Political scheming -Chapitre 62 - Le général aide l’Empereur à se dévêtir

À l’aube, la cité impériale baignait dans une atmosphère humide.

Lu Ping avait ajouté un vêtement extérieur léger. Il était assis dans le palais Liangyi, occupé à examiner les mémoriaux, lorsqu’il apprit que Fu Yi avait déposé son armure et franchi la porte Chengtian. Il le fit aussitôt entrer pour le recevoir.

À sa grande surprise, dès qu’il franchit le seuil, Fu Yi s’agenouilla. « Votre Majesté, je viens reconnaître ma faute. »

Lu Ping resta stupéfait. Un mauvais pressentiment l’envahit instantanément. Il demanda : « Où est Xu Yan ? Hier soir, tu m’as pourtant envoyé un rapport urgent annonçant que vous l’aviez rattrapé, n’est-ce pas ? »

Fu Yi baissa la tête et répondit : « J’ai effectivement rattrapé Xu Yan, mais, alors que nous passions la nuit dans une station-relais, il a profité de mon inattention pour s’enfuir en voiture. À présent, le sud est vaste et les terres s’étendent à perte de vue. Il sera probablement difficile de découvrir où ils sont allés. »

« … »

Lu Ping ne s’était pas attendu à un tel dénouement. La veille au soir, on lui avait annoncé que Xu Yan avait été rattrapé. Il avait même prévu de le faire arrêter dès aujourd’hui, de le réprimander vertement, puis de le jeter dans les geôles du ministère des Châtiments pour le soumettre à un interrogatoire sous la torture. Et voilà qu’on lui annonçait qu’on l’avait perdu de vue et qu’il s’était échappé.

Une vague de colère lui monta à la tête. Lu Ping saisit un livre de prières posé près de son bureau et le lança. Le livre frôla la tête de Fu Yi avant de tomber au sol.

Fu Yi déclara aussitôt : « J’ai manqué à mon devoir de surveillance. Mon crime mérite mille morts. Je vous prie de me punir sévèrement, Votre Majesté, sans faire retomber la faute sur les autres membres de l’armée de Shuofang. »

Lu Ping fronça les sourcils et le fixa avant de demander : « Quelle punition devrais-je donc t’infliger ? »

Fu Yi répondit : « Je demande à Votre Majesté de me destituer de mes fonctions et de m’envoyer servir dans une région éloignée ! »

Il avait certes commis une faute en laissant échapper Xu Yan, mais cela ne justifiait pas nécessairement son exil loin de la capitale. La réaction de Fu Yi dépassait les attentes de Lu Ping. Celui-ci ricana : « Ton frère est parti à Luoyi, et toi aussi, tu veux partir. Est-ce une mode dans la famille Fu que de demander soi-même sa rétrogradation ? N’y pense même pas. Tu vas rester sagement à Qian’an. Reçois vingt coups de bâton et une retenue de solde de trois mois ! »

Fu Yi marqua une pause, puis ne put que s’incliner à genoux. « Oui. »

Lu Ping poursuivit : « Je vais envoyer des ordres aux gouverneurs des différentes provinces et aux résidences de Zhechong. Faites réaliser un portrait de Xu Yan et lancez dans tout l’Empire une récompense pour l’arrestation de ce criminel recherché par la cour. Mort ou vif, il faut me le ramener ! Je veux lui faire trancher la tête ! »

Fu Yi interrompit de nouveau le mouvement qu’il avait amorcé pour se relever.

Il se retourna et se prépara à quitter le cabinet. Après un instant d’hésitation, il ramena le pied qu’il avait déjà passé au-dehors, fit demi-tour et revint devant Lu Ping pour s’agenouiller de nouveau. « Je demande à Votre Majesté la permission de racheter ma faute par des mérites. Veuillez m’autoriser à emmener mille cavaliers d’élite de l’armée de Shuofang vers le sud pour rechercher Xu Yan. Si je capture ce rebelle, je le ramènerai immédiatement à Qian’an pour vous rendre compte de ma mission ! »

Lu Ping le regarda avec hésitation et secoua la tête. « Tu n’as pas besoin de te préoccuper de cette affaire. »

Fu Yi ne se releva pas.

