir.

Je suis élevé par un tigre.

Je découvre à quel point un tigre peut être féroce envers ses proies. Pourtant, lorsqu'il est avec moi, il abandonne toute agressivité et devient un immense tapis vivant sur lequel je peux jouer et que je peux pincer à ma guise.

De temps en temps, ce tigre se transforme en koala extrêmement pot-de-colle. Il devient pratiquement mon pendentif vivant. Il me suit partout où je vais, sans que je puisse parvenir à le décrocher de moi.

Je sais que ce n'est qu'un rêve. Un tigre qui devient un koala… Qui cela pourrait-il être d'autre que Ye An ?

Lorsque je me réveille, Ye An n'est déjà plus là.

Le docteur Renard vient frapper à la porte et me propose d'aller dîner avec lui. Sachant qu'il réglera l'addition, j'accepte sans la moindre hésitation.

À partir de ce jour-là, je ne revois plus Ye An pendant plus d'un mois.

Je l'appelle pour lui demander pourquoi il ne vient plus à la clinique.

Il m'explique qu'il s'est suffisamment reposé et qu'il ne s'est plus jamais retransformé en koala.

En résumé, il est guéri et n'a plus besoin de moi.

Cette nouvelle me déçoit sincèrement. Cela signifie-t-il que je ne reverrai plus jamais ce gros chat si adorable… ni ce koala ?

En réalité, je ne devrais pas éprouver ce genre de sentiments. Cela va à l'encontre de ma déontologie professionnelle. En tant que médecin, la plus grande réussite n'est-elle pas de guérir ses patients ? Lorsqu'ils n'ont plus besoin de moi, cela devrait être, en toute logique, la meilleure issue possible.

Pourtant, les jours passent, et Ye An me manque de plus en plus. Je n'ai jamais rencontré d'autre tigre ni d'autre koala que lui. Il est vraiment unique.

Je repense alors à sa déclaration. Il a cessé de venir à la clinique et ne me contacte plus. Est-ce parce que je l'ai repoussé ?

Je lui ai dit que j'aimais les pandas géants. Une raison aussi absurde — ou totalement insensée aux yeux de la plupart des gens — a-t-elle pu blesser son amour-propre ?

Après tout, il serait logique qu'un grand tigre dont la fierté a été atteinte n'ait plus envie de me revoir.

Je le regrette.

Je le regrette sincèrement.

Si je ne rencontre jamais de panda, vais-je rester célibataire toute ma vie ? C'est une véritable tragédie. Si l'on raisonne en termes de rareté, le panda géant est une espèce extrêmement difficile à rencontrer ; il est donc très probable que je n'en croise jamais un de toute mon existence.

Pourtant, les tigres et les koalas sont eux aussi des espèces adorables. Il y a tant d'amoureux des chats dans ce monde, moi y compris. Surtout de nos jours, où tant de gens rêvent d'avoir un gros félin à leurs côtés.

Pourquoi est-ce que je l'ai repoussé ?

Je suis vraiment un imbécile !



Partie 8

Le fait d'avoir laissé passer une occasion d'entamer une relation me fait longtemps souffrir. Il me faut trois mois pour enfin tourner la page.

Mais, au moment même où je suis sur le point d'oublier Ye An, je reçois un appel de sa part.

Lorsque les mots « Gros chat et Koala » s'affichent sur l'écran de mon téléphone, mon cœur se met à battre à tout rompre. Je ne peux m'empêcher d'essayer de deviner la raison de cet appel.

Son état a-t-il rechuté ? Ou souhaite-t-il de nouveau me déclarer ses sentiments ?

Je réponds avec espoir, mais la personne à l'autre bout du fil n'est pas Ye An, c'est un inconnu.

L'homme m'explique que Ye An s'est évanoui au beau milieu de la chaussée et qu'il est impossible de le réveiller, ce qui provoque un embouteillage. Mon numéro est enregistré comme contact d'urgence dans son téléphone.