Lu Ping se retourna et réfléchit un instant. Soudain, un souvenir lui revint. Il se retourna de nouveau vers Fu Yi, perplexe. « Fu Yi, tu… »

« Votre Majesté a-t-elle un ordre à me donner ? »

Après réflexion, Lu Ping renonça à exprimer ses soupçons et secoua la tête. « Laisse tomber. Tu peux sortir. »

‘Pourvu que je me fasse des idées.’

Après le départ de Fu Yi du palais, la nouvelle de la fuite de Xu Yan s’était probablement déjà répandue dans toute la cité impériale. Lu Ping rédigea aussitôt un décret. Dès ce jour, des courriers à cheval devaient le porter dans toutes les préfectures et tous les districts au sud de Qian’an, afin de tisser un vaste filet à travers l’Empire et de capturer Xu Yan au plus vite.

Une fois ces dispositions prises, Lu Ping apprit par un eunuque que le grand chancelier Liang Hansong demandait audience.

Cela faisait longtemps que Liang Hansong n’était pas venu au palais Liangyi. En voyant son dos se courber davantage qu’autrefois, Lu Ping lui dit : « Grand chancelier Liang, votre santé ne semble pas bonne ces derniers temps. Vous n’avez donc plus besoin de venir auprès de moi pour m’assister. À présent, je suis capable de trancher moi-même de nombreuses affaires. »

Après avoir salué, Liang Hansong se releva et soupira : « Votre vieux serviteur le sait, je suis venu pour Xu Yan. »

« … »

Lu Ping déclara : « Le chancelier Liang souhaite intercéder en faveur de Xu Yan ? »

Les yeux de Liang Hansong étaient rougis, et son regard semblait empreint de tristesse. « Votre Majesté est perspicace. Vous savez sans doute que Xu Yan est un homme que j’ai moi-même promu. Dès l’époque où il étudiait au Collège impérial, je plaçais déjà de grands espoirs en ce jeune homme. Par la suite, il a réussi les examens impériaux les uns après les autres, jusqu’à devenir vice-ministre du Temple Dali. Pendant un temps, j’en ai éprouvé une profonde satisfaction. Je n’aurais jamais imaginé qu’il se serait allié au prince rebelle. J’en suis véritablement accablé de chagrin et je n’ai pas fermé l’œil de toute la nuit dernière. »

Lu Ping répondit froidement : « Le chancelier Liang s’est effectivement trompé sur son compte. Il est inutile de chercher à dire du bien de lui. »

Liang Hansong s’empressa de répondre : « En effet, votre vieux serviteur ne cherche pas à intercéder en sa faveur. Je demande seulement une faveur à Votre Majesté : lorsque Xu Yan sera arrêté, il faudra absolument le capturer vivant. Une fois qu’il aura été ramené à Qian’an, ne vous empressez pas de prononcer la sentence de mort et de laisser le Shangshu Sheng procéder à son exécution. Peut-être… peut-être pourriez-vous l’écouter s’expliquer. Il se pourrait qu’il ait des circonstances cachées et des raisons qui l’aient contraint à agir ainsi. »

Tout le monde savait que Xu Yan était un redoutable débatteur. L’écouter s’expliquer ? L’entendre utiliser sa langue éloquente, capable de renverser le noir et le blanc, pour se justifier ? Lu Ping ricana intérieurement, mais se contenta de dire : « Très bien, je vous le promets, chancelier Liang. »

Du moment qu’il parvenait à ramener Xu Yan, quoi que celui-ci puisse dire, Lu Ping ne croirait jamais qu’il avait eu des circonstances atténuantes.

Les yeux de Liang Hansong semblaient briller de larmes. Il s’agenouilla en tremblant et déclara : « Je remercie Votre Majesté. »

*

Le soir, Yan Ren se rendit comme à son habitude au palais pour dîner et se reposer dans la salle Qianqiu. Il rapporta également plusieurs dossiers du camp de Zhenbei.

Assis devant son bureau, Lu Ping les examina attentivement. Il ne les eut tous terminés que lorsque la lune eut décliné vers l’ouest. Il poussa alors un soupir de soulagement. « L’affaire du ravitaillement militaire est enfin tirée au clair. Au moins, les épreuves que tu as subies à la frontière nord n’auront pas été vaines. »

Yan Ren, qui était adossé au bord du bureau, une jambe repliée, le regardait. En entendant ces mots, il marqua une pause. Lorsque Lu Ping eut rangé et classé tous les dossiers, il demanda lentement : « Votre Majesté, Zong Yun vous a-t-il parlé de quelque chose ? »

« Que veux-tu dire ? » répondit Lu Ping, avant de comprendre vaguement ce que Yan Ren voulait dire.

Yan Ren poursuivit : « J’ai entendu la nourrice Zong dire que, pendant les deux jours où je me trouvais au col de Tongguan, vous aviez invité Zong Yun à dîner au palais. »

« Je… » Lu Ping ne sut momentanément pas comment s’expliquer.

Yan Ren l’interrompit : « Vous a-t-il raconté toutes les épreuves que j’ai traversées à la frontière nord ? »

Lu Ping comprit qu’il ne pouvait plus rien lui cacher. Yan Ren était si intelligent qu’il avait certainement déjà contraint Zong Yun à lui révéler la vérité. À cette pensée, il baissa tout simplement la tête. « Oui. »

Yan Ren déplaça le coussin pour se rapprocher de lui, puis déclara sur un ton détendu et taquin : « Ne prêtez pas attention à ses divagations. En réalité, je n’ai pas du tout souffert. La plupart du temps, je dirigeais les opérations depuis les tentes militaires. Même lorsque je me rendais sur le champ de bataille, je ne me trouvais pas tout à fait en première ligne. Dans l’ensemble, je n’ai pas eu une vie si difficile. »

Plus Yan Ren semblait détendu, plus Lu Ping avait le cœur serré. Il secoua la tête pour le contredire. « Cesse donc de chercher des excuses. Si ce n’était pas le cas, comment aurais-tu pu sembler être devenu un autre homme ? »

Yan Ren ne put retenir un rire. Il haussa les sourcils. « Mais je ne fais que redevenir celui que j’étais… » Tout en parlant, il pencha la tête pour observer le visage de Lu Ping, qui restait baissé, et le taquina : « Pourquoi les yeux de Votre Majesté sont-ils rouges ? »

Lu Ping détourna le visage et répondit exprès : « Zhi Yue, apporte de l’eau pour que je puisse me laver ! »

Yan Ren garda le silence un instant, puis déclara soudain : « Votre Majesté, cessez de vous inquiéter pour moi. Inquiétez-vous plutôt un peu pour vous-même. »

« Hein ? » Lu Ping le regarda sans comprendre.

Yan Ren poussa un léger soupir et expliqua : « Aujourd’hui, je suis également allé interroger Da Sheng sur le déroulement précis du coup d’État au palais, ainsi que sur… tous les événements qui vous sont arrivés au cours de ces trois dernières années. »

Lu Ping fut intérieurement saisi d’effroi et écarquilla les yeux.

Da Sheng, qui se tenait respectueusement à côté d’eux, se donna discrètement une petite tape sur la bouche.

Lu Ping lui lança un regard noir, agacé. « Pourquoi ne te retires-tu pas immédiatement ? »

Da Sheng s’inclina aussitôt et se retira.

Lu Ping se retourna et constata que Yan Ren le regardait toujours en souriant, une jambe repliée, avec un air intrépide. Il demanda : « Qu’est-ce qu’il t’a raconté ? Qu’y a-t-il donc à raconter sur moi ? »

« Il a dit que tu avais poignardé Lu Fang à mort avec une dague » répondit Yan Ren d’un ton railleur. « Tu sais donc bien te servir d’une dague. On dirait que tu as mis en pratique tout ce que tu as appris. »

Lu Ping s’efforça de maîtriser les battements désordonnés de son cœur et répondit, un peu gêné : « C’est parce que tu m’as bien enseigné. »

Yan Ren perdit toutefois son sourire et reposa sous le bureau la jambe qu’il avait appuyée contre celui-ci. « Il m’a aussi raconté que, le soir où ma mère est morte, tu étais retourné dans la cour Cangdi et que tu avais pleuré par terre en serrant un chandelier dans tes bras. »

Le cœur de Lu Ping manqua un battement.