Ye An s'est évanoui ?

Au milieu de la route ?

La nouvelle me glace.

Est-il blessé ? Quelqu'un lui a-t-il fait du mal ? Il porte toujours des vêtements de grande valeur ; pourrait-il attirer des personnes mal intentionnées ?

Toutes sortes de pensées effrayantes envahissent mon esprit et me glacent le sang.

Malgré le chaos qui règne dans ma tête, je m'efforce de garder mon calme. Après avoir demandé l'adresse exacte à mon interlocuteur, je me précipite sur les lieux.

L'endroit où Ye An s'est évanoui ne se trouve qu'à une rue de la clinique. J'y arrive en une dizaine de minutes.

L'agent de police a déjà déplacé Ye An sur le bord de la route afin de ne pas bloquer la circulation, mais une foule de curieux s'est tout de même rassemblée autour de lui.

Un pauvre koala est recroquevillé sur lui-même, profondément endormi, tandis qu'une foule d'animaux de toutes sortes l'entoure.

Voilà la scène qui s'offre à moi.

Je me fraie un chemin à travers la foule. À peine suis-je près de Ye An qu'il semble sentir ma présence. Il entrouvre légèrement les paupières et s'agrippe à ma jambe. J'essaie doucement de le dégager, mais il se laisse complètement aller contre moi, comme s'il n'avait plus un seul os dans le corps.

Je m'accroupis pour le porter sur mon dos, et il se laisse faire sans la moindre résistance.

L'agent de police me demande : « Êtes-vous son contact d'urgence ? »

Je réponds : « Oui. »

Je comprends alors que c'est lui qui m'a appelé.

« Merci. »

Puis il poursuit : « Qu'est-ce qui arrive à votre ami ? »

Je réponds, en disant la première chose qui me vient à l'esprit : « Il souffre de narcolepsie. »

L'agent hoche la tête. « J'ai déjà entendu parler de cette maladie, mais c'est la première fois que j'en vois un cas de mes propres yeux. C'est vraiment impressionnant. Il n'a pas causé de gros problèmes, mais il vaudrait mieux l'emmener consulter un médecin dès que possible afin de vérifier que tout va bien. Et puisqu'il souffre de cette maladie, évitez autant que possible de le laisser sortir seul. »

Je réponds : « D'accord. Merci, officier. »

Je ramène Koala Ye An sur mon dos jusqu'à la clinique.

À peine arrivé, je tombe sur le docteur Renard. Il me regarde avec surprise. « Depuis quand les psychologues sont-ils également chargés de ramener leurs patients ? »

Je réponds : « C'est un cas particulier. »

Le docteur Renard sourit largement. « Je reconnais ce patient. C'est celui qui possède une double personnalité, tigre et koala. C'est une excellente nouvelle qu'il soit de retour. Ces trois derniers mois, vous avez fait la tête tous les jours. Vous avez même fait fuir plusieurs clients potentiels ; c'est vraiment désastreux pour les affaires. »

Je proteste : « De quoi parlez-vous ? Notre clinique n'a jamais manqué de patients. »

Le docteur Renard hausse les épaules et laisse échapper un soupir amusé. « Ah… la jeunesse ! »



Partie 9

Au moment où j'entre dans mon bureau, Ye An est complètement réveillé et a retrouvé sa personnalité de tigre.

Le tigre s'étire longuement avant de dire : « Merci. »

Je choisis d'aborder immédiatement le sujet qui m'intrigue le plus. « Pourquoi m'avez-vous désigné comme votre contact d'urgence ? »

Ye An répond : « Vous êtes mon psychologue. Vous connaissez mieux que quiconque mon état. S'il m'arrive quelque chose, vous êtes la personne la plus à même de savoir comment réagir. »

C'est une réponse tout à fait satisfaisante. Et pourtant, je ressens une légère déception.