Une douleur sourde qu’il n’avait plus ressentie depuis longtemps commença à remonter en lui. Il cligna des yeux avec gêne, puis déclara, embarrassé : « Pourquoi raconte-t-il absolument tout… »

Le soir de la mort de Tang Ruochu, il n’avait lui-même pas compris ce qui lui arrivait. Il était soudain tombé à terre, puis n’avait plus réussi à retenir ses larmes. Il avait seulement eu l’impression que, s’il ne pleurait pas, sa poitrine finirait par se comprimer au point de l’étouffer. Après avoir ainsi pleuré, il avait dû, dès le lendemain, faire comme si de rien n’était et reprendre en main les affaires de la cour.

« Voilà pourquoi je ne m’inquiète pas tant pour moi-même, mais plutôt pour Votre Majesté » dit Yan Ren.

Lu Ping resta un instant interdit et plongea son regard dans les yeux sérieux de Yan Ren.

Le silence retomba autour d’eux, tandis qu’une atmosphère ambiguë et difficile à définir s’installait.

Elle fut bientôt rompue par Qiu Shui, qui entra pour inviter Lu Ping à aller prendre son bain.

Le bassin se trouvait dans le pavillon latéral. Lu Ping se leva et s’apprêtait à s’y rendre lorsqu’il entendit Yan Ren l’appeler : « Votre Majesté. »

Lu Ping se retourna.

Yan Ren poursuivit : « Les fonctionnaires impliqués dans l’affaire du ravitaillement militaire ont avoué si rapidement que toute l’affaire semble désormais tirée au clair. Je crains qu’il ne reste encore des rats cachés dans l’ombre. Votre Majesté m’autoriserait-elle à poursuivre l’enquête ? »

« Très bien » répondit Lu Ping en hochant la tête.

Qiu Shui écarta le rideau de perles et Lu Ping entra dans la salle des bains. Yan Ren le suivait toujours lorsqu’il reprit : « En échange, Votre Majesté pourrait-elle me laisser accomplir une autre tâche pour vous ? »

Lu Ping faillit oublier qu’ils entretenaient encore une relation de coopération, comme ils en étaient convenus auparavant.

Il demanda avec étonnement : « N’as-tu pas déjà découvert les derniers partisans de Lu Zhi pour moi ? »

Yan Ren sourit. « Cela ne semble pas suffisant. Ce n’était qu’une chose que j’ai faite en passant. »

Devant le grand bassin de pierre bleue de la salle des bains se dressait un immense paravent qui dissimulait la vue sur le bassin et les volutes de vapeur qui s’en élevaient. En ce début d’automne, l’air était légèrement froid, l’eau avait donc été chauffée un peu plus que d’habitude. La vapeur enveloppait les alentours d’un voile brumeux.

Lu Ping réfléchit un instant avant de répondre : « Il me semble qu’il n’y a plus vraiment de tâche pour laquelle j’aurais besoin de ton aide. »

Les yeux de Yan Ren brillèrent et il poursuivit rapidement : « Dans ce cas… quelles tâches Da Sheng, Qiu Shui et Zhi Yue accomplissent-ils habituellement pour Votre Majesté ? Confiez-m’en une aussi. »

Tout en parlant, il tourna un regard interrogateur vers Zhi Yue.

Zhi Yue, qui n’était pas très perspicace, répondit spontanément : « Votre servante est chargée d’aider Votre Majesté à se dévêtir et de parfumer ses vêtements. »

Qiu Shui saisit avec effroi la manche de Zhi Yue pour lui faire comprendre de ne pas parler à tort et à travers.

Mais il était déjà trop tard. Yan Ren hocha la tête et déclara : « Dans ce cas, à partir de maintenant, laissez-moi m’occuper de dévêtir Votre Majesté. »

« … »

Cette fois, ce fut au tour de Lu Ping d’être terrifié.

Peut-être la vapeur lui avait-elle embrumé l’esprit, car, après avoir hésité, il hocha la tête comme mû par une force mystérieuse. « D’accord. »

‘Ce sera ma mort…’

 

Qiu Shui et Zhi Yue passèrent derrière le paravent pour y déposer les aromates et le savon parfumé. Lu Ping retira rapidement lui-même sa veste doublée puis entendit Yan Ren lui dire : « Votre Majesté, ne bougez pas. Laissez-moi faire. »

Lu Ping n’osa aussitôt plus bouger.

Yan Ren le dépassait d’une demi-tête. Contrairement aux servantes du palais, il n’avait pas à se tenir dans une posture humble et inclinée. Comme c’était la première fois qu’il accomplissait cette tâche, il baissa la tête et examina maladroitement les liens des vêtements de Lu Ping. Son souffle, à peine perceptible, effleurait le front de celui-ci. Sa main glissa jusqu’à sa taille, sous le pan droit de son vêtement et desserra les liens.

Lu Ping retint son souffle, n’osant même plus respirer.

« Les vêtements de Votre Majesté sentent très bon » remarqua soudain Yan Ren.

Il parlait du parfum imprégnant ses vêtements. Lu Ping répondit : « C’est celui que tu m’as offert pour mon anniversaire. »

« Votre Majesté s’en souvient encore ? » demanda Yan Ren avec une légère surprise dans la voix. Il posa les doigts sur l’épaule droite de Lu Ping et commença à défaire les boutons de son col.

Lu Ping répondit comme si cela allait de soi : « Il y a beaucoup de choses dont je me souviens. »

Il se souvenait également de bien d’autres choses, mais ignorait si Yan Ren, lui, les avait oubliées.

« Comme quoi ? » demanda Yan Ren.

Sa main reposait toujours sur l’épaule droite de Lu Ping. Il manipula le bouton dans un sens puis dans l’autre, avant de laisser échapper un « Tsk » et de marmonner pour lui-même : « Pourquoi ce bouton caché est-il si compliqué ? Ce n’est vraiment pas pratique. »

Sa voix grave et envoûtante parvint aux oreilles de Lu Ping, qui sentit son visage s’échauffer.

Lu Ping se hâta de changer de sujet : « Fu Yi n’a pas réussi à garder Xu Yan sous surveillance et l’a laissé s’enfuir. »

Le col droit finit enfin par se desserrer. Yan Ren se mit alors à défaire les boutons du côté gauche.

« Je ne sais pas si les hommes des résidences de Zhechong, dans les différentes régions, agiront avec efficacité. Dois-je envoyer quelques milliers d’hommes hors de la ville pour rechercher Xu Yan en secret ? » demanda Yan Ren.

Lu Ping hocha la tête. « Oui. J’avais justement l’intention de t’en parler. Les résidences de Zhechong agiront au grand jour, tandis que les soldats de Zhenbei resteront dans l’ombre. Nous ne devons pas éveiller les soupçons. »

Cependant, le bouton caché du col gauche était tout aussi difficile à défaire. Cette tâche délicate exigeait autant d’efforts que de patience.

Lu Ping sentit les doigts de Yan Ren s’affairer sans cesse sur ses boutons. Plus cela durait, plus son cœur battait vite. Il détourna précipitamment le visage et déclara : « Liang Hansong est venu intercéder en faveur de Xu Yan. »

« Xu Yan est son excellent élève. En venant plaider sa cause, il a effectivement mis Votre Majesté dans une position délicate : il n’est pas facile de lui refuser cette faveur. Mais, en agissant ainsi à un moment pareil, il ne cherche même pas à éviter les soupçons… »

Le col que Yan Ren tenait entre ses mains se relâcha enfin : il avait réussi à défaire le bouton. La robe à col rond de Lu Ping s’ouvrit, laissant apparaître le vêtement intérieur blanc qu’il portait dessous.

Lu Ping poursuivit : « Il est pourtant fidèle à ses sentiments et à ses relations. »

Yan Ren le regarda et ne put s’empêcher de lui effleurer le rebord de l’oreille du bout des doigts. « Vos oreilles sont rouges. Auriez-vous trop chaud ? »

Lu Ping recula brusquement, pivota et se précipita derrière le paravent en criant : « Je vais prendre mon bain. Sors ! »

Yan Ren sourit, les coins des lèvres relevé, adressa un salut respectueux au grand paravent orné de fleurs et d’oiseaux, puis se retourna et sortit.

 

Traduction: Darkia1030

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