Il ajoute alors avec un sourire : « En même temps, vous êtes la personne en qui j'ai le plus confiance… ainsi que mon futur amoureux. »

Je cligne des yeux. Je sens mon visage s'échauffer.

Je demande : « Le futur amoureux de qui ? »

Ye An répond tranquillement : « La dernière fois, je vous ai demandé si vous accepteriez d'être mon amoureux. Cette demande tient toujours. Je vous avais dit que je vous laisserais le temps d'y réfléchir. »

Je ne m'attendais pas à ce qu'il me laisse autant de temps. Habituellement, deux ou trois jours suffisent pour réfléchir à ce genre de question. Les tigres sont-ils donc aussi patients ?

Enfin… un tigre qui possède aussi les caractéristiques d'un koala l'est peut-être.

Ye An poursuit : « Durant ces trois derniers mois, je ne me suis plus transformé en koala. Je pensais que mon état s'était nettement amélioré. Mais, à force de prendre du temps pour consulter, j'ai accumulé énormément de travail en retard. J'ai voulu tout rattraper d'un seul coup et j'ai fini par retomber dans mes mauvaises habitudes de surmenage. C'est sans doute ce qui a poussé le koala en moi à réapparaître. »

Il se frotte le front avant d'esquisser un sourire embarrassé. « Je voulais justement vous demander votre réponse prochainement. Je ne pensais pas qu'une chose aussi embarrassante arriverait aujourd'hui… ni que vous devriez encore me ramener jusqu'ici. »

Je réponds sincèrement. « Tant que vous allez bien, c'est l'essentiel. Vous m'avez vraiment fait peur. J'étais hors de moi à l'idée qu'il ait pu vous arriver quelque chose. »

Ye An me demande : « Pourquoi vous inquiétez-vous autant pour moi ? Est-ce simplement parce que je suis votre patient ? »

Je réponds : « Vous n'êtes pas seulement mon patient, vous êtes aussi mon ami. »

« Est-ce la seule raison ? »

Tel un tigre prêt à bondir sur sa proie, Ye An s'avance lentement vers moi, réduisant la distance qui nous sépare pas à pas.

Je reste figé, le visage en feu, puis je murmure : « Vous êtes aussi mon futur amoureux. »

Ye An me sourit avant de m'enlacer. « Supprimons le mot "futur". »

Je réponds : « D'accord. »

Ye An ne m'avais encore jamais pris dans ses bras sous sa forme de tigre. C'est une sensation totalement nouvelle.

Un tigre féroce qui agit comme un gros chat docile, qui m'enlace et s'appuie contre moi…

C'est un sentiment merveilleux.



Partie 10

Je suis amoureux.

Mon amoureux est un tigre qui, parfois, se transforme en koala. Qu'il soit un tigre ou un koala, il reste mon Ye An.

Je n'aurais jamais imaginé que le conseil que je lui ai donné de tomber amoureux serait bénéfique aussi bien pour lui que pour moi.

Depuis que nous sommes ensemble, Ye An n'est plus un bourreau de travail acharné. Il part travailler à l'heure, rentre chez lui à l'heure et prend enfin le temps de se reposer.

Un grand tigre suffisamment reposé devient de plus en plus éclatant. Son pelage est brillant, il déborde d'énergie et de vitalité.

Quant au koala, il apparaît de moins en moins souvent.

Lorsqu'une personne parvient à satisfaire ses besoins affectifs, elle n'a plus besoin d'une autre personnalité pour obtenir en secret ce qu'elle désire.

Je suis convaincu que la personnalité du koala finira par disparaître. J'éprouve un peu de regret à l'idée de voir disparaître un koala aussi adorable.

Mais, en même temps, cela me rassure. Au moins, Ye An ne s'endormira plus au beau milieu de la route, ce qui est aussi embarrassant que dangereux.

Après deux mois de relation, j'emménage avec Ye An.

À ma grande surprise, il élève plusieurs chats. Un gros chat entouré de quelques chatons… cette scène est vraiment adorable.

Ye An dit en riant avec autodérision : « Je suis seul depuis mon enfance. Mes parents étaient toujours trop occupés par leur travail pour vraiment s'occuper de moi. La personne que je voyais le plus lorsque j'étais petit était ma nourrice. Lorsque je suis devenu adulte, j’ai déménagé et vécu seul. Cette liberté me plaît beaucoup.

« Je ne voulais pas devenir comme mes parents, toujours absorbés par leur travail, au point de s'ignorer l'un l'autre et même d'ignorer leur propre fils. Mais, avant même de m'en rendre compte, je leur ressemblais. Le travail est devenu le seul but de mon existence. Je ne savais plus quoi faire d'autre.

« Alors je me suis dit que je ne pouvais pas continuer ainsi et j'ai adopté quelques chats. Je pensais qu'en ayant la responsabilité de m'occuper d'eux, je consacrerais moins de temps au travail. Mais, après les avoir élevés quelque temps, je me suis aperçu que les chats savent très bien vivre seuls. Il leur suffit que je rentre chaque soir pour leur donner à manger, leur remettre de l'eau et nettoyer leur litière. Ils vont très bien sans moi. Finalement, après y avoir réfléchi, je me suis rendu compte que mon travail avait davantage besoin de moi que mes chats. »

Je serre doucement sa main. « C'est moi qui ai plus besoin de toi que ton travail. Tu es la première personne avec qui je suis en couple. Si nous voulons que cette relation dure longtemps, nous devons nous voir souvent, passer du temps ensemble, apprendre à nous connaître, construire une confiance mutuelle et apprendre à nous adapter l'un à l'autre. Il nous reste encore tant de choses à vivre ensemble. »

Ye An répond doucement : « Moi non plus, je n'ai jamais été amoureux auparavant. »

Je lui demande : « Alors pourquoi m'as-tu poursuivi ? »

Je pense déjà connaître la réponse.

Pour le Ye An sous sa forme de tigre, je suis la personne qui connaît tous ses secrets et avec qui il a passé le plus de temps. Tomber amoureux de moi est simplement ce qu'il y a de plus naturel et de plus pratique. C'est bien plus facile que de tout recommencer avec quelqu'un d'autre.

Quant au Ye An sous sa forme de koala, je suis un oreiller confortable qu'il peut serrer contre lui jusqu'à s'endormir sans craindre d'être dérangé.

Ye An me regarde droit dans les yeux. « Tu es psychologue clinicien. Tu ne peux pas le deviner ? »

Je lui expose alors toute mon analyse.

Ye An reste un instant sans voix. Puis il finit par dire : « Je suis peut-être quelqu'un d'efficace, mais je ne le suis pas à ce point-là. Si je ne t'aimais pas, je ne serais jamais tombé amoureux de toi. »

Je lui demande : « Est-ce une déclaration ? »

Il répond avec une timidité mêlée de nervosité : « Oui… je viens de te déclarer mes sentiments. Et toi ? Tu m'as dit que tu préférais les pandas, alors que je suis un tigre. Est-ce que tu m'aimes ? »

Sa nervosité est contagieuse. Je deviens moi aussi nerveux.

Après un long moment d'hésitation, je réponds : « Les tigres sont magnifiques et puissants. Je les aime aussi. À partir d'aujourd'hui, mon animal préféré sera le tigre. »

Ye An demande aussitôt : « Et le koala ? »

Je souris. « Puisque c'est toi, ils sont tous les deux mes préférés. »

Ye An sourit à son tour et dépose un léger baiser sur mes lèvres. Après ce baiser, il rougit.

Un tigre qui rougit…

C'est vraiment adorable.

Ye An murmure : « Je veux passer le reste de ma vie avec toi. »

Je lui réponds : « Moi aussi. »

À mes yeux, le monde entier est un immense zoo et chacun est un animal.

Et toi…

Tu es le plus spécial de tous.

 

FIN

 

Traducteur: Darkia1